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Sébastien Badault, DG d’Alibaba France, « Ne Restez Pas Dans Votre Zone De Confort ! »

Sébastien Badault, DG d’Alibaba France, « Ne restez pas dans votre zone de confort ! »

Rencontre pour La Saga des Audacieux, avec Sébastien Badault, Directeur Général France d’Alibaba, géant mondial du e-commerce. Portrait d’un décideur qui ose.

De l’importance des valeurs

« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es.» La Chine et la France ne démentiraient pas les propos de Brillat-Savarin tant la cuisine y est célébrée. Et si le repas en famille était l’instant prégnant des liens tissés entre la France et la Chine ? Le temps du dîner est celui on se l’on raconte et l’on discute pour se retrouver dans une famille chinoise comme dans une française. Une parenthèse, une temporalité à part pour ces cultures marquées par un attachement aux valeurs et aux traditions loin des décorums et des artifices.

Avec enthousiasme, Sébastien Badault, Directeur Général France d’Alibaba, apporte un autre regard sur l’Empire du Milieu que l’on dépeint à coups de raccourcis et de petites phrases. Il a appréhendé ces liens loin du discours ambiant. Avec intuition et un regard aiguisé, Sébastien Badault, Directeur Général d’Alibaba France a cette soif d’apprendre et de considérer autrement cette Chine que l’on tente de raconter et que l’on enferme trop souvent dans de grandes considérations et des raccourcis.

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Sébastien Badault, DG d’Alibaba France

Le digital comme parcours de vie

Une curiosité façonnée lors de son adolescence. A l’âge de 13 ans, il part à New York, il loue ainsi l’audace de son père de choisir de vivre de l’autre côté de l’Atlantique. « J’ai eu cette grande chance dans ma vie personnelle. Partir à l’étranger m’a permis de m’ouvrir à une autre culture et de comprendre comment fonctionne un autre pays. J’y ai conquis le goût de l’ouverture ». Et il apprend. Alors qu’il est à l’université, au début des années 1990, il découvre internet grâce à son colocataire ingénieur informatique. Très peu répandu alors, il se souvient avoir eu des difficultés à « trouver une connexion en France ».

« C’était extraordinaire de découvrir ce monde-là » raconte-t-il se rappelant ses années américaines. Ses choix professionnels se tourneront vers le digital. Direction une start-up comme premier job une fois diplômé puis une web agency en France et Amazon et Google pendant près de 10 ans. En 2015, il franchit le pas, direction Alibaba.

Devant Walmart ! Le géant chinois du e-commerce, Alibaba accumule les superlatifs. Il a, en effet, dépassé son concurrent américain en 2016 sur son volume d’affaires.

Le e-commerce, en Chine, représente une part deux fois plus importante qu’en France :15% du retail global contre 7%. Par ailleurs, Sébastien Badault insiste sur la « révolution du commerce et de la consommation en Chine » et cela en « une génération » contrairement à la France où il s’agit d’une évolution.

Traducteur culturel

Il entend œuvre pour créer un « pont entre la Chine et l’Occident en faisant en sorte d’œuvre pour que ce soit le plus fluide possible ». Un rôle crucial ? Celui de « traducteur culturel », au-delà de la barrière de la langue, entre ces deux univers.

Il loue « leur capacité à aller très vite et leur volonté de se développer ». De son expérience avec la Chine, il a appris l’importance de la prise de risque et celle d’ « accepter l’inconnu ».

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Une marque façonnée par son fondateur Jack Ma. « Ce n’est pas un ingénieur qui a quitté Harvard ou Stanford pour développer son système » explique en souriant Sébastien Badault. Quand il crée Alibaba, Jack Ma a la trentaine et enseigne l’anglais. Charismatique et refusant la langue de bois, il est de ses leaders qui jouent pleinement ce rôle inspirant. Autre pilier du groupe, une date.

Noirci dans les agendas des plus grandes entreprises depuis plusieurs années maintenant c’est l’incontournable 11 Novembre : le single’s day. Un record a été réalisé : 17,8 milliards de dollars en une journée. « C’est une journée où les pics de vente sont présents car les marques sont drivées par par ce qui se passe en Chine ». Chez Alibaba, explique-t-il, « on perçoit cette journée comme un laboratoire pour l’interaction avec nos clients ». C’est ainsi l’occasion de tester de nouvelles fonctionnalités, de se diriger vers la VR.

De la Chine, il a beaucoup appris. Sur lui-même aussi : « à accepter de ne pas tout comprendre. Les Occidentaux ont besoin de tout mettre dans des cases. Il faut lâcher prise. Cela ne va pas dire de lâcher les bras. » Bien au contraire, une page qu’il n’est pas prêt d’arrêter d’écrire avec humilité et conviction. Une grande personne.

Mathilde Aubinaud

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Une parenthèse enchantée au Royal Mansour

Une parenthèse enchantée au Royal Mansour 

A quelques mètres de la Place Jemaa-el-Fna, le Royal Mansour Marrakech est une adresse qui mêle audace et excellence.  

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On ne peut pas devenir blasé en se rendant au Royal Mansour. Surprise, émerveillement et magie sont au rendez-vous. Un espace à part. Hors du temps. Le Royal Mansour vous emporte par sa majestuosité.

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Un art de vivre 

De l’audace. Syncrétique, le Royal Mansour associe la modernité et la tradition.  Ouvert en 2010, le Palace célèbre les arts décoratifs. Chaque détail compte autant dans le raffinement que l’élégance dans l’architecture comme dans la cuisine.

Aussi, le Chef Yannick Alléno, 3* au Michelin, veille sur les restaurants. Lorsque les beaux jours sont au rendez-vous direction « le Jardin ». L’espace y est maître au milieu des oliviers.

Se rendre au Royal Mansour, c’est multiplier les opportunités de cuisines et de saveurs. En effet chaque restaurant a sa propre cuisine.

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À la Grande Table Marocaine, débutez votre diner  par un assortiment de salades marocaines raffinées.

On y célébrera la manière dont les produits sont mis en avant tant dans les alliances gustatives, la préparation, que la cuisson et le service. On retiendra la spécialité marocaine à la fois délicieuse et parfumée : « la saffa à la canelle et amandes torréfiées ».

Au Jardin, un jeu sur le salé et sucré qui se marie délicieusement avec les brochettes de poulet, d’agneau et keftas de bœuf. A La Table, on appréciera, entre autres mets, pour le brunch du Dimanche, les huitres de Dakhla.

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De la poésie 

Des couleurs et de la poésie pour les desserts. La  tarte aux pommes se révèle en pétales de fleurs. Les pâtisseries traditionnelles marocaines sont légion. Un régal avec  les incontournables cornes de gazelle.

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Un déjeuner, comme un havre de paix, pour retourner à la Médina. Vous repartirez fort de couleurs, de parfums, de poésie.  Il incarne le luxe dans ce qu’il a de plus rare.  Un  moment à part. Une chance.

Mathilde Aubinaud

Les Restaurants du Royal Mansour :

La Table : ouvert tous les jours (cuisine internationale) + Brunch du Dimanche

La Grande Table Marocaine et La Grande Table Française : 2 restaurants gastronomiques ouverts  pour les diners

Le Jardin : cuisine Asiatique au tour du, feu, cru et froid.

Tous les restaurants sont signés Yannick Alléno, Chef triplement étoilé au guide Michelin

 

Réunions, réceptions et événements sont possibles.

 

Retrouvez les informations sur le Royal Mansour ICI : http://www.royalmansour.com/fr/ 

Visionnez les vidéos recettes des plats servis au Jardin 

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ORE, déjeuner majestueux au Château

ORE, déjeuner majestueux au Château

Dans un décor splendide, le Château de Versailles, le nouveau restaurant d’Alain Ducasse propose un voyage culinaire et temporel. Bienvenue chez ore-Ducasse au château de Versailles.

Ils étaient faits pour se rencontrer. Deux univers : l’Histoire et la gastronomie. Louis XIV et Alain Ducasse. ore les rassemble. Situé au Pavillon Dufour, aile gauche du Château, le café contemporain rappelle les grandes heures de la Monarchie dans un décor empreint de modernité.

 

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Crédit Photo : Pierre Monetta / Dominique Perrault Architecture / Adagp – Gaëlle Lauriot-Prévost Design / Adagp
On passera près du bar pour admirer trois modèles historiques de l’Ancienne Manufacture Royale de Limoges réédités par Bernardaud, certaines pièces uniques d’époque, de la vaisselle chinée par Alain Ducasse.

L’imaginaire du roi est présent dès que l’on arrive par la cour des Princes. L’or est décliné, avec finesse et nuance, à de multiples reprises : les tables en laiton, les plafonniers réalisés par Gaëlle Lauriot-Prévost. Le restaurant surplombe la cour d’Honneur ainsi que la cour Royale.

 

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Crédit photo : Pierre Monetta

Une célébration de la cuisine française

L’excellence des produits se ressent dès l’entrée : Petit épeautre, champignons des bois et oseille, Légumes cuits et crus, condiment d’herbes tendres pilées. On savourera le Pâté en croûte de caille accompagné de légumes acidulés. Un véritable jeu sur les saveurs et le croquant.

Des plats traditionnels sont également revisités comme les coquillettes jambon/comté/ truffe noire chères à Alain Ducasse. Pour le dessert, à déguster absolument : le Paris-Brest renommé « Paris-Versailles » et le Louis XIV, un lingot d’or qui se révèle être un entremet au chocolat et croustillant de pralin.

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Crédit photo : Pierre Monetta / Dominique Perrault Architecture / Adagp – Gaëlle Lauriot-Prévost Design / Adagp

Tout en restant fidèle à ce lieu unique, une approche contemporaine et créative est proposée au sein de cette adresse ouverte à tous du matin jusqu’à la fin d’après-midi.

Retrouvez les informations ICI

Mathilde Aubinaud

A savoir :
Privatisation possible le soir : evenement@ducasse-chateauversailles.com
Restaurant accessible au public en dehors du parcours du château

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SUR MESURE PAR THIERRY MARX, l’hymne à l’émotion

SUR MESURE PAR THIERRY MARX, l’hymne à l’émotion

Dans un cadre intimiste et apaisant, le Sur Mesure par Thierry Marx **  offre une sublime parenthèse gastronomique pour les déjeuners d’affaire.

Etonnement et interpellation. Durant la grande expérience culinaire qu’est Sur Mesure par Thierry Marx au Mandarin Oriental, l’appréhension de la gastronomie est pleinement repensée. Vos sens sont totalement aiguisés. Les jeux sur la texture, la température sont légion.

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Crédits : George Apostolidis

Créer un imaginaire

Entrer au Sur Mesure, c’est prendre place dans un univers des plus singuliers où la légèreté et l’élégance sont maîtresses. Tout y est blanc et épuré, une atmosphère d’apaisement s’impose naturellement. Nous voici comme hors du temps en dégustant entre 5 et 8 plats du menu que vous composerez.

Une révélation

Débutez, d’emblée, par l’un des plats signatures de Thierry Marx : « ’Risotto’ de soja aux huîtres / Girolles » avec une émulsion qui sublime le plat. La technique et la maitrise du geste révèlent les produits. Au Sur Mesure, la saisonnalité est essentielle. D’ailleurs, la carte n’est nullement figée bien au contraire. Au moins un nouveau plat est proposé chaque semaine.

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Crédits :  Mathilde de l’Ecotais

Le Bar rôti « Ecailles croustillantes » se marie très bien avec les noisettes du Piémont. Une alliance créative. Autres plats à retenir : la Sole petit bateau pochée aux algues.

De l’art de surprendre

Pour le dessert, savourez pleinement  l’exquis Sweet Bento avec un graphisme japonisant et un jeu de couleurs qui prolongent l’étonnement et la gourmandise.

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Crédits : George Apostolidis

Le temps du déjeuner, laissez libre cours à vos émotion en saisissant pleinement l’instant présent.

Mathilde Aubinaud

Sur Mesure par Thierry Marx

251 rue Saint-honoré Paris 1er

Composez votre menu « Sur Mesure » de 5 à 8 plats

5 plats: 85€ / 6 plats: 100€ / 7 plats: 115€ / 8 plats: 130€

Retrouvez les informations ICI http://www.mandarinoriental.fr/paris/fine-dining/sur-mesure-par-thierry-marx/

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Crédits: George Apostolidis

 

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Publication du livre « Ecriture Stratégique »

Publication du livre « Ecriture Stratégique »

J’ai co-écrit avec les professeurs de Français et de communication, Valérie Aubinaud,  Clara de Sorbay et Sophie-Anne Rocca, le livre Ecriture Stratégique 

« 10 erreurs à ne pas faire quand on rédige un mail professionnel »  Le Huffington Post

4 règles à suivre (impérativement) quand on envoie un mail « pro » BFM TV 

Pour la beauté des mots 78 Actu

 

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Publication du livre « Ecriture stratégique »

Présentation de l’ouvrage 

Plus que jamais, l’écrit devient un critère sélectif !
Utilisé à bon escient, c’est un outil redoutablement efficace qui permet de se démarquer et de gagner en crédibilité.

Première séance de dédicace du livre « Ecriture stratégique » avec les auteurs Clara de Sorbay et Mathilde Aubinaud

Véritable guide pratique pour les étudiants, cet ouvrage a pour objectif de donner toutes les clés indispensables pour savoir écrire dans le monde professionnel. Que ce soit au commencement avec le CV et la lettre de motivation, ou bien au sein de l’entreprise à travers des éléments aussi divers que les comptes rendus, les présentations sur Powerpoint ou encore la maîtrise des réseaux sociaux, il existe des règles simples afin d’éviter les écueils les plus stigmatisants. Avec quelques conseils et un peu d’entraînement, apprenez à écrire de manière efficace et pertinente.

Plus d’informations ICI

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Laurent Vimont, Président de CENTURY 21, « Le vrai leader est celui qui grandit en faisant grandir les autres »

Laurent Vimont, Président de CENTURY 21: « Le vrai leader est celui qui grandit en faisant grandir les autres »

 Rencontre pour La Saga des Audacieux, avec Laurent Vimont, Président de CENTURY 21

Pour répondre toujours au mieux aux attentes des consommateurs, nous n’hésitons pas, régulièrement, à rompre les codes et bousculer les convenances.

Mathilde Aubinaud : Pourriez-vous nous parler de CENTURY 21?

Laurent Vimont : CENTURY 21 a été créé en 1972 par deux agents immobiliers californiens qui souhaitaient donner une nouvelle dimension aux services apportés par les agences et se projetaient déjà dans le « 21e siècle ». En 1987, la marque s’est implantée en France, proposant des services qui sont devenus depuis des standards dans l’immobilier (mandat confiance, garantie d’actions…) et dont certains ont même été intégrés dans la législation. Aujourd’hui, le réseau regroupe 850 agences dans l’Hexagone et 5500 collaborateurs. Pour répondre toujours au mieux aux attentes des consommateurs, nous n’hésitons pas, régulièrement, à rompre les codes et bousculer les convenances.

« Ne pas hésiter à sortir de notre zone de confort et à prendre une nouvelle direction »

Comment, à travers votre entreprise, appréhendez-vous l’audace ?

Depuis 29 ans, le réseau ne s’est jamais contenté de faire et refaire ce qu’il faisait bien. C’est inscrit dans nos gênes : nous recherchons en permanence à progresser, innover, faire mieux. Pour prendre un exemple concret, l’audace nous a poussé il y a 5 ans, alors que tout allait bien en termes d’activité, à nous poser des questions sur notre avenir et à remettre à plat l’intégralité de notre système pour anticiper les nouvelles attentes des consommateurs. L’audace consiste pour nous à ne pas hésiter à sortir de notre zone de confort et à prendre une nouvelle direction, alors que rien ne nous l’impose, en pariant qu’à terme cela sera mieux pour nos clients et pour nous.

Quels sont les points saillants de votre parcours qui vous ont permis de vous façonner ?

Je suis un autodidacte, cela a eu un avantage je pense : celui de développer une sorte d’instinct pour « sentir » les hommes mais aussi, parmi les courants d’idées qui passent et dont je m’imprègne, percevoir les tendances qui pourront fonctionner demain.

J’ai eu la chance aussi, alors que le système scolaire ne me convenait pas, d’intégrer l’armée et de reprendre confiance en moi. Le service militaire m’a permis de prendre conscience de certaines de mes qualités et de comprendre, par exemple, que j’étais apte au commandement et que les diplômes ne font pas les managers.

De belles rencontres ont suivi : celle de Michel Trolle, le fondateur de CENTURY 21 en France, que je n’ai pas hésité à rejoindre aux prémices du projet alors même qu’à l’époque, en tant que conseiller immobilier, je fonctionnais plutôt bien. J’ai eu la chance aussi de croiser la route d’Hervé Blery, past président du réseau, qui m’honore depuis de sa fidèle amitié, de ses conseils et de sa bienveillance, d’Anne Lalou, à l’époque directrice générale déléguée du Pôle distribution de Nexity, aujourd’hui directrice de la Web School Factory et d’Alain Dinin, président de Nexity, le groupe actionnaire de Century 21 France. Toutes ces personnes m’ont inspiré, challengé et je me fais un point d’honneur à les honorer de leur confiance.

Vous avez travaillé en tant que maître-nageur avec Philippe Lucas, que retenez-vous de cette expérience ?

Je possède une sorte d’enthousiasme naturel : celui de me convaincre que quel que soit le métier que je fais, c’est le plus important de l’entreprise et qu’il faut donc que je le fasse du mieux possible. Etre maître-nageur m’a permis de mesurer ce que c’est qu’être responsable de la vie des autres. J’ai aussi compris, grâce à la natation, que transmettre un savoir que je maîtrisais bien ne pouvait passer par la seule démonstration «  Regardez comment je fais », mais qu’il faut observer l’autre, comprendre ses craintes et y répondre, identifier ses points forts et s’en servir, et découper le geste minutieusement, autant de fois que nécessaire, pour que votre élève acquière progressivement la technique et puisse  la reproduire. Ce fut une expérience riche d’enseignements.

En quoi l’instinct joue-t-il un rôle clé ?

« L’instinct est pour moi tout à la fois un radar et un scanner. »

L’instinct me permet d’avoir des convictions profondes, mais pas de certitudes, de dogmes inaltérables. Il me rend curieux, ouvert au monde et aux courants d’idées nouvelles qui le traversent, perméable aux évolutions, aux mutations qui s’opèrent, désireux de m’intéresser à tout, capable d’humer l’air du temps et de prendre des décisions à contre-courant parce que je les « sens ». L’instinct est pour moi tout à la fois un radar et un scanner.

Si vous deviez définir votre métier, quels seraient les points saillants ?

Pour manager, il faut aimer les gens et s’intéresser à eux. Le vrai leader est celui qui grandit en faisant grandir les autres. Montesquieu écrivait : « Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie, il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux ». C’est l’un des principes qui me guident. J’ai, pour autre principe, de placer dans les postes qui m’entourent des personnes qui sont toutes plus compétentes que moi sur leur métier. C’est sans doute l’une des clés de la réussite de Century 21 France.

Portrait Laurent Vimont
Laurent Vimont, Président de CENTURY 21

Pour un agent immobilier, l’humain est essentiel…

« Travailler dans l’immobilier, c’est s’intéresser bien plus aux hommes qu’aux biens concernés. »

Oui. L’immobilier n’est pas un secteur comme les autres. Nous ne traitons pas d’une marchandise ; nous parlons d’un projet de vie, d’un rêve, de l’un des investissements les plus importants dans la vie d’une personne, -et je ne parle pas ici de la dimension financière mais avant tout affective-. Acheter ou vendre est un projet exceptionnel qui comporte une grande dose d’irrationnel, et l’on fait erreur à coup sûr si l’on ne prend pas en compte cet aspect-là, considérant qu’il s’agit d’un acte purement objectif et raisonnable.

Un acheteur va projeter dans son futur logement son foyer, sa famille, son plan de vie, quand le vendeur y laissera une partie de ses souvenirs, des moments les plus forts qu’il ait vécus. Travailler dans l’immobilier, c’est s’intéresser bien plus aux hommes qu’aux biens concernés. Nous ne cessons de le rappeler aux nouveaux conseillers qui intègrent le réseau.

Vous tissez un lien avec l’ensemble du réseau

Dans l’histoire de CENTURY 21, le contrat de franchise est une chose mais, plus important encore, il existe un contrat moral. Ma première fonction ayant été, dès l’implantation de CENTURY 21 en France en 1987, de développer le réseau, j’ai pu tisser des liens de grande proximité avec nos partenaires au fil des ans et des ouvertures d’agences.

Aujourd’hui encore, je m’attache à assister très régulièrement aux inaugurations d’agences, à venir me présenter et échanger avec les participants de chaque stage qui se tient au siège, à recevoir, dans le cadre d’une cérémonie dédiée, chaque patron qui renouvelle son contrat de franchise. Et au-delà de ces événements particuliers, il est essentiel pour moi de discuter avec ceux qui sont sur le terrain, de ne pas m’enfermer dans une tour d’ivoire mais, au contraire, de rester accessible et disponible par mail, twitter etc. Notre plateforme Facebook at work a renforcé encore davantage ces liens, car en quelques clics, je peux désormais échanger avec l’ensemble du réseau, que ce soit des patrons, des conseillers, des assistantes. Issu du bas de l’échelle, je n’oublie pas mes origines. Loin de moi l’idée de ne parler qu’aux personnes se croyant autorisées à penser !

Vous mettez en place un accord avec Facebook France pour proposer une messagerie interne pour mettre en avant l’information. Comment l’idée est-elle née ?

Je tiens à préciser que Facebook at work n’est pas simplement une messagerie interne mais un outil de communication parfaitement adapté à l’histoire et à l’esprit du réseau.

Tout vient d’une rencontre avec Laurent Solly, le directeur général de Facebook France. La décision de s’emparer de l’outil était prise le lendemain. De bien des manières, il semble que cet outil ait été créé pour nous. Jusque-là, nous échangions beaucoup par mails et Intranet, mais la communication était, de fait, essentiellement descendante, or il est dans l’ADN de notre organisation de favoriser l’échange d’informations et le partage de bonnes pratiques. Facebook at work répondait parfaitement à notre problématique en permettant une communication tout à la fois descendante, ascendante et transversale.

Dans mon esprit, Facebook at work ringardisera le mail comme le mail a ringardisé le fax.

Dans quelle mesure se rendre dans l’une de vos agences immobilières invite le client à vivre une expérience ?

C’est avant tout la résultante d’un état d’esprit, celui dont je vous ai parlé plus tôt, comprenant que dans l’immobilier, le facteur principal est avant tout l’humain. Ensuite, c’est mille et un détails auxquels nous attachons de l’importance qui vont permettre au client de se sentir écouté, compris, considéré. Il y a 5 ans, lorsque nous avons remis à plat notre système, c’était essentiellement pour remettre le client au centre de nos préoccupations dans tous nos process et nos outils. Nous sommes vigilants depuis longtemps à suivre nos clients tout au long de leur projet et bien au-delà, durant leur parcours résidentiel, mais nous avons encore travaillé pour apporter davantage de suivi, de service personnalisé, de liens de proximité. Nous célébrons, par exemple, la conclusion d’une transaction par l’organisation d‘une crémaillère pour permettre à nos clients de rencontrer leurs voisins ; nous organisons chaque année la fête des voisins pour rencontrer et faire rencontrer les gens d’un même quartier, nous nous impliquons énormément dans la collecte des jouets chaque mois de novembre pour que dans le plus grand nombre de maisons, les enfants puissent fêter Noël. C’est sans doute cet ensemble de gestes et d’attentions, que nous cherchons d’ailleurs sans cesse à développer, qui nous a permis d’être placés, d’après le palmarès établi par le cabinet Human Consulting Group, N°1 de la relation client cette année.

En quoi CENTURY 21 est-il disruptif dans le marché de l’immobilier ?

Dès son implantation en France, le réseau a inventé une nouvelle façon d’exercer ce métier et a apporté des services innovants (analyse comparative du marché pour la fixation du prix, manuel de prise de mandat…). Nous avons dans nos gênes le goût de l’innovation et nous intégrons facilement les évolutions technologiques pour améliorer l’expérience client et les performances de nos collaborateurs. Nous avons ainsi été les premiers à proposer un Extranet vendeur pour apporter plus de transparence dans la relation avec nos clients et fluidifier les échanges. Depuis 5 ans, dans le cadre de notre projet Oxygène, nous multiplions les outils digitaux qui viennent à la fois répondre à une problématique de simplification des relations avec les clients et d’efficacité commerciale. Le tout dernier outil, par exemple, l’application mobile du conseiller, permet au collaborateur CENTURY 21 d’avoir à sa disposition, où qu’il soit, un ensemble d’informations et d’applications qui facilite son quotidien et lui permet de répondre plus rapidement aux clients.

La révolution numérique que nous sommes en train de vivre est une chance extraordinaire de prendre de l’avance et de remettre le réseau en projet avec un objectif : ré-enchanter l’expérience client.

En quoi le virage du numérique est-il une opportunité formidable pour CENTURY 21 ?

Pour CENTURY 21 qui a en culture le goût du progrès, de la nouveauté, la révolution numérique que nous sommes en train de vivre est une chance extraordinaire de prendre de l’avance et de remettre le réseau en projet avec un objectif : ré-enchanter l’expérience client. Au vu de la réactivité avec laquelle nos agences s’emparent des outils que nous leur mettons à disposition, et de l’enthousiasme dont elles font preuve, je suis relativement confiant dans l’avenir.

Ne soyons pas raisonnables dans nos rêves, c’est ainsi que nous ne subirons pas l’avenir mais que nous l’écrirons ensemble.

La phrase qui vous inspire ?

« Si vos rêves ne vous font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands » disait Richard Branson. Quelle est la taille de vos rêves : voici la question que j’ai posée récemment à tous nos partenaires lors de notre convention annuelle. Ne soyons pas raisonnables dans nos rêves, c’est ainsi que nous ne subirons pas l’avenir mais que nous l’écrirons ensemble.

Que peut-on vous souhaiter ?

De prendre le même plaisir dans ce que je fais, que celui que j’ai depuis 30 ans !

J’ai la chance d’avoir autour de moi une équipe formidable, de servir un réseau et une marque formidables, de faire les choses sérieusement sans me prendre au sérieux. Que cela puisse durer ! Quand on se prend trop au sérieux, il n’y a plus de brin de folie et plus d’audace… et plus la chance de paraître dans la saga des audacieux 😉 !

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

 

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Christine Kelly « La vie commence quand on te dit non »

Christine Kelly « La vie commence quand on te dit non »

 

 

« Il faut me découvrir. Mon apparence est très trompeuse. Ce qu’il y a dans mon cœur n’est pas ce que l’on pourrait voir de l’extérieur. Je suis une fille sensible, solitaire, très famille et très maternelle. »

Sans titre

Engagée et entière

 

Christine Kelly n’est pas de celles que l’on pourrait enfermer l’espace d’un instant. En l’écoutant, en regardant ses engagements à travers sa fondation K d’urgences, en tant que membre du CSA, elle est un être d’une grande profondeur qui refuse de n’être que spectatrice de la société. Engagée et entière.  A la fois « bosseuse et courageuse », elle sait cultiver son émotion et sa sensibilité en étant tournée vers les autres.

Dans son livre, L’invitée surprise, elle dévoile ce qui l’anime et ce qui la porte. Elle évoque sa famille. « Mon père et ma mère m’ont façonnée ». Elle n’a jamais eu de modèle. Pour elle, chacun se construit sa route.  Elle souligne toutefois qu’Oprah Winfrey l’inspire. Parce  que l’animatrice de télévision et productrice a « une capacité de résilience, avec un début  de vie très difficile, elle est aujourd’hui rayonnante ».

« Aller jusqu’au bout »

Christine Kelly entend être reconnue pour son travail et ses compétences. Ayant « soif d’énergie », elle laisse une empreinte. Membre du CSA, elle a ramené tous ses dossiers vers l’humain. Inciter à avoir des publicités qui respectent la femme, vivre avec son temps dans la société. «  Je suis ravie d’avoir pu accomplir tous les dossiers. » De la citation de Facebook et de Twitter, à la baisse du volume sonore pour la publicité, elle a  tenu à « aller jusqu’au bout. » Elle se donnait l’objectif d’avoir  un bilan et des résultats. Mission réussie.

« Au CSA, j’ai perdu ma liberté de parole mais j’ai gagné la liberté d’agir. »

La dernière fois où elle a été une invitée surprise ? « Au CSA» explique-t-elle. « De  la lumière des plateaux à l’ombre des dossiers, je devenais un interlocuteur des Présidents des autres chaînes. C’était un moment très fort » raconte celle qui est alors le plus jeune membre du C.S.A.  En rejoignant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, son rôle évolue. De témoin de l’actualité, elle en devient l’actrice. « J’ai perdu ma liberté de parole mais j’ai gagné la liberté d’agir. »

L’audace c’est le courage là où tout incite à s’arrêter.

Alors elle agit. Concrètement. Sur le terrain, avec audace. « L’audace, pour moi, est le nerf de la guerre, c’est le sel sans lequel on ne peut pas vivre. C’est le courage là où tout incite à s’arrêter. Quand on te dit non, la vie commence. » Avec un enthousiasme véritable, elle explique : « Là où il y a un challenge, un défi, où l’on apprend, il y a toujours de la place pour ceux qui en veulent ».  Une phrase qui la porte ? « Dans la vie rien ne vous est du mais ne vous refusez rien ».

La force culturelle française des médias

« Notre culture a une vraie valeur ajoutée » souligne-t-elle en évoquant les liens entre cinéma et télévision. Pour elle, le Septième Art est fort « parce que la télévision le soutient ». La culture française c’est aussi « des publicités soignées et sélectionnées ».

Christine Kelly
La journaliste Christine Kelly en studio

Des liens tissés

Avec talent et partage, elle a marqué la Journée mondiale de la Télévision en organisant le 21 novembre, la première Journée d’éducation aux médias. Christine Kelly a, en effet, réuni et rassemblé « deux mondes qui ne se rencontrent pas suffisamment ». Elle déplore « le manque de relation entre le média et les téléspectateurs. » Pour elle, il est essentiel de tisser des liens.  Lors de cette journée, les téléspectateurs ont débattu avec ceux qui font les médias. Un véritable échange est né.

Ne pas stagner

« Être à contre-pieds, c’est mon profil, ma nature, ma ligne éditoriale ». Elle se refuse à stagner,  entend éviter la routine. « C’est mon chemin de vie ». Ne pas accepter la médiocrité, la banalité. Ne pas faire comme tout le monde parce que tout le monde le fait. S’écouter soi-même.

Très tournée vers les autres, elle s’implique. Elle crée en 2010 la Fondation K d’urgences pour venir en aide aux personnes en situation difficile comme les familles monoparentales. « Je trouve que c’est indispensable de tendre la main aux autres. Cela fait partie de ma vie. » Souligne-t-elle.

L’enthousiasme de Christine Kelly

«  Je veux faire quelque chose  de ma vie, mais je ne sais pas quoi… » écrit-elle dans Invitée surprise avec justesse et authenticité. Elle n’aime pas « le blabla » ni les discours classiques. A la vingtaine, elle ne sait pas encore quel sera  son avenir mais elle y va avec enthousiasme.

« Une volonté de faire et d’aller jusqu’au bout des choses ».

« Dans la vie rien ne vous est du mais ne vous refusez rien » est l’une des phrases qui l’inspirent et avec courage et conviction. Une vie qu’elle se façonne emplie de promesse. Alors, définitivement, Christine Kelly laisse une empreinte essentielle.

Mathilde Aubinaud

Invitée surprise de Christine Kelly (Editions du Moment)

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Béatrice Mandine : « L’audace d’Orange est présente dès son ADN »

Béatrice Mandine : « L’audace d’Orange est présente dès son ADN »

Rencontre avec Béatrice Mandine, Directrice Exécutive Communication et Marque du groupe Orange pour La Saga des Audacieux.

« Dès le départ, Orange a eu la volonté  de se décaler complètement en entrant par l’usage. »

Mathilde Aubinaud : De quelle manière Orange est-elle audacieuse ?

Béatrice Mandine : L’audace d’Orange est présente dès son ADN. Dans un secteur très orienté sur la technologie, la marque s’est définie comme singulière. S’appeler  « Orange » dans un monde où les concurrents comportent dans leur nom  «  Tel » ou « Com »  a révolutionné le marché du mobile. Dès le départ, Orange a eu la volonté  de se décaler complètement en entrant par l’usage.

L’audace, chez Orange, fait signe par l’Identité visuelle…

Elle détonne, en effet, avec un logo très pur : un carré orange qui n’est pas la norme du secteur. C’était la volonté du fondateur, Hans Snook. Les codes de la marque véhiculent  des représentations. Avec la révolution digitale, il s’agit de faire évoluer la marque tout en gardant sa puissance. Nous avons tenu à maintenir ses attributs de reconnaissance et de force identitaire.

Béatrice Mandine
Béatrice Mandine

« Les essentiels demeurent : la famille, le divertissement, la maison. »

Comment tissez-vous un lien avec vos publics ?

Nous avons créé des cadres représentatifs de l’essentiel de la vie des gens. Nous sommes présents auprès du grand public dans une trentaine de pays. S’il y a bien des disparités très larges en se plaçant du point de vue de l’homme et la femme, les essentiels demeurent : la famille, le divertissement, la maison. On souhaite que la maison soit sécurisée, que l’on soit connecté  et que l’on puisse se parler.

«  Listening responding »

Comment appréhendez-vous les besoins de vos clients ?

Bien entendu, cela est rassurant de démontrer que l’on maîtrise les technologies. La grande majorité des clients souhaite que tout fonctionne.  «  Listening responding » est notre mode opératoire. Il s’agit de se mettre dans une posture d’écoute. De quoi avez-vous envie ? De quoi avez-vous besoin ?

« Une démarche adaptée à la demande du client. »

En quoi votre démarche est-elle différenciante ?

Elle est singulière au sens où elle est adaptée à la demande du client. Nous avons cherché une porte d’entrée commune. Notre volonté est de satisfaire la personne pour ce qu’elle demande individuellement.

Qu’en est-il de l’expérience client ?

On ne fait pas les mêmes choses sur le digital et en boutique. Ils sont, tous deux, très  complémentaires. L’un renforce l’autre. Les réseaux physiques de distribution apportent une présence et une proximité. L’interaction digitale s’appuie sur les réseaux sociaux et les sites web.

« L’innovation est foisonnante. »

En quoi jouez-vous un rôle pour l’innovation ?

En tant qu’opérateur de télécom, la valeur ajoutée est l’interopérabilité. Nous travaillons à normaliser les technologies pour que tout fonctionne.  Nous avons beaucoup de forces d’innovation en étant ouvert à nombre d’idées. Nous proposons des programmes d’open innovation. Dans l’écosystème start-up, il y a le programme d’accompagnement : «  Orange Fab » où les entrepreneurs trouvent, chez Orange, la capacité à tester en grandeur réelle. L’innovation est foisonnante.

« La marque Orange est un actif du groupe »

Quels sont les territoires d’expression d’Orange ?

Ils sont très vastes. Nous avons fait évoluer la marque orange. Elle est un actif du groupe que l’on se  doit de pérenniser. Nous avons commencé à travailler sur l’évolution de la marque en parallèle des premiers travaux préparatoires du plan stratégique « Essentiels2020 ».

Une expérience client incomparable

Quel est l’enjeu  principal pour vous ?

Nous voulons nous concentrer sur l’expérience client. Notre ambition est qu’elle soit incomparable en s’appuyant sur notre expertise et la puissance de nos réseaux. Nous nous orientons sur la satisfaction de  nos clients. Nous avons la responsabilité de comprendre ce qui est essentiel, pour un client, à un moment donné. Notre objectif en tant qu’entreprise de service  est de satisfaire chacun en écoutant  et en étant  capable de répondre avec pertinence à une question donnée.

Qu’en est-il de l’agilité ?

Les codes changent. Ce n’est plus une distribution de masse. Il s’agit de répondre, avec pertinence, à la personne en face. Pour des vendeurs, rien de plus satisfaisant que de répondre à ce que la personne demande. C’est un cercle vertueux.

« Quand  la marque et l’entreprise se confondent c’est optimal. »

Comment appréhendez-vous  la marque ?

Elle est le  reflet de l’entreprise. La marque crée une cohérence  entre la stratégie de l’entreprise et le logo. Quand  la marque et l’entreprise se confondent c’est optimal. La marque est le  vecteur d’alignement de l’entreprise. Si la marque prône quelque chose, elle se doit de le  prouver. Lorsque l’on dit «  Vous rapprocher de l’essentiel », c’est que l’on fait tout ce que l’on peut pour satisfaire votre essentiel.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

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Clara Gaymard : « Une entreprise qui ne ressemble pas au monde qu’elle sert ne peut pas le comprendre. »

Clara Gaymard : «  Une entreprise qui ne ressemble pas au monde qu’elle sert ne peut pas le comprendre. »

Clara Gaymard est  Présidente et CEO de GE France, Présidente du Women’s Forum et du fond de dotation RAISE. Elle s’engage pour les entrepreneurs et pour que les femmes accèdent aux postes de décision. Rencontre pour La Saga des Audacieux.

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Mathilde Aubinaud : Comment appréhendez-vous la peur face à l’audace ?

« L’audace est une manière de savoir apprivoiser sa peur. »

Clara Gaymard : Si l’on  parle toujours de la peur comme étant un obstacle, je pense  qu’elle aide à  avancer. Si nous n’avons pas peur, nous ne sommes pas vigilants, nous ne faisons  pas attention. La peur peut être une formidable adrénaline pour avancer. L’audace est une manière de savoir apprivoiser sa peur. Il s’agit d’essayer de vivre non pas en faisant des choses raisonnables mais en faisant ce que le désir vous dit de faire.

RAISE est une société d’investissement et un fonds de dotation. Pourquoi l’avoir créé ?

« RAISE : accélérateur d’audace »

Avec Gonzague de Blignières, nous avons créé RAISE parce qu’en France, de nombreux entrepreneurs pourraient grandir plus vite. Nous avons réuni de grandes réussites françaises qui viennent investir pour accompagner les ETI de façon minoritaire en faisant confiance à l’équipe de management.

Nous aidons les grow-up, ces jeunes entreprises de croissance, qui ont deux ou trois ans d’âge,  à  devenir des entreprises pérennes.  Nous les aidons à bâtir une meilleure stratégie et à aller plus vite dans leur croissance. On pourrait définir RAISE  comme accélérateur d’audace !

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Clara Gaymard à Early Metrics, jeune entreprise de croissance, pour l’aider à accélérer son développemen

Vous avez présidé, pour la première fois,  cette année, le Women’s Forum ? Quel regard portez-vous sur cette 11ème édition ?

Le Women’s Forum est un forum mondial qui réunit  plus de 1300 personnes. L’objectif est de donner la parole aux femmes pour qu’elles expriment leur vision sur des sujets économiques et sociaux cruciaux de demain.

Aujourd’hui, les  femmes occupent des postes de responsabilité, mais pas de postes de décision.  Le monde est gouverné par des hommes à quelques rares exceptions près comme Angela Merkel ou bien Christine Lagarde.  Comment faire pour que le pouvoir soit partagé ? Pour qu’il y ait un équilibre et une harmonie.  Une vision différente est une force.

Comment appréhendez-vous les perspectives entre les Etats-Unis et la France face à l’enjeu des talents ?

S’il fallait établir une différence, en  France nous avons davantage l’habitude de recruter des experts  et des spécialistes. Les Etats-Unis mettent plus en avant les talents. La France sait créer et s’appuyer sur des compétences. Saluons le management à la française. Les Français sont cultivés. Lorsqu’ils s’adressent à un Chinois, ils savent ce qu’est  la culture chinoise. Les  compétences sont diverses.

« La France sait créer et s’appuyer sur des compétences. »

Les Français n’ont absolument pas  à rougir de leurs compétences. On a beaucoup à apprendre des Etats-Unis. Ils sont, sans doute, beaucoup plus armés que nous pour construire de meilleurs écosystèmes : plus grands, plus efficaces dans l’utilisation des compétences. Nous devons nous en inspirer et avoir confiance en nos forces.

 

« Je suis animée par l’admiration. »

Qui vous anime et vous inspire ?

Je suis animée par l’admiration. J’aime admirer les personnes pour ce qu’elles font, pour ce qu’elles disent et aussi pour ce qu’elles apportent au monde. J’ai été marquée par des rencontres.

Vous évoquez beaucoup l’importance  de la parité pour les performances de l’entreprise. Dans quelles mesures a-t-elle un impact ?  

« La diversité est une force. »

 

Une entreprise qui ne ressemble pas au monde qu’elle sert ne peut pas le comprendre.  La diversité est véritablement une force. Dans une entreprise où il n’y a que des clones, ils ne verront pas le marché qui va venir. Ils ne verront pas non plus la disruption. Les équipes où la parité est bien présente sont plus performantes. Nous sommes plus intelligents a plusieurs. La richesse collective est beaucoup plus importante.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

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Laure Wagner, porte-parole de BlaBlaCar, raconte les rêves de la start-up

Laure Wagner, porte-parole de BlaBlaCar, raconte les rêves de la start-up

 Le leader mondial du covoiturage, BlaBlaCar, a levé 200 millions de dollars le 17 septembre dernier. Occasion de revenir sur la passion et l’audace de BlaBlaCar avec la porte-parole et membre de l’équipe fondatrice, Laure Wagner. Rencontre.

Laure Wagner
Laure Wagner, porte-parole de BlaBlaCar

« Chers jeunes entrepreneurs,

Si vous avez une idée à laquelle vous croyez qui a un impact positif sur l’avenir,

Si vous avez une idée à laquelle  votre entourage  ne croit pas nécessairement,

Pensez à nous !

Croyez très fort en votre idée ! »

Cette intuition, cette volonté débordante, Laure Wagner la transmet. Utilisatrice exigeante du service qu’elle promeut, elle fait partie de l’histoire de BlaBlaCar dès ses  prémices.

Elle rencontre un dénommé…Frédéric Mazzella.

« Un job qui a du sens pour moi » Ne pas avoir un simple travail mais s’inscrire en cohérence avec des valeurs. Laure Wagner, a une prise de conscience écologique pendant ses années étudiantes. Elle effectue son premier poste pour le compte du Ministère de l’écologie, en tant que Chef de projet pour la semaine de la mobilité.

L’une de ses missions consiste à éditer un guide sur les initiatives de mobilité durable. Elle rencontre alors un dénommé…Frédéric Mazzella. Ils discutent. Elle a envie de l’aider. Deux ans plus tard, il peut embaucher une première personne. Ce sera elle. On l’interroge. Pourquoi partir ? Pourquoi quitter une structure confortable et rassurante ? « J’étais persuadée que ça pouvait marcher. »

Passionnée par le web collaboratif, elle s’attache à répandre « l’état  d’esprit très fort » de BlaBlaCar. « Nous sommes nous-mêmes covoitureurs. »  Laure est ambassadrice sur le site, elle est donc une grande utilisatrice du service.

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Les Ambassadeurs de BlaBlaCar

“Optimiser l’existant.”

Tester, innover, aller de l’avant autant d’actions qui ne lui sont pas inconnues. « Au début, c’est le défrichage total d’une activité nouvelle. » L’objectif demeure pour cette start-up web qui entend proposer « la meilleure plateforme possible pour qu’un maximum d’automobilistes se l’approprient et changent de comportement en ne roulant plus seuls ».  Turn every car into a BlablaCar. Il s’agit d’optimiser l’existant.

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Le maître-mot ? « Confiance » 

« On a un rôle de grand frère de la consommation collaborative » lance-t-elle. Pour Laure, la revente  d’objets sur le Bon Coin et le covoiturage sont « deux révolutions au sein même de la consommation collaborative. » BlaBlaCar, une des plus grandes plateformes de la consommation collaborative, répond à un défi de taille : comment faire voyager ensemble des personnes qui ne se connaissent absolument pas.

Passer un trajet de plusieurs heures dans une voiture est impliquant. Le maître-mot ? « Confiance » ! Elle évoque Trust Man, qui porte le super pouvoir de la confiance. BlaBlaCar a  mené,  auprès de 2500 membres, une étude en posant cette question : « Quel degré de confiance accordez-vous à vos différentes relations ? » Ils accordent davantage de confiance à un membre de BlaBlaCar qu’à un voisin ou un collègue.

Une révolution des liens sociaux. Entre deux particuliers, la plateforme «  joue  le rôle de tiers de confiance. » 

Plus que jamais la plateforme incarne le rêve. Accumulant les superlatifs, invitant à un dépassement de soi, elle fait rêver. DREAMS est d’ailleurs l’acronyme des 6 piliers de la confiance selon BlaBlaCar( Declared/ Rated/ Engaged/Activity-based/Moderated/Social).

BlaBlaCar

Un rêve porté  par les levées de fonds. « Les investisseurs nous aident  à réaliser ce rêve, nous portent dans notre démarche. » Toujours continuer avec une même énergie.

Mathilde Aubinaud

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Francis Szpiner « Personne n’a compris, moi, je vais vous expliquer.»

Francis Szpiner « Personne n’a compris, moi, je vais vous expliquer.»

Comment concilier audace et plaidoirie dans une société aseptisée ? Francis Szpiner, qui fut l’avocat de Jacques Chirac, revient sur le courage et l’audace qui ont façonné son parcours. Rencontre avec l’avocat au barreau de Paris.

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« Quand on défend le criminel, on défend celui qui a brisé la règle sociale. »

« Ce n’est pas facile d’être le méchant, d’arriver face à une foule hostile. Quand on défend le criminel, on défend celui qui a brisé la règle sociale. On a accepté d’être impopulaire. » Francis Szpiner se retrouve à l’écart lorsqu’il plaide. Face aux normes, face à la société, l’avocat porte un combat. La suspicion est présente. L’avocat est payé pour « parler en faveur de…  dans l’esprit des gens. C’est une parole mercenaire. » D’ailleurs, pour lui, être avocat est « la manière la plus confortable d’être marginal ». On permet à l’avocat des attitudes qu’on n’accepterait pas ailleurs. « Je pouvais déjeuner avec Madame Claude car j’étais son avocat » souligne-t-il.

Syncrétique, ce métier lui offre l’opportunité de côtoyer et de d’approcher l’interdit et le réprouvé « le terroriste, le ministre corrompu ou des honnêtes gens victimes ». Il se dit « observateur privilégié ». Celui qui fut l’avocat de SOS ATTENTATS évoque cette « possibilité de vivre mille vies.» S’imprégner pour être dictateur, proxénète, trafiquant de drogues, violeur, médecin.  Pour l’avocat au barreau de paris depuis 1975, aucune affaire n’est semblable à une autre.  Un véritable combat. Le mot n’est d’ailleurs pas anodin tant le procès s’apparente à une forme de guerre « civilisée » au service de quelqu’un. « On n’est pas obligé d’aimer les gens qu’on défend. »

« Un mot s’échappe et prend alors une importance considérable. »

 Le procès comme miroir de la société et « la répression comme témoignage d’une époque ».Il explique : « Si la bibliothèque municipale brûlait et qu’on ne retrouvait plus les journaux d’époque, la consultation des grèves du palais permettrait de reconstituer l’Histoire. » Le réquisitoire d’Ernest Pinard, contre Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire, en 1857, donne « une idée de ce qu’une société juge immoral ».  Aujourd’hui,  il s’agirait des FEMEN à Notre-Dame. Les archives de la justice « peut-être de manière exacerbée » montre l’état d’une société.

La justice se fait la température d’une société, de ce qu’elle accepte ou non. S’invite la question de la temporalité. « La loi peut être en retard ou en conflit avec son temps ». Si la plaidoirie s’inscrit dans une représentation face à un auditoire, l’art scénique et l’univers juridique différent. Au théâtre, la pièce est écrite et on peut la rejouer. Ce n’est nullement le cas pour la plaidoirie et c’est sa force.

« Un mot s’échappe et prend alors une importance considérable ». Il évoque Jacques Chirac qu’il connait bien. On attribue d’ailleurs à l’avocat le fameux « abracadabrantesque ». Quand Le Chef de l’Etat prononce ces mots « c’est une histoire  abracadabrantesque ». Un journaliste interprète ce terme en tissant un lien entre « abracadabrant » et « dantesque » au sens de L’Enfer de Dante. Il a fallu expliquer au monde que c’était un néologisme de Rimbaud dans l’un de ses poèmes : « Le cœur volé ». Redonner sens à l’essence du mot. Francis Szpiner a été membre du jury de la thèse soutenue par Arash Derambarsh en décembre 2015.

« Mon adolescence c’était Dumas. »

« Je serai malheureux si je ne lisais pas. » Façonné par « la littérature, la puissance du mot, par l’Histoire », il loue Hugo, Camus, Zola.  Pour la poésie, il cite Rimbaud, Baudelaire, Char. « Dans une vie, il y a des moments pour certains textes. » Il évoque son père qui fut maquisard. Le temps de la jeunesse et celui de l’éducation sont des piliers d’une vie. Dans l’un de ses ouvrages, il écrit ainsi «  une vie d’homme ce n’est souvent que l’accomplissement des promesses de l’enfance. »  Il se souvient aussi « d’un vieil avocat corse qui, pendant cinq ans m’a appris mon métier dans une relation d’enseignement. ».

 « Mon adolescence c’était indiscutablement Dumas. » Pour Szpiner, Le Comte de Monte-Cristo est un chef d’œuvre tant il traduit les ressorts de l’humanité. « La vengeance, la lâcheté, le courage, l’amour, la générosité, le pouvoir, la corruption, la justice… »

« L’avocat  est obligé d’être audacieux. »

Celui qui fut l’avocat de Jacques Chirac, n’apprécie guère tout ce qui tend à se figer, le mouvement s’assimile davantage à une promesse. « Liberté » est d’ailleurs l’un de ses mots préférés. L’audace, un état d’esprit qui ne lui est pas méconnu. « Il m’est arrivé d’être audacieux ». En 1989, il plaide à Papeete. Par un concours de circonstances, le voici qui rencontre le Président de la Polynésie, Alexandre Leontieff. Il devient l’avocat du gouvernement polynésien et tombe amoureux de ces îles. L’année suivante, le poste de directeur de cabinet du Président lui est proposé. « Si rationnellement, c’était de la folie pour moi d’accepter, de quitter le barreau, je l’ai pourtant fait. » Du jour au lendemain, il part à Tahiti. Il y reste 14 mois.

Szpiner convoque une forme d’audace, de mégalomanie, de prétention ou  d’inconscience quand il évoque l’avocat qui se lève dans une salle d’audience et prend la parole : « personne n’a compris, moi, je vais vous expliquer ce qu’est la vérité, c’est une forme d’audace ». Pour Szpiner, « l’avocat  est obligé d’être audacieux. Un avocat sans courage ni audace ne serait pas un bon avocat. ».  Une vertu essentielle au service d’un être humain.

 

Mathilde Aubinaud

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Michelle Gilbert: « Dès qu’on suit son instinct, on crée des opportunités. »

Michelle Gilbert: « Dès qu’on suit son instinct, on crée des opportunités. »

Rencontre avec Michelle Gilbert, Directrice communication de Facebook France

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« J’ai eu l’audace de tout lâcher pour Paris, de changer de pays, de langue. J’ai appris sur le tas. Je ne parlais pas du tout français. » Oser franchir le pas, saisir l’inconnu pleinement pour avancer et se façonner son destin. Michelle Gilbert, franco-américaine, traverse l’Atlantique, pour rejoindre celui qu’elle aime. « C’est la personne qui m’a permis de réaliser mes rêves. ». Elle se mariera et aura quatre enfants.

La digital mum allie famille unie et brillante carrière. Elle dirige la communication de Facebook France. Se mettre en danger et refuser une situation de confort ne sont nullement des postures mais un état d’esprit qu’elle a adopté depuis bien longtemps.

« On provoque notre destin. »

 Alors elle ose et repart de zéro. Issue d’un milieu modeste, elle travaille depuis l’âge de 14 ans. Elle a le sens des valeurs et des priorités. « Dès qu’on suit son instinct, on crée des opportunités. On provoque notre destin. Il faut parfois se forcer. » La voici qui avance, qui court avec toujours cette même soif. Les vacances sont en mode roots pour Michelle et sa fratrie. Direction Sumatra, la jungle, les treks.

“What would you do if you weren’t afraid?”

« On va au-delà des limites.  J’aime bien les challenges. » Le prochain ? « Aider mes enfants, à être bien et  à ne pas se freiner. J’espère que je donner en tant que même de donner l’envie de ne pas avoir peur.» La peur, ce trait qu’elle combat chaque instant. « What would you do if you weren’t afraid?” interroge-t-elle. « Le voyage, la meilleure des expériences que l’on peut avoir. » Michelle, curieuse depuis toujours, se remémore le conseil de son père.

Elle cultive le goût de l’ailleurs. Elle évoque son parcours dans une université  en Angleterre et les rencontres qu’elle a faites. Discuter avec Michelle Gilbert, c’est être emporté dans un univers tourbillonnant. Pétillante et en mouvement, sa joie de vivre ne trompe pas. Elle vit entièrement.

«  Un esprit d’entrepreneur ! »

D’un continent à l’autre, elle saisit les occasions qui s’offrent à elle comme autant de défis et d’opportunités à se dépasser.
FB_Michelle-Gilbert_blue3_Web_name L’humain et les autres lui importent considérablement. D’ailleurs, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a fixé comme projet initial de « Connecter le monde.» Pour elle, les  plus grandes expériences sont celles que l’on partage avec les autres.

Alors les liens tissés sont à garder précieusement. Facebook est un allié idéal. Le réseau social s’engage pour les plus démunis en mettant en place  un bouton incitant au don intitulé « Donate now ». Elle entend avoir un impact.

Travailler chez Facebook France c’est avoir l’opportunité de se révéler  « entrepreneur dans l’entreprise. » souligne Michelle Gilbert. «  Un esprit d’entrepreneur ! » est présent. Un hymne à l’audace qu’elle incarne parfaitement. Filant la métaphore, d’un saut en parachute. On se lance et « quand on atterrit, on a gagné ! »

Michelle Gilbert est de celles qui incarnent la sentence : « Fortune favours the bold ! »

Mathilde Aubinaud

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Michel Mimran : ‘Continuons à rêver plus grand !’

Michel Mimran : ‘Continuons à rêver plus grand !’

Retour sur la très belle année du Paris Saint-Germain. Un quadruplé historique d’un club qui ne cesse d’innover avec l’audace et l’élégance parisienne.  Rencontre avec le Directeur Marketing du PSG, Michel Mimran.

Michel Mimran, Directeur Marketing du PSG
Michel Mimran, Directeur Marketing du PSG

Un lieu prestigieux, des ambassadeurs mythiques… Nous voici au cœur d’une marque parisienne : le PSG. Le Paris Saint-Germain écrit cette histoire qui façonne et fascine l’imaginaire collectif. Bien entendu, les temps courts des matches sont là, l’actualité reprend très vite le pas dans cet univers compétitif. Mais « ils viennent nourrir cette histoire » souligne Michel Mimran.

Michel Mimran est la 2ème personnalité marketing de l’année 2015

 Avec passion, le Directeur Marketing participe au récit de ce club depuis 6 ans.  L’inédit quadruplé ne marque pas tant une rupture mais une confirmation. « Il prouve que l’on peut continuer à rêver plus grand ». Après 4 trophées, nous pouvons rêver d’en décrocher un cinquième.  Michel Mimran, qui a fait sa carrière dans de grandes marques, se plait à raconter l’aspect différenciant de la marque PSG  en lui insufflant les valeurs parisiennes « de l’élégance et du respect ». Il souligne le travail effectué pour que la  « marque se démarque ». Il a d’ailleurs été élu 2ème personnalité marketing de l’année 2015. Enfant, il rêvait de devenir « Avocat pour défendre les coupables ».

Il suivra brillamment des études de droit. Puis, avec audace, il décide de ne pas se fier aux statistiques des admis de l’ESSEC qui ont suivi une formation juridique. Il passe le concours et intègre la prestigieuse école de commerce. L’étudiant découvre alors que l’univers du marketing l’intéresse. Il se dirige vers cette voix en rejoignant de grandes marques comme Kodak, Cryo, Le Club Internet puis Lagardère, lors du lancement de Gulli. Des publics et des techniques de marketing différents.

« Le PSG : le premier club d’une nouvelle génération de marque de sport.»

Autre marque forte, dotée d’une véritable identité, bien entendu : le PSG.  Il se positionne entre les deux impératifs que sont « la prudence et l’innovation ». Il faut, pour cela éviter les erreurs et inviter à rêver.  Il y a 4 ans et demi, la marque change de propriétaires. Le club adopte, dès lors, un nouveau positionnement en  refusant de se contenter d’être « le énième club de foot mais en voulant devenir le premier d’une nouvelle génération de marques de sport. »  Pour cela, il est nécessaire de réinventer le marketing sportif. Justement, le digital est un formidable terrain de jeu que le PSG maitrise à merveille. Les supporters sont légion.

L’avant- match est marqué par une adrénaline et une véritable hystérie de tous. Le PSG communique à l’avant-match, sur le direct et à l’après-match. Bien entendu, le club a une communication différenciante en fonction des supports. Les sources d’inspiration de Michel Mimran sont grandes : l’univers du sport à celui de l’entertainment et ce qui se passe outre-Atlantique.

« Les médias donnent un parfum d’aventure au PSG ».

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Assurément, le PSG est un « pari d’audace ». Le club parisien demeure très scruté par les médias qui « l’adulent et le critiquent » note Michel Mimran. Ces derniers participent également à « ce parfum d’aventure ».  Pour cela, le courage est demandé pour mener à bien certains choix.

Le directeur marketing interroge cette question de l’audace que l’on revendique haut et fort et  dont peu d’entre nous font preuve. Selon lui, « est audacieux celui qui est capable de se lancer dans une aventure dont il n’a pas vérifié au préalable tous les tenants et les aboutissants, mais que l’intuition ou la conviction anime. Pas d’audace sans prise de risque. » Il évoque son ancien Président, Jean-Martial Lefranc Producteur de jeux vidéo, quand il était chez Cryo. « Il faisait preuve de beaucoup d’audace en étant autonome dans sa pensée. On avait développé une stratégie qui nous plaçait un peu en rupture du marché du jeu vidéo. »

 L’audace se manifeste par exemple dans le choix de certains joueurs. Le directeur marketing évoque « les jeunes joueurs que le club a lancés tout en tenant à bâtir une grande équipe ».

 Le club c’est le « Tous Paris » en tissant des liens entre les supporters et la ville. « Que le public apprécie », la voilà, la plus belle des récompenses. Avec ses équipes, Michel Mimran contribue à l’organisation de l’évènement : de l’animation au décorum en passant par l’entrée des joueurs sur le terrain.

« Pendant le match, je suis très attentif. J’y assiste comme supporter mais aussi comme cadre de l’équipe. Je vis au premier degré comme un supporter, au second comme un cadre, au troisième comme un responsable. »

Avec ses équipes, il tient à développer une réflexion commune. « J’essaie de faire en sorte qu’un maximum de personne contribue aux décisions. » explique-t-il.

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« L’horizon européen est un nirvana. »

Trois lettres qui génèrent une « véritable adrénaline », un « effet waouh » si caractéristique de la marque. Lorsque l’on apprend qu’un joueur signe au PSG, c’est un événement. « En fait, le PSG crée l’évènement ».  Il attend avec impatience, comme le club et la ville, « une victoire en Ligue des Champions ». Pour lui, « l’horizon européen est un nirvana. »

Que peut-on souhaiter à Michel Mimran ? « Que cela continue ! » alors que le PSG continue à rendre Paris magique.

Mathilde Aubinaud

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Gérald Karsenti : « Dans le monde de demain, le courage fera la différence. »

Rencontre avec Gérald Karsenti, Président Directeur Général d’HP France et Professeur affilié à HEC Paris où il enseigne le leadership.Capture d’écran 2015-06-29 à 12.23.23

Quel serait votre regard sur l’audace ? 

« Un tempérament audacieux génère des opportunités. »

Un audacieux fait ce que les autres n’osent pas faire. Cela peut être perçu parfois comme négatif parce qu’intrusif ou parce que l’on prête ce trait de caractère à des personnes ambitieuses ou carriéristes. Mais c’est surtout très positif lorsqu’il s’agit de trouver des brèches que les autres ne verront pas. Etre audacieux c’est se lancer dans de nouveaux marchés, c’est remettre en cause les choses établies et le statu quo. L’audace c’est le courage et l’envie d’oser. Elle est le fil continu d’une entreprise qui est agile.

Comme alors appréhender le marché et ses  enjeux ? Comment s’inscrivent-ils par rapport aux besoins des consommateurs ? 

« Le digital n’est plus un problème de technologie. »

Ce que l’on oublie, souvent, c’est que le digital n’est plus un problème de technologie uniquement. Il y a eu un temps, à l’ère de l’informatique, où l’on attendait le dernier serveur, la dernière annonce de PC. Maintenant, on sait qu’à la vitesse où va le progrès, on pourra tout faire. A la maison, on a le réseau, on a des objets numériques connectés : on est au XXIème siècle.  Dans l’entreprise, cela est plus compliqué. Mais il n’empêche, la technologie a tellement progressé que l’on peut tout envisager. Dans la révolution digitale, le regard est en rupture. C’est une vraie disruption et ceci dans  tous les métiers.

Il ne faut pas rester figé...

Prenons l’exemple de l’hôtellerie. Ce monde est percuté par des start-ups. Si l’hôtellerie ne fait pas attention, elle peut se faire totalement « uberiser », selon la fameuse formule de Maurice Lévy. C’est déjà le cas d’ailleurs. D’un côté, des sociétés à l’image d’Airbnb viennent et prennent des parts de marché aux acteurs traditionnels en mettant à disposition des logements de particulier à particulier. De l’autre côté, il y a Booking.com où l’on rentre les informations pour réserver sur Booking.com.  Et c’est alors Booking.com qui a le contact client.

La digitalisation ce sont des sociétés qui sont à la base des individus. Ils ne se posent pas de questions. Ils avancent. Aujourd’hui, l’émergence des sociétés start-up est fondée sur l’innovation.

Comment la notion de technologie d’usage prend-elle pleinement sens ? En quoi les consommateurs deviennent-ils prescripteurs ? 

« Les consommateurs challengent positivement  les entreprises. »

Les consommateurs arrivent et challengent positivement  les entreprises en leur proposant de concevoir des produits et des services dont ils ont besoin. L’usage a la primauté sur la technologie. On est dans une logique d’usage. C’est avoir à sa disposition que des « choses » dont on va se servir et qui sont utiles. Si dans les cinquante dernières années on fournissait des technologies à des clients pour qu’ils puissent construire le système dont ils avaient besoin, le  modèle actuel chez HP, tel qu’on le perçoit, est qu’il faut en plus de cela, proposer un ensemble de services . Si on a besoin d’éditer des bulletins de salaire, pour une entreprise de 100 personnes et que l’on souhaite 100 bulletins de salaire, on en paie 100. Si l’on en veut 102, on en paie 2 de plus. Le prix est au bulletin. Vous payez uniquement le service. Le prix est modulé. Si vous avez besoin de moins, vous payez moins.

Quelles sont les figures qui incarnent l’audace ? 

Xavier Niel ou Patrick Drahi avec des modèles et des façons de procéder tout à fait différentes. Cela ne veut pas dire pour autant que je me reconnais en eux, ou du moins en tous points, mais ils sont audacieux, c’est un fait. L’audace peut aussi être politique. Tous pensent qu’ils vont être un jour au sommet de l’Etat. Ils font le maximum pour y arriver. Il y a là une forme d’audace.

En quittant le confort du quotidien ? 

« L’audacieux prend des risques. »

Quand on tente quelque chose, on s’expose, un homme politique qui se lance dans la course aux présidentielles se met à nu, se révèle quand il est attaqué ou critiqué. Si cela ne marche pas, il n’en sort pas indemne. Il en va de même dans toutes les actions qui nécessitent de l’audace : dans l’entreprise, le sport… Dans tout. L’audacieux prend des risques.

Dans un monde en mutation, l’entreprise joue un rôle moteur. Comment se pose la question de l’agilité pour une grande entreprise ? 

« Les challengers permanents. »

Il faut tout d’abord avoir la bonne équipe. Un mélange de personnes qui font arriver les trains à l’heure aux bons endroits, dans les bons postes et des personnes qui pensent et agissent différemment. Ils prennent des voies que les autres ne prennent pas. Ils n’ont pas peur de perturber ce qui est en place. Ce sont des challengers permanents. Il ne faut pas avoir peur de nommer des personnes qui ne nous ressemblent pas. Notre réflexe, dans notre culture occidentale, c’est se répliquer. On promeut ceux qui ont fait les mêmes écoles. C’est beaucoup plus fort d’être capable de recruter des personnes qui ne nous ressemblent pas.

C’est en confrontant intellectuellement que l’on se dépasse ? 

Oui, parce que l’audacieux bouscule. Il prend les personnes à contre-courant, de vitesse. Il crée un tremblement de terre, du mouvement, des ruptures, des failles.

Il faut se mettre en observation du marché en permanence avec une veille à la fois externe et interne. Il s’agit de regarder le marché : des concurrents et des entreprises d’autres secteurs. Regarder, également, si l’on ne s’endort pas. La compétence est une valeur relative et non absolue. Si vous n’entretenez pas votre capital, il se déprécie. Il faut de l’acquisition de connaissances, d’expériences en allant plus vite que les autres. Il faut agir, prendre des décisions, accepter la marge d’erreurs.

Aujourd’hui, qu’est-ce qu’un leader, qu’est ce qui fait qu’une personne est suivie ? 

On est en train de changer le référentiel. Bien entendu, la vision définie par le leader est immuable. Le leader répond à la question du « pourquoi ?».

Le pourquoi comme quête de sens ? 

C’est le sens que vous donnez aux choses, que vous mettez dans vos actions. C’est très important. Aujourd’hui, nous n’avons  plus le temps de nous concentrer sur cette thématique. C’est une erreur. Cet enjeu est une constante. C’était vrai sous Alexandre Le Grand, Robespierre ou Napoléon. Tous ceux qui ont fait des changements majeurs dans l’Histoire de l’humanité ont donné du leur sens. Donner une vision n’est pas suffisant. Il faut donner un calendrier en passant par des étapes. Les qualités restent comme l’éthique.

« Le leader est plus proche des collaborateurs. »

Dans le leadership de demain, il y aura des changements. On est passé d’un leadership paternaliste dans les années 1950,1960 avec des chefs directeurs à des leaders inspirationnels et transformationnels qui font bouger les lignes. Le leader est imaginé comme charismatique. Aujourd’hui, le leader est plus proche des collaborateurs, des citoyens. Il est très à l’écoute. Le monde est devenu tellement complexe qu’il faut accepter que la compétence soit partout. Il faut capter les mouvements, écouter, prendre les idées. Faire travailler ensemble les communautés pour atteindre des objectifs. La personne du leader s’estompe au profit du collectif. En raison des réseaux sociaux, de la multiplicité des contacts, on passe d’un leader au-dessus de la mêlée à un leader qui continue à inspirer mais qui est avec les autres en faisant travailler des équipes autour d’un projet pour un but donné. Les salariés ont eux même évolués.

La culture de l’entreprise est dès lors cruciale ? 

Les salariés veulent une entreprise qui leur convient, en conformité avec leur valeur. Avant le « pourquoi ? » comptait moins que le « quoi ? » et « le comment ? ». Aujourd’hui, le « pourquoi » est placé avant. C’est une belle différence.

Quand on est dans un leadership, comment gardez des valeurs qui animent l’individu ? 

« Si tu veux réussir sois-toi-même. »

Il faut rester soi-même. Si l’on ne fait pas attention, on passe notre vie à porter des masques. Ou bien, on peut décider simplement d’être soi-même. En démarrant ma carrière, j’ai eu la chance de rencontrer un leader et de le côtoyer pendant une année. J’ai retenu de lui cette idée: « si tu veux réussir sois-toi-même. » Je ne suis pas différent dans ma vie professionnelle et dans ma vie privée et je dis ce que je pense. Quand je parle, je n’engage pas que moi. Les comportements, actions et paroles m’engagent certes mais je sais que les conséquences peuvent ne pas être neutres pour celles et ceux qui travaillent à mes côtés. Ce n’est pas neutre.  Le leader a une responsabilité. Quand vous avez des sujets difficiles, le dirigeant se doit de garder une forme de neutralité.

Quels sont les prochains challenges qui vous portent ? 

Trouver les zones de croissance pour toujours rester leader et toujours servir les clients et avoir un temps d’avance. Il  y a 5 ans, nous avons pris des décisions avec des  investissements importants pour se positionner sur des secteurs comme le cloud computing, le Big Data. Nous avons fait preuve d’audace collective et cela a payé. On doit se dire : où doit-on investir demain pour rester pionnier et leader ? On l’a fait en lançant le programme start-up. Etre tout le temps sur le qui-vive. Comment vais-je faire pour être différent, pour créer de la valeur ?

Quels liens faites-vous entre les idées et twitter ? 

J’ai vu deux valeurs sur twitter. C’est l’un des capteurs externes. Des sujets émergent. J’ai aussi appris à travailler la formule. C’est faire passer une information réelle sur un média décalé.

Sans la diluer...

Dans un nombre de caractères limités, il s’agit d’éviter qu’elle devienne incomplète ou incompréhensible.

Quel serait le mot de fin ? 

« On a oublié d’être courageux. »

Je fais un parallèle entre le courage et l’audace. Dans le monde demain, le courage fera la différence. Le courage est partout. C’est le courage de se remettre en cause, de se transformer, de ne pas laisser des anomalies, de remettre en cause l’intolérable. C’est la qualité la plus importante. On a oublié d’être courageux. On se cache tout le temps derrière un écran. Etre courageux, c’est être très physique. C’est être capable de faire des choses.

Je crois demain au mélange des diversités et au mélange du multiculturalisme. On va enfin comprendre que le modèle occidental n’est pas l’unique référence. C’est un modèle. Il y en a d’autres.  Lorsque vous parlez à des équipes réparties dans plusieurs pays, la lecture du message n’est pas la même pour un canadien, un égyptien, un espagnol. Il faut apprendre à parler en tenant compte de l’éducation, des cultures… et des sensibilités.

Le modèle actuel est très normatif...

Si l’on veut être dans un modèle mondial, il faut accepter les lectures différentes. Il y aura des socles communs et des valeurs universelles. Un autre sujet qui m’intéresse particulièrement : l’intégration des handicaps. Cela peut arriver à tout le monde. Laisser une place aux personnes handicapées c’est se doter d’une force incroyable.

« Le monde de demain, grâce aux femmes, ne sera plus le même. » 

 Autre diversité : les hommes et les femmes. J’y crois. Cela va totalement changer la société. Le monde de demain, grâce aux femmes ne sera plus le même. L’intégration des diversités homme/femme m’intéresse. Le fait qu’aucune femme ne dirige d’entreprise du CAC40 est une anomalie indiscutable.  Il y en aura bientôt une du reste, mais c’est ridicule sur un plan statistique. Cela devrait heurter nos consciences.

Je crois que la société de demain va être plus féminine, plus courageuse, plus audacieuse.

Retrouvez le blog de Gérald Karsenti ici

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

 

 BIOGRAPHIE

Gérald Karsenti est nommé le 1er Juillet 2011 Président Directeur Général de Hewlett Packard (HP) en France et vice-président du marché « entreprise ».

Gérald a rejoint HP France en tant que Vice-Président et Directeur Général des ventes de l’activité Enterprise Business en janvier 2007, où il supervisait pour l’ensemble des segments de clientèle la totalité des ventes (matériels, logiciels et services).

En Octobre 2010, il prend la responsabilité de la division Enterprise Services, en tant que vice-président et directeur général, fonction qu’il a assumé jusqu’à la fin du mois de Mars 2013, en parallèle de ses responsabilités actuelles. Il devient alors administrateur des activités de services de HP CDG, filiale conjointement détenue avec la Caisse des Dépôts Marocaine.

Avant de rejoindre HP, Gérald Karsenti était président de la filiale Cap Gemini Sogeti « Application Services SAS », structure de 2500 personnes, spécialisée dans l’application, les activités de services technologiques de proximité, l’ERP et le testing.

Auparavant, il avait passé plus de 17 ans chez IBM occupant successivement des fonctions de Vice-Président et de directeur au sein de différentes entités d’affaires du groupe (IBM Software Group, secteur des industries de manufacturing et de process, secteur de l’assurance, channels, etc.).

Il a également occupé des responsabilités internationales, notamment au Japon (dans le cadre d’un projet international franco-japonais), en Russie (en tant que directeur général en charge des secteurs de l’industrie, poste basé à Moscou), en Europe (en charge de la division WebSphere Softwares) et aux Etats-Unis (au siège du groupe). Dans cette dernière mission internationale, basée à New York, il était le Vice-Président WW des ventes PME-PMI et des partenaires pour la division IBM Software Group et supervisait près de 3000 personnes réparties sur trois géographies, EMEA, Amériques et Asie.

Diplômé de l’IEP de Paris (Sciences Po Paris, PhD), Gérald Karsenti est également titulaire d’un master de management de HEC Paris, d’un diplôme d’Oxford University dans le domaine de la conduite du changement, d’un master en finance de l’IAE de Paris (Sorbonne Business School) et d’un master en économie de l’entreprise de l’Institut d’Economie et de Management de l’université de Nantes (ex université en sciences économiques de Nantes).

Membre de la Société des Gens de Lettres, du Cercle et de l’Institut de l’Entreprise, il est l’auteur de trois livres de management : « La fin du paradoxe de l’informatique », publié en 1999 aux Editions d’Organisation et préfacé par Francis Lorentz, ex président de Bull et de la RATP ; « Modèle 4X4 », un ouvrage sur la conduite du changement, publié en 2009 aux Editions Pearson ; « Le Business Model des Services », publié en 2011 aux Editions d’Organisation, avec Wolfgang Ulaga, professeur à HEC Paris, ouvrage préfacé par Henri Proglio, PDG du groupe EDF.

Professeur affilié à HEC Paris depuis dix ans environ, Gérald a vu certaines de ses recherches reprises dans les rapports du BIPE, de Rexecode ou d’autres instituts. En 2000, Rexecode incorpore le résultat de ses travaux dans le domaine de l’impact des systèmes d’information sur la productivité des firmes et des états, où il remet en cause le paradoxe de Solow — prix Nobel d’économie — dans son rapport au 1er ministre et au ministre de l’industrie. Gérald est aussi membre du centre de recherche RIO (Research on Individuals & Organizations) au sein de HEC Paris, groupe présidé par Dominique Rouzié, professeur au sein de l’école.

En 2009, Gérald Karsenti reçoit le trophée du leader commercial de l’année (seconde place), distinction décernée par Action Commerciale, pour la transformation opérée au sein du groupe HP France.

Il a enfin reçu de nombreuses récompenses au sein d’IBM, de Cap Gemini et de HP France. En 2012, HP France est récompensée pour son résultat général (Winners Summit 2012) avant de faire entrer HP France dans la liste des cinq pays les plus performants au niveau mondial au titre de l’année 2013. En 2015, HP France est salué comme l’un des « Meilleurs employeurs de l’année » par la revue Capital et apparait en 8ième position selon le classement des Echos en Juin sur le critère « Happy at work ».

Il est également nominé au titre de l’année 2013 par le Cercle du Leadership, en partenariat avec la revue Management et TF1/LCI, pour le titre de leader de l’année.

Par décret du Président de la République, Gérald Karsenti a été élevé au grade de Chevalier dans l’ordre national de la légion d’honneur dans le contingent du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche du 14 juillet 2013.

Depuis septembre 2014, Gérald Karsenti est Président du Cercle du Leadership, think tank qui a pour vocation de réunir les dirigeants de grandes entreprises désireux de promouvoir une vision et des actions innovantes en matière de management et de leadership.

Gérald Karsenti est également membre du conseil du « Cercle », qui réunit les présidents de filiales étrangères en France, et est l’un des sponsors/animateurs des Etats de la France dont la réflexion porte sur l’attractivité de la France. Avec quatre autres membres du cercle, il rencontre le Président de la République pour faire état des propositions du cercle sur les thèmes de l’économie, du social, de la fiscalité et de l’innovation.

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Thibault de Saint Vincent ou l’art de célébrer le luxe

Thibault de Saint Vincent ou l’art de célébrer le luxe

BARNES, par son excellence et son exigence est la référence dans l’immobilier haut de gamme pour une clientèle internationale. Rencontre avec Thibault de Saint Vincent, Fondateur et Président de Barnes acteur majeur de l’immobilier de prestige international.
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Rêver de grandeur et de sur-mesure : un souhait qui est bien plus qu’exaucé par BARNES qui accompagne, sur le long terme, ses clients internationaux pour leur permettre de réaliser leurs rêves en matière d’immobilier de prestige.  Le luxe tel que le perçoit, le Président de BARNES, Thibault de Saint Vincent, consiste à « accomplir ses rêves.» BARNES est le meilleur allié pour développer des projets annexes notamment liés à l’univers artistique. BARNES organise ainsi de nombreuses expositions et s’impose comme une société unique évoluant dans l’univers du luxe au service de clients internationaux désireux de réaliser des projets immobiliers en Europe et aux Etats-Unis.
 
« L’entrepreneur, l’aventurier des temps modernes »
« Entrepreneur depuis toujours », Thibault de Saint Vincent s’est tourné, très jeune, vers l’entreprenariat. Un univers qui l’inspire bien plus que celui du salariat. Il évoque ainsi son stage de fin d’études à La Banque de France, il se rend alors compte qu’il n’est pas fait pour être salarié. Parce que le temps professionnel représente un, voire deux tiers, du quotidien, « il se doit d’être passionnant ». L’entrepreneur est pour lui, « l’aventurier des temps modernes ».
BARNES GRISCréer une entreprise nécessite d’adopter une démarche ex-nihilo « en partant de rien ». C’est réussir à réaliser des projets, à créer de nouvelles organisations en mettant au cœur de la démarche « la passion et l’enthousiasme » insiste Thibault de Saint Vincent. Une réussite n’est pas qu’individuelle, pour le Président de BARNES, elle s’inscrit en cohésion avec les autres, la nécessité de bien s’entourer est présente. Une réussite est liée « à la foi dans le projet » de ceux qui le portent.
Alors étudiant, il crée une association rassemblant des étudiants qui travaillent en tant que coursiers, maitres d’hôtel, chauffeurs… Ce sont rapidement près de 300 étudiants qui en font partie. La structure évolue. Elle devient une SARL. Au fur et à mesure de son parcours, Thibault de Saint Vincent a su saisir les opportunités.
« L’immobilier,  un métier de rencontres »
Il crée une entreprise d’abord dans la rénovation. Puis, il s’investit dans l’immobilier, « un métier de rencontres », insiste-t-il. Les liens tissés avec les  clients sont étroits. Une maison, un appartement, « ce sont des parts de vie » explique-t-il. Lorsque l’on change de maison, c’est là une grande décision. Après plusieurs années dans la première entreprise qu’il a créée. Il la vend.
Cap à l’ouest. Direction l’Outre-Atlantique avec toujours l’immobilier : à Key Biscayne, une île, face à Miami. Il loue cette « grande énergie » qui va si bien aux Etats-Unis : le climat, la qualité de vie, une possibilité de s’épanouir professionnellement comme nulle part ailleurs, de réaliser des projets passionnants. « On y encourage les entrepreneurs ».
siege Neuilly PRINTS’installer, c’est « s’épanouir en réalisant des projets ».  Des projets, il en a. Il a développé à partir de 2004 la société créée à Londres et Paris par son épouse Heidi Barnes en 1995 et spécialisée à l’époque dans la location d’appartements meublés pour une clientèle d’expatriés. Le succès est au rendez-vous. La dimension internationale de la clientèle et l’accompagnement de celle-ci seront au cœur de l’ADN de Barnes.
Les Gated Communities à l’image d’Anahita à l’Ile Maurice connaissent un grand succès. Cette clientèle a intégré la mobilité internationale. Elle dispose de biens à Paris, Londres, New-York, Miami ou Genève… Pour les lieux de villégiature, on retiendra les inimitables Aspen, Megève, Saint-Tropez, Cannes, Monaco, Miami… Autant de places fortes et de valeurs sûres. Les villes où jaillisse le renouveau et où il fait bon investir ? D’emblée, Thibault de Saint Vincent évoque avec enthousiasme : Lisbonne et son vieux quartier.
Avec  une soif certaine d’avancer et de créer des projets, Thibault de Saint Vincent avance loin, très loin en lien permanent avec ces clients et portant haut les valeurs du luxe. Sans barrière, sans frein. Et toujours avec élégance. Il se plait à citer : « Sky is the limit ».
Mathilde Aubinaud
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Nicolas Bordas « Soyez plus audacieux, vous serez plus efficace»

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Nicolas Bordas « Soyez plus audacieux, vous serez plus efficace»

L’élan créatif de la publicité est empli de potentialités d’expression loin des cadres. Plus que tout univers, la publicité incarne véritablement l’audace en construisant, à travers des campagnes, de véritables sagas créatives qui se déploient sur tous les supports.

 La Saga des Audacieux est allée rencontrer Nicolas Bordas, le Président de BEING Worldwide et Vice-Président de TBWA\Europe dans son bureau. Avec bienveillance et humour, lumineux et passionné, Nicolas Bordas apporte son regard sur l’audace qui s’inscrit « au cœur de la démarche des agences de publicité créatives et tout particulièrement de TBWA ». Rencontre.

Mathilde Aubinaud : Quel regard portez-vous sur l’audace ? En quoi joue-t-elle un rôle clé dans l’univers des marques ?

Nicolas Bordas : Depuis que les marques adoptent une démarche professionnelle en matière de communication, elles savent que pour marquer les esprits, il faut oser se différencier, en adoptant une démarche qui se démarque radicalement de celle de ses concurrents.

La question de l’audace est consubstantielle de la communication efficace. En effet, pour se faire remarquer, il faut avoir une audace, qui est à la fois de forme et de fond. Parfois, on a tendance à ne voir  que l’audace de forme dans la publicité, et à ne pas assez se rendre compte que c’est l’audace de fond qui est la principale source d’efficacité.

« La question de l’audace est consubstantielle de la communication efficace. »

La saga d’Eram, « Il faut être fou pour dépenser plus »,  à laquelle j’ai modestement collaborée dans les années 90, a été, pendant 25 ans, l’un des fils les plus audacieux de la publicité française, en commençant dans les années 70 par le film publicitaire pour les Buggy d’Eram (conçu par l’un des plus grands créatifs français, Jean-Claude Lacoste) où la marque n’hésitait pas à faire marcher Jésus et ses apôtres sur l’eau.

« La publicité créative allie une audace de forme et une audace de fond. »

Les années 68 ont libéré l’audace formelle, parfois de manière efficace quand elle était fondée sur un message central pertinent, mais parfois aussi de façon un peu gratuite. C’est pourquoi Jean-Marie Dru, après avoir écrit Le Saut Créatif dans les années 80, a inventé la « disruption », une méthode visant à trouver l’idée différenciante la plus efficace, avant même de briefer les créatifs pour qu’ils en cherchent la forme la plus adaptée. Car une belle forme sur un mauvais fond ne vend pas, et un bon fond s’exprimant dans une mauvaise forme coûte cher. La publicité créative est celle qui allie une audace de forme et une audace pertinente de fond. C’est tout l’enjeu du planning stratégique : augmenter la performance des messages de communication commerciale en formulant l’idée stratégique rupturiste.

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L’audace, que nous appelons « disruption », n’est pas que dans la publicité. Elle peut  (et doit) se trouver dans toutes les formes de communication en commençant par le nom (l’audace de s’appeler Apple, Orange ou Virgin), ou dans le design. En son temps, le lancement d’une bouteille d’Heineken verte était une disruption face à des packagings tous marron. Oser faire une bouteille verte était audacieux. Autre exemple, la bouteille transparente Absolut fut une incroyable disruption dans le monde conventionnel des vodkas. Absolut a eu l’audace, au lieu de s’appuyer sur les racines culturelles comme le faisaient tous ses concurrents d’origine russe, de communiquer sur la pureté de son produit, via une bouteille absolument transparente, jusque dans son étiquette.

La Disruption, en tant que méthode, oblige l’annonceur et son agence à être plus audacieux d’un point de vue stratégique avant d’ajouter l’audace créative formelle. Cette dernière a pour mission d’ajouter une différence formelle d’une manière spectaculaire et pertinente.  L’audacieux s’exprimant alors dans l’humour, dans le spectacle, ou dans l’émotion…

« Le double salto des meilleures pubs du monde »

Les meilleures publicités du monde entier sont donc celles qui ont réussi à faire « le double salto de l’audace » : le salto de fond en ayant une idée totalement rupturiste que personne n’avait eue auparavant, et le salto de forme,  en osant forme créatrice très différenciante. On pourrait résumer la démarche en un manifesto : « soyez plus audacieux, vous serez plus efficace, et vous vendrez plus ». L’audace s’inscrit ici dans une perspective business. La publicité est un agent économique créateur de valeur. Pour développer à la fois la part de marché mais aussi ouvrir de nouveaux marchés. En développant le marché des tablettes, Apple n’a pas gagné que des parts de marchés, il  s’est construit des parts de futur ! Etre disruptif c’est faire valoir la différence de l’offre d’une manière différenciante, et gagner la bataille noologique, comme diraient Edgar Morin ou Pierre Teilhard de Chardin. Gagner le combat des idées dominantes.

Car il s’agit toujours de s’inscrire dans la culture ambiante. Dans la bataille de l’attention, l’audace formelle sert à dominer d’autres marques. La forme se doit d’être au service d’un fond. Le fond de Nike c’est le « Just do it », c’est l’épanouissement individuel au travers du sport . Ce message s’exprime dans les formes les plus spectaculaires avec des athlètes traités sous un l’angle de l’exploit individuel,  là où Adidas aura tendance à traiter cela de façon plus collective.

« Une valse à trois temps : convention-disruption-vision. »

L’audace de fond n’est pas forcément toujours visiblement provoquante ; c’est une rupture, la disruption, par rapport aux idées reçues, les conventions que l’on a dans la tête, qui est parfois subtile. Il s’agit de remplacer une convention qui empêchait des gens de voir le monde tel que vous voulez qu’ils le voient, par une idée nouvelle disruptive. D’où la valse à trois temps : convention-disruption-vision.

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Au nom d’une vision que vous vous voulez imposer, vous allez challenger une convention fondamentale. A l’image d’Apple en 1984, qui avec le lancement du Macintosh sur le thème de la fin de Big Brother («1984 ne sera pas 1984 »), s’oppose à la convention dominante qui veut que les hommes sont en train de devenir des esclaves de la machine. C’est tellement vrai qu’à L’ESSEC, en 1982, j’apprenais du Cobol, du Fortran et de l’APL, autrement dit,  j’apprenais à devenir une machine. La disruption d’Apple « Et si on mettait la machine au service de la créativité de l’homme, et non l’homme esclave de la machine ? »  C’est l’audace de fond qui donne des films avec une réalisation spectaculaire aux USA et en Europe avec le film  « Le Morse » se terminant par :  « N’apprenez plus à devenir une machine, Apple a inventé Macintosh « . Un message incroyablement disruptif et pertinent, qui a marqué plus d’une génération.

Un autre exemple très parlant est la campagne « Real Beauty » de la marque DOVE qui appartient à Unilever. Quand Dove présente  ses campagnes en mettant en scène des femmes vraies qui ne ressemblent pas aux mannequins traditionnels, c’est d’abord une audace de fond qui signifie : «  On fait des produits de beauté pour des femmes non retouchées sur les photos ». L’audace de forme s’y ajoute. Elle consiste à oser montrer des femmes « normales » en petites tenues en lieu et place de top models.

Unilever a été rejoint dans ce type de démarche par l’autre grande entreprise leader de la grande consommation : Procter & Gamble ». En ce moment, l’une des campagnes qui fonctionnent le mieux sur les réseaux sociaux est celle d’ Always intitulée « like a girl ». Dans cette campagne, Procter et Gamble a osé ridiculiser les connotations sexistes de la phrase « run like a girl », une idée de film  servie par une forme efficace très émotionnelle, avec une audace folle.

Jusqu’où pousser le curseur ?  L’aversion au risque est toujours plus forte chez un annonceur pour sa propre marque que pour celle de son voisin. L’agence joue alors le rôle d’un accoucheur en faisant sortir les clients de leur zone de confort, ce qui est indispensable si on veut franchir la barrière d’indifférence des clients finaux.

La dimension maïeuticienne est davantage assimilée par les clients historiques…

Oui, il y a des typologies d’aversion au risque au sein des entreprises. Un client disposant d’un petit budget comprend mieux l’intérêt de l’audace qu’un client qui a beaucoup plus de moyens. Quand on n’a pas d’argent, il faut avoir des idées. Car on a besoin de faire mouche avec une seule cartouche : «  On n’a pas deux fois l’occasion de faire une bonne première impression ». L’argent a été longtemps l’ennemi de la créativité formelle. Mais, progressivement, les grands s’y sont mis également. A l’exemple de Procter & Gamble, qui après avoir été surtout efficace par ses disruptions de fond (« selling ideas »), est devenu une des entreprises les plus créatives au monde à l’exemple des campagnes pour Old Spice, dont la forme n’est pas moins créative que le fond.

Sur quoi repose l’aversion aux risques ?

Elle dépend de plusieurs critères, et pas uniquement des moyens dont on dispose. Cela dépend bein sur des marchés sur lequel vous opérez, mais il y a aussi une forte dimension culturelle. La culture anglo-saxonne du risque est très différente de la culture française. Contrairement aux français, les anglo-saxons valorisent la prise de risque, et ne condamnent pas l’échec. Cette différence culturelle se traduit bien dans la manière d’exprimer le risque. L’expression anglo-saxonne consacrée est «  High risk, high return », autrement dit « prends un gros risque et tu gagneras gros ». Alors que pour dire la même chose, les français utilisent l’expression : « Qui ne risque rien n’a rien ». Ne prenons pas un trop grand risque, pour ne pas trop perdre !

« L’audace stratégique fait acheter. »

L’audace ne doit jamais se limiter à de la provocation gratuite. C’est même le contraire : la provocation gratuite n’est pas efficace. Des marques fortes se sont construites sur des stratégies fondées sur la provocation, à l’exemple de Benetton. Tant que les provocations du photographe Oliviero Toscani étaient fondées sur une idée stratégique « United Colors of Benetton » (pour incarner la variété des couleurs de la marque), cela fonctionnait car les provocations n’étaient pas gratuites. Mais le jour où les provocations formelles ne se sont plus appuyées sur une idée de fond, elles sont devenues inefficaces pour la marque. L’audace gratuite formelle ne sert à rien si elle ne véhicule pas des idées pertinentes. N’oublions pas que dans les supermarchés, vous n’achetez pas des pubs, vous achetez des produits en fonction de la trace que la pub a laissée, du message qu’elle a véhiculé sur le produit ou service, indépendamment de sa forme. C’est l’audace stratégique qui fait acheter.

Dans la publicité, on ne peut pas devenir blasé ? Il y a toujours un éveil, un émerveillement, une écoute ?

Oui, de part la variété des problématiques que l’on rencontre du fait de la diversité des sujets et des clients, et aussi parce que les problématiques de nos clients évoluent dans le temps. Nous passons d’un sujet à l’autre, en nous enrichissant de chacune des expériences sur chacun des marchés.

C’est très syncrétique ? Vous vous nourrissez d’influences différences.

« Toujours aller un cran plus loin. »

Absolument. Les anglo-saxons ont une jolie expression qui n’a pas d’équivalent en français, ils parlent de « food for thought ».  Plus vous avez de matière utile, plus vous arrivez à penser. Le benchmark est une source d’enrichissement de la pensée. C’est une démarche nécessaire, mais pas suffisante. Car il faut créer son propre chemin, déployer sa propre valeur de manière distinctive . La pub est un double moteur de création de valeur : de fond et de forme. Et se doit toujours d’aller un cran plus loin, dans une logique d’innovation permanente.

Aujourd’hui, quelle serait l’idée qui tue ?

« Avancer : plus vite, plus haut, plus fort que son concurrent. »

Pour moi, chaque marque, chaque entité, chaque entreprise, peut mettre à jour une idée qui va lui permettre d’avoir un avantage compétitif sur ses concurrents. C’est un des thèmes centraux que je développe dans mon livre « L’idée qui tue ».  Pour avancer plus vite, plus haut, plus fort que son concurrent. Pour se faire, la marque a besoin de comprendre d’où elle vient, où elle va, de décrypter les courants culturels dans lesquels elle s’inscrit, et de comprendre ce que font les concurrents. Cela permet d’arriver à des insights comme « Just Do It » pour Nike. L’idée qui tue deux fois. Parce qu’elle réussit : « killer idea », mais aussi parce qu’elle tue l’idée reçue à laquelle elle se substitue.

L’audace attire les consommateurs avec un effet « whaouh ». Quels sont les enjeux du buzz, au-delà de celui  de la visibilité ?

« Le viral est formidable pour la créativité. »

Avec internet, on peut gagner du média gratuit grâce aux réseaux sociaux, ce que les anglo-saxons appellent le « earned media ». L’un des plus beaux cas de ces deux dernières années de mon point de vue, est la publicité virale de Volvo Trucks avec Jean-Claude Van Damme. Une véritable audace de fond via la démonstration de la précision de conduite d’un camion dans des conditions extrêmes,  et une audace de forme qui consiste à faire faire un grand écart spectaculaire à Van Damme, apparemment sans trucage. Cette marque BtoB a réalisé plus de 80 millions de vues sur YouTube sans acheter un centime d’achat d’espace.

Un autre exemple parlant est la campagne virale conçue par TBWA pourPepsi Max aux Etats-Unis : une caméra cachée avec un vendeur de voitures d’occasion qui connaît la peur de sa vie car il ne sait pas que le conducteur du dimanche au volant est ni plus ni moins qu’un des pilotes de course américains les plus connus. Il connaitra la peur de sa vie et ira jusqu’à hurler « I’m gonna kill you », à la grande joie du spectateur.  Avec cette campagne, Pepsi Max démontre la promesse de marque : « live to the max ».

Ce film viral sera suivi un an plus tard d’un film similaire hilarant mettant cette fois-ci en scène un blogueur-journaliste qui avait douté de la véracité du premier film, et sera obligé de reconnaître, à son corps défendant, le réalisme de la situation qu’il va lui même subir à son tour ! L’aspiration virale, qui permet à des vidéos de faire carrière sans achat d’espace off line, est un accélérateur formidable pour la créativité. Internet a permis de redonner des lettres de noblesse à  une audace de forme, et multiplie ainsi le potentiel créatif des marques.

Qui incarnerait la disruption ?

Richard Branson est une forte incarnation de la Disruption faite homme. Il a érigé Virgin en marque de  disruption dans de très nombreux secteurs, tout en connaissant des échecs assumés. Steve Jobs fut bien sur un disrupteur né.  Il a merveilleusement incarné la disruption. Il a fait de la disruption à répétition jusque dans la manière de commercialiser les produits avec le concept des Apple Stores.

 

Et dans d’autres univers ?

« Dick Fosburry ne gagne pas des millimètres mais des centimètres. »

La disruption peut s’appliquer à tous les secteurs de l’activité humaine. De la politique à la culture, en passant par le sport. A l’exemple du champion mythique de saut en hauteur Dick Fosbury, qui fut le premier en 1968 à aborder la barre de dos et non de face. Depuis les Athéniens, on sautait soit en ciseau, soit en ventral, mais toujours en faisant face à la barre. Dick Fosbury surprit  le monde entier en donnant une impulsion, en se retournant et en sautant de dos. Il ne gagna pas des millimètres mais des centimètres. Une plus grande part de futur !

Il en va de même dans l’art. Picasso a su merveilleusement se disrupter lui-même, à des périodes différentes. Chaque mouvement artistique est en rupture par rapport à celui qui le précède.

Une phrase qui vous porte ?

« La magie du« What if ?  »

Si c’était une chanson, ce pourrait être la chanson de la Grande Sophie dont le refrain est « Du Courage, du courage, du courage ». Une qualité que l’on ne valorise pas assez, selon moi, dans tous les métiers.

http://www.youtube.com/watch?v=kqqxcXb4DOU Nicolas Bordas par Nicolas AuprouxMais si c’était juste une phrase, ce serait la magie du « Et si ? », du « What if ? » qui est  au cœur du processus créatif, en obligeant à penser de façon disruptive et à s’opposer à une idée reçue. Cette formule de politesse interrogative amène à briser les conventions et à créer de l’adhésion sur une idée nouvelle. C’est la raison pour laquelle tous les posts de mon blog commencent par « Et si … ? » !

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

 Retrouvez le blog « Nicolas Bordas / L’idée qui tue » http://www.nicolasbordas.fr/ 

Nicolas Bordas est l’auteur de L’Idée qui tue, éditions Eyrolles

à la Une

« L’audace c’est désobéir aux injonctions » l’interview de Christian Salmon

 

 

« L’audace c’est désobéir aux injonctions »

l’interview de Christian Salmon

cs

Et si l’audace se racontait? Rencontre avec Christian Salmon, écrivain et auteur de plusieurs essais dont le fameux  Storytelling, un concept venu d’outre-Atlantique,  qu’il a fait émerger en France. Il est l’auteur de Kate Moss Machine, un essai sur la mode et le sujet néolibéral. Chroniqueur au Monde en 2008 et 2012, il est depuis éditorialiste à Mediapart pour lequel il suit l’actualité politique. Il publie Les Derniers Jours de la Ve République aux éditions Fayard.  

  Mathilde Aubinaud: Christian Salmon, pourquoi avoir accepté de répondre à la « Saga des audacieux » ? 

 Christian Salmon: J’ai été amusé par ce titre « La Saga des Audacieux » : c’est tout à fait dans l’air du temps : la tendance à légender sa vie, à transformer son expérience en une histoire exemplaire, à se considérer comme une exception… Et pour la même raison c’est un cliché, une mode qui épouse l’idéologie dominante du storytelling qui consiste à conduite les conduites et les attitudes et à formater les individus…

MA: Si vous définissiez l’audace, que diriez-vous ? 

CS: L’audace consiste à « penser contre », à sortir des engrenages narratifs, à désobéir aux injonctions aux récits. « Quel genre d’histoire es-tu ? » C’est au fond ce que la société demande à chacun. Quel rôle es-tu capable de vivre? Chacun désormais doit  tricoter son petit récit, tissé du fil blanc de sa vie personnelle et du fil noir de l’histoire collective. Ce sont les histoires qui nous gouvernent. C’est la bêtise narrative de notre temps: le narratif devient normatif, le descriptif prescriptif, le biographique hagiographique…

MA: Etes-vous audacieux ?

« Etre audacieux dans notre société, c’est une obligation ! »

CS: Etre audacieux dans notre société, c’est une obligation ! En écrivant mon livre sur la mode, Kate Moss Machine, j’ai découvert comment la société néolibérale formule ses exigences à travers la mode, la publicité, le marketing, le divertissement. Et ces exigences sont contradictoires, elles se traduisent par des injonctions paradoxales : Kate Moss est la rebelle intégrée. Elle n’invite pas à la transgression des codes, mais obéit un nouveau code contradictoire qui fait de la transgression une norme sociale. Le premier « éditorial » de Kate Moss dans Harper’s Bazaar s’intitule « Wild, la mode qui brise les règles », une référence transparente à la célèbre chanson de Lou Reed, « Take a walk on the wild side » devenue un des hymnes de la génération X. Kate Moss est un objet composite, un amalgame bricolé par la mode et les magazines, une sorte de « scoubidou » social, qui entretisse, comme autant de fils plastiques, les « valeurs » de l’époque : la jeunesse, la vitesse, la transgression. La capacité à endosser un rôle et à capter l’attention.  « Je ne suis qu’un mannequin », ne cesse-t-elle d’affirmer pour échapper à la pétrification de sa légende. Mais un mannequin, ce n’est pas rien dans les années 1990, comme l’écrit Bret Easton Ellis dans son roman Glamorama : « Il contribue à la définition de la décennie, Baby. »

MA: Ose-t-on encore aujourd’hui ?

« Bien sûr qu’on ose, c’est même recommandé. »

CS: Bien sûr qu’on ose, c’est même recommandé. Regardez par exemple, le film de Scorsese,Le Loup de Wall Street. C’est la saga d’un audacieux ! L’histoire « fabuleuse » de quelqu’un qui ose tout, transgresse tout : morale, convenance, honnêteté, responsabilité… C’est l’idéal type du trader qui est au fond le héros de notre temps.

MA: A quels moments vous êtes-vous dit au cours de votre vie, de vos choix, «  j’avance, peu importe les normes ou les conventions ? » 

CS: Je crois bien que je me dis cela tous les matins. En ce sens je suis un pur produit de l’époque. Un audacieux intégré. Un rebelle qui écrit dans les journaux…

MA: Dans Storytelling, La machine à fabriquer des histoire et à formater les esprits, vous dites que « les grands récits jalonnent l’histoire humaine d’Homère à Tolstoï et de Sophocle à Shakespeare.. ». Ce sont eux des audacieux ? 

  CS: Peu de gens l’ont compris. Mon livre Storytelling est une défense de la littérature contre le hold up des marketteurs, des publicitaires, qui font un usage du récit à des fins de manipulation politique ou commerciale. Le récit comme instrument de conquête « des cœurs et des esprits ». La littérature depuis Cervantès est un lieu de résistance à ce que Milan Kundera par exemple appelle « la tyrannie de la story » cette histoire avec un début un milieu et une fin. Selon lui, le roman a cherché a échapper par tous les moyens à cette tyrannie de l’histoire.

« Le storytelling se pare des prestiges et des combats du romancier pour légitimer un « nouvel ordre narratif »

Le storytelling se pare des prestiges et des combats du romancier pour légitimer un « nouvel ordre narratif » dans lequel baignent désormais les échanges communicationnels à tous les niveaux de notre société mondialisée. Les œuvres et les auteurs que vous citez, et auxquels on peut ajouter Kafka, Joyce, Faulkner, Beckett, Don DeLillo, Volodine ne sont pas des audacieux mais des inventeurs. Ils explorent de nouveaux rapports au corps, au temps et à l’espace. Ils s’interrogent sur les nouvelles formes de subjectivation. Qu’est-ce qu’une femme à la fin du XIX ème siècle ? Voilà le sujet de deux grands romans comme Madame Bovary et Anna Karenine. Qu’est ce que le temps après Einstein ? C’est le thème d’une méditation interminable pour Proust. Qu’est ce que l’action ? se demande Beckett. Et ainsi de suite, les romanciers à la différence des publicitaires ou des traders créent des mondes possibles, des fictions troublantes, ils repeuplent le monde.

 « Politique et littérature ont une exigence commune: créer des mondes possibles »

MA:Vous venez de publier Les Derniers jours de la Ve République, la politique laisse t-elle éclore des possibilités autres que normées ou normatives ?  

CS: Politique et littérature ont une exigence commune: créer des mondes possibles, inventer un peuple qui manque. Car le peuple manque toujours, il manque à lui-même et aux autres, ce n’est pas une population statistique. Les marketteurs le traquent. Les sondeurs le sondent. Les médias cherchent à le formater, mais il s’échappe, se dissout, se disperse… Il peut s’absenter pendant des décennies de la scène de l’histoire et faire une réapparition surprenante dans les grands romans, les Dubliners de Joyce, les Somnambules de Broch, Les hommes sans qualité de Musil, le peuple de Macondo dans « Cent Ans de solitude » de García Márquez, un roman-genèse qui fut un événement politico-littéraire puisque tout un peuple s’est soudain reconnu dans une communauté inventée de villageois. Lorsque cette exigence d’invention, de création se perd, politique et littérature régressent au niveau du simple storytelling : spectacle de la politique et feuilleton des destins personnels. Inutile d’y insister, c’est depuis plusieurs années notre vie quotidienne médiatique, le plafond de verre de notre imaginaire collectif. C’est ce plafond de verre que les révolutions politiques ou symboliques font sauter.

« Le lyrisme des publicitaires héroïse la propension à consommer »

MA: Vous avez beaucoup écrit sur le storytelling. Est-ce un ressort utilisé par des marketeurs ? Pouvez-vous nous en donnez des exemples ? 

  CS: Le lyrisme des publicitaires héroïse la propension à consommer ; il synchronise les attentions et scénarise les moments d’émotion collective. Désormais le marketing fait la guerre et enchante la communication de crise. Les militaires sont entraînés avec des jeux vidéos. La misère, le chômage, la pollution, les épidémies sont plus belles au soleil du storytelling. On a déclaré le monde sans frontières, mais les murs de séparation se sont dressés partout dans le monde et ont remplacé les frontières. Nous sommes libres de nos mouvements, de notre parole et enchaînés à nos connexions, guidés non plus par les haut-parleurs des régimes totalitaires mais mezzo voce par la musique des iPod. Les smartphones nous relient entre nous mieux que les défilés collectifs et les injonctions de la mode ont remplacé les circulaires du parti…La tyrannie de la story s’étend à toute la planète, un monde envoûté, halluciné. Nos sociétés d’hypercommunication captent et dévorent les attentions et les désirs. Elles les satisfont et les détruisent en même temps. C’est ce que Kundera appelait dans un entretien que j’avais fait avec lui pour Libération dans les années 1980 « les paradoxes terminaux » de l’expérience humaine.

MA: Une phrase, une maxime qui vous porte ?  

CS: Dans cet entretien justement Kundera concluait ainsi: « Dieu nous punit en accomplissant nos désirs ; il faut donc prier Dieu pour qu’il ne nous écoute pas…»   Mais il y aussi cette phrase-testament de Kafka à la fin de sa vie, alors qu’il est gravement malade et considère toute sa vie comme un  échec : « Que faudrait-il donc pour vivre » se demande-t-il? et il répond: « Cessez de jouir de soi même ! »  

Christian Salmon publie Les Derniers Jours de la Ve République aux éditions Fayard, 240 p. 

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Séguéla ou l’audace du cœur

Séguéla ou l’audace du cœur

Une personnalité forte et entière, des campagnes politiques, un regard iconoclaste et novateur, un auteur talentueux… Jacques Séguéla incarne l’audace. La Saga des Audacieux est partie à la rencontre du publicitaire, dans son bureau chez Havas.

GetAttachment« L’intelligence de ceux qui n’en n’ont pas », avec un sens certain du terme idoine, Jacques Séguéla définit l’audace. Nous voilà partis, au travers des mots et des anecdotes savoureuses à la rencontre d’un univers toujours plus culotté.

Cette notion d’audace est, pour le publicitaire, éloignée des sphères du pouvoir « il n’y a plus d’audace en politique ». Contrairement à ce qui est dit, « un ex-président qui se représente, c’est normal, il veut achever sa tâche », déclare-t-il. L’audace s’épanouit-elle davantage en société ? « Celle-ci est jugulée par la crise », les jeunes générations en sont paralysées ne croyant plus ni à l’entreprise, ni à la politique. Pourtant, les espoirs sont là. Émergent des tendances, comme celle de la société « collaborative ».

Pour l’homme de la pub, le culot est « technologique ». Il affirme que l’audace actuelle se place sur le plan technologique. Coluche, Gainsbourg, Dac, Prévert, Dali sont des figures audacieuses pour Jacques Séguéla. S’il loue ces personnalités phares, il note, amer, que l’audace est devenue un fond de commerce « pour renflouer sa notoriété » à l’image d’un BHL, « chemise ouverte jusqu’au nombril » lance-t-il.

L’audace peut aussi n’être qu’artifice. Quand elle « est factice, c’est qu’elle n’ose pas utiliser son vrai nom : la com. » Pour lui, la seule audace qui importe c’est celle « du cœur, avec ses tripes, sans but lucratif », celle-ci ne serait que « la volonté de crier, un cri intérieur ».

Mais qu’en pense Jacques Séguéla en tant que publicitaire ? Son métier exige-t-il ce tempérament ? Oui, résolument ! « Elle s’applique à la publicité. Elle se doit d’étonner, de provoquer, de créer un choc sans trop choquer, savoir jusqu’où aller trop loin, c’est la limite de la pub. Elle crée pour vendre ». Alors lui-même a aussi apporté en « faisant avancer [son] métier » « Dire ce que je pense » en ajoutant tout de suite une nuance : « mais je ne pense pas tout ce que je dis », affirme-t-il en souriant.

La sincérité est clé pour lui. Le fils de pub explique qu’arrivé « à un certain âge », tout peut se dire. « Je n’ai plus beaucoup de temps pour dire mes vérités qui n’engagent que moi et qui ne sont pas à prendre à la lettre mais à l’esprit ». Il avance, sans regret car « la vieillesse commence quand les regrets l’emporte sur les rêves ». Et justement, il se prend à rêver d’une « France ressuscitée ». il s’engage sur des sujets qui le touchent comme l’éducation. Il évoque ainsi Blake Mycoskie, le fondateur de TOMS. Avec le programme One for One, ce dernier fournit des chaussures puis aussi des lunettes au plus défavorisé. « C’est l’audace de faire », considère le publicitaire. Alors, oui Jacques Séguéla est résolument un audacieux !

Mathilde Aubinaud

François-Xavier Bellamy : « Renoncer à choisir est un grand risque »

François-Xavier Bellamy : « Renoncer à choisir est un grand risque »

Rares sont les protagonistes sur la scène publique. François-Xavier en est délibérément un.  Il porte un combat courageux et affirmé sur l’éducation. Un enjeu transcendant clivages et approches idéologisantes.

Fort de son expérience de Professeur, dans le secondaire puis en classes préparatoires, il apporte son regard aiguisé et son analyse sur une société qui s’affirme assoiffée par le progrès tout en étant à la recherche de repères.

 Ces derniers sont bien présents dans l’univers de François-Xavier Bellamy où autrui a pleinement sa place. Régulièrement, il rassemble le grand public lors des Soirées de la philo. Une discipline qu’il refuse de laisser à un entre-soi. Avec un sens du service public, avec un sens de l’engagement, il s’implique dans l’équipe municipale de Versailles en faveur des jeunes à l’image de JVersailles, du Mois pour l’Emploi ou encore des Vendredis du Rock.

Figure syncrétique, François-Xavier Bellamy incarne cette alliance de la réflexion et ce vif intérêt pour le terrain. Il n’est nullement dupe de l’univers politicien et de ce qui s’y joue.  C’est une personne à part tant elle est restée droite sur les choix posées et les valeurs portées. Rencontre dans son bureau à la Mairie de Versailles pour La Saga des Audacieux.

 

Mathilde Aubinaud : Quel regard portez-vous sur l’audace ?

François-Xavier Bellamy : J’ai toujours été frappé par cette phrase de Jean-Jacques Rousseau qui dit que l’ignorance, c’est « ne mesurer le possible que sur l’existant ». L’audace, c’est l’inverse : c’est parier que le possible a plus d’ampleur que l’existant. L’audace ne considère pas que l’état des lieux détermine le champ du possible. Elle sait que le possible est en soi ce qu’il faut créer.

 

L’audace a-t-elle sa place face aux normes qui sont légion dans notre société?

« Il faut être capable de s’engager dans des aventures qui mettent quelque chose en jeu de notre propre existence. »

Les normes ont un aspect positif. Nous sommes très heureux de vivre dans des cadres sûrs et protecteurs. Nous sommes heureux de ne pas être en danger dans les actes les plus simples de la vie de tous les jours. Pourtant,  il ne faut pas que les normes étouffent la capacité de prendre des risques – non pas de les subir, mais de les accepter quand ils découlent d’un choix lucide, pour un but qui en vaut la peine. Les normes qui existent doivent nous éviter de subir des risques sans le savoir, et malgré nous. Mais il faut parfois les accepter consciemment, et être capable de s’engager dans des aventures qui mettent en jeu quelque chose de notre propre existence.

Les liens sont, dès lors, très étroits avec la prise de risque…

« Il n’y a pas d’audace sans risque. »

Il n’y a pas d’audace sans risque… Tout audacieux accepte de risquer quelque chose dans les choix qu’il fait.

 Quels ont été vos gestes, vos prises de parole, vos choix que vous définissez comme audacieux ?

J’ai l’impression que si j’ai été audacieux, je ne m’en rendais pas compte sur le moment. Le vrai audacieux n’agit pas par audace, de la même façon que l’homme vraiment vertueux, pour Emmanuel Kant, est celui qui n’agit pas pour se sentir vertueux. Il agit seulement parce que son but est de faire le bien.

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@Sipa Press

Le vrai audacieux a des projets et ne se rend pas forcément compte de l’audace qu’ils représentent. On m’a parfois dit que j’avais été très audacieux quand j’ai accepté de m’engager en politique, ou quand je me suis lancé dans l’aventure de publier un livre ; mais ce n’est pas ce que j’éprouvais.

« On vit dans une société où il y a un manque terrible d’audace intellectuelle. »

L’audace est-ce également penser jusqu’au bout, penser avec ses convictions ?

Nous vivons dans une société qui est inhibée par un manque terrible d’audace intellectuelle. Il y a une grande difficulté à se libérer du poids des conventions habituelles, des discours obligatoires, des figures imposées, d’un mécanisme d’autocensure et de fermeture aux autres qui appauvrit profondément le débat d’idées.

Se libérer de l’agenda médiatique aussi…

Des certitudes installées par les canons médiatiques, en effet… C’est vraiment dommage quand cela nous empêche de réfléchir honnêtement, lucidement. Cette liberté intérieure est la seule chose qui compte. Je ne pense pas que l’audace, en tant que telle, soit un but.

Je trouve inintéressant l’exercice de la provocation permanente qui a pour seule préoccupation le fait de sortir de la norme. Ce qui compte, c’est de chercher à avoir une pensée et une parole justes, même lorsque cela nous conduit à nous affranchir de certains chemins tout tracés dans le débat intellectuel.

En refusant toute forme de nihilisme ?

Bien sûr… Encore une fois, la liberté dans la parole publique ne peut pas être un but en soi, un narcissisme vide. Aucune pensée juste ne peut se trouver dans une pensée autosatisfaite, qu’elle soit consensuelle ou provocatrice. L’audace n’a pas pour but l’audace.

Le champ du politique, avec sa violence, n’invite-t-il pas au défi de se retrouver et d’être soi-même ?

« Il faut être fidèle à l’exigence de lucidité, de liberté, de vérité. »

L’audace est nécessaire pour ne pas se laisser dissoudre dans ce conformisme. Il faut être fidèle à l’exigence de lucidité, de liberté, de vérité. En ce sens, la politique implique certainement d’être audacieux. Réussir en politique n’est pas très difficile ; mais parvenir à avancer pour mieux servir, tout en restant vraiment soi-même, voilà qui implique du courage.

Un livre qui vous a bousculé et invité à penser autrement ?

Cyrano de Bergerac que j’ai découvert avec passion au collège, et que j’ai joué lycéen… Puis Le Journal d’un curé de campagne, qui m’a beaucoup marqué pendant mes années d’étudiant.

Les Soirées de la Philo reprennent bientôt…

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La première soirée aura lieu le lundi 2 octobre au Théâtre Saint-Georges. Nous tenterons de répondre à cette belle question : « Est-il raisonnable de chercher une vérité ? »

« Le grand risque est de renoncer à choisir. »

Le mot de la fin ?

Je suis très frappé, comme enseignant, en accompagnant des élèves, de voir à quel point il est difficile de faire des choix. Aujourd’hui, nous avons beaucoup plus de choix qu’auparavant. Il y a encore un siècle, les vies étaient déjà saisies dans bien des déterminations.

A présent, nous vivons dans une société d’indétermination absolue. C’est une chance, mais aussi un danger : le grand risque est de renoncer à choisir, de ne jamais franchir un seuil par peur de se fermer des portes. C’est se laisser alors aller à des vies figées, uniformes, indistinctes, se laisser écraser par le poids du regard social.

« A quoi sert-il d’avoir le choix si ce n’est pas pour faire un choix ? »

Si l’audace est nécessaire c’est certainement pour y remédier. La vie est marquée par la mort. Elle est finie et limitée. Avec acharnement, nous fuyons l’idée de la mort, qui est pourtant la condition pour que comprendre combien il est nécessaire de vivre pleinement cette vie, dès aujourd’hui.

A quoi sert-il d’avoir le choix si ce n’est pas pour faire un choix ? L’audace, c’est peut-être de renoncer à une liberté consumériste qui veut toujours avoir le choix, pour s’engager dans une voie, se risquer dans une voie qui puisse nous ressembler, et ainsi commencer à vivre vraiment.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

De l’ESSEC à l’Ambassade d’Auvergne : la vie multiple de Didier Desert

De l’ESSEC à l’Ambassade d’Auvergne : la vie multiple de Didier Desert

Rencontre avec le propriétaire de l’institution au cœur de Paris, l’Ambassade d’Auvergne.

Didier Desert nous révèle les coulisses de celle qui sublime la cuisine de terroir auvergnat.

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« On ne va pas au restaurant pour manger ». Pour Didier Desert, propriétaire de l’Ambassade d’Auvergne, le repas n’est pas l’unique composante de l’établissement. Au contraire. On « vit une expérience ». Bien d’autres enjeux s’y jouent, bien d’autres liens s’y tissent.

L’accueil, l’ambiance l’installation à table autant d’éléments mettant le convive au centre de la scène. « C’est aussi raconter une carte, son histoire et ses producteurs » explique-il avec enthousiasme.

Avoir envie

Une vie singulière emplie de ruptures. Membre du board de l’ESSEC , il a changé à plusieurs reprises de secteurs comme de métiers. « L’envie » comme moteur de changement. L’audit, le conseil et la gastronomie.  En janvier 2015, il se décide. Il « libère les carcans ». Ce sera l’Ambassade d’Auvergne.

Salle principale vue rue - Restaurant - Ambassade dAuvergne -®David_Grimbert (12)

Une passion qui le ramène à ses jeunes années.  Son grand-père était ouvrier agricole. Il se rappelle des vins goûtés. Lorsqu’il cuisine, c’est l’occasion de réunir ses amis et de « les rendre heureux ».

Comme une maison de famille

Une maison, fondée en 1966, en plein Paris par Joseph et Hélène Petrucci. L’immeuble, lui, date du XVIIème.  Un espace à part loin de l’agitation parisienne. Rue du grenier Saint Lazare, à quelques mètres du Centre Pompidou,  nous voilà dans une maison auvergnate. Son ambiance, ses poutres. On s’y sent bien. La maison y est vivante et incarnée. Il est là, pleinement là. « Je  ne fais pas les choses à moitié » explique-t-il.

Salon +®tage - Ambassade Auvergne -®David_Grimbert (25)

L’authenticité y est centrale. Les recettes célèbrent cette Auvergne dans toute sa potentialité. La maison apparait comme « promoteur de ce qui se fait ». Un vrai-savoir. Le jambon provient de plusieurs maisons comme celle de la Maison Conquet en Aubrac.

 Les images qui lui viennent à l’esprit lorsqu’il pense à l’Auvergne ? D’emblée, il cite les paysages de Haute-Loire et « la superposition de visages » sur ces lieux. La cave compte plus 7000 bouteilles dont de très grands crus. Didier Desert est en contact avec cette nouvelle génération de vignerons dont il loue le talent.

L’alliance audacieuse : de la tradition et des saveurs d’ailleurs

Des traditions venues de l’Allier se mêlent avec brio à celles d’Asie comme l’ail noir. Les classiques y sont revisités par le Chef Emmerick de Backer.

Didier Desert & Emmerich de Backer balcon - Restaurant - Ambassade dAuvergne -®David_Grimbert(33)
Le Chef Emmerick de Backer et Didier Desert

La carte, nullement figée, évolue au grès des rencontres, des produits. On retiendra par exemple la crêpe Ginette mais « en encore mieux que la Suzette ! » tient à préciser Didier Desert.  Le pamplemousse y remplace l’orange. Côté salé : un indispensable : le pied de cochon ou le magret de canard rôti & Aligot.

Aligot Magret - Restaurant - Ambassade dAuvergne -®David_Grimbert (73)
Aligot et Magret

On savourera un cornet de Murat. Un dessert traditionnel d’un village du Cantal. Il associe dans un cornet : crème et agrumes. Ces dernières, sous forme d’une compotée, varient selon la saison.

Si elle célèbre ses 50 ans, l’Ambassade rayonne de sa créativité forte de l’empreinte de Didier Desert. Une valeur sûre  tournée vers le monde extérieur. Une alliance réussie pour raconter et faire vivre l’Auvergne.

Crepe Ginette - Restaurant - Ambassade dAuvergne -®David_Grimbert (80)
la Crêpe Ginette

Mathilde Aubinaud

Ambassade d’Auvergne

22 rue du Grenier Saint Lazare -75003

Plus d’infos : http://www.ambassade-auvergne.com/fr/

Yann Bonnet, Secrétaire général du CNNum, « le numérique est un pari sur l’avenir »

Yann Bonnet, Secrétaire général du CNNum, « le numérique est un pari sur l’avenir »

Parce qu’il est pleinement acteur de la société numérique qui se dessine, parce qu’il s’engage sur les sujets de la transformation numérique, parce qu’il entend peser dans le débat public, le Conseil national du numérique est une figure audacieuse.

Yann Bonnet est le secrétaire générale du CNNum depuis 2015. Il a été en charge du pilotage de la concertation nationale sur le numérique lancée par le Premier ministre en octobre 2014. Rencontre pour La Saga des Audacieux.

pour La Saga des Audacieux:

La Saga des Audacieux: Quelle place occupe, selon vous, l’audace dans l’univers du numérique ?

Au Conseil national du numérique, les membres tentent au quotidien de faire preuve d’audace.

Yann Bonnet : L’audace est à l’origine de bien des inventions et innovations dans les champs technologiques. Le numérique est avant tout immense pari sur l’avenir.

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Yann Bonnet, Secrétaire général du CNNum

Mais l’audace est aussi présente chez celles et ceux qui ont oeuvré aux transformations sociales induites par ces technologies : je pense notamment à Alexandra Elbakyan qui lutte pour l’accès libre aux connaissances et aux articles de recherche avec sa plateforme Sci-Hub ou encore à Edward Snowden, qui oeuvre pour la prise de conscience sur les enjeux relatifs à la surveillance.

Au Conseil national du numérique, les membres tentent au quotidien de faire preuve d’audace. C’est le coeur de leur mission de Conseil au Gouvernement : penser la transformation numérique de notre société et de notre économie, anticiper et faire des propositions nouvelles.

Ils ont ainsi défendu voire dégagé des principes qui irriguent actuellement la pensée numérique en France et au-delà : loyauté des plateformes, gouvernance des choix technologiques, biens communs, ouverture des données publiques …

Vous êtes Secrétaire Générale du Conseil National du Numérique. Quel est votre vision du leadership ?

Ma vision du leadership est semblable aux valeurs du numérique et particulièrement à deux valeurs qui me tiennent à cœur : l’ouverture et la collaboration.

Ouvert pour ne jamais se reposer sur ses acquis et rester à l’écoute des autres, dans un monde en perpétuelle transformation.

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Rencontre avec le Secrétaire d’Etat chargé du numérique lors de la plénière de juin

Collaboratif parce que c’est au cœur de ce que le numérique permet : aplatir les relations, penser à plusieurs, faire émerger les meilleurs idées dans un groupe et bénéficier de l’expression de la diversité de chacun….

Comment définiriez-vous le rôle du CNNum auprès des citoyens ? A-t-il évolué ?

Le Conseil a un rôle de vigie et d’éclaireur des enjeux numériques. Il a ainsi largement contribué à alerter l’opinion publique et le Gouvernement sur le fichier des Titres Électroniques Sécurisés, ce fameux fichier qui contient les données sensibles de la quasi-totalité de la population française.

Le Conseil veut continuer sur cette lancée et se positionner au plus proche des citoyens en s’efforçant de remplir un rôle de vulgarisation des enjeux numériques. Enfin et surtout, il souhaite également renforcer son rôle d’interface avec la société civile : dans son manifeste, il a ainsi proposé d’organiser des rencontres régulières avec la société civile et les mondes politiques et économiques et de permettre des saisines citoyennes.

Ces évolutions sont d’ailleurs dans la lignée des consultations en ligne organisées par le Conseil.

Quelles stratégies numériques vous inspirent ? Pourquoi ?

Les stratégies numériques inclusives et démocratiques : à cet égard les concertations en ligne – même si elles présentent encore des écueils tels que la représentativité et la diversité des points de vue – permettent de co-construire de façon bottom up nos politiques publiques et ainsi d’être au plus proche des attentes des citoyens.

C’est la raison pour laquelle je suis fier des larges consultations que nous avons menées par le passé. Je pense à  la “plateforme contribuez !” que nous avons mis en place pour la concertation “Ambition numérique” qui a préfiguré la loi pour une République numérique ou encore à la plateforme de débat sur le fichier TES. D’autres suivront …

Le numérique est-il un levier pour renforcer le lien social ?

Bien sûr, depuis le rapport « Citoyens d’une société numérique – Accès, Littératie, Médiations, Pouvoir d’agir : pour une nouvelle politique d’inclusion », le Conseil soutient qu’il est possible de s’appuyer sur le numérique pour renforcer le « pouvoir d’agir » de tous les citoyens. Le constat de ce rapport a participé à la prise de conscience des enjeux de l’inclusion numérique au-delà de la thématique de l’accessibilité. Il y a des vrais risques de décrochage, qui peuvent renforcer mais parfois aussi dépasser les fractures existantes.

Mais il n’y a pas de déterminisme : nous pouvons et nous devons proposer d’autres modèles politiques publiques pour le numérique…

Plus récemment, le CNNum a publié un avis présentant sa vision de la confiance dans une démocratie numérique. Il y explique que si la confiance dans la vie publique repose sur une moralisation des attitudes individuelles, elle se fonde aussi sur notre capacité collective à mieux impliquer les citoyen-ne-s dans l’action publique. Le numérique peut et doit aider à atteindre cet objectif.

Comment le CNNum tente-t-il de rendre le numérique plus inclusif ?

Depuis bientôt 4 ans, le Conseil estime que la médiation représente, avec la formation tout au long de la vie, l’infrastructure humaine essentielle d’une société numérique. Nous pensons par exemple qu’il faut absolument valoriser et structurer les métiers de la médiation numérique ou encore développer la médiation numérique dans les services publics locaux.

Mounir Mahjoubi a été nommé Secrétaire d’Etat au numérique. Quelle politique numérique va-t-il mettre en place ?

Mounir Mahjoubi a annoncé ses chantiers prioritaires sur lesquels il avait déjà beaucoup travaillé en tant que Président du Conseil national du numérique : la transformation numérique des PME, l’inclusion numérique et la transformation de l’État.

Comment la France peut-elle construire une stratégie numérique ?

Tous les pouvoirs publics devraient être inclus dans une réflexion pour mener une stratégie numérique nationale cohérente autour des grands enjeux de notre société.

Le numérique est transversal. Dans le rapportAmbition numérique, nous avons ainsi tenté de le traiter sous toutes ses dimensions pour définir une vision globale et ensuite la décliner de manière cohérente.

Cela implique un changement de posture : tous les pouvoirs publics devraient être inclus dans une réflexion pour mener une stratégie numérique nationale cohérente autour des grands enjeux de notre société parmi lesquels entre autres la gouvernance des choix technologiques de l’État, l’État-Plateforme, les données éducatives …. Mais il faut avant tout construire une stratégie numérique européenne.

En quoi le numérique est un levier de pouvoir et de souveraineté ?

D’abord, levier de pouvoir : il y a un véritable projet politique à défendre pour le numérique, notamment dans un contexte actuel où il peut être le vecteur d’une centralisation accrue des pouvoirs dans notre société (surveillance, reverticalisation du web avec la domination des grandes plateformes…).

Nous défendons un numérique à même de permettre la transformation sociale en donnant du pouvoir d’agir par le développement individuel. C’est un numérique dans lequel l’individu doit pouvoir décider de la communication et de l’utilisation de ses données personnelles.

Ensuite, levier de souveraineté parce que le numérique est sans conteste un enjeu stratégique essentiel pour les États. Dès les années 70, les États-Unis ont effectué des choix de politiques publiques clairs en faveur du numérique. Cela a favorisé l’afflux de capital des États-Unis pour les entreprises innovantes. Aujourd’hui, les entreprises américaines (les fameuses “GAFAM”) sont les leaders de l’économie numérique.

Une stratégie numérique européenne ambitieuse est possible.

L’Europe de son côté n’est jamais parvenue à avoir une stratégie cohérente pour le numérique alors que de l’autre côté il y a des pays plus fermés comme la Chine qui ont réussi à développer des écosystèmes numérique locaux. Une stratégie numérique européenne ambitieuse est possible. Pour cela, il faut proposer notre propre modèle, en cohérence avec nos valeurs, nos règles…

Quels sont vos prochains défis ?
Deux défis nous attendent. D’une part, renforcer notre rôle au niveau européen car c’est le cadre le plus adéquat pour les sujets numériques et d’autre part, approfondir les sujets au cœur de nos réflexions dans un premier temps autour de trois grands sujets : la loyauté des plateformes, l’intelligence artificielle et la convergence des transitions écologique et numérique.

propos recueillis par Mathilde Aubinaud

« L’audace ouvre un champ des possibles immense » 

« L’audace ouvre un champ des possibles immense » 

Alors que la communication joue un rôle prégnant auprès des parties prenantes, rencontre pour la Saga des Audacieux avec Benoit Pernin, Directeur des relations presse, publiques et extérieures d’Orange France.

 Mathilde Aubinaud : En quoi l’audace est-elle importante pour communiquer? Se faire entendre? 

Benoit Pernin : Etre audacieux implique obligatoirement une volonté de faire les choses malgré les risques. Et en terme de communication, l’histoire montre que toutes les campagnes de communication qui marquent  (pour un produit, une marque, une idée) sont celles qui sont sorties du chemin classique, des codes connus de la communication. Bref qui ont osé, qui ont innové.

L’audace, c’est aussi, quelque part, donner du sens, ouvrir un nouveau chemin, inspirer… et donc particulièrement dans le monde de la communication. De façon globale, je pense que la première condition pour avoir de l’audace, c’est avoir de l’expérience. Il faut donc maîtriser sa zone de confort pour oser en sortir. C’est pour cela que n’on ne naît pas audacieux, on le devient. Avoir de l’audace, c’est changer !

Quelle lecture avez-vous de la communication? Au regard de votre expérience Comment la définiriez-vous? 

Définir la communication est plus difficile qu’il ne semble malgré son omniprésence et bien que nous utilisions tous ce mot et, surtout, pensons en connaître sa signification. La communication, c’est  partager, mettre en commun, transmettre. Derrière ces mots et ces actions la notion de communication n’a cessé d’évoluer depuis des dizaines d’années. Elle s’est carrément transformée avec l’arrivée et la puissance du digital. Pour ma part, je pense que la communication est intelligente. La communication, parce qu’elle est information et compréhension, devient un outil d’éclairage, elle peut provoquer des prises de conscience et susciter l’engagement. Et plus que jamais, la communication doit être discussion. C’est pour cela que les communicants doivent en permanence se remettre en question, s’adapter au monde que les entoure. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui avec le digital et la multitudes d’offres existantes…et à venir !

Benoit Pernin

Vous êtes à la fois Directeur des relations presse, publiques et extérieures d’Orange France. De quelles manières les frontières évoluent-elles? Investissent-elles  de nouveaux champs? 

Le digital a bouleversé – et ce n’est pas terminé- la façon d’exercer le métier des relations presse et de la communication en général. Notre relation au temps s’est accélérée. La communication et le message sont permanents.  En fait, le digital a surtout accentué la rapidité avec laquelle l’information se propage. Ce qui veut dire concrètement que nous sommes obligés aujourd’hui de maîtriser l’ensemble de la chaîne d’influence. Jamais, peut être, le temps de communication n’a été aussi fort. Par conséquent, le métier d’attaché de presse a changé et a pris une dimension 2.0. On parle d’ailleurs de plus en plus souvent d’e-RP. L’attaché de presse rédige toujours des communiqués et des dossiers de presse, organise des conférences et des voyages de presse. Mais les formats évoluent tout en étant plus adaptés au mobile : relai des communiqués de presse sur Twitter, envoi d’un tweet à la place d’un communiqué de presse, création de courtes vidéos, de gifs, rédaction de e-dossiers de presse directement consultables en ligne, prise en compte d’un volet « web social » dans les revues de presse… L’attaché de presse est en lien direct et interagit avec d’autres publics, au-delà des journalistes : leaders d’opinions, experts, blogueurs et autres groupes d’influence.

Les relations publiques sont aussi concernées par cette évolution. En effet, les réseaux sociaux permettent d’amplifier la visibilité des événements que nous organisons. Ils constituent aussi un formidable relai pour une communication « live ». C’est la raison pour laquelle nous mixons les publics d’influenceurs que nous invitons afin de donner à nos événements la meilleure résonnance possible.

Toutes ces actions sont le point de départ de conversations qui se prolongent avec les partages et commentaires sur les réseaux sociaux. Cette approche conversationnelle est plus que jamais au cœur des relations presse et publiques. Nous ne sommes plus sur une communication descendante mais complètement horizontale et engageante avec une multitude d’interlocuteurs, dans un esprit d’interactivité et d’échange.

Aujourd’hui je suis persuadé que les équipes de relations presse, publiques et digitales doivent plus que jamais travailler en totale coordination. Elles sont toutes dans une logique d’écoute, d’interaction et d’anticipation.

-Vous avez initié en avril dernier « #InTheAtlanticWith« . En quoi cet événement permet-il de créer des synergies en mobilisant l’ensemble des médias sociaux?

D’abord c’est une réflexion et un travail d’équipe. Cet événement s’inscrit dans un plan de communication globale concernant le réseau 4G d’Orange. Nous sommes partis du constat simple qu’aujourd’hui, dans nos métiers de la communications tout se croise et se recoupe. Lancée en juillet 2016, cette série a pour principe de promouvoir l’efficacité du réseau 4G d’Orange à travers des preuves. En plus d’affirmer la qualité de notre réseau nous le montrons à travers des usages. Ce concept repose sur deux principes. Le premier, c’est de découvrir un lieu insolite dans lesquels nos clients peuvent utiliser, comme d’habitude, leur mobile (nous l’avons déjà fait dans le tunnel sous la manche, au cœur des alpes et sur une plage). Le deuxième principe, c’est une diffusion en live sur nos réseaux sociaux –Facebook et Twitter d’une interview ou d’un mini concert.  Ce dernier épisode a réuni plusieurs milliers de vues au moment du live et près de 400 000 en cumul. Cet événement nous permet aussi de nous adresser à des journalistes qui racontent l’expérience, l’histoire. Et à cette occasion, toutes les ressources de la presse, des relations publiques et du digital sont réunies. A travers cette série, nous mobilisons 3 grands écosystèmes d’influence qui s’articulent entre eux, mais surtout donnent une dynamique digitale importante.

  • La marque Orange d’abord active son écosystème au global, c’est-à-dire ses fans, ses followers et la région dans laquelle l’événement se déroule ou bien encore des influenceurs qui s’intéressent à la thématique choisie, en l’occurrence la musique.
  • L’artiste ensuite qui mobilise ses fans et son propre écosystème.
  • Le lieu, enfin, qui créé une dynamique locale importante

Le prochain épisode se déroule le 20 juillet prochain et se nomme #intheSeawith .. Et comme nous cherchons toujours l’originalité et l’audace, ce sera un moment unique à vivre du côté de la Méditerranée diffusé en live et en simultané sur plusieurs réseaux sociaux grâce à la 4G d’Orange. Une nouvelle fois plusieurs éco-systèmes seront mobilisés.

Quelle est la dernière tendance RP qui vous a marqué? Pourquoi? 

J’aime beaucoup la phrase de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon qui dit« Votre marque est ce que les gens disent de vous lorsque vous n’êtes pas dans la pièce ». Nous sommes au cœur de la tendance qui est née il y a quelques temps et qui va s’accentuer. C’est en fait la conversation. Et c’est par ricochet le « bouche à oreille ». Jamais les citoyens n’ont autant disposé de moyens d’information et d’expression là où les médias ont longtemps été les principales courroies de transmission, de compréhension et de mobilisation. Et par conséquence, jamais les marques n’ont eu un terrain de jeu d’expression aussi large et varié. C’est la raison pour laquelle il est vital de créer du contenu, mais pas n’importe lequel afin d’émerger mais aussi et surtout durer tant l’attention est volatile, l’offre et les façons d’expression sont immenses !

Le communicant qui vous inspire? Aujourd’hui? Dans l’Histoire? 

A mon sens un bon communicant est quelqu’un, qui en résumé, a en permanence un coup d’avance ou imagine le suivant. Que ce soit sur le fond ou la forme.

Dans l’Histoire récente, Chris Hughes, cofondateur et porte-parole de Facebook mais aussi coordinateur de l’organisation en ligne de la campagne présidentielle de Barack Obama en 2008. Ce n’est pas un « communiquant » au sens propre du terme mais il a créé une communication tout à fait spécifique. C’est lui qui aura sans aucun doute révolutionné le modèle de campagne électorale classique par l’utilisation omniprésente du digital, par un usage parfait du Big Data et par le pouvoir qu’il aura donné à ses partisans de devenir son propre média.

Il y a aussi Mercedes Erra qui a cassé les codes et, guidée par son audace, a donné du sens à la communication, à son métier. Il y a quelque temps un très beau portrait d’elle dans la presse titrait « La Dame de Faire »…. Tout est dit !

La sentence qui vous porte? 

Si nous parlons d’audace, la phrase d’Anatole France « J’ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l’indifférence » prend tout son sens….

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud 

 

 

 

D’une idée, d’une intuition nous avons eu l’audace de lancer notre activité et recruter.

D’une idée, d’une intuition nous avons eu l’audace de lancer notre activité et recruter.

Regarder autrement la data, c’est le défi posé par la start-up « Sirdata ».

Elle  étudie les données comportementales pour les annonceurs du web.

Elle collecte, traite et vend, en effet, les données à des fins de ciblage publicitaire ou d’amélioration de la connaissance client.

Cette start-up française, qui vient d’ouvrir un bureau à Londres, croit résolument en l’innovation. Elle est portée par ses dirigeants qui font de Sirdata une entreprise qui fait rimer audace et qualification, esprit de famille, respect et expertise.

Rencontre avec des entrepreneurs audacieux : Benoit Oberlé, Julien Trani, Rémi Demol, cofondateurs de Sirdata. Interview.

 

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Les fondateurs de Sirdata

La Saga des Audacieux : Comment est née votre start-up Sirdata ?

Benoît Oberlé (CEO et co-fondateur de Sirdata en charge du développement et de l’international) : Sirdata, ce n’est pas une idée mais deux visions rapidement partagées par un troisième. Chacun de notre côté, Julien, Remi et moi, avons commencé à poser des lignes de nos projets. Nous avons, tous les trois, cette même vision. Pour Julien et moi, hébergés au quotidien par un ami commun, nous avons eu l’habitude d’échanger régulièrement. Au fur et à mesure, nous nous sommes rendu compte que nos idées se rejoignaient, et d’un projet et de la convergence d’idées sont nées une vision de marché et Sirdata.

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Benoît Oberlé

 

Julien Trani (CSO et Co-fondateur initialement en charge des partenariats éditeurs) : Benoît et moi avons toujours évolué dans le même secteur.  Nous avons, chacun, un côté entrepreneur. On s’est ainsi retrouvé avec cette même idée dans le bon timing.

Remi Demol (CTO et Co fondateur) : Fort de plusieurs expériences réussies dans l’univers de l’IT, et connaissant Benoit et Julien, j’ai eu envie de créer l’outil technologique et travailler avec mes propres équipes d’experts.

Comment définiriez-vous l’expertise proposée par Sirdata ?

« Détecter l’intention d’achat »

Benoît Oberlé : Les données comportementales non structurées existaient sans être exploitées. Personne ne se donnait alors les moyens de les observer puis de les transcrire. C’est ce que l’on a décidé de faire en étudiant la navigation des internautes puis en la segmentant, et en mettant ses informations à disposition des marques.

Par exemple, si quelqu’un cherche un billet d’avion pour ses vacances ou pour un voyage d’affaire, il est en phase de maturation d’un projet, et notre savoir-faire est de détecter cette intention et la partager avec les marques du secteur du tourisme qui vont pouvoir adresser des messages. Ceux-ci pourront proposer aux internautes ce qu’ils cherchent avec une valeur ajoutée telle qu’une réduction, un bénéfice produit.

On essaie de toujours trouver de la valeur pour tous les intervenants de la chaîne.

Pour l’éditeur de site web, c’est un moyen de monétiser son audience autre que par la publicité en posant un « tag » comme Google Analytics. Mais au lieu d’avoir des statistiques, il aura des euros. L’observation du surf des internautes a une valeur, qui est reversée aux Editeurs.

L’utilisateur de la donnée (c’est-à-dire la marque, l’annonceur) économisera quant-à lui de l’argent car il ciblera mieux, et le bénéfice à l’internaute sera une diminution du nombre de publicités vues.

Les bénéfices vont à l’internaute. S’il cherche une télévision, il a un message publicitaire de ce produit qui s’affiche et il n’a plus qu’à cliquer dessus. Il est moins surexposé aux bannières de publicité. C’est une audience plus captive et qui peut être adressée de manière plus qualitative.

Dans vos prises de parole, vous insistez sur la  confiance. En quoi retisse-t-elle un lien avec les parties prenantes ?

Benoît Oberlé : La notion de confiance est dans nos métiers portée par les fournisseurs, les éditeurs de site web qui posent le tag. Sirdata contrôle les données transmises. Lorsque l’on parle de donnée, le contrôle échappe au fournisseur. Or, il y a des données que l’on peut traiter, d’autres que l’on doit éviter de traiter et d’autres encore qu’il  ne faut surtout pas traiter pour ne pas mettre en péril la vie privée par exemple.

Si on collecte des données d’intention d’achat sur un produit comme une TV, on ne met pas en péril la vie privé, on adresse juste une publicité. Il faut protéger en évitant de collecter les données qui correspondent à un profil utilisateur comme les mineurs, les données ethniques, raciales, politiques… Nous sommes une société avec pignon sur rue et nous respectons cela.

Quel regard portez-vous sur l’audace ?

« On remet tout en jeu pour aller plus loin ! »

Benoît Oberlé : On remet tout en jeu pour aller plus loin!  L’an dernier, nous avons été bénéficiaires et avons réinvesti cette année pour ouvrir  un bureau en Angleterre.  Nous y avons ouvert une filiale le 25 mars. Trois personnes y sont en charge du développement.

Julien Trani : Nous ne nous contentons pas  de ce qui existe. On propose des solutions nouvelles sur les fonctionnalités en se positionnant sur les nouvelles technologies.

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Julien Trani

Rémi Demol : L’audace c’est ne pas rester figé. Connaître les derniers langages, adapter les outils technologiques, se remettre en cause, s’entourer des meilleurs.

« Être justement audacieux, pour arriver à bâtir de manière  plus grande et plus pertinente »

Benoît Oberlé : Une personne audacieuse cherche à s’affranchir des contraintes et des limites. Si elle est trop  audacieuse, elle mettra tout en péril pour cela. Il faut donc être justement audacieux, pour arriver à bâtir de manière plus grande et plus pertinente en décalant les limites. On considère que, chez Sirdata, il n’y a rien d’impossible, c’est juste une question de moyens. Nous nous interrogeons sans cesse : Est-ce pertinent ? Quel est le bénéfice client ? Quels moyens devons-nous mettre en œuvre ? Le client a-t-il la capacité d’absorber cette innovation ?

Quelles sont les personnes qui vous inspirent ?

Benoît Oberlé : Nous côtoyons beaucoup d’entrepreneurs parfois inconnus du grand public qui ont bougés les lignes. Les petits entrepreneurs font un grand investissement de temps et prennent un risque financier. Comme pour les joueurs de foot, il faut bien garder à l’esprit que l’échec a des répercussions lourdes notamment sur la fin de carrière d’un entrepreneur.

« Nous sommes toujours en mouvement. »

De quelle manière, Sirdata a un véritable esprit start-up ?

Julien Trani : Tout est à faire et à créer. Nous vendons des produits qui n’existaient pas il y a six mois. Nous sommes toujours en mouvement. Les équipes ont une forte capacité d’autonomie et d’adaptation.

 « Sans innovation sur le marché, on est mort. »

Quel est votre rapport à l’innovation ?

Benoît Oberlé : Sans innovation sur notre marché, on est mort. Pour que l’outil fonctionne, il faut perpétuellement être meilleur que les autres, l’adapter. Plus de 15% de notre chiffre d’affaire est investi dans la R&D. C’est possible grâce aux incitations fiscales et financières mises en œuvre. Nous avons la certification Jeune Entreprise Innovante délivrée par le Ministère de la Recherche.

A votre avis, quelle est la représentation des datas pour le grand public ? Comment y faire face ?

Benoît Oberlé : Nous proposons des pages pédagogiques pour l’utilisateur final pour le rassurer.  Un monde sans data n’existe pas. Mais  un monde où l’utilisateur peut exercer un contrôle sur la data est possible.

« La plus grande source de datas dans le monde ? La carte de fidélité. »

Julien Trani : Internet est perçu comme intrusif, alors que dans la vie, il y a d’autres intrusions quotidiennes. Certains vendent des données transactionnelles. Dans la vie « Offline », l’intrusion est pourtant plus importante que dans le online mais parfois le consommateur reçoit l’offre quelques temps après chez lui et ne fait pas toujours la relation.

Benoît Oberlé : On a peur de ce qu’on voit. L’individu se sent épié car quant il reçoit une publicité en adéquation avec sa navigation, il fait le lien. Les plus grandes sources de datas dans le monde sont pourtant les cartes de fidélité et de paiement.  C’est une mine d’or pour les renseignements et elles sont de surcroît nominatives. Seulement, les utilisateurs ne le voient pas ou perçoivent un bénéfice plus important que la valeur qu’ils accordent à leurs données.

Qu’est-ce qui importe le plus pour vous dans l’univers de la data ?

Benoît Oberlé : Nos techniciens ont tous des adblockers, mais nos collaborateurs trouvent un bénéfice aux messages adressés et donc ne bloquent pas l’utilisation de la donnée, les publicités ou encore possèdent des cartes bancaires, des cartes de fidélisation. Nous ne cherchons pas à savoir si mon ami Armand cherche à acheter une télévision. Ce qui a de leur valeur dans notre métier; c’est le volume et de raccourcir le chemin de prise de décision. Ce qui intéresse l’avionneur c’est quand 50 000, 100 000 intentionnistes voyages cherchent un billet. La valeur unitaire d’une donnée comportementale est extrêmement faible.

Quels sont les défis qui vous portent ?

Julien Trani : Nous sommes arrivés dans nos locaux à 13 en juillet. On est à présent 22 à Paris et 3 à Londres. Nous avons grandi et souhaitons continuer.

Benoit Oberlé : Nous devons maintenant réussir le lancement en Angleterre, l’Allemagne, l’Italie et d’autres pays.

Une qualité pour vous définir l’un et l’autre ? Un trait d’esprit qui vous semble important ?

Julien Trani et Remi Demol en parlant de Benoît Oberlé : Têtu ! Dans l’opérationnel, cela sauve beaucoup de choses. Benoît va décortiquer les contrats, les négocier et faire en sorte que tout soit structuré.

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Rémi Demol

Benoit Oberlé et Remi Demol en parlant de Julien Trani : Par effet-miroir, Julien est fonceur.

Benoit Oberle et Julien Trani en parlant de Remi Demol : Fiable

« Il y a toujours de bonnes raisons pour ne pas se lancer ! »

Le mot de la fin ?

Julien Trani : Osez ! Il y a toujours de bonnes raisons pour ne pas se lancer ! Il faut avoir une envie et se lancer. N’ayez pas peur des conséquences.

Benoît Oberlé : N’hésitez pas ! Il faut solliciter les entrepreneurs. Nous avons été hébergés, conseillés par des entrepreneurs et nous faisons de même.

Rémi Demol : Respect et Innovation

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Retrouvez toutes les informations : www.sirdata.com/

Belle-Ile, vue du ciel, le temps d’un week-end

Belle-Ile, vue du ciel, le temps d’un week-end

Le Conseil d’Etat a annulé, le 22 juin, les consignes imposées par la DGAC, Direction générale de l’aviation civile.

Rencontre avec deux des fondateurs de Wingly, plateforme de coavionnage : Bertrand Joab-Cornu  et Emeric de Waziers.

View on the lake

« Voler est l’un des plus vieux rêves de l’humanité ». De Léonard de Vinci à Solar Impulse en passant par Saint-Exupéry, le vol a façonné notre imaginaire collectif comme le rappelle Emeric de Waziers, cofondateur de Wingly.  Surnommée « le BlaBlaCar de l’aviation », la plateforme entend mettre en relation pilotes et passagers.

Retour sur les débuts d’une start-up, cofondée par Bertrand Joab-Cornu, Emeric de Waziers et Lars Klein. Intuitive, la plateforme permet  de penser autrement l’aviation légère. La start-up encadre la pratique du co-avionnage et propose un partage du vol et des frais associés. « Si les pilotes ont toujours partagé les frais, on ouvre maintenant le marché au grand public »  souligne Emeric. Un accélérateur de la démocratisation de l’aviation privée en somme.

Wingly Founders (Lars KLEIN - Bertrand JOAB-CORNU - Emeric DE WAZIERS)
Wingly Founders (Lars KLEIN – Bertrand JOAB-CORNU – Emeric DE WAZIERS)

Réussir avec des idées.

C’est au Master d’entreprenariat de l’X qu’Emeric et Bertrand se rencontrent. Tous deux, ont soif de construire et ne se contentent pas d’être des spectateurs. C’est une passion qu’ils ont en commun. Bertrand a « toujours eu envie de ce monde de l’entreprenariat ». Il ne se voyait pas « faire quelque chose de classique » explique-t-il. Emeric évoque Frédéric Mazella qui a réussi « avec des idées sans grandes ressources. » Oui, assurent-ils tous deux, « on peut changer les habitudes ».

View on the montains (3)

L’audace a toute sa place chez Wingly. « C’est sortir de sa zone de confort » note Bertrand « et des sentiers battus en prenant des chemins différents » ajoute Emeric. Celui-ci se souvient avoir voulu être pilote de chasse dans ses jeunes années. A 15 ans, il commence à passer ses premiers diplômes.

Ils souhaitent que les « passagers enthousiastes » reviennent à ce désir originel en saisissant pleinement le temps du vol et la diversité des paysages. Les paysages que les cofondateurs retiennent ? Ce trait de la côte  pour Emeric. Pour Bertrand, ce sera le vol en montagne.

View on the montains (2)

Alors que l’univers des marques tend à mettre chaque jour davantage le consommateur au centre des stratégies et à donner la part belle à l’expérience, Wingly le fait naturellement.

Des trajets vers Belle-Ile ou l’Ile d’Yeu, ce sont des expériences qui sont proposées en nombre avec les aléas liés aux contraintes comme la météo.   Avec une équipe qui ne cesse de grandir. Le mot-clé ? « partage » souligne Bertrand.

View on the sea (3)

Les cofondateurs, complices, évoquent une éducation au marché  qui est nécessaire.  S’autoriser, le temps d’un week-end, à prendre de la hauteur à la rencontre des Châteaux de la Loire.

L’enjeu, explique Bertrand, c’est de « créer un réflexe : se dire : allons pique-niquer au Touquet ». Créer un nouvel usage. D’ailleurs, l’été est bien arrivé et s’installe. Occasion de voler de ses propres ailes.

Le mot de la fin ?  « Envolez-vous ! »

Mathilde Aubinaud

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Martin Besson, Fondateur de Sans A : Ecouter- Regarder-Comprendre

Martin Besson, Fondateur de Sans A : Ecouter- Regarder-Comprendre

 

Le média d’impact « Sans A_ », qui entend rendre visible les invisibles, lance sa sixième saison consacrée à la prostitution. Rencontre avec son fondateur, Martin Besson pour La Saga des Audacieux.

martinbesson
Benjamin Girette : Paris France le 7 septembre 2016 : Portrait de l’équipe de la saison 2 de Sans A.

« Après vous » : cette formule de politesse devrait être la plus belle définition de notre civilisation. » Les mots d’Emmanuel Levinas résonnent dans l’approche de Martin Besson et du pure-player qu’il a créé « Sans A_ ».

« Passer à l’action ».

Avec enthousiasme, l’envie d’apprendre et de ne pas se contenter des apparences et des préjugés, Martin Besson, 21 ans , innove, teste et entreprend avec talent. Il crée Sans A_ pour Sans Abri, Sans Attention, Sans Amour, Sans Argent, Sans Avenir.  Il définit Sans A_ comme « un média social d’impact indépendant ». Il se refuse à rester passif et veut « encourager les gens à passer à l’action ».

Un hymne aux idées pour les autres

Il ne souhaite pas que l’on se dise, en lisant des parcours de vie de personnes précaires : « c’est dommage » mais bien au contraire : «  n’avez-vous pas une idée pour aider la personne, pour répondre à ses besoins ? »

Avec Louise Sebille-Vignaud, la rédactrice en chef et associée, ils vont à la rencontre des anonymes rendus invisibles, avec cette volonté de les écouter, de les comprendre, d’être attentifs à ce qui les anime, leur histoire, leur parcours de vie. Ils ont, dans l’écriture, avec finesse et le souci du détail.

Une mobilisation

Oui, ils parlent de sujets difficiles mais avec cette volonté de trouver des solutions. Martin évoque ainsi la mobilisation pour trouver une canne à pêche à Jean-Claude à la suite de l’appel lancé par Louise. Ils ont également aidé une personne âgée vivant de la Creuse. Celle-ci se sent seule. Ses factures sont les seuls courriers qu’elle reçoit. Sans A_ intervient. Elle reçoit alors des lettres en nombre. Et se réjouit. « Cela vaut tout » explique Martin Besson. Alors oui, il préfère les histoires  aux chiffres.

Des histoires qui sont multiples et syncrétiques. A l’image des portraits de prostituées dans cette saison 6 du média. «  Il y a autant de prostitutions que de prostituées. Il faut prendre en compte leurs histoires, les contextes ».

Passionné de séries, Martin Besson s’enthousiasme pour les gens, leurs histoires. Il évoque les figures qui l’ont marqué. Du digital &  media innovator, Benoit Raphaël qui, a mis au point le robot Flint , Martin dit :  « il m’a beaucoup inspiré. Il apporte énormément à Sans A_ ». Il retient également un discours prononcé par Latifa ibn Ziaten, dont le fils a été assassiné le 11 mars 2012 par Mohammed Merah. « Elle n’éprouve pas de haine ». Il loue son espoir.

« Se donner du mal pour les petites choses c’est parvenir aux grandes choses avec le temps » Samuel Beckett

La rue, où se retrouvent les personnes en situation de précarité : « c’est un espace violent. Elle n’est pas faite pour que l’on puisse y rester. »  C’est un lieu de passage. Alors il lutte. « Sans A_ c’est un idéal. » Un idéal qui offre du temps et de l’espace.  Il cite une phrase de Samuel Beckett que lui a donnée son parrain: « Se donner du mal pour les petites choses c’est parvenir aux grandes choses avec le temps ».

Il est à l’écoute avec des idées en nombre. Il a même créé un Google drive d’idées. Un Google drive qui promet de faire jaillir encore des idées inspirantes et importantes.

Mathilde Aubinaud