à la Une

Une parenthèse enchantée au Royal Mansour

Une parenthèse enchantée au Royal Mansour 

A quelques mètres de la Place Jemaa-el-Fna, le Royal Mansour Marrakech est une adresse qui mêle audace et excellence.  

rm_nov20163038-ok1

On ne peut pas devenir blasé en se rendant au Royal Mansour. Surprise, émerveillement et magie sont au rendez-vous. Un espace à part. Hors du temps. Le Royal Mansour vous emporte par sa majestuosité.

principale_rm_nov20162976-ok1

Un art de vivre 

De l’audace. Syncrétique, le Royal Mansour associe la modernité et la tradition.  Ouvert en 2010, le Palace célèbre les arts décoratifs. Chaque détail compte autant dans le raffinement que l’élégance dans l’architecture comme dans la cuisine.

Aussi, le Chef Yannick Alléno, 3* au Michelin, veille sur les restaurants. Lorsque les beaux jours sont au rendez-vous direction « le Jardin ». L’espace y est maître au milieu des oliviers.

Se rendre au Royal Mansour, c’est multiplier les opportunités de cuisines et de saveurs. En effet chaque restaurant a sa propre cuisine.

ich_2852-ok1

À la Grande Table Marocaine, débutez votre diner  par un assortiment de salades marocaines raffinées.

On y célébrera la manière dont les produits sont mis en avant tant dans les alliances gustatives, la préparation, que la cuisson et le service. On retiendra la spécialité marocaine à la fois délicieuse et parfumée : « la saffa à la canelle et amandes torréfiées ».

Au Jardin, un jeu sur le salé et sucré qui se marie délicieusement avec les brochettes de poulet, d’agneau et keftas de bœuf. A La Table, on appréciera, entre autres mets, pour le brunch du Dimanche, les huitres de Dakhla.

rm_nov20162659-ok1

De la poésie 

Des couleurs et de la poésie pour les desserts. La  tarte aux pommes se révèle en pétales de fleurs. Les pâtisseries traditionnelles marocaines sont légion. Un régal avec  les incontournables cornes de gazelle.

ich_4883-ok1

Un déjeuner, comme un havre de paix, pour retourner à la Médina. Vous repartirez fort de couleurs, de parfums, de poésie.  Il incarne le luxe dans ce qu’il a de plus rare.  Un  moment à part. Une chance.

Mathilde Aubinaud

Les Restaurants du Royal Mansour :

La Table : ouvert tous les jours (cuisine internationale) + Brunch du Dimanche

La Grande Table Marocaine et La Grande Table Française : 2 restaurants gastronomiques ouverts  pour les diners

Le Jardin : cuisine Asiatique au tour du, feu, cru et froid.

Tous les restaurants sont signés Yannick Alléno, Chef triplement étoilé au guide Michelin

 

Réunions, réceptions et événements sont possibles.

 

Retrouvez les informations sur le Royal Mansour ICI : http://www.royalmansour.com/fr/ 

Visionnez les vidéos recettes des plats servis au Jardin 

rm_nov20163153-ok1

rm_nov20163009-ok1

 

à la Une

ORE, déjeuner majestueux au Château

ORE, déjeuner majestueux au Château

Dans un décor splendide, le Château de Versailles, le nouveau restaurant d’Alain Ducasse propose un voyage culinaire et temporel. Bienvenue chez ore-Ducasse au château de Versailles.

Ils étaient faits pour se rencontrer. Deux univers : l’Histoire et la gastronomie. Louis XIV et Alain Ducasse. ore les rassemble. Situé au Pavillon Dufour, aile gauche du Château, le café contemporain rappelle les grandes heures de la Monarchie dans un décor empreint de modernité.

 

ore_07-09-16-apmonetta-22071

Crédit Photo : Pierre Monetta / Dominique Perrault Architecture / Adagp – Gaëlle Lauriot-Prévost Design / Adagp
On passera près du bar pour admirer trois modèles historiques de l’Ancienne Manufacture Royale de Limoges réédités par Bernardaud, certaines pièces uniques d’époque, de la vaisselle chinée par Alain Ducasse.

L’imaginaire du roi est présent dès que l’on arrive par la cour des Princes. L’or est décliné, avec finesse et nuance, à de multiples reprises : les tables en laiton, les plafonniers réalisés par Gaëlle Lauriot-Prévost. Le restaurant surplombe la cour d’Honneur ainsi que la cour Royale.

 

ore_07-09-16-apmonetta-26901

Crédit photo : Pierre Monetta

Une célébration de la cuisine française

L’excellence des produits se ressent dès l’entrée : Petit épeautre, champignons des bois et oseille, Légumes cuits et crus, condiment d’herbes tendres pilées. On savourera le Pâté en croûte de caille accompagné de légumes acidulés. Un véritable jeu sur les saveurs et le croquant.

Des plats traditionnels sont également revisités comme les coquillettes jambon/comté/ truffe noire chères à Alain Ducasse. Pour le dessert, à déguster absolument : le Paris-Brest renommé « Paris-Versailles » et le Louis XIV, un lingot d’or qui se révèle être un entremet au chocolat et croustillant de pralin.

ore_07-09-16-apmonetta-21971

Crédit photo : Pierre Monetta / Dominique Perrault Architecture / Adagp – Gaëlle Lauriot-Prévost Design / Adagp

Tout en restant fidèle à ce lieu unique, une approche contemporaine et créative est proposée au sein de cette adresse ouverte à tous du matin jusqu’à la fin d’après-midi.

Retrouvez les informations ICI

Mathilde Aubinaud

A savoir :
Privatisation possible le soir : evenement@ducasse-chateauversailles.com
Restaurant accessible au public en dehors du parcours du château

à la Une

SUR MESURE PAR THIERRY MARX, l’hymne à l’émotion

SUR MESURE PAR THIERRY MARX, l’hymne à l’émotion

Dans un cadre intimiste et apaisant, le Sur Mesure par Thierry Marx **  offre une sublime parenthèse gastronomique pour les déjeuners d’affaire.

Etonnement et interpellation. Durant la grande expérience culinaire qu’est Sur Mesure par Thierry Marx au Mandarin Oriental, l’appréhension de la gastronomie est pleinement repensée. Vos sens sont totalement aiguisés. Les jeux sur la texture, la température sont légion.

mopar-fb-sur-mesure-final-01

Crédits : George Apostolidis

Créer un imaginaire

Entrer au Sur Mesure, c’est prendre place dans un univers des plus singuliers où la légèreté et l’élégance sont maîtresses. Tout y est blanc et épuré, une atmosphère d’apaisement s’impose naturellement. Nous voici comme hors du temps en dégustant entre 5 et 8 plats du menu que vous composerez.

Une révélation

Débutez, d’emblée, par l’un des plats signatures de Thierry Marx : « ’Risotto’ de soja aux huîtres / Girolles » avec une émulsion qui sublime le plat. La technique et la maitrise du geste révèlent les produits. Au Sur Mesure, la saisonnalité est essentielle. D’ailleurs, la carte n’est nullement figée bien au contraire. Au moins un nouveau plat est proposé chaque semaine.

risotto-de-soja-a-la-truffe

Crédits :  Mathilde de l’Ecotais

Le Bar rôti « Ecailles croustillantes » se marie très bien avec les noisettes du Piémont. Une alliance créative. Autres plats à retenir : la Sole petit bateau pochée aux algues.

De l’art de surprendre

Pour le dessert, savourez pleinement  l’exquis Sweet Bento avec un graphisme japonisant et un jeu de couleurs qui prolongent l’étonnement et la gourmandise.

mopar-food-sweet-bento-01

Crédits : George Apostolidis

Le temps du déjeuner, laissez libre cours à vos émotion en saisissant pleinement l’instant présent.

Mathilde Aubinaud

Sur Mesure par Thierry Marx

251 rue Saint-honoré Paris 1er

Composez votre menu « Sur Mesure » de 5 à 8 plats

5 plats: 85€ / 6 plats: 100€ / 7 plats: 115€ / 8 plats: 130€

Retrouvez les informations ICI http://www.mandarinoriental.fr/paris/fine-dining/sur-mesure-par-thierry-marx/

mopar-sur-mesure-final-03c

Crédits: George Apostolidis

 

à la Une

Publication du livre « Ecriture Stratégique »

Publication du livre « Ecriture Stratégique »

J’ai co-écrit avec les professeurs de Français et de communication, Valérie Aubinaud,  Clara de Sorbay et Sophie-Anne Rocca, le livre Ecriture Stratégique 

« 10 erreurs à ne pas faire quand on rédige un mail professionnel »  Le Huffington Post

4 règles à suivre (impérativement) quand on envoie un mail « pro » BFM TV 

Pour la beauté des mots 78 Actu

 

1507-1
Publication du livre « Ecriture stratégique »

Présentation de l’ouvrage 

Plus que jamais, l’écrit devient un critère sélectif !
Utilisé à bon escient, c’est un outil redoutablement efficace qui permet de se démarquer et de gagner en crédibilité.

Première séance de dédicace du livre « Ecriture stratégique » avec les auteurs Clara de Sorbay et Mathilde Aubinaud

Véritable guide pratique pour les étudiants, cet ouvrage a pour objectif de donner toutes les clés indispensables pour savoir écrire dans le monde professionnel. Que ce soit au commencement avec le CV et la lettre de motivation, ou bien au sein de l’entreprise à travers des éléments aussi divers que les comptes rendus, les présentations sur Powerpoint ou encore la maîtrise des réseaux sociaux, il existe des règles simples afin d’éviter les écueils les plus stigmatisants. Avec quelques conseils et un peu d’entraînement, apprenez à écrire de manière efficace et pertinente.

Plus d’informations ICI

à la Une

Laurent Vimont, Président de CENTURY 21, « Le vrai leader est celui qui grandit en faisant grandir les autres »

Laurent Vimont, Président de CENTURY 21: « Le vrai leader est celui qui grandit en faisant grandir les autres »

 Rencontre pour La Saga des Audacieux, avec Laurent Vimont, Président de CENTURY 21

Pour répondre toujours au mieux aux attentes des consommateurs, nous n’hésitons pas, régulièrement, à rompre les codes et bousculer les convenances.

Mathilde Aubinaud : Pourriez-vous nous parler de CENTURY 21?

Laurent Vimont : CENTURY 21 a été créé en 1972 par deux agents immobiliers californiens qui souhaitaient donner une nouvelle dimension aux services apportés par les agences et se projetaient déjà dans le « 21e siècle ». En 1987, la marque s’est implantée en France, proposant des services qui sont devenus depuis des standards dans l’immobilier (mandat confiance, garantie d’actions…) et dont certains ont même été intégrés dans la législation. Aujourd’hui, le réseau regroupe 850 agences dans l’Hexagone et 5500 collaborateurs. Pour répondre toujours au mieux aux attentes des consommateurs, nous n’hésitons pas, régulièrement, à rompre les codes et bousculer les convenances.

« Ne pas hésiter à sortir de notre zone de confort et à prendre une nouvelle direction »

Comment, à travers votre entreprise, appréhendez-vous l’audace ?

Depuis 29 ans, le réseau ne s’est jamais contenté de faire et refaire ce qu’il faisait bien. C’est inscrit dans nos gênes : nous recherchons en permanence à progresser, innover, faire mieux. Pour prendre un exemple concret, l’audace nous a poussé il y a 5 ans, alors que tout allait bien en termes d’activité, à nous poser des questions sur notre avenir et à remettre à plat l’intégralité de notre système pour anticiper les nouvelles attentes des consommateurs. L’audace consiste pour nous à ne pas hésiter à sortir de notre zone de confort et à prendre une nouvelle direction, alors que rien ne nous l’impose, en pariant qu’à terme cela sera mieux pour nos clients et pour nous.

Quels sont les points saillants de votre parcours qui vous ont permis de vous façonner ?

Je suis un autodidacte, cela a eu un avantage je pense : celui de développer une sorte d’instinct pour « sentir » les hommes mais aussi, parmi les courants d’idées qui passent et dont je m’imprègne, percevoir les tendances qui pourront fonctionner demain.

J’ai eu la chance aussi, alors que le système scolaire ne me convenait pas, d’intégrer l’armée et de reprendre confiance en moi. Le service militaire m’a permis de prendre conscience de certaines de mes qualités et de comprendre, par exemple, que j’étais apte au commandement et que les diplômes ne font pas les managers.

De belles rencontres ont suivi : celle de Michel Trolle, le fondateur de CENTURY 21 en France, que je n’ai pas hésité à rejoindre aux prémices du projet alors même qu’à l’époque, en tant que conseiller immobilier, je fonctionnais plutôt bien. J’ai eu la chance aussi de croiser la route d’Hervé Blery, past président du réseau, qui m’honore depuis de sa fidèle amitié, de ses conseils et de sa bienveillance, d’Anne Lalou, à l’époque directrice générale déléguée du Pôle distribution de Nexity, aujourd’hui directrice de la Web School Factory et d’Alain Dinin, président de Nexity, le groupe actionnaire de Century 21 France. Toutes ces personnes m’ont inspiré, challengé et je me fais un point d’honneur à les honorer de leur confiance.

Vous avez travaillé en tant que maître-nageur avec Philippe Lucas, que retenez-vous de cette expérience ?

Je possède une sorte d’enthousiasme naturel : celui de me convaincre que quel que soit le métier que je fais, c’est le plus important de l’entreprise et qu’il faut donc que je le fasse du mieux possible. Etre maître-nageur m’a permis de mesurer ce que c’est qu’être responsable de la vie des autres. J’ai aussi compris, grâce à la natation, que transmettre un savoir que je maîtrisais bien ne pouvait passer par la seule démonstration «  Regardez comment je fais », mais qu’il faut observer l’autre, comprendre ses craintes et y répondre, identifier ses points forts et s’en servir, et découper le geste minutieusement, autant de fois que nécessaire, pour que votre élève acquière progressivement la technique et puisse  la reproduire. Ce fut une expérience riche d’enseignements.

En quoi l’instinct joue-t-il un rôle clé ?

« L’instinct est pour moi tout à la fois un radar et un scanner. »

L’instinct me permet d’avoir des convictions profondes, mais pas de certitudes, de dogmes inaltérables. Il me rend curieux, ouvert au monde et aux courants d’idées nouvelles qui le traversent, perméable aux évolutions, aux mutations qui s’opèrent, désireux de m’intéresser à tout, capable d’humer l’air du temps et de prendre des décisions à contre-courant parce que je les « sens ». L’instinct est pour moi tout à la fois un radar et un scanner.

Si vous deviez définir votre métier, quels seraient les points saillants ?

Pour manager, il faut aimer les gens et s’intéresser à eux. Le vrai leader est celui qui grandit en faisant grandir les autres. Montesquieu écrivait : « Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être un si grand génie, il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux ». C’est l’un des principes qui me guident. J’ai, pour autre principe, de placer dans les postes qui m’entourent des personnes qui sont toutes plus compétentes que moi sur leur métier. C’est sans doute l’une des clés de la réussite de Century 21 France.

Portrait Laurent Vimont
Laurent Vimont, Président de CENTURY 21

Pour un agent immobilier, l’humain est essentiel…

« Travailler dans l’immobilier, c’est s’intéresser bien plus aux hommes qu’aux biens concernés. »

Oui. L’immobilier n’est pas un secteur comme les autres. Nous ne traitons pas d’une marchandise ; nous parlons d’un projet de vie, d’un rêve, de l’un des investissements les plus importants dans la vie d’une personne, -et je ne parle pas ici de la dimension financière mais avant tout affective-. Acheter ou vendre est un projet exceptionnel qui comporte une grande dose d’irrationnel, et l’on fait erreur à coup sûr si l’on ne prend pas en compte cet aspect-là, considérant qu’il s’agit d’un acte purement objectif et raisonnable.

Un acheteur va projeter dans son futur logement son foyer, sa famille, son plan de vie, quand le vendeur y laissera une partie de ses souvenirs, des moments les plus forts qu’il ait vécus. Travailler dans l’immobilier, c’est s’intéresser bien plus aux hommes qu’aux biens concernés. Nous ne cessons de le rappeler aux nouveaux conseillers qui intègrent le réseau.

Vous tissez un lien avec l’ensemble du réseau

Dans l’histoire de CENTURY 21, le contrat de franchise est une chose mais, plus important encore, il existe un contrat moral. Ma première fonction ayant été, dès l’implantation de CENTURY 21 en France en 1987, de développer le réseau, j’ai pu tisser des liens de grande proximité avec nos partenaires au fil des ans et des ouvertures d’agences.

Aujourd’hui encore, je m’attache à assister très régulièrement aux inaugurations d’agences, à venir me présenter et échanger avec les participants de chaque stage qui se tient au siège, à recevoir, dans le cadre d’une cérémonie dédiée, chaque patron qui renouvelle son contrat de franchise. Et au-delà de ces événements particuliers, il est essentiel pour moi de discuter avec ceux qui sont sur le terrain, de ne pas m’enfermer dans une tour d’ivoire mais, au contraire, de rester accessible et disponible par mail, twitter etc. Notre plateforme Facebook at work a renforcé encore davantage ces liens, car en quelques clics, je peux désormais échanger avec l’ensemble du réseau, que ce soit des patrons, des conseillers, des assistantes. Issu du bas de l’échelle, je n’oublie pas mes origines. Loin de moi l’idée de ne parler qu’aux personnes se croyant autorisées à penser !

Vous mettez en place un accord avec Facebook France pour proposer une messagerie interne pour mettre en avant l’information. Comment l’idée est-elle née ?

Je tiens à préciser que Facebook at work n’est pas simplement une messagerie interne mais un outil de communication parfaitement adapté à l’histoire et à l’esprit du réseau.

Tout vient d’une rencontre avec Laurent Solly, le directeur général de Facebook France. La décision de s’emparer de l’outil était prise le lendemain. De bien des manières, il semble que cet outil ait été créé pour nous. Jusque-là, nous échangions beaucoup par mails et Intranet, mais la communication était, de fait, essentiellement descendante, or il est dans l’ADN de notre organisation de favoriser l’échange d’informations et le partage de bonnes pratiques. Facebook at work répondait parfaitement à notre problématique en permettant une communication tout à la fois descendante, ascendante et transversale.

Dans mon esprit, Facebook at work ringardisera le mail comme le mail a ringardisé le fax.

Dans quelle mesure se rendre dans l’une de vos agences immobilières invite le client à vivre une expérience ?

C’est avant tout la résultante d’un état d’esprit, celui dont je vous ai parlé plus tôt, comprenant que dans l’immobilier, le facteur principal est avant tout l’humain. Ensuite, c’est mille et un détails auxquels nous attachons de l’importance qui vont permettre au client de se sentir écouté, compris, considéré. Il y a 5 ans, lorsque nous avons remis à plat notre système, c’était essentiellement pour remettre le client au centre de nos préoccupations dans tous nos process et nos outils. Nous sommes vigilants depuis longtemps à suivre nos clients tout au long de leur projet et bien au-delà, durant leur parcours résidentiel, mais nous avons encore travaillé pour apporter davantage de suivi, de service personnalisé, de liens de proximité. Nous célébrons, par exemple, la conclusion d’une transaction par l’organisation d‘une crémaillère pour permettre à nos clients de rencontrer leurs voisins ; nous organisons chaque année la fête des voisins pour rencontrer et faire rencontrer les gens d’un même quartier, nous nous impliquons énormément dans la collecte des jouets chaque mois de novembre pour que dans le plus grand nombre de maisons, les enfants puissent fêter Noël. C’est sans doute cet ensemble de gestes et d’attentions, que nous cherchons d’ailleurs sans cesse à développer, qui nous a permis d’être placés, d’après le palmarès établi par le cabinet Human Consulting Group, N°1 de la relation client cette année.

En quoi CENTURY 21 est-il disruptif dans le marché de l’immobilier ?

Dès son implantation en France, le réseau a inventé une nouvelle façon d’exercer ce métier et a apporté des services innovants (analyse comparative du marché pour la fixation du prix, manuel de prise de mandat…). Nous avons dans nos gênes le goût de l’innovation et nous intégrons facilement les évolutions technologiques pour améliorer l’expérience client et les performances de nos collaborateurs. Nous avons ainsi été les premiers à proposer un Extranet vendeur pour apporter plus de transparence dans la relation avec nos clients et fluidifier les échanges. Depuis 5 ans, dans le cadre de notre projet Oxygène, nous multiplions les outils digitaux qui viennent à la fois répondre à une problématique de simplification des relations avec les clients et d’efficacité commerciale. Le tout dernier outil, par exemple, l’application mobile du conseiller, permet au collaborateur CENTURY 21 d’avoir à sa disposition, où qu’il soit, un ensemble d’informations et d’applications qui facilite son quotidien et lui permet de répondre plus rapidement aux clients.

La révolution numérique que nous sommes en train de vivre est une chance extraordinaire de prendre de l’avance et de remettre le réseau en projet avec un objectif : ré-enchanter l’expérience client.

En quoi le virage du numérique est-il une opportunité formidable pour CENTURY 21 ?

Pour CENTURY 21 qui a en culture le goût du progrès, de la nouveauté, la révolution numérique que nous sommes en train de vivre est une chance extraordinaire de prendre de l’avance et de remettre le réseau en projet avec un objectif : ré-enchanter l’expérience client. Au vu de la réactivité avec laquelle nos agences s’emparent des outils que nous leur mettons à disposition, et de l’enthousiasme dont elles font preuve, je suis relativement confiant dans l’avenir.

Ne soyons pas raisonnables dans nos rêves, c’est ainsi que nous ne subirons pas l’avenir mais que nous l’écrirons ensemble.

La phrase qui vous inspire ?

« Si vos rêves ne vous font pas peur, c’est qu’ils ne sont pas assez grands » disait Richard Branson. Quelle est la taille de vos rêves : voici la question que j’ai posée récemment à tous nos partenaires lors de notre convention annuelle. Ne soyons pas raisonnables dans nos rêves, c’est ainsi que nous ne subirons pas l’avenir mais que nous l’écrirons ensemble.

Que peut-on vous souhaiter ?

De prendre le même plaisir dans ce que je fais, que celui que j’ai depuis 30 ans !

J’ai la chance d’avoir autour de moi une équipe formidable, de servir un réseau et une marque formidables, de faire les choses sérieusement sans me prendre au sérieux. Que cela puisse durer ! Quand on se prend trop au sérieux, il n’y a plus de brin de folie et plus d’audace… et plus la chance de paraître dans la saga des audacieux 😉 !

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

 

à la Une

Christine Kelly « La vie commence quand on te dit non »

Christine Kelly « La vie commence quand on te dit non »

 

 

« Il faut me découvrir. Mon apparence est très trompeuse. Ce qu’il y a dans mon cœur n’est pas ce que l’on pourrait voir de l’extérieur. Je suis une fille sensible, solitaire, très famille et très maternelle. »

Sans titre

Engagée et entière

 

Christine Kelly n’est pas de celles que l’on pourrait enfermer l’espace d’un instant. En l’écoutant, en regardant ses engagements à travers sa fondation K d’urgences, en tant que membre du CSA, elle est un être d’une grande profondeur qui refuse de n’être que spectatrice de la société. Engagée et entière.  A la fois « bosseuse et courageuse », elle sait cultiver son émotion et sa sensibilité en étant tournée vers les autres.

Dans son livre, L’invitée surprise, elle dévoile ce qui l’anime et ce qui la porte. Elle évoque sa famille. « Mon père et ma mère m’ont façonnée ». Elle n’a jamais eu de modèle. Pour elle, chacun se construit sa route.  Elle souligne toutefois qu’Oprah Winfrey l’inspire. Parce  que l’animatrice de télévision et productrice a « une capacité de résilience, avec un début  de vie très difficile, elle est aujourd’hui rayonnante ».

« Aller jusqu’au bout »

Christine Kelly entend être reconnue pour son travail et ses compétences. Ayant « soif d’énergie », elle laisse une empreinte. Membre du CSA, elle a ramené tous ses dossiers vers l’humain. Inciter à avoir des publicités qui respectent la femme, vivre avec son temps dans la société. «  Je suis ravie d’avoir pu accomplir tous les dossiers. » De la citation de Facebook et de Twitter, à la baisse du volume sonore pour la publicité, elle a  tenu à « aller jusqu’au bout. » Elle se donnait l’objectif d’avoir  un bilan et des résultats. Mission réussie.

« Au CSA, j’ai perdu ma liberté de parole mais j’ai gagné la liberté d’agir. »

La dernière fois où elle a été une invitée surprise ? « Au CSA» explique-t-elle. « De  la lumière des plateaux à l’ombre des dossiers, je devenais un interlocuteur des Présidents des autres chaînes. C’était un moment très fort » raconte celle qui est alors le plus jeune membre du C.S.A.  En rejoignant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, son rôle évolue. De témoin de l’actualité, elle en devient l’actrice. « J’ai perdu ma liberté de parole mais j’ai gagné la liberté d’agir. »

L’audace c’est le courage là où tout incite à s’arrêter.

Alors elle agit. Concrètement. Sur le terrain, avec audace. « L’audace, pour moi, est le nerf de la guerre, c’est le sel sans lequel on ne peut pas vivre. C’est le courage là où tout incite à s’arrêter. Quand on te dit non, la vie commence. » Avec un enthousiasme véritable, elle explique : « Là où il y a un challenge, un défi, où l’on apprend, il y a toujours de la place pour ceux qui en veulent ».  Une phrase qui la porte ? « Dans la vie rien ne vous est du mais ne vous refusez rien ».

La force culturelle française des médias

« Notre culture a une vraie valeur ajoutée » souligne-t-elle en évoquant les liens entre cinéma et télévision. Pour elle, le Septième Art est fort « parce que la télévision le soutient ». La culture française c’est aussi « des publicités soignées et sélectionnées ».

Christine Kelly
La journaliste Christine Kelly en studio

Des liens tissés

Avec talent et partage, elle a marqué la Journée mondiale de la Télévision en organisant le 21 novembre, la première Journée d’éducation aux médias. Christine Kelly a, en effet, réuni et rassemblé « deux mondes qui ne se rencontrent pas suffisamment ». Elle déplore « le manque de relation entre le média et les téléspectateurs. » Pour elle, il est essentiel de tisser des liens.  Lors de cette journée, les téléspectateurs ont débattu avec ceux qui font les médias. Un véritable échange est né.

Ne pas stagner

« Être à contre-pieds, c’est mon profil, ma nature, ma ligne éditoriale ». Elle se refuse à stagner,  entend éviter la routine. « C’est mon chemin de vie ». Ne pas accepter la médiocrité, la banalité. Ne pas faire comme tout le monde parce que tout le monde le fait. S’écouter soi-même.

Très tournée vers les autres, elle s’implique. Elle crée en 2010 la Fondation K d’urgences pour venir en aide aux personnes en situation difficile comme les familles monoparentales. « Je trouve que c’est indispensable de tendre la main aux autres. Cela fait partie de ma vie. » Souligne-t-elle.

L’enthousiasme de Christine Kelly

«  Je veux faire quelque chose  de ma vie, mais je ne sais pas quoi… » écrit-elle dans Invitée surprise avec justesse et authenticité. Elle n’aime pas « le blabla » ni les discours classiques. A la vingtaine, elle ne sait pas encore quel sera  son avenir mais elle y va avec enthousiasme.

« Une volonté de faire et d’aller jusqu’au bout des choses ».

« Dans la vie rien ne vous est du mais ne vous refusez rien » est l’une des phrases qui l’inspirent et avec courage et conviction. Une vie qu’elle se façonne emplie de promesse. Alors, définitivement, Christine Kelly laisse une empreinte essentielle.

Mathilde Aubinaud

Invitée surprise de Christine Kelly (Editions du Moment)

à la Une

Béatrice Mandine : « L’audace d’Orange est présente dès son ADN »

Béatrice Mandine : « L’audace d’Orange est présente dès son ADN »

Rencontre avec Béatrice Mandine, Directrice Exécutive Communication et Marque du groupe Orange pour La Saga des Audacieux.

« Dès le départ, Orange a eu la volonté  de se décaler complètement en entrant par l’usage. »

Mathilde Aubinaud : De quelle manière Orange est-elle audacieuse ?

Béatrice Mandine : L’audace d’Orange est présente dès son ADN. Dans un secteur très orienté sur la technologie, la marque s’est définie comme singulière. S’appeler  « Orange » dans un monde où les concurrents comportent dans leur nom  «  Tel » ou « Com »  a révolutionné le marché du mobile. Dès le départ, Orange a eu la volonté  de se décaler complètement en entrant par l’usage.

L’audace, chez Orange, fait signe par l’Identité visuelle…

Elle détonne, en effet, avec un logo très pur : un carré orange qui n’est pas la norme du secteur. C’était la volonté du fondateur, Hans Snook. Les codes de la marque véhiculent  des représentations. Avec la révolution digitale, il s’agit de faire évoluer la marque tout en gardant sa puissance. Nous avons tenu à maintenir ses attributs de reconnaissance et de force identitaire.

Béatrice Mandine
Béatrice Mandine

« Les essentiels demeurent : la famille, le divertissement, la maison. »

Comment tissez-vous un lien avec vos publics ?

Nous avons créé des cadres représentatifs de l’essentiel de la vie des gens. Nous sommes présents auprès du grand public dans une trentaine de pays. S’il y a bien des disparités très larges en se plaçant du point de vue de l’homme et la femme, les essentiels demeurent : la famille, le divertissement, la maison. On souhaite que la maison soit sécurisée, que l’on soit connecté  et que l’on puisse se parler.

«  Listening responding »

Comment appréhendez-vous les besoins de vos clients ?

Bien entendu, cela est rassurant de démontrer que l’on maîtrise les technologies. La grande majorité des clients souhaite que tout fonctionne.  «  Listening responding » est notre mode opératoire. Il s’agit de se mettre dans une posture d’écoute. De quoi avez-vous envie ? De quoi avez-vous besoin ?

« Une démarche adaptée à la demande du client. »

En quoi votre démarche est-elle différenciante ?

Elle est singulière au sens où elle est adaptée à la demande du client. Nous avons cherché une porte d’entrée commune. Notre volonté est de satisfaire la personne pour ce qu’elle demande individuellement.

Qu’en est-il de l’expérience client ?

On ne fait pas les mêmes choses sur le digital et en boutique. Ils sont, tous deux, très  complémentaires. L’un renforce l’autre. Les réseaux physiques de distribution apportent une présence et une proximité. L’interaction digitale s’appuie sur les réseaux sociaux et les sites web.

« L’innovation est foisonnante. »

En quoi jouez-vous un rôle pour l’innovation ?

En tant qu’opérateur de télécom, la valeur ajoutée est l’interopérabilité. Nous travaillons à normaliser les technologies pour que tout fonctionne.  Nous avons beaucoup de forces d’innovation en étant ouvert à nombre d’idées. Nous proposons des programmes d’open innovation. Dans l’écosystème start-up, il y a le programme d’accompagnement : «  Orange Fab » où les entrepreneurs trouvent, chez Orange, la capacité à tester en grandeur réelle. L’innovation est foisonnante.

« La marque Orange est un actif du groupe »

Quels sont les territoires d’expression d’Orange ?

Ils sont très vastes. Nous avons fait évoluer la marque orange. Elle est un actif du groupe que l’on se  doit de pérenniser. Nous avons commencé à travailler sur l’évolution de la marque en parallèle des premiers travaux préparatoires du plan stratégique « Essentiels2020 ».

Une expérience client incomparable

Quel est l’enjeu  principal pour vous ?

Nous voulons nous concentrer sur l’expérience client. Notre ambition est qu’elle soit incomparable en s’appuyant sur notre expertise et la puissance de nos réseaux. Nous nous orientons sur la satisfaction de  nos clients. Nous avons la responsabilité de comprendre ce qui est essentiel, pour un client, à un moment donné. Notre objectif en tant qu’entreprise de service  est de satisfaire chacun en écoutant  et en étant  capable de répondre avec pertinence à une question donnée.

Qu’en est-il de l’agilité ?

Les codes changent. Ce n’est plus une distribution de masse. Il s’agit de répondre, avec pertinence, à la personne en face. Pour des vendeurs, rien de plus satisfaisant que de répondre à ce que la personne demande. C’est un cercle vertueux.

« Quand  la marque et l’entreprise se confondent c’est optimal. »

Comment appréhendez-vous  la marque ?

Elle est le  reflet de l’entreprise. La marque crée une cohérence  entre la stratégie de l’entreprise et le logo. Quand  la marque et l’entreprise se confondent c’est optimal. La marque est le  vecteur d’alignement de l’entreprise. Si la marque prône quelque chose, elle se doit de le  prouver. Lorsque l’on dit «  Vous rapprocher de l’essentiel », c’est que l’on fait tout ce que l’on peut pour satisfaire votre essentiel.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

à la Une

Clara Gaymard : « Une entreprise qui ne ressemble pas au monde qu’elle sert ne peut pas le comprendre. »

Clara Gaymard : «  Une entreprise qui ne ressemble pas au monde qu’elle sert ne peut pas le comprendre. »

Clara Gaymard est  Présidente et CEO de GE France, Présidente du Women’s Forum et du fond de dotation RAISE. Elle s’engage pour les entrepreneurs et pour que les femmes accèdent aux postes de décision. Rencontre pour La Saga des Audacieux.

12359742_920308688049492_162074757_o

 

Mathilde Aubinaud : Comment appréhendez-vous la peur face à l’audace ?

« L’audace est une manière de savoir apprivoiser sa peur. »

Clara Gaymard : Si l’on  parle toujours de la peur comme étant un obstacle, je pense  qu’elle aide à  avancer. Si nous n’avons pas peur, nous ne sommes pas vigilants, nous ne faisons  pas attention. La peur peut être une formidable adrénaline pour avancer. L’audace est une manière de savoir apprivoiser sa peur. Il s’agit d’essayer de vivre non pas en faisant des choses raisonnables mais en faisant ce que le désir vous dit de faire.

RAISE est une société d’investissement et un fonds de dotation. Pourquoi l’avoir créé ?

« RAISE : accélérateur d’audace »

Avec Gonzague de Blignières, nous avons créé RAISE parce qu’en France, de nombreux entrepreneurs pourraient grandir plus vite. Nous avons réuni de grandes réussites françaises qui viennent investir pour accompagner les ETI de façon minoritaire en faisant confiance à l’équipe de management.

Nous aidons les grow-up, ces jeunes entreprises de croissance, qui ont deux ou trois ans d’âge,  à  devenir des entreprises pérennes.  Nous les aidons à bâtir une meilleure stratégie et à aller plus vite dans leur croissance. On pourrait définir RAISE  comme accélérateur d’audace !

12351412_920308711382823_1540423265_o
Clara Gaymard à Early Metrics, jeune entreprise de croissance, pour l’aider à accélérer son développemen

Vous avez présidé, pour la première fois,  cette année, le Women’s Forum ? Quel regard portez-vous sur cette 11ème édition ?

Le Women’s Forum est un forum mondial qui réunit  plus de 1300 personnes. L’objectif est de donner la parole aux femmes pour qu’elles expriment leur vision sur des sujets économiques et sociaux cruciaux de demain.

Aujourd’hui, les  femmes occupent des postes de responsabilité, mais pas de postes de décision.  Le monde est gouverné par des hommes à quelques rares exceptions près comme Angela Merkel ou bien Christine Lagarde.  Comment faire pour que le pouvoir soit partagé ? Pour qu’il y ait un équilibre et une harmonie.  Une vision différente est une force.

Comment appréhendez-vous les perspectives entre les Etats-Unis et la France face à l’enjeu des talents ?

S’il fallait établir une différence, en  France nous avons davantage l’habitude de recruter des experts  et des spécialistes. Les Etats-Unis mettent plus en avant les talents. La France sait créer et s’appuyer sur des compétences. Saluons le management à la française. Les Français sont cultivés. Lorsqu’ils s’adressent à un Chinois, ils savent ce qu’est  la culture chinoise. Les  compétences sont diverses.

« La France sait créer et s’appuyer sur des compétences. »

Les Français n’ont absolument pas  à rougir de leurs compétences. On a beaucoup à apprendre des Etats-Unis. Ils sont, sans doute, beaucoup plus armés que nous pour construire de meilleurs écosystèmes : plus grands, plus efficaces dans l’utilisation des compétences. Nous devons nous en inspirer et avoir confiance en nos forces.

 

« Je suis animée par l’admiration. »

Qui vous anime et vous inspire ?

Je suis animée par l’admiration. J’aime admirer les personnes pour ce qu’elles font, pour ce qu’elles disent et aussi pour ce qu’elles apportent au monde. J’ai été marquée par des rencontres.

Vous évoquez beaucoup l’importance  de la parité pour les performances de l’entreprise. Dans quelles mesures a-t-elle un impact ?  

« La diversité est une force. »

 

Une entreprise qui ne ressemble pas au monde qu’elle sert ne peut pas le comprendre.  La diversité est véritablement une force. Dans une entreprise où il n’y a que des clones, ils ne verront pas le marché qui va venir. Ils ne verront pas non plus la disruption. Les équipes où la parité est bien présente sont plus performantes. Nous sommes plus intelligents a plusieurs. La richesse collective est beaucoup plus importante.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

à la Une

Laure Wagner, porte-parole de BlaBlaCar, raconte les rêves de la start-up

Laure Wagner, porte-parole de BlaBlaCar, raconte les rêves de la start-up

 Le leader mondial du covoiturage, BlaBlaCar, a levé 200 millions de dollars le 17 septembre dernier. Occasion de revenir sur la passion et l’audace de BlaBlaCar avec la porte-parole et membre de l’équipe fondatrice, Laure Wagner. Rencontre.

Laure Wagner
Laure Wagner, porte-parole de BlaBlaCar

« Chers jeunes entrepreneurs,

Si vous avez une idée à laquelle vous croyez qui a un impact positif sur l’avenir,

Si vous avez une idée à laquelle  votre entourage  ne croit pas nécessairement,

Pensez à nous !

Croyez très fort en votre idée ! »

Cette intuition, cette volonté débordante, Laure Wagner la transmet. Utilisatrice exigeante du service qu’elle promeut, elle fait partie de l’histoire de BlaBlaCar dès ses  prémices.

Elle rencontre un dénommé…Frédéric Mazzella.

« Un job qui a du sens pour moi » Ne pas avoir un simple travail mais s’inscrire en cohérence avec des valeurs. Laure Wagner, a une prise de conscience écologique pendant ses années étudiantes. Elle effectue son premier poste pour le compte du Ministère de l’écologie, en tant que Chef de projet pour la semaine de la mobilité.

L’une de ses missions consiste à éditer un guide sur les initiatives de mobilité durable. Elle rencontre alors un dénommé…Frédéric Mazzella. Ils discutent. Elle a envie de l’aider. Deux ans plus tard, il peut embaucher une première personne. Ce sera elle. On l’interroge. Pourquoi partir ? Pourquoi quitter une structure confortable et rassurante ? « J’étais persuadée que ça pouvait marcher. »

Passionnée par le web collaboratif, elle s’attache à répandre « l’état  d’esprit très fort » de BlaBlaCar. « Nous sommes nous-mêmes covoitureurs. »  Laure est ambassadrice sur le site, elle est donc une grande utilisatrice du service.

photo 2
Les Ambassadeurs de BlaBlaCar

“Optimiser l’existant.”

Tester, innover, aller de l’avant autant d’actions qui ne lui sont pas inconnues. « Au début, c’est le défrichage total d’une activité nouvelle. » L’objectif demeure pour cette start-up web qui entend proposer « la meilleure plateforme possible pour qu’un maximum d’automobilistes se l’approprient et changent de comportement en ne roulant plus seuls ».  Turn every car into a BlablaCar. Il s’agit d’optimiser l’existant.

     photo

Le maître-mot ? « Confiance » 

« On a un rôle de grand frère de la consommation collaborative » lance-t-elle. Pour Laure, la revente  d’objets sur le Bon Coin et le covoiturage sont « deux révolutions au sein même de la consommation collaborative. » BlaBlaCar, une des plus grandes plateformes de la consommation collaborative, répond à un défi de taille : comment faire voyager ensemble des personnes qui ne se connaissent absolument pas.

Passer un trajet de plusieurs heures dans une voiture est impliquant. Le maître-mot ? « Confiance » ! Elle évoque Trust Man, qui porte le super pouvoir de la confiance. BlaBlaCar a  mené,  auprès de 2500 membres, une étude en posant cette question : « Quel degré de confiance accordez-vous à vos différentes relations ? » Ils accordent davantage de confiance à un membre de BlaBlaCar qu’à un voisin ou un collègue.

Une révolution des liens sociaux. Entre deux particuliers, la plateforme «  joue  le rôle de tiers de confiance. » 

Plus que jamais la plateforme incarne le rêve. Accumulant les superlatifs, invitant à un dépassement de soi, elle fait rêver. DREAMS est d’ailleurs l’acronyme des 6 piliers de la confiance selon BlaBlaCar( Declared/ Rated/ Engaged/Activity-based/Moderated/Social).

BlaBlaCar

Un rêve porté  par les levées de fonds. « Les investisseurs nous aident  à réaliser ce rêve, nous portent dans notre démarche. » Toujours continuer avec une même énergie.

Mathilde Aubinaud

à la Une

Francis Szpiner « Personne n’a compris, moi, je vais vous expliquer.»

Francis Szpiner « Personne n’a compris, moi, je vais vous expliquer.»

Comment concilier audace et plaidoirie dans une société aseptisée ? Francis Szpiner, qui fut l’avocat de Jacques Chirac, revient sur le courage et l’audace qui ont façonné son parcours. Rencontre avec l’avocat au barreau de Paris.

photo

« Quand on défend le criminel, on défend celui qui a brisé la règle sociale. »

« Ce n’est pas facile d’être le méchant, d’arriver face à une foule hostile. Quand on défend le criminel, on défend celui qui a brisé la règle sociale. On a accepté d’être impopulaire. » Francis Szpiner se retrouve à l’écart lorsqu’il plaide. Face aux normes, face à la société, l’avocat porte un combat. La suspicion est présente. L’avocat est payé pour « parler en faveur de…  dans l’esprit des gens. C’est une parole mercenaire. » D’ailleurs, pour lui, être avocat est « la manière la plus confortable d’être marginal ». On permet à l’avocat des attitudes qu’on n’accepterait pas ailleurs. « Je pouvais déjeuner avec Madame Claude car j’étais son avocat » souligne-t-il.

Syncrétique, ce métier lui offre l’opportunité de côtoyer et de d’approcher l’interdit et le réprouvé « le terroriste, le ministre corrompu ou des honnêtes gens victimes ». Il se dit « observateur privilégié ». Celui qui fut l’avocat de SOS ATTENTATS évoque cette « possibilité de vivre mille vies.» S’imprégner pour être dictateur, proxénète, trafiquant de drogues, violeur, médecin.  Pour l’avocat au barreau de paris depuis 1975, aucune affaire n’est semblable à une autre.  Un véritable combat. Le mot n’est d’ailleurs pas anodin tant le procès s’apparente à une forme de guerre « civilisée » au service de quelqu’un. « On n’est pas obligé d’aimer les gens qu’on défend. »

« Un mot s’échappe et prend alors une importance considérable. »

 Le procès comme miroir de la société et « la répression comme témoignage d’une époque ».Il explique : « Si la bibliothèque municipale brûlait et qu’on ne retrouvait plus les journaux d’époque, la consultation des grèves du palais permettrait de reconstituer l’Histoire. » Le réquisitoire d’Ernest Pinard, contre Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire, en 1857, donne « une idée de ce qu’une société juge immoral ».  Aujourd’hui,  il s’agirait des FEMEN à Notre-Dame. Les archives de la justice « peut-être de manière exacerbée » montre l’état d’une société.

La justice se fait la température d’une société, de ce qu’elle accepte ou non. S’invite la question de la temporalité. « La loi peut être en retard ou en conflit avec son temps ». Si la plaidoirie s’inscrit dans une représentation face à un auditoire, l’art scénique et l’univers juridique différent. Au théâtre, la pièce est écrite et on peut la rejouer. Ce n’est nullement le cas pour la plaidoirie et c’est sa force.

« Un mot s’échappe et prend alors une importance considérable ». Il évoque Jacques Chirac qu’il connait bien. On attribue d’ailleurs à l’avocat le fameux « abracadabrantesque ». Quand Le Chef de l’Etat prononce ces mots « c’est une histoire  abracadabrantesque ». Un journaliste interprète ce terme en tissant un lien entre « abracadabrant » et « dantesque » au sens de L’Enfer de Dante. Il a fallu expliquer au monde que c’était un néologisme de Rimbaud dans l’un de ses poèmes : « Le cœur volé ». Redonner sens à l’essence du mot. Francis Szpiner a été membre du jury de la thèse soutenue par Arash Derambarsh en décembre 2015.

« Mon adolescence c’était Dumas. »

« Je serai malheureux si je ne lisais pas. » Façonné par « la littérature, la puissance du mot, par l’Histoire », il loue Hugo, Camus, Zola.  Pour la poésie, il cite Rimbaud, Baudelaire, Char. « Dans une vie, il y a des moments pour certains textes. » Il évoque son père qui fut maquisard. Le temps de la jeunesse et celui de l’éducation sont des piliers d’une vie. Dans l’un de ses ouvrages, il écrit ainsi «  une vie d’homme ce n’est souvent que l’accomplissement des promesses de l’enfance. »  Il se souvient aussi « d’un vieil avocat corse qui, pendant cinq ans m’a appris mon métier dans une relation d’enseignement. ».

 « Mon adolescence c’était indiscutablement Dumas. » Pour Szpiner, Le Comte de Monte-Cristo est un chef d’œuvre tant il traduit les ressorts de l’humanité. « La vengeance, la lâcheté, le courage, l’amour, la générosité, le pouvoir, la corruption, la justice… »

« L’avocat  est obligé d’être audacieux. »

Celui qui fut l’avocat de Jacques Chirac, n’apprécie guère tout ce qui tend à se figer, le mouvement s’assimile davantage à une promesse. « Liberté » est d’ailleurs l’un de ses mots préférés. L’audace, un état d’esprit qui ne lui est pas méconnu. « Il m’est arrivé d’être audacieux ». En 1989, il plaide à Papeete. Par un concours de circonstances, le voici qui rencontre le Président de la Polynésie, Alexandre Leontieff. Il devient l’avocat du gouvernement polynésien et tombe amoureux de ces îles. L’année suivante, le poste de directeur de cabinet du Président lui est proposé. « Si rationnellement, c’était de la folie pour moi d’accepter, de quitter le barreau, je l’ai pourtant fait. » Du jour au lendemain, il part à Tahiti. Il y reste 14 mois.

Szpiner convoque une forme d’audace, de mégalomanie, de prétention ou  d’inconscience quand il évoque l’avocat qui se lève dans une salle d’audience et prend la parole : « personne n’a compris, moi, je vais vous expliquer ce qu’est la vérité, c’est une forme d’audace ». Pour Szpiner, « l’avocat  est obligé d’être audacieux. Un avocat sans courage ni audace ne serait pas un bon avocat. ».  Une vertu essentielle au service d’un être humain.

 

Mathilde Aubinaud

à la Une

Michelle Gilbert: « Dès qu’on suit son instinct, on crée des opportunités. »

Michelle Gilbert: « Dès qu’on suit son instinct, on crée des opportunités. »

Rencontre avec Michelle Gilbert, Directrice communication de Facebook France

FB_Michelle-Gilbert_wall1_HD_name

« J’ai eu l’audace de tout lâcher pour Paris, de changer de pays, de langue. J’ai appris sur le tas. Je ne parlais pas du tout français. » Oser franchir le pas, saisir l’inconnu pleinement pour avancer et se façonner son destin. Michelle Gilbert, franco-américaine, traverse l’Atlantique, pour rejoindre celui qu’elle aime. « C’est la personne qui m’a permis de réaliser mes rêves. ». Elle se mariera et aura quatre enfants.

La digital mum allie famille unie et brillante carrière. Elle dirige la communication de Facebook France. Se mettre en danger et refuser une situation de confort ne sont nullement des postures mais un état d’esprit qu’elle a adopté depuis bien longtemps.

« On provoque notre destin. »

 Alors elle ose et repart de zéro. Issue d’un milieu modeste, elle travaille depuis l’âge de 14 ans. Elle a le sens des valeurs et des priorités. « Dès qu’on suit son instinct, on crée des opportunités. On provoque notre destin. Il faut parfois se forcer. » La voici qui avance, qui court avec toujours cette même soif. Les vacances sont en mode roots pour Michelle et sa fratrie. Direction Sumatra, la jungle, les treks.

“What would you do if you weren’t afraid?”

« On va au-delà des limites.  J’aime bien les challenges. » Le prochain ? « Aider mes enfants, à être bien et  à ne pas se freiner. J’espère que je donner en tant que même de donner l’envie de ne pas avoir peur.» La peur, ce trait qu’elle combat chaque instant. « What would you do if you weren’t afraid?” interroge-t-elle. « Le voyage, la meilleure des expériences que l’on peut avoir. » Michelle, curieuse depuis toujours, se remémore le conseil de son père.

Elle cultive le goût de l’ailleurs. Elle évoque son parcours dans une université  en Angleterre et les rencontres qu’elle a faites. Discuter avec Michelle Gilbert, c’est être emporté dans un univers tourbillonnant. Pétillante et en mouvement, sa joie de vivre ne trompe pas. Elle vit entièrement.

«  Un esprit d’entrepreneur ! »

D’un continent à l’autre, elle saisit les occasions qui s’offrent à elle comme autant de défis et d’opportunités à se dépasser.
FB_Michelle-Gilbert_blue3_Web_name L’humain et les autres lui importent considérablement. D’ailleurs, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a fixé comme projet initial de « Connecter le monde.» Pour elle, les  plus grandes expériences sont celles que l’on partage avec les autres.

Alors les liens tissés sont à garder précieusement. Facebook est un allié idéal. Le réseau social s’engage pour les plus démunis en mettant en place  un bouton incitant au don intitulé « Donate now ». Elle entend avoir un impact.

Travailler chez Facebook France c’est avoir l’opportunité de se révéler  « entrepreneur dans l’entreprise. » souligne Michelle Gilbert. «  Un esprit d’entrepreneur ! » est présent. Un hymne à l’audace qu’elle incarne parfaitement. Filant la métaphore, d’un saut en parachute. On se lance et « quand on atterrit, on a gagné ! »

Michelle Gilbert est de celles qui incarnent la sentence : « Fortune favours the bold ! »

Mathilde Aubinaud

à la Une

Michel Mimran : ‘Continuons à rêver plus grand !’

Michel Mimran : ‘Continuons à rêver plus grand !’

Retour sur la très belle année du Paris Saint-Germain. Un quadruplé historique d’un club qui ne cesse d’innover avec l’audace et l’élégance parisienne.  Rencontre avec le Directeur Marketing du PSG, Michel Mimran.

Michel Mimran, Directeur Marketing du PSG
Michel Mimran, Directeur Marketing du PSG

Un lieu prestigieux, des ambassadeurs mythiques… Nous voici au cœur d’une marque parisienne : le PSG. Le Paris Saint-Germain écrit cette histoire qui façonne et fascine l’imaginaire collectif. Bien entendu, les temps courts des matches sont là, l’actualité reprend très vite le pas dans cet univers compétitif. Mais « ils viennent nourrir cette histoire » souligne Michel Mimran.

Michel Mimran est la 2ème personnalité marketing de l’année 2015

 Avec passion, le Directeur Marketing participe au récit de ce club depuis 6 ans.  L’inédit quadruplé ne marque pas tant une rupture mais une confirmation. « Il prouve que l’on peut continuer à rêver plus grand ». Après 4 trophées, nous pouvons rêver d’en décrocher un cinquième.  Michel Mimran, qui a fait sa carrière dans de grandes marques, se plait à raconter l’aspect différenciant de la marque PSG  en lui insufflant les valeurs parisiennes « de l’élégance et du respect ». Il souligne le travail effectué pour que la  « marque se démarque ». Il a d’ailleurs été élu 2ème personnalité marketing de l’année 2015. Enfant, il rêvait de devenir « Avocat pour défendre les coupables ».

Il suivra brillamment des études de droit. Puis, avec audace, il décide de ne pas se fier aux statistiques des admis de l’ESSEC qui ont suivi une formation juridique. Il passe le concours et intègre la prestigieuse école de commerce. L’étudiant découvre alors que l’univers du marketing l’intéresse. Il se dirige vers cette voix en rejoignant de grandes marques comme Kodak, Cryo, Le Club Internet puis Lagardère, lors du lancement de Gulli. Des publics et des techniques de marketing différents.

« Le PSG : le premier club d’une nouvelle génération de marque de sport.»

Autre marque forte, dotée d’une véritable identité, bien entendu : le PSG.  Il se positionne entre les deux impératifs que sont « la prudence et l’innovation ». Il faut, pour cela éviter les erreurs et inviter à rêver.  Il y a 4 ans et demi, la marque change de propriétaires. Le club adopte, dès lors, un nouveau positionnement en  refusant de se contenter d’être « le énième club de foot mais en voulant devenir le premier d’une nouvelle génération de marques de sport. »  Pour cela, il est nécessaire de réinventer le marketing sportif. Justement, le digital est un formidable terrain de jeu que le PSG maitrise à merveille. Les supporters sont légion.

L’avant- match est marqué par une adrénaline et une véritable hystérie de tous. Le PSG communique à l’avant-match, sur le direct et à l’après-match. Bien entendu, le club a une communication différenciante en fonction des supports. Les sources d’inspiration de Michel Mimran sont grandes : l’univers du sport à celui de l’entertainment et ce qui se passe outre-Atlantique.

« Les médias donnent un parfum d’aventure au PSG ».

Format_Une_520x352mm-CMJN (1)

Assurément, le PSG est un « pari d’audace ». Le club parisien demeure très scruté par les médias qui « l’adulent et le critiquent » note Michel Mimran. Ces derniers participent également à « ce parfum d’aventure ».  Pour cela, le courage est demandé pour mener à bien certains choix.

Le directeur marketing interroge cette question de l’audace que l’on revendique haut et fort et  dont peu d’entre nous font preuve. Selon lui, « est audacieux celui qui est capable de se lancer dans une aventure dont il n’a pas vérifié au préalable tous les tenants et les aboutissants, mais que l’intuition ou la conviction anime. Pas d’audace sans prise de risque. » Il évoque son ancien Président, Jean-Martial Lefranc Producteur de jeux vidéo, quand il était chez Cryo. « Il faisait preuve de beaucoup d’audace en étant autonome dans sa pensée. On avait développé une stratégie qui nous plaçait un peu en rupture du marché du jeu vidéo. »

 L’audace se manifeste par exemple dans le choix de certains joueurs. Le directeur marketing évoque « les jeunes joueurs que le club a lancés tout en tenant à bâtir une grande équipe ».

 Le club c’est le « Tous Paris » en tissant des liens entre les supporters et la ville. « Que le public apprécie », la voilà, la plus belle des récompenses. Avec ses équipes, Michel Mimran contribue à l’organisation de l’évènement : de l’animation au décorum en passant par l’entrée des joueurs sur le terrain.

« Pendant le match, je suis très attentif. J’y assiste comme supporter mais aussi comme cadre de l’équipe. Je vis au premier degré comme un supporter, au second comme un cadre, au troisième comme un responsable. »

Avec ses équipes, il tient à développer une réflexion commune. « J’essaie de faire en sorte qu’un maximum de personne contribue aux décisions. » explique-t-il.

_MG_0276 @ahtlaqdmm

« L’horizon européen est un nirvana. »

Trois lettres qui génèrent une « véritable adrénaline », un « effet waouh » si caractéristique de la marque. Lorsque l’on apprend qu’un joueur signe au PSG, c’est un événement. « En fait, le PSG crée l’évènement ».  Il attend avec impatience, comme le club et la ville, « une victoire en Ligue des Champions ». Pour lui, « l’horizon européen est un nirvana. »

Que peut-on souhaiter à Michel Mimran ? « Que cela continue ! » alors que le PSG continue à rendre Paris magique.

Mathilde Aubinaud

à la Une

Gérald Karsenti : « Dans le monde de demain, le courage fera la différence. »

Rencontre avec Gérald Karsenti, Président Directeur Général d’HP France et Professeur affilié à HEC Paris où il enseigne le leadership.Capture d’écran 2015-06-29 à 12.23.23

Quel serait votre regard sur l’audace ? 

« Un tempérament audacieux génère des opportunités. »

Un audacieux fait ce que les autres n’osent pas faire. Cela peut être perçu parfois comme négatif parce qu’intrusif ou parce que l’on prête ce trait de caractère à des personnes ambitieuses ou carriéristes. Mais c’est surtout très positif lorsqu’il s’agit de trouver des brèches que les autres ne verront pas. Etre audacieux c’est se lancer dans de nouveaux marchés, c’est remettre en cause les choses établies et le statu quo. L’audace c’est le courage et l’envie d’oser. Elle est le fil continu d’une entreprise qui est agile.

Comme alors appréhender le marché et ses  enjeux ? Comment s’inscrivent-ils par rapport aux besoins des consommateurs ? 

« Le digital n’est plus un problème de technologie. »

Ce que l’on oublie, souvent, c’est que le digital n’est plus un problème de technologie uniquement. Il y a eu un temps, à l’ère de l’informatique, où l’on attendait le dernier serveur, la dernière annonce de PC. Maintenant, on sait qu’à la vitesse où va le progrès, on pourra tout faire. A la maison, on a le réseau, on a des objets numériques connectés : on est au XXIème siècle.  Dans l’entreprise, cela est plus compliqué. Mais il n’empêche, la technologie a tellement progressé que l’on peut tout envisager. Dans la révolution digitale, le regard est en rupture. C’est une vraie disruption et ceci dans  tous les métiers.

Il ne faut pas rester figé...

Prenons l’exemple de l’hôtellerie. Ce monde est percuté par des start-ups. Si l’hôtellerie ne fait pas attention, elle peut se faire totalement « uberiser », selon la fameuse formule de Maurice Lévy. C’est déjà le cas d’ailleurs. D’un côté, des sociétés à l’image d’Airbnb viennent et prennent des parts de marché aux acteurs traditionnels en mettant à disposition des logements de particulier à particulier. De l’autre côté, il y a Booking.com où l’on rentre les informations pour réserver sur Booking.com.  Et c’est alors Booking.com qui a le contact client.

La digitalisation ce sont des sociétés qui sont à la base des individus. Ils ne se posent pas de questions. Ils avancent. Aujourd’hui, l’émergence des sociétés start-up est fondée sur l’innovation.

Comment la notion de technologie d’usage prend-elle pleinement sens ? En quoi les consommateurs deviennent-ils prescripteurs ? 

« Les consommateurs challengent positivement  les entreprises. »

Les consommateurs arrivent et challengent positivement  les entreprises en leur proposant de concevoir des produits et des services dont ils ont besoin. L’usage a la primauté sur la technologie. On est dans une logique d’usage. C’est avoir à sa disposition que des « choses » dont on va se servir et qui sont utiles. Si dans les cinquante dernières années on fournissait des technologies à des clients pour qu’ils puissent construire le système dont ils avaient besoin, le  modèle actuel chez HP, tel qu’on le perçoit, est qu’il faut en plus de cela, proposer un ensemble de services . Si on a besoin d’éditer des bulletins de salaire, pour une entreprise de 100 personnes et que l’on souhaite 100 bulletins de salaire, on en paie 100. Si l’on en veut 102, on en paie 2 de plus. Le prix est au bulletin. Vous payez uniquement le service. Le prix est modulé. Si vous avez besoin de moins, vous payez moins.

Quelles sont les figures qui incarnent l’audace ? 

Xavier Niel ou Patrick Drahi avec des modèles et des façons de procéder tout à fait différentes. Cela ne veut pas dire pour autant que je me reconnais en eux, ou du moins en tous points, mais ils sont audacieux, c’est un fait. L’audace peut aussi être politique. Tous pensent qu’ils vont être un jour au sommet de l’Etat. Ils font le maximum pour y arriver. Il y a là une forme d’audace.

En quittant le confort du quotidien ? 

« L’audacieux prend des risques. »

Quand on tente quelque chose, on s’expose, un homme politique qui se lance dans la course aux présidentielles se met à nu, se révèle quand il est attaqué ou critiqué. Si cela ne marche pas, il n’en sort pas indemne. Il en va de même dans toutes les actions qui nécessitent de l’audace : dans l’entreprise, le sport… Dans tout. L’audacieux prend des risques.

Dans un monde en mutation, l’entreprise joue un rôle moteur. Comment se pose la question de l’agilité pour une grande entreprise ? 

« Les challengers permanents. »

Il faut tout d’abord avoir la bonne équipe. Un mélange de personnes qui font arriver les trains à l’heure aux bons endroits, dans les bons postes et des personnes qui pensent et agissent différemment. Ils prennent des voies que les autres ne prennent pas. Ils n’ont pas peur de perturber ce qui est en place. Ce sont des challengers permanents. Il ne faut pas avoir peur de nommer des personnes qui ne nous ressemblent pas. Notre réflexe, dans notre culture occidentale, c’est se répliquer. On promeut ceux qui ont fait les mêmes écoles. C’est beaucoup plus fort d’être capable de recruter des personnes qui ne nous ressemblent pas.

C’est en confrontant intellectuellement que l’on se dépasse ? 

Oui, parce que l’audacieux bouscule. Il prend les personnes à contre-courant, de vitesse. Il crée un tremblement de terre, du mouvement, des ruptures, des failles.

Il faut se mettre en observation du marché en permanence avec une veille à la fois externe et interne. Il s’agit de regarder le marché : des concurrents et des entreprises d’autres secteurs. Regarder, également, si l’on ne s’endort pas. La compétence est une valeur relative et non absolue. Si vous n’entretenez pas votre capital, il se déprécie. Il faut de l’acquisition de connaissances, d’expériences en allant plus vite que les autres. Il faut agir, prendre des décisions, accepter la marge d’erreurs.

Aujourd’hui, qu’est-ce qu’un leader, qu’est ce qui fait qu’une personne est suivie ? 

On est en train de changer le référentiel. Bien entendu, la vision définie par le leader est immuable. Le leader répond à la question du « pourquoi ?».

Le pourquoi comme quête de sens ? 

C’est le sens que vous donnez aux choses, que vous mettez dans vos actions. C’est très important. Aujourd’hui, nous n’avons  plus le temps de nous concentrer sur cette thématique. C’est une erreur. Cet enjeu est une constante. C’était vrai sous Alexandre Le Grand, Robespierre ou Napoléon. Tous ceux qui ont fait des changements majeurs dans l’Histoire de l’humanité ont donné du leur sens. Donner une vision n’est pas suffisant. Il faut donner un calendrier en passant par des étapes. Les qualités restent comme l’éthique.

« Le leader est plus proche des collaborateurs. »

Dans le leadership de demain, il y aura des changements. On est passé d’un leadership paternaliste dans les années 1950,1960 avec des chefs directeurs à des leaders inspirationnels et transformationnels qui font bouger les lignes. Le leader est imaginé comme charismatique. Aujourd’hui, le leader est plus proche des collaborateurs, des citoyens. Il est très à l’écoute. Le monde est devenu tellement complexe qu’il faut accepter que la compétence soit partout. Il faut capter les mouvements, écouter, prendre les idées. Faire travailler ensemble les communautés pour atteindre des objectifs. La personne du leader s’estompe au profit du collectif. En raison des réseaux sociaux, de la multiplicité des contacts, on passe d’un leader au-dessus de la mêlée à un leader qui continue à inspirer mais qui est avec les autres en faisant travailler des équipes autour d’un projet pour un but donné. Les salariés ont eux même évolués.

La culture de l’entreprise est dès lors cruciale ? 

Les salariés veulent une entreprise qui leur convient, en conformité avec leur valeur. Avant le « pourquoi ? » comptait moins que le « quoi ? » et « le comment ? ». Aujourd’hui, le « pourquoi » est placé avant. C’est une belle différence.

Quand on est dans un leadership, comment gardez des valeurs qui animent l’individu ? 

« Si tu veux réussir sois-toi-même. »

Il faut rester soi-même. Si l’on ne fait pas attention, on passe notre vie à porter des masques. Ou bien, on peut décider simplement d’être soi-même. En démarrant ma carrière, j’ai eu la chance de rencontrer un leader et de le côtoyer pendant une année. J’ai retenu de lui cette idée: « si tu veux réussir sois-toi-même. » Je ne suis pas différent dans ma vie professionnelle et dans ma vie privée et je dis ce que je pense. Quand je parle, je n’engage pas que moi. Les comportements, actions et paroles m’engagent certes mais je sais que les conséquences peuvent ne pas être neutres pour celles et ceux qui travaillent à mes côtés. Ce n’est pas neutre.  Le leader a une responsabilité. Quand vous avez des sujets difficiles, le dirigeant se doit de garder une forme de neutralité.

Quels sont les prochains challenges qui vous portent ? 

Trouver les zones de croissance pour toujours rester leader et toujours servir les clients et avoir un temps d’avance. Il  y a 5 ans, nous avons pris des décisions avec des  investissements importants pour se positionner sur des secteurs comme le cloud computing, le Big Data. Nous avons fait preuve d’audace collective et cela a payé. On doit se dire : où doit-on investir demain pour rester pionnier et leader ? On l’a fait en lançant le programme start-up. Etre tout le temps sur le qui-vive. Comment vais-je faire pour être différent, pour créer de la valeur ?

Quels liens faites-vous entre les idées et twitter ? 

J’ai vu deux valeurs sur twitter. C’est l’un des capteurs externes. Des sujets émergent. J’ai aussi appris à travailler la formule. C’est faire passer une information réelle sur un média décalé.

Sans la diluer...

Dans un nombre de caractères limités, il s’agit d’éviter qu’elle devienne incomplète ou incompréhensible.

Quel serait le mot de fin ? 

« On a oublié d’être courageux. »

Je fais un parallèle entre le courage et l’audace. Dans le monde demain, le courage fera la différence. Le courage est partout. C’est le courage de se remettre en cause, de se transformer, de ne pas laisser des anomalies, de remettre en cause l’intolérable. C’est la qualité la plus importante. On a oublié d’être courageux. On se cache tout le temps derrière un écran. Etre courageux, c’est être très physique. C’est être capable de faire des choses.

Je crois demain au mélange des diversités et au mélange du multiculturalisme. On va enfin comprendre que le modèle occidental n’est pas l’unique référence. C’est un modèle. Il y en a d’autres.  Lorsque vous parlez à des équipes réparties dans plusieurs pays, la lecture du message n’est pas la même pour un canadien, un égyptien, un espagnol. Il faut apprendre à parler en tenant compte de l’éducation, des cultures… et des sensibilités.

Le modèle actuel est très normatif...

Si l’on veut être dans un modèle mondial, il faut accepter les lectures différentes. Il y aura des socles communs et des valeurs universelles. Un autre sujet qui m’intéresse particulièrement : l’intégration des handicaps. Cela peut arriver à tout le monde. Laisser une place aux personnes handicapées c’est se doter d’une force incroyable.

« Le monde de demain, grâce aux femmes, ne sera plus le même. » 

 Autre diversité : les hommes et les femmes. J’y crois. Cela va totalement changer la société. Le monde de demain, grâce aux femmes ne sera plus le même. L’intégration des diversités homme/femme m’intéresse. Le fait qu’aucune femme ne dirige d’entreprise du CAC40 est une anomalie indiscutable.  Il y en aura bientôt une du reste, mais c’est ridicule sur un plan statistique. Cela devrait heurter nos consciences.

Je crois que la société de demain va être plus féminine, plus courageuse, plus audacieuse.

Retrouvez le blog de Gérald Karsenti ici

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

 

 BIOGRAPHIE

Gérald Karsenti est nommé le 1er Juillet 2011 Président Directeur Général de Hewlett Packard (HP) en France et vice-président du marché « entreprise ».

Gérald a rejoint HP France en tant que Vice-Président et Directeur Général des ventes de l’activité Enterprise Business en janvier 2007, où il supervisait pour l’ensemble des segments de clientèle la totalité des ventes (matériels, logiciels et services).

En Octobre 2010, il prend la responsabilité de la division Enterprise Services, en tant que vice-président et directeur général, fonction qu’il a assumé jusqu’à la fin du mois de Mars 2013, en parallèle de ses responsabilités actuelles. Il devient alors administrateur des activités de services de HP CDG, filiale conjointement détenue avec la Caisse des Dépôts Marocaine.

Avant de rejoindre HP, Gérald Karsenti était président de la filiale Cap Gemini Sogeti « Application Services SAS », structure de 2500 personnes, spécialisée dans l’application, les activités de services technologiques de proximité, l’ERP et le testing.

Auparavant, il avait passé plus de 17 ans chez IBM occupant successivement des fonctions de Vice-Président et de directeur au sein de différentes entités d’affaires du groupe (IBM Software Group, secteur des industries de manufacturing et de process, secteur de l’assurance, channels, etc.).

Il a également occupé des responsabilités internationales, notamment au Japon (dans le cadre d’un projet international franco-japonais), en Russie (en tant que directeur général en charge des secteurs de l’industrie, poste basé à Moscou), en Europe (en charge de la division WebSphere Softwares) et aux Etats-Unis (au siège du groupe). Dans cette dernière mission internationale, basée à New York, il était le Vice-Président WW des ventes PME-PMI et des partenaires pour la division IBM Software Group et supervisait près de 3000 personnes réparties sur trois géographies, EMEA, Amériques et Asie.

Diplômé de l’IEP de Paris (Sciences Po Paris, PhD), Gérald Karsenti est également titulaire d’un master de management de HEC Paris, d’un diplôme d’Oxford University dans le domaine de la conduite du changement, d’un master en finance de l’IAE de Paris (Sorbonne Business School) et d’un master en économie de l’entreprise de l’Institut d’Economie et de Management de l’université de Nantes (ex université en sciences économiques de Nantes).

Membre de la Société des Gens de Lettres, du Cercle et de l’Institut de l’Entreprise, il est l’auteur de trois livres de management : « La fin du paradoxe de l’informatique », publié en 1999 aux Editions d’Organisation et préfacé par Francis Lorentz, ex président de Bull et de la RATP ; « Modèle 4X4 », un ouvrage sur la conduite du changement, publié en 2009 aux Editions Pearson ; « Le Business Model des Services », publié en 2011 aux Editions d’Organisation, avec Wolfgang Ulaga, professeur à HEC Paris, ouvrage préfacé par Henri Proglio, PDG du groupe EDF.

Professeur affilié à HEC Paris depuis dix ans environ, Gérald a vu certaines de ses recherches reprises dans les rapports du BIPE, de Rexecode ou d’autres instituts. En 2000, Rexecode incorpore le résultat de ses travaux dans le domaine de l’impact des systèmes d’information sur la productivité des firmes et des états, où il remet en cause le paradoxe de Solow — prix Nobel d’économie — dans son rapport au 1er ministre et au ministre de l’industrie. Gérald est aussi membre du centre de recherche RIO (Research on Individuals & Organizations) au sein de HEC Paris, groupe présidé par Dominique Rouzié, professeur au sein de l’école.

En 2009, Gérald Karsenti reçoit le trophée du leader commercial de l’année (seconde place), distinction décernée par Action Commerciale, pour la transformation opérée au sein du groupe HP France.

Il a enfin reçu de nombreuses récompenses au sein d’IBM, de Cap Gemini et de HP France. En 2012, HP France est récompensée pour son résultat général (Winners Summit 2012) avant de faire entrer HP France dans la liste des cinq pays les plus performants au niveau mondial au titre de l’année 2013. En 2015, HP France est salué comme l’un des « Meilleurs employeurs de l’année » par la revue Capital et apparait en 8ième position selon le classement des Echos en Juin sur le critère « Happy at work ».

Il est également nominé au titre de l’année 2013 par le Cercle du Leadership, en partenariat avec la revue Management et TF1/LCI, pour le titre de leader de l’année.

Par décret du Président de la République, Gérald Karsenti a été élevé au grade de Chevalier dans l’ordre national de la légion d’honneur dans le contingent du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche du 14 juillet 2013.

Depuis septembre 2014, Gérald Karsenti est Président du Cercle du Leadership, think tank qui a pour vocation de réunir les dirigeants de grandes entreprises désireux de promouvoir une vision et des actions innovantes en matière de management et de leadership.

Gérald Karsenti est également membre du conseil du « Cercle », qui réunit les présidents de filiales étrangères en France, et est l’un des sponsors/animateurs des Etats de la France dont la réflexion porte sur l’attractivité de la France. Avec quatre autres membres du cercle, il rencontre le Président de la République pour faire état des propositions du cercle sur les thèmes de l’économie, du social, de la fiscalité et de l’innovation.

à la Une

Thibault de Saint Vincent ou l’art de célébrer le luxe

Thibault de Saint Vincent ou l’art de célébrer le luxe

BARNES, par son excellence et son exigence est la référence dans l’immobilier haut de gamme pour une clientèle internationale. Rencontre avec Thibault de Saint Vincent, Fondateur et Président de Barnes acteur majeur de l’immobilier de prestige international.
T.deSaintVincent-13
Rêver de grandeur et de sur-mesure : un souhait qui est bien plus qu’exaucé par BARNES qui accompagne, sur le long terme, ses clients internationaux pour leur permettre de réaliser leurs rêves en matière d’immobilier de prestige.  Le luxe tel que le perçoit, le Président de BARNES, Thibault de Saint Vincent, consiste à « accomplir ses rêves.» BARNES est le meilleur allié pour développer des projets annexes notamment liés à l’univers artistique. BARNES organise ainsi de nombreuses expositions et s’impose comme une société unique évoluant dans l’univers du luxe au service de clients internationaux désireux de réaliser des projets immobiliers en Europe et aux Etats-Unis.
 
« L’entrepreneur, l’aventurier des temps modernes »
« Entrepreneur depuis toujours », Thibault de Saint Vincent s’est tourné, très jeune, vers l’entreprenariat. Un univers qui l’inspire bien plus que celui du salariat. Il évoque ainsi son stage de fin d’études à La Banque de France, il se rend alors compte qu’il n’est pas fait pour être salarié. Parce que le temps professionnel représente un, voire deux tiers, du quotidien, « il se doit d’être passionnant ». L’entrepreneur est pour lui, « l’aventurier des temps modernes ».
BARNES GRISCréer une entreprise nécessite d’adopter une démarche ex-nihilo « en partant de rien ». C’est réussir à réaliser des projets, à créer de nouvelles organisations en mettant au cœur de la démarche « la passion et l’enthousiasme » insiste Thibault de Saint Vincent. Une réussite n’est pas qu’individuelle, pour le Président de BARNES, elle s’inscrit en cohésion avec les autres, la nécessité de bien s’entourer est présente. Une réussite est liée « à la foi dans le projet » de ceux qui le portent.
Alors étudiant, il crée une association rassemblant des étudiants qui travaillent en tant que coursiers, maitres d’hôtel, chauffeurs… Ce sont rapidement près de 300 étudiants qui en font partie. La structure évolue. Elle devient une SARL. Au fur et à mesure de son parcours, Thibault de Saint Vincent a su saisir les opportunités.
« L’immobilier,  un métier de rencontres »
Il crée une entreprise d’abord dans la rénovation. Puis, il s’investit dans l’immobilier, « un métier de rencontres », insiste-t-il. Les liens tissés avec les  clients sont étroits. Une maison, un appartement, « ce sont des parts de vie » explique-t-il. Lorsque l’on change de maison, c’est là une grande décision. Après plusieurs années dans la première entreprise qu’il a créée. Il la vend.
Cap à l’ouest. Direction l’Outre-Atlantique avec toujours l’immobilier : à Key Biscayne, une île, face à Miami. Il loue cette « grande énergie » qui va si bien aux Etats-Unis : le climat, la qualité de vie, une possibilité de s’épanouir professionnellement comme nulle part ailleurs, de réaliser des projets passionnants. « On y encourage les entrepreneurs ».
siege Neuilly PRINTS’installer, c’est « s’épanouir en réalisant des projets ».  Des projets, il en a. Il a développé à partir de 2004 la société créée à Londres et Paris par son épouse Heidi Barnes en 1995 et spécialisée à l’époque dans la location d’appartements meublés pour une clientèle d’expatriés. Le succès est au rendez-vous. La dimension internationale de la clientèle et l’accompagnement de celle-ci seront au cœur de l’ADN de Barnes.
Les Gated Communities à l’image d’Anahita à l’Ile Maurice connaissent un grand succès. Cette clientèle a intégré la mobilité internationale. Elle dispose de biens à Paris, Londres, New-York, Miami ou Genève… Pour les lieux de villégiature, on retiendra les inimitables Aspen, Megève, Saint-Tropez, Cannes, Monaco, Miami… Autant de places fortes et de valeurs sûres. Les villes où jaillisse le renouveau et où il fait bon investir ? D’emblée, Thibault de Saint Vincent évoque avec enthousiasme : Lisbonne et son vieux quartier.
Avec  une soif certaine d’avancer et de créer des projets, Thibault de Saint Vincent avance loin, très loin en lien permanent avec ces clients et portant haut les valeurs du luxe. Sans barrière, sans frein. Et toujours avec élégance. Il se plait à citer : « Sky is the limit ».
Mathilde Aubinaud
à la Une

Nicolas Bordas « Soyez plus audacieux, vous serez plus efficace»

65516_10151331663448178_719305347_n

Nicolas Bordas « Soyez plus audacieux, vous serez plus efficace»

L’élan créatif de la publicité est empli de potentialités d’expression loin des cadres. Plus que tout univers, la publicité incarne véritablement l’audace en construisant, à travers des campagnes, de véritables sagas créatives qui se déploient sur tous les supports.

 La Saga des Audacieux est allée rencontrer Nicolas Bordas, le Président de BEING Worldwide et Vice-Président de TBWA\Europe dans son bureau. Avec bienveillance et humour, lumineux et passionné, Nicolas Bordas apporte son regard sur l’audace qui s’inscrit « au cœur de la démarche des agences de publicité créatives et tout particulièrement de TBWA ». Rencontre.

Mathilde Aubinaud : Quel regard portez-vous sur l’audace ? En quoi joue-t-elle un rôle clé dans l’univers des marques ?

Nicolas Bordas : Depuis que les marques adoptent une démarche professionnelle en matière de communication, elles savent que pour marquer les esprits, il faut oser se différencier, en adoptant une démarche qui se démarque radicalement de celle de ses concurrents.

La question de l’audace est consubstantielle de la communication efficace. En effet, pour se faire remarquer, il faut avoir une audace, qui est à la fois de forme et de fond. Parfois, on a tendance à ne voir  que l’audace de forme dans la publicité, et à ne pas assez se rendre compte que c’est l’audace de fond qui est la principale source d’efficacité.

« La question de l’audace est consubstantielle de la communication efficace. »

La saga d’Eram, « Il faut être fou pour dépenser plus »,  à laquelle j’ai modestement collaborée dans les années 90, a été, pendant 25 ans, l’un des fils les plus audacieux de la publicité française, en commençant dans les années 70 par le film publicitaire pour les Buggy d’Eram (conçu par l’un des plus grands créatifs français, Jean-Claude Lacoste) où la marque n’hésitait pas à faire marcher Jésus et ses apôtres sur l’eau.

« La publicité créative allie une audace de forme et une audace de fond. »

Les années 68 ont libéré l’audace formelle, parfois de manière efficace quand elle était fondée sur un message central pertinent, mais parfois aussi de façon un peu gratuite. C’est pourquoi Jean-Marie Dru, après avoir écrit Le Saut Créatif dans les années 80, a inventé la « disruption », une méthode visant à trouver l’idée différenciante la plus efficace, avant même de briefer les créatifs pour qu’ils en cherchent la forme la plus adaptée. Car une belle forme sur un mauvais fond ne vend pas, et un bon fond s’exprimant dans une mauvaise forme coûte cher. La publicité créative est celle qui allie une audace de forme et une audace pertinente de fond. C’est tout l’enjeu du planning stratégique : augmenter la performance des messages de communication commerciale en formulant l’idée stratégique rupturiste.

i1g1_small_13

L’audace, que nous appelons « disruption », n’est pas que dans la publicité. Elle peut  (et doit) se trouver dans toutes les formes de communication en commençant par le nom (l’audace de s’appeler Apple, Orange ou Virgin), ou dans le design. En son temps, le lancement d’une bouteille d’Heineken verte était une disruption face à des packagings tous marron. Oser faire une bouteille verte était audacieux. Autre exemple, la bouteille transparente Absolut fut une incroyable disruption dans le monde conventionnel des vodkas. Absolut a eu l’audace, au lieu de s’appuyer sur les racines culturelles comme le faisaient tous ses concurrents d’origine russe, de communiquer sur la pureté de son produit, via une bouteille absolument transparente, jusque dans son étiquette.

La Disruption, en tant que méthode, oblige l’annonceur et son agence à être plus audacieux d’un point de vue stratégique avant d’ajouter l’audace créative formelle. Cette dernière a pour mission d’ajouter une différence formelle d’une manière spectaculaire et pertinente.  L’audacieux s’exprimant alors dans l’humour, dans le spectacle, ou dans l’émotion…

« Le double salto des meilleures pubs du monde »

Les meilleures publicités du monde entier sont donc celles qui ont réussi à faire « le double salto de l’audace » : le salto de fond en ayant une idée totalement rupturiste que personne n’avait eue auparavant, et le salto de forme,  en osant forme créatrice très différenciante. On pourrait résumer la démarche en un manifesto : « soyez plus audacieux, vous serez plus efficace, et vous vendrez plus ». L’audace s’inscrit ici dans une perspective business. La publicité est un agent économique créateur de valeur. Pour développer à la fois la part de marché mais aussi ouvrir de nouveaux marchés. En développant le marché des tablettes, Apple n’a pas gagné que des parts de marchés, il  s’est construit des parts de futur ! Etre disruptif c’est faire valoir la différence de l’offre d’une manière différenciante, et gagner la bataille noologique, comme diraient Edgar Morin ou Pierre Teilhard de Chardin. Gagner le combat des idées dominantes.

Car il s’agit toujours de s’inscrire dans la culture ambiante. Dans la bataille de l’attention, l’audace formelle sert à dominer d’autres marques. La forme se doit d’être au service d’un fond. Le fond de Nike c’est le « Just do it », c’est l’épanouissement individuel au travers du sport . Ce message s’exprime dans les formes les plus spectaculaires avec des athlètes traités sous un l’angle de l’exploit individuel,  là où Adidas aura tendance à traiter cela de façon plus collective.

« Une valse à trois temps : convention-disruption-vision. »

L’audace de fond n’est pas forcément toujours visiblement provoquante ; c’est une rupture, la disruption, par rapport aux idées reçues, les conventions que l’on a dans la tête, qui est parfois subtile. Il s’agit de remplacer une convention qui empêchait des gens de voir le monde tel que vous voulez qu’ils le voient, par une idée nouvelle disruptive. D’où la valse à trois temps : convention-disruption-vision.

shema_disruption_bddp_unlimited

Au nom d’une vision que vous vous voulez imposer, vous allez challenger une convention fondamentale. A l’image d’Apple en 1984, qui avec le lancement du Macintosh sur le thème de la fin de Big Brother («1984 ne sera pas 1984 »), s’oppose à la convention dominante qui veut que les hommes sont en train de devenir des esclaves de la machine. C’est tellement vrai qu’à L’ESSEC, en 1982, j’apprenais du Cobol, du Fortran et de l’APL, autrement dit,  j’apprenais à devenir une machine. La disruption d’Apple « Et si on mettait la machine au service de la créativité de l’homme, et non l’homme esclave de la machine ? »  C’est l’audace de fond qui donne des films avec une réalisation spectaculaire aux USA et en Europe avec le film  « Le Morse » se terminant par :  « N’apprenez plus à devenir une machine, Apple a inventé Macintosh « . Un message incroyablement disruptif et pertinent, qui a marqué plus d’une génération.

Un autre exemple très parlant est la campagne « Real Beauty » de la marque DOVE qui appartient à Unilever. Quand Dove présente  ses campagnes en mettant en scène des femmes vraies qui ne ressemblent pas aux mannequins traditionnels, c’est d’abord une audace de fond qui signifie : «  On fait des produits de beauté pour des femmes non retouchées sur les photos ». L’audace de forme s’y ajoute. Elle consiste à oser montrer des femmes « normales » en petites tenues en lieu et place de top models.

Unilever a été rejoint dans ce type de démarche par l’autre grande entreprise leader de la grande consommation : Procter & Gamble ». En ce moment, l’une des campagnes qui fonctionnent le mieux sur les réseaux sociaux est celle d’ Always intitulée « like a girl ». Dans cette campagne, Procter et Gamble a osé ridiculiser les connotations sexistes de la phrase « run like a girl », une idée de film  servie par une forme efficace très émotionnelle, avec une audace folle.

Jusqu’où pousser le curseur ?  L’aversion au risque est toujours plus forte chez un annonceur pour sa propre marque que pour celle de son voisin. L’agence joue alors le rôle d’un accoucheur en faisant sortir les clients de leur zone de confort, ce qui est indispensable si on veut franchir la barrière d’indifférence des clients finaux.

La dimension maïeuticienne est davantage assimilée par les clients historiques…

Oui, il y a des typologies d’aversion au risque au sein des entreprises. Un client disposant d’un petit budget comprend mieux l’intérêt de l’audace qu’un client qui a beaucoup plus de moyens. Quand on n’a pas d’argent, il faut avoir des idées. Car on a besoin de faire mouche avec une seule cartouche : «  On n’a pas deux fois l’occasion de faire une bonne première impression ». L’argent a été longtemps l’ennemi de la créativité formelle. Mais, progressivement, les grands s’y sont mis également. A l’exemple de Procter & Gamble, qui après avoir été surtout efficace par ses disruptions de fond (« selling ideas »), est devenu une des entreprises les plus créatives au monde à l’exemple des campagnes pour Old Spice, dont la forme n’est pas moins créative que le fond.

Sur quoi repose l’aversion aux risques ?

Elle dépend de plusieurs critères, et pas uniquement des moyens dont on dispose. Cela dépend bein sur des marchés sur lequel vous opérez, mais il y a aussi une forte dimension culturelle. La culture anglo-saxonne du risque est très différente de la culture française. Contrairement aux français, les anglo-saxons valorisent la prise de risque, et ne condamnent pas l’échec. Cette différence culturelle se traduit bien dans la manière d’exprimer le risque. L’expression anglo-saxonne consacrée est «  High risk, high return », autrement dit « prends un gros risque et tu gagneras gros ». Alors que pour dire la même chose, les français utilisent l’expression : « Qui ne risque rien n’a rien ». Ne prenons pas un trop grand risque, pour ne pas trop perdre !

« L’audace stratégique fait acheter. »

L’audace ne doit jamais se limiter à de la provocation gratuite. C’est même le contraire : la provocation gratuite n’est pas efficace. Des marques fortes se sont construites sur des stratégies fondées sur la provocation, à l’exemple de Benetton. Tant que les provocations du photographe Oliviero Toscani étaient fondées sur une idée stratégique « United Colors of Benetton » (pour incarner la variété des couleurs de la marque), cela fonctionnait car les provocations n’étaient pas gratuites. Mais le jour où les provocations formelles ne se sont plus appuyées sur une idée de fond, elles sont devenues inefficaces pour la marque. L’audace gratuite formelle ne sert à rien si elle ne véhicule pas des idées pertinentes. N’oublions pas que dans les supermarchés, vous n’achetez pas des pubs, vous achetez des produits en fonction de la trace que la pub a laissée, du message qu’elle a véhiculé sur le produit ou service, indépendamment de sa forme. C’est l’audace stratégique qui fait acheter.

Dans la publicité, on ne peut pas devenir blasé ? Il y a toujours un éveil, un émerveillement, une écoute ?

Oui, de part la variété des problématiques que l’on rencontre du fait de la diversité des sujets et des clients, et aussi parce que les problématiques de nos clients évoluent dans le temps. Nous passons d’un sujet à l’autre, en nous enrichissant de chacune des expériences sur chacun des marchés.

C’est très syncrétique ? Vous vous nourrissez d’influences différences.

« Toujours aller un cran plus loin. »

Absolument. Les anglo-saxons ont une jolie expression qui n’a pas d’équivalent en français, ils parlent de « food for thought ».  Plus vous avez de matière utile, plus vous arrivez à penser. Le benchmark est une source d’enrichissement de la pensée. C’est une démarche nécessaire, mais pas suffisante. Car il faut créer son propre chemin, déployer sa propre valeur de manière distinctive . La pub est un double moteur de création de valeur : de fond et de forme. Et se doit toujours d’aller un cran plus loin, dans une logique d’innovation permanente.

Aujourd’hui, quelle serait l’idée qui tue ?

« Avancer : plus vite, plus haut, plus fort que son concurrent. »

Pour moi, chaque marque, chaque entité, chaque entreprise, peut mettre à jour une idée qui va lui permettre d’avoir un avantage compétitif sur ses concurrents. C’est un des thèmes centraux que je développe dans mon livre « L’idée qui tue ».  Pour avancer plus vite, plus haut, plus fort que son concurrent. Pour se faire, la marque a besoin de comprendre d’où elle vient, où elle va, de décrypter les courants culturels dans lesquels elle s’inscrit, et de comprendre ce que font les concurrents. Cela permet d’arriver à des insights comme « Just Do It » pour Nike. L’idée qui tue deux fois. Parce qu’elle réussit : « killer idea », mais aussi parce qu’elle tue l’idée reçue à laquelle elle se substitue.

L’audace attire les consommateurs avec un effet « whaouh ». Quels sont les enjeux du buzz, au-delà de celui  de la visibilité ?

« Le viral est formidable pour la créativité. »

Avec internet, on peut gagner du média gratuit grâce aux réseaux sociaux, ce que les anglo-saxons appellent le « earned media ». L’un des plus beaux cas de ces deux dernières années de mon point de vue, est la publicité virale de Volvo Trucks avec Jean-Claude Van Damme. Une véritable audace de fond via la démonstration de la précision de conduite d’un camion dans des conditions extrêmes,  et une audace de forme qui consiste à faire faire un grand écart spectaculaire à Van Damme, apparemment sans trucage. Cette marque BtoB a réalisé plus de 80 millions de vues sur YouTube sans acheter un centime d’achat d’espace.

Un autre exemple parlant est la campagne virale conçue par TBWA pourPepsi Max aux Etats-Unis : une caméra cachée avec un vendeur de voitures d’occasion qui connaît la peur de sa vie car il ne sait pas que le conducteur du dimanche au volant est ni plus ni moins qu’un des pilotes de course américains les plus connus. Il connaitra la peur de sa vie et ira jusqu’à hurler « I’m gonna kill you », à la grande joie du spectateur.  Avec cette campagne, Pepsi Max démontre la promesse de marque : « live to the max ».

Ce film viral sera suivi un an plus tard d’un film similaire hilarant mettant cette fois-ci en scène un blogueur-journaliste qui avait douté de la véracité du premier film, et sera obligé de reconnaître, à son corps défendant, le réalisme de la situation qu’il va lui même subir à son tour ! L’aspiration virale, qui permet à des vidéos de faire carrière sans achat d’espace off line, est un accélérateur formidable pour la créativité. Internet a permis de redonner des lettres de noblesse à  une audace de forme, et multiplie ainsi le potentiel créatif des marques.

Qui incarnerait la disruption ?

Richard Branson est une forte incarnation de la Disruption faite homme. Il a érigé Virgin en marque de  disruption dans de très nombreux secteurs, tout en connaissant des échecs assumés. Steve Jobs fut bien sur un disrupteur né.  Il a merveilleusement incarné la disruption. Il a fait de la disruption à répétition jusque dans la manière de commercialiser les produits avec le concept des Apple Stores.

 

Et dans d’autres univers ?

« Dick Fosburry ne gagne pas des millimètres mais des centimètres. »

La disruption peut s’appliquer à tous les secteurs de l’activité humaine. De la politique à la culture, en passant par le sport. A l’exemple du champion mythique de saut en hauteur Dick Fosbury, qui fut le premier en 1968 à aborder la barre de dos et non de face. Depuis les Athéniens, on sautait soit en ciseau, soit en ventral, mais toujours en faisant face à la barre. Dick Fosbury surprit  le monde entier en donnant une impulsion, en se retournant et en sautant de dos. Il ne gagna pas des millimètres mais des centimètres. Une plus grande part de futur !

Il en va de même dans l’art. Picasso a su merveilleusement se disrupter lui-même, à des périodes différentes. Chaque mouvement artistique est en rupture par rapport à celui qui le précède.

Une phrase qui vous porte ?

« La magie du« What if ?  »

Si c’était une chanson, ce pourrait être la chanson de la Grande Sophie dont le refrain est « Du Courage, du courage, du courage ». Une qualité que l’on ne valorise pas assez, selon moi, dans tous les métiers.

http://www.youtube.com/watch?v=kqqxcXb4DOU Nicolas Bordas par Nicolas AuprouxMais si c’était juste une phrase, ce serait la magie du « Et si ? », du « What if ? » qui est  au cœur du processus créatif, en obligeant à penser de façon disruptive et à s’opposer à une idée reçue. Cette formule de politesse interrogative amène à briser les conventions et à créer de l’adhésion sur une idée nouvelle. C’est la raison pour laquelle tous les posts de mon blog commencent par « Et si … ? » !

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

 Retrouvez le blog « Nicolas Bordas / L’idée qui tue » http://www.nicolasbordas.fr/ 

Nicolas Bordas est l’auteur de L’Idée qui tue, éditions Eyrolles

à la Une

« L’audace c’est désobéir aux injonctions » l’interview de Christian Salmon

 

 

« L’audace c’est désobéir aux injonctions »

l’interview de Christian Salmon

cs

Et si l’audace se racontait? Rencontre avec Christian Salmon, écrivain et auteur de plusieurs essais dont le fameux  Storytelling, un concept venu d’outre-Atlantique,  qu’il a fait émerger en France. Il est l’auteur de Kate Moss Machine, un essai sur la mode et le sujet néolibéral. Chroniqueur au Monde en 2008 et 2012, il est depuis éditorialiste à Mediapart pour lequel il suit l’actualité politique. Il publie Les Derniers Jours de la Ve République aux éditions Fayard.  

  Mathilde Aubinaud: Christian Salmon, pourquoi avoir accepté de répondre à la « Saga des audacieux » ? 

 Christian Salmon: J’ai été amusé par ce titre « La Saga des Audacieux » : c’est tout à fait dans l’air du temps : la tendance à légender sa vie, à transformer son expérience en une histoire exemplaire, à se considérer comme une exception… Et pour la même raison c’est un cliché, une mode qui épouse l’idéologie dominante du storytelling qui consiste à conduite les conduites et les attitudes et à formater les individus…

MA: Si vous définissiez l’audace, que diriez-vous ? 

CS: L’audace consiste à « penser contre », à sortir des engrenages narratifs, à désobéir aux injonctions aux récits. « Quel genre d’histoire es-tu ? » C’est au fond ce que la société demande à chacun. Quel rôle es-tu capable de vivre? Chacun désormais doit  tricoter son petit récit, tissé du fil blanc de sa vie personnelle et du fil noir de l’histoire collective. Ce sont les histoires qui nous gouvernent. C’est la bêtise narrative de notre temps: le narratif devient normatif, le descriptif prescriptif, le biographique hagiographique…

MA: Etes-vous audacieux ?

« Etre audacieux dans notre société, c’est une obligation ! »

CS: Etre audacieux dans notre société, c’est une obligation ! En écrivant mon livre sur la mode, Kate Moss Machine, j’ai découvert comment la société néolibérale formule ses exigences à travers la mode, la publicité, le marketing, le divertissement. Et ces exigences sont contradictoires, elles se traduisent par des injonctions paradoxales : Kate Moss est la rebelle intégrée. Elle n’invite pas à la transgression des codes, mais obéit un nouveau code contradictoire qui fait de la transgression une norme sociale. Le premier « éditorial » de Kate Moss dans Harper’s Bazaar s’intitule « Wild, la mode qui brise les règles », une référence transparente à la célèbre chanson de Lou Reed, « Take a walk on the wild side » devenue un des hymnes de la génération X. Kate Moss est un objet composite, un amalgame bricolé par la mode et les magazines, une sorte de « scoubidou » social, qui entretisse, comme autant de fils plastiques, les « valeurs » de l’époque : la jeunesse, la vitesse, la transgression. La capacité à endosser un rôle et à capter l’attention.  « Je ne suis qu’un mannequin », ne cesse-t-elle d’affirmer pour échapper à la pétrification de sa légende. Mais un mannequin, ce n’est pas rien dans les années 1990, comme l’écrit Bret Easton Ellis dans son roman Glamorama : « Il contribue à la définition de la décennie, Baby. »

MA: Ose-t-on encore aujourd’hui ?

« Bien sûr qu’on ose, c’est même recommandé. »

CS: Bien sûr qu’on ose, c’est même recommandé. Regardez par exemple, le film de Scorsese,Le Loup de Wall Street. C’est la saga d’un audacieux ! L’histoire « fabuleuse » de quelqu’un qui ose tout, transgresse tout : morale, convenance, honnêteté, responsabilité… C’est l’idéal type du trader qui est au fond le héros de notre temps.

MA: A quels moments vous êtes-vous dit au cours de votre vie, de vos choix, «  j’avance, peu importe les normes ou les conventions ? » 

CS: Je crois bien que je me dis cela tous les matins. En ce sens je suis un pur produit de l’époque. Un audacieux intégré. Un rebelle qui écrit dans les journaux…

MA: Dans Storytelling, La machine à fabriquer des histoire et à formater les esprits, vous dites que « les grands récits jalonnent l’histoire humaine d’Homère à Tolstoï et de Sophocle à Shakespeare.. ». Ce sont eux des audacieux ? 

  CS: Peu de gens l’ont compris. Mon livre Storytelling est une défense de la littérature contre le hold up des marketteurs, des publicitaires, qui font un usage du récit à des fins de manipulation politique ou commerciale. Le récit comme instrument de conquête « des cœurs et des esprits ». La littérature depuis Cervantès est un lieu de résistance à ce que Milan Kundera par exemple appelle « la tyrannie de la story » cette histoire avec un début un milieu et une fin. Selon lui, le roman a cherché a échapper par tous les moyens à cette tyrannie de l’histoire.

« Le storytelling se pare des prestiges et des combats du romancier pour légitimer un « nouvel ordre narratif »

Le storytelling se pare des prestiges et des combats du romancier pour légitimer un « nouvel ordre narratif » dans lequel baignent désormais les échanges communicationnels à tous les niveaux de notre société mondialisée. Les œuvres et les auteurs que vous citez, et auxquels on peut ajouter Kafka, Joyce, Faulkner, Beckett, Don DeLillo, Volodine ne sont pas des audacieux mais des inventeurs. Ils explorent de nouveaux rapports au corps, au temps et à l’espace. Ils s’interrogent sur les nouvelles formes de subjectivation. Qu’est-ce qu’une femme à la fin du XIX ème siècle ? Voilà le sujet de deux grands romans comme Madame Bovary et Anna Karenine. Qu’est ce que le temps après Einstein ? C’est le thème d’une méditation interminable pour Proust. Qu’est ce que l’action ? se demande Beckett. Et ainsi de suite, les romanciers à la différence des publicitaires ou des traders créent des mondes possibles, des fictions troublantes, ils repeuplent le monde.

 « Politique et littérature ont une exigence commune: créer des mondes possibles »

MA:Vous venez de publier Les Derniers jours de la Ve République, la politique laisse t-elle éclore des possibilités autres que normées ou normatives ?  

CS: Politique et littérature ont une exigence commune: créer des mondes possibles, inventer un peuple qui manque. Car le peuple manque toujours, il manque à lui-même et aux autres, ce n’est pas une population statistique. Les marketteurs le traquent. Les sondeurs le sondent. Les médias cherchent à le formater, mais il s’échappe, se dissout, se disperse… Il peut s’absenter pendant des décennies de la scène de l’histoire et faire une réapparition surprenante dans les grands romans, les Dubliners de Joyce, les Somnambules de Broch, Les hommes sans qualité de Musil, le peuple de Macondo dans « Cent Ans de solitude » de García Márquez, un roman-genèse qui fut un événement politico-littéraire puisque tout un peuple s’est soudain reconnu dans une communauté inventée de villageois. Lorsque cette exigence d’invention, de création se perd, politique et littérature régressent au niveau du simple storytelling : spectacle de la politique et feuilleton des destins personnels. Inutile d’y insister, c’est depuis plusieurs années notre vie quotidienne médiatique, le plafond de verre de notre imaginaire collectif. C’est ce plafond de verre que les révolutions politiques ou symboliques font sauter.

« Le lyrisme des publicitaires héroïse la propension à consommer »

MA: Vous avez beaucoup écrit sur le storytelling. Est-ce un ressort utilisé par des marketeurs ? Pouvez-vous nous en donnez des exemples ? 

  CS: Le lyrisme des publicitaires héroïse la propension à consommer ; il synchronise les attentions et scénarise les moments d’émotion collective. Désormais le marketing fait la guerre et enchante la communication de crise. Les militaires sont entraînés avec des jeux vidéos. La misère, le chômage, la pollution, les épidémies sont plus belles au soleil du storytelling. On a déclaré le monde sans frontières, mais les murs de séparation se sont dressés partout dans le monde et ont remplacé les frontières. Nous sommes libres de nos mouvements, de notre parole et enchaînés à nos connexions, guidés non plus par les haut-parleurs des régimes totalitaires mais mezzo voce par la musique des iPod. Les smartphones nous relient entre nous mieux que les défilés collectifs et les injonctions de la mode ont remplacé les circulaires du parti…La tyrannie de la story s’étend à toute la planète, un monde envoûté, halluciné. Nos sociétés d’hypercommunication captent et dévorent les attentions et les désirs. Elles les satisfont et les détruisent en même temps. C’est ce que Kundera appelait dans un entretien que j’avais fait avec lui pour Libération dans les années 1980 « les paradoxes terminaux » de l’expérience humaine.

MA: Une phrase, une maxime qui vous porte ?  

CS: Dans cet entretien justement Kundera concluait ainsi: « Dieu nous punit en accomplissant nos désirs ; il faut donc prier Dieu pour qu’il ne nous écoute pas…»   Mais il y aussi cette phrase-testament de Kafka à la fin de sa vie, alors qu’il est gravement malade et considère toute sa vie comme un  échec : « Que faudrait-il donc pour vivre » se demande-t-il? et il répond: « Cessez de jouir de soi même ! »  

Christian Salmon publie Les Derniers Jours de la Ve République aux éditions Fayard, 240 p. 

à la Une

Séguéla ou l’audace du cœur

Séguéla ou l’audace du cœur

Une personnalité forte et entière, des campagnes politiques, un regard iconoclaste et novateur, un auteur talentueux… Jacques Séguéla incarne l’audace. La Saga des Audacieux est partie à la rencontre du publicitaire, dans son bureau chez Havas.

GetAttachment« L’intelligence de ceux qui n’en n’ont pas », avec un sens certain du terme idoine, Jacques Séguéla définit l’audace. Nous voilà partis, au travers des mots et des anecdotes savoureuses à la rencontre d’un univers toujours plus culotté.

Cette notion d’audace est, pour le publicitaire, éloignée des sphères du pouvoir « il n’y a plus d’audace en politique ». Contrairement à ce qui est dit, « un ex-président qui se représente, c’est normal, il veut achever sa tâche », déclare-t-il. L’audace s’épanouit-elle davantage en société ? « Celle-ci est jugulée par la crise », les jeunes générations en sont paralysées ne croyant plus ni à l’entreprise, ni à la politique. Pourtant, les espoirs sont là. Émergent des tendances, comme celle de la société « collaborative ».

Pour l’homme de la pub, le culot est « technologique ». Il affirme que l’audace actuelle se place sur le plan technologique. Coluche, Gainsbourg, Dac, Prévert, Dali sont des figures audacieuses pour Jacques Séguéla. S’il loue ces personnalités phares, il note, amer, que l’audace est devenue un fond de commerce « pour renflouer sa notoriété » à l’image d’un BHL, « chemise ouverte jusqu’au nombril » lance-t-il.

L’audace peut aussi n’être qu’artifice. Quand elle « est factice, c’est qu’elle n’ose pas utiliser son vrai nom : la com. » Pour lui, la seule audace qui importe c’est celle « du cœur, avec ses tripes, sans but lucratif », celle-ci ne serait que « la volonté de crier, un cri intérieur ».

Mais qu’en pense Jacques Séguéla en tant que publicitaire ? Son métier exige-t-il ce tempérament ? Oui, résolument ! « Elle s’applique à la publicité. Elle se doit d’étonner, de provoquer, de créer un choc sans trop choquer, savoir jusqu’où aller trop loin, c’est la limite de la pub. Elle crée pour vendre ». Alors lui-même a aussi apporté en « faisant avancer [son] métier » « Dire ce que je pense » en ajoutant tout de suite une nuance : « mais je ne pense pas tout ce que je dis », affirme-t-il en souriant.

La sincérité est clé pour lui. Le fils de pub explique qu’arrivé « à un certain âge », tout peut se dire. « Je n’ai plus beaucoup de temps pour dire mes vérités qui n’engagent que moi et qui ne sont pas à prendre à la lettre mais à l’esprit ». Il avance, sans regret car « la vieillesse commence quand les regrets l’emporte sur les rêves ». Et justement, il se prend à rêver d’une « France ressuscitée ». il s’engage sur des sujets qui le touchent comme l’éducation. Il évoque ainsi Blake Mycoskie, le fondateur de TOMS. Avec le programme One for One, ce dernier fournit des chaussures puis aussi des lunettes au plus défavorisé. « C’est l’audace de faire », considère le publicitaire. Alors, oui Jacques Séguéla est résolument un audacieux !

Mathilde Aubinaud

Anne-Laure Constanza « Un échec a changé ma vie »

Anne-Laure Constanza « Un échec a changé ma vie »

Rencontre avec une entrepreneure inspirante : Anne-Laure Constanza. La Présidente et Fondatrice d’enviedefraise.fr apporte un nouveau regard sur la prise de risque et l’audace. Interview.

 

« Penser différemment »

anne-laure-constanza-4
Anne-Laure Constanza

Mathilde Aubinaud : Quel est votre regard sur l’audace? 

Anne-Laure Constanza : L’audace, c’est écouter ses tripes quand sa tête dit non. C’est sortir de sa zone de confort, c’est penser différemment alors que tout et tout le monde vous pousse vers une pensée standard.

« À 18 ans, je rêvais de la Chine. »

En quoi cette notion vous a-t-elle invitée à vous dépasser? 

J’ai créé Envie de Fraise il y a maintenant 10 ans. Absolument rien ne me prédestinait à devenir entrepreneur. Je n’avais ni le modèle familial, ni le cursus adapté avec mon diplôme de chinois !

Mes choix ont toujours été guidés par mes passions et mes rêves. À 18 ans, je rêvais de la Chine. À l’époque, ce n’était vraiment pas la destination « hype » du moment, tous mes amis avaient plutôt les yeux rivés vers les US ! Après mon bac scientifique, mon audace a été d’oser m’écouter, et de partir en Chine.

Pendant presque 10 ans, j’ai partagé ma vie entre la France et la Chine. D’abord en tant qu’étudiante, puis salariée au sein de grandes maisons de luxe, avant de créer ma première société à 27 ans, Chinattitude. L’idée était de promouvoir le « made by chinese » en France. Je rencontrais des artistes chinois ultra-talentueux, des peintres, des designers, des stylistes, et je voulais les faire connaitre en France, présenter une autre facette de la Chine.

Là, clairement, j’ai pensé un peu trop « out of the box » et cette expérience a été un échec total, mais l’échec qui a changé ma vie !

« Entreprendre, c’est comme faire un triathlon tous les jours, si on n’est pas passionné, le 3ème matin, on ne se lève pas. »

Comment est née « Envie de Fraise »? 

De retour en France et enceinte au même moment, j’ai découvert la pauvreté de l’offre de mode pour les futures mamans. Impossible de m’habiller. C’était soit cheap, soit super ennuyeux et cher. Je me faisais confectionner par ma grand-mère des petites robes avec des tissus chinés au marché Saint-Pierre. Celles-ci ont rencontré un vif succès auprès de mes amies enceintes. Cette découverte a été un électrochoc : j’ai vite réalisé que j’avais trouvé ma voie pour rebondir !

Je rêvais de créer une marque fraîche et gaie, de proposer les plus belles créations aux femmes enceintes et le faire à un prix juste, sur Internet, sans intermédiaire, pour avoir un contrôle sur toute la chaîne de valeur. Imaginez le tableau pour un banquier : une jeune maman qui se lance, seule, dans la mode maternité, sur Internet, avec pour seuls bagages un diplôme de chinois et un échec cuisant derrière elle. On imagine que je suis en plein délire postnatal ! J’ai vite compris que je n’obtiendrais aucun financement sans preuve de la viabilité du modèle.

Pourtant, ce seront ces mêmes banquiers qui me feront confiance deux ans plus tard lors de ma levée de fonds institutionnelle, alors enceinte de huit mois de jumeaux. Entreprendre, c’est comme faire un triathlon tous les jours, si on n’est pas passionné, le 3ème matin, on ne se lève pas.

Dès le nom de  marque, vous vous inscrivez hors d’un cadre…

Je voulais un nom évocateur, très loin des clichés « maman truc » , un nom gourmand, coloré, pétillant, à l’image de la marque que je voulais créer. J’ai eu le déclic après 3 mois de brainstorming interminable !

anne-laure-constanza-8

Vous repensez complètement l’imaginaire de la mode pour les futures mamans. De quelle manière? 

Envie de Fraise n’est pas une marque de vêtements de grossesse. Envie de Fraise, c’est avant-tout un état d’esprit : fashion, mais pas victime, libre, spontanément élégant et toujours happy. Nous revendiquons une vision plus légère et décomplexée de la future maman : le droit de rester séduisante et mode pendant la grossesse !

La phrase qui vous porte :

Le seul combat perdu d’avance est celui auquel on renonce.

En quoi prendre des risques est essentiel?  

Sur le digital, on naît avec cette idée que tout peut s’arrêter demain : « Always day One ». On doit se remettre en question tous les jours, ce qui nous pousse à tester de nouvelles choses en permanence (un nouveau marché, un nouveau produit, un nouveau service), à prendre des risques et donc à innover.

On teste, on échoue, on teste encore, on réussit. C’est quelque chose de très ancré dans notre culture d’entreprise. C’est important car cela nourrit une équipe. Mais pour que cela fonctionne, il faut être agile : on est plus innovant si on peut prendre des risques, car on sait que l’on peut corriger très vite ses erreurs. Une entreprise lente n’innove jamais.

Que peut-on vous souhaiter pour 2017 ?

De continuer à avoir le « drive » qui me porte depuis 10 ans et qui me donne autant de joie à me lever le matin pour rejoindre une équipe que j’aime. Et de refaire le Raid Amazones au Cambodge en décembre prochain !

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Retrouvez toutes les informations ICI 

 

Sarah Daninthe « A 16 ans je voulais être médaillée olympique et je l’ai été à mes 24 ans. »

Sarah Daninthe « A 16 ans je voulais être médaillée olympique et je l’ai été à mes 24 ans. »

 

Escrimeuse, médaillée olympique, double championne du monde par équipe, Sarah Daninthe est une femme engagée et tournée vers les autres qui croit en l’audace. Elle la vit et la porte. Interview pour La Saga des Audacieux.

img_6008

 

Mathilde Aubinaud : Quel est votre regard sur l’audace ?

 

« Dans le sport, à un certain niveau, l’audace est de mise. »

Sarah Daninthe : L’audace ! L’audace est un élément important dans le sport, mais aussi dans la vie d’une manière générale. Sans audace, il est inconcevable qu’un athlète devienne champion olympique.
L’audace, c’est quand tout te semble inaccessible, fermé, que tout est mis en place pour te décourager, te stopper et que tu sors du cadre, avec une solution innovante pour aller jusqu’au bout. Dans le sport, à un certain niveau, l’audace est de mise.


En quoi avez-vous été audacieuse ?

Pour la sélection des Jeux Olympiques d’Athènes, nous étions en finale sur les chinoises et étions menées de plus de 15 touches. J’avais quasi zéro chance de nous remettre dans la course, sur la championne du monde.

Nous étions au pied du mur, alors j’ai joué le tout pour le tout. J’ai choisi la solution qui avait le moins de chance de réussir. Je suis sorti du cadre en appliquant une stratégie inverse à mon jeu habituel. Sur le papier, la solution n’était pas gagnante. J’ai pris cette responsabilité sans pour autant être inconsciente mais plutôt parce que je sentais la situation, j’étais dedans, je croyais en moi et j’ai suivi mon intuition. Au début cela ne fonctionnait pas, d’ailleurs la chinoise en rigolait.

Mais je suis allée jusqu’au bout de ma démarche en proposant une solution totalement différente de celle que tout le monde attendait et le pire est que je ne savais pas que j’étais capable de pratiquer cette escrime surtout lors d’un grand événement comme celui-ci. Et ça a marché.

img_6009

 

Votre état d’esprit en entrant sur la piste ?

« Si tu n’as pas les crocs, ça ne marchera pas. »

Beaucoup de personnes ne le voient pas comme tel, mais l’escrime est un sport de combat. Quand tu rentres sur la piste, c’est pour exploser l’autre. Si tu n’as pas les crocs, ça ne marchera pas. Tu peux avoir peur et dans ce cas, tu dois rester concentrer sur tes basics. Penser à ce qui marche, penser à tes fondamentaux et les appliquer, petit à petit tu te retrouveras, te délivreras et tu pourras mieux t’exprimer.

Mais une chose est sûre, quand on monte sur la piste, c’est pour le combat ; il n’y pas d’amitié à ce moment précis.

 

Qu’est-ce  qui vous invite à vous dépasser ?
Pour le sport, c’est le jeu. Le jeu d’amener l’autre dans mon piège. Le jeu de se dépasser. À partir du moment  on pense au jeu et non à l’enjeu, tout va bien !

Dans la vraie vie, l’idée de pouvoir rétablir l’ordre et de donner aux autres, que ce soit en partage de compétences, donner du temps etc.

« A 16 ans je voulais être médaillée olympique entre mes 20 et 28 ans (3 JO) et je l’ai été à mes 24 ans. »

Petite, est-ce que vous vous êtes dit « Je serai médaillée Olympique »? 

Avant l’escrime, je pratiquais la danse…contre mon gré. Tous les mercredis, mon frère m’amenait à mon cours de danse. une fois ma prof a été malade. J’ai découvert l’escrime, y ai pris goût et ai continué à y aller, avec mon frère sans que notre mère ne soit au courant ; jusqu’au jour où..

Petite, mes frères pratiquaient l’escrime avec Laura Flessel. J’aimais les voir crier comme des guerriers. Je savais que je voulais moi aussi, être une guerrière.

Je n’étais pas terrible à mes débuts. Puis j’ai travaillé et progressé, les années suivantes. J’ai commencé à performer et ai commencé à voyager grâce à l’escrime. J’ai eu envie de plus, de découvrir le monde. J’ai travaillé plus. J’ai performé au niveau international dès mes premières coupes du monde.

En Août 1996, Laura Flessel, qui m’avait quasi changé les couches, devient championne olympique. Là, j’ai su que j’allais être moi aussi, médaillée olympique, c’est ce que je voulais. Ce n’est pas prétentieux c’était un vrai sentiment. Se rendre compte, qu’une personne qu’on connait en est capable, ouvre les portes. Le monde devient accessible ! Donc à 10 ans je voulais être championne de France dans ma catégorie, j’ai fini 3ème dans la catégorie supérieure, à 16 je voulais être médaillée olympique entre mes 20 et 28 ans (3 JO) et je l’ai été à mes 24 ans.
Une personne que vous admirez? 
Petite, j’admirais beaucoup Tina Turner, pour son combat, malgré les choix de vie qu’elle a fait. Aussi Malcolm K. Little Junior, parce-que Malcolm X.
Mais en fait, la personne que j’admire le plus au monde, en réalité, avec l’expérience de la vie, est ma mère.

Ma mère est une impressionnante femme. Elle vient d’une famille modeste, a manqué de nourriture, a quasi élevé ses  frères et soeurs pendant que leur mère travaillait et leur père était aux champs. Elle s’est investie dans ses études car elle pensait que c’était la solution pour s’en sortir. Elle a énormément bossé. Elle a pu être diplômée et sortir Majore nationale de sa promo, à l’école normale. Elle a été prof et a continué d’aider sa famille, au sens large : cousins, tantes, etc. Elle a enseigné dans un collège non loin d’une zone de revente de drogue et autres produits. Elle s’est mise en danger pour faire sortir ses élèves des mauvais circuits et leur offrir un autre avenir que celui de « s’abandonner ». Même quand les conseils de classes voulaient faire redoubler ou virer des élèves, elle se battait pour eux ; avec bien sûr le contrat avec l’élève qu’il bossera vraiment en cours.

Elle a voulu passer proviseur, elle s’est remise dans les bouquins et est sortie, encore une fois, Majore, de sa promo, au niveau national.
Des dizaines d’années après, je croise encore ses élèves, qui la remercie de s’être battue pour eux. Elle est partie d’Anse Bertrand, petite ville pauvre à l’époque, pour finir sa carrière en tant que Principale d’un collège de renom en région parisienne.

Aujourd’hui, elle est confrontée à la maladie et là encore, elle se bat avec toutes ses armes, car elle ne baisse jamais les bras. Notre mère nous a élevé, éduqué, inculqué des principes, appris à aider, aimer les autres. Alors, oui, ma mère est de loin la personne la plus inspirante au monde à mes yeux.

“I will not let anyone walk through my mind with their dirty feet ». Mahatma Gandhi


La phrase qui vous inspire ?

1/J’en ai 4 dans mon appart et sur mon smartphone. Elles restent à mes côtés.
« The only limit to your impact is your imagination and commitment« . Tony Robbins
« Le meilleur moyen de prévoir le futur, c’est de l’inventer ! » Peter Drucker
« I will not let anyone walk through my mind with their dirty feet ». Mahatma Gandhi
« Even if I knew that tomorrow the world would go to pieces, I would still plant my apple tree ». Martin Luther King

2/ Ayant perdu mon père il y a deux mois, une de ses phrases me revient souvent :  ouvre-toi au monde et n’oublie jamais que rien ne peut t’arrêter si tu te donnes les moyens.

Sarah Daninthe


Votre prochain combat ?

Je suis engagée dans plusieurs causes effectivement : la mixité (femmes CEO, femmes dans le numérique), les enfants malades..
Le second combat, qui était le premier il y a quelques mois, est de combattre la malbouffe, surtout le sucre. Pour faire simple, les familles qui détiennent les trois quarts de l’économie antillaise, rajoutent un fort pourcentage de sucre dans certains produits comme les yaourts par exemple. Je veux changer la donne !
Aujourd’hui, mon premier combat est d’accompagner ma mère. Nous ne la remercierons jamais assez pour tout ce qu’elle nous a apporté. Jamais assez !

Que peut-on vous souhaiter pour 2017 ?
De continuer de rencontrer et de croiser des personnes de tout horizon, échanger avec eux, apprendre d’eux et se mettre en marche, ensemble, pour faire avancer les mentalités sur les sujets : obésité, la représentation des femmes dans les conseils d’administration, la représentation de la femme dans les publicités, dans le sport, la banalisation du viol et des agressions d’une manière générale, le respect de chacun quelque soit sa couleur de peau et sa religion, etc.

Et surtout de garder les pieds sur Terre pour en profiter, car la vie est belle mais peut être tellement courte.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

#ForABetterWorld Bientôt la Journée de la Femme Digitale

#ForABetterWorld Bientôt la Journée de la Femme Digitale

A celles qui entreprennent et osent avec audace, une date à réserver dès à présent : le 9 mars prochain.

A la Cité de la Mode aura lieu la 5ème édition de La Journée de la Femme Digitale.

Parce que la Journée de la Femme Digitale est le rendez-vous phare de celles qui ont la conviction que bienveillance et innovation sont liés,

Parce que le mot d’ordre de la #JFD2017 est « For A Better World »,

Participez dès à présent, et jusqu’au 20 janvier, à l’étude Women & Digital :   ICI 

citation-fb-1

Retrouvez la JFD sur Facebook  et Twitter

2017 sera audacieuse!

2017 sera audacieuse!

Regards croisés entre Paris et New-York pour entreprendre l’année 2017 avec audace.

Mathilde Aubinaud, 25 ans, vit et travaille à Paris en France. Professeur de communication et co-auteur du livre « Ecriture stratégique », elle a fondé le site internet sur le leadership « La Saga des Audacieux » .

Aurélie Jean, PhD, 34 ans, Docteur de formation scientifique numericienne et également Ambassadrice du Digital vit et travaille à NYC aux Etats-Unis. Aurélie Jean est entre autres CEO et fondatrice de In Silico Veritas.

2016 a été une année complexe et difficile. Tant sur le plan politique avec des changements inattendus tels que le Brexit en Grande Bretagne ou encore l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis que sur le plan économique et sociétal. Les piliers ont vacillé. Nombre de nos repères ont été bousculés du côté français comme américain.

« Embrasser l’audace afin de retourner les cartes à notre
mesure. »

Ce qui nous différencie toutefois de part et d’autre de l’Atlantique? L’audace. Celle que nous avons, chacun au quotidien, ou que nous décidons d’embrasser afin de retourner les cartes à notre mesure. C’est elle qui nous permettra de reprendre le pouvoir en tant qu’individu et de faire le bien à notre échelle et de nous épanouir.

Plus que toute autre qualité, l’audace est le mot clé de 2017. Elle est l’actrice principale de nos histoires, le fil conducteur de nos actions au quotidien. Lors d’une crise, on tend naturellement à devenir plus conservateur et à se retourner sur soi-même.

Refusons de nous inscrire dans cette fatalité. 2017 se doit d’être l’exception qui confirme la règle pour nous sortir de ce pessimisme ambiant. Osons sortir des sentiers battus. C’est le défi que s’est posé Havas Média avec Raphaël de Andréis en inventant le canapé connecté  . Un concept ingénieux !

Interrogeons-nous :
– Si je redevenais enfant, qu’est-ce que je voudrai changer ?
– Quelle est la dernière fois que j’ai pris un risque ?
– Quels sont les moments durant lesquels j’ai été vraiment heureux ?

Se poser et faire un bilan de nos actes passés pour repartir de l’avant. Essayons de  penser en laissant place à l’émotion, à l’instinct et au courage. Donnez-vous régulièrement des petits défis pour tenter de vous dépasser au quotidien.

Là où l’Audace est un trait naturel pour tous ceux habitant le pays de l’oncle Sam et appris bien souvent dès la petite enfance, l’Audace reste timide et pas suffisamment exploitée par le peuple du pays de la romance et du bon goût. Trop souvent, elle est assimilée et réduite à une posture ou un apparat qui n’est qu’accessoire. Alors, qu’elle se révèle être un tremplin et un moteur.

Il s’agit d’agir hors des cadres que l’on impose, le fameux “Think out of the box” de nos voisins d’outre-atlantique.

« Nous avons le droit d’essayer »

Nous devons nous Français nous (ré)approprier cette Audace d’Entreprendre, de Décider et de Faire en général, et à tous les niveaux de décision. Soyons audacieux dans notre vie personnelle, notre vie de couple, notre famille et notre cercle de proches plus large.

word-cloud-audace

-Revoyons la qualité des liens tissés avec les autres.
-Sortons de l’ambiguité en disant franchement les choses
-Entreprenons dans ces cercles afin de repenser leur fonctionnement
-Aidons les uns et les autres à entreprendre pour le bien du cercle.

C’est le formidable exemple de Raise créé par Clara Gaymard et Gonzague de Blignières qui aident les entrepreneurs.

Les ressources sont présentes et multiples, il suffit de les identifier pour mieux les utiliser et changer les tendances. A nous d’imposer notre propre imaginaire dénué des normes avilissantes.
-Éliminons les préjugés qui biaisent notre perception du champs des possibles
-Sortons de notre zone de confort pour mieux évaluer les risques réels encourus.

Soyons audacieux dans notre milieu professionnel
-Reprenons en main notre carrière professionnelle pour augmenter les opportunités
-Repensons un nouveau projet ou redonnons un nouvel élan aux projets existants
-Devenons leader des prochaines idées et actions
-Diversifions notre profil pour redéfinir notre valeur et augmenter notre potentiel.

Soyons des entrepreneurs. Apprenons à échouer et à nous relever. Un virage professionnel à 180 degré est plus fréquent chez nos amis américains: le choix de reprendre ses études, de se former à de nouvelles qualifications ou encore de créer sa propre entreprise.

Refusons les sentiers tracés d’avance parce qu’ils correspondent aux modèles attendus. Arnaud de la Fouchardière a ainsi fondé la start-up Vitirover. Un robot tondeur viticole. Il a eu l’audace de penser hors des cadres. Une carrière ne se fige pas.

A 20 ans, à 45, à 60 ans, nous avons le droit d’essayer. L’Audace existe bien évidemment aussi grâce au soutien des autres.

 « Soyons Audacieux dès que l’opportunité s’offre à nous. »

Un mot clé à retenir est « Networking » : l’audace d’agrandir son réseau de connections mais aussi de l’ouvrir aux autres. Les Américains manient avec maestro l’art de connecter les gens entre eux et de se connecter aux autres.

Soyons Audacieux dans notre société. Nous citoyens, créatures sociales et politiques pouvons changer les tendances, reprendre le rythme et donner le ton. La popularité ainsi que le résultat des récentes primaires à droite démontrent notre pouvoir insoupçonné de retourner les estimations.
Envers et contre des acteurs s’obstinant à un entre-soi, posons un Non.

 « Apprendre à agir et non à subir. »

De façon générale, soyons audacieux dès que l’opportunité s’offre à nous. Saisissons-la.

Apprendre à agir et non à subir, soyons proactifs et à la source du changement qui va s’opérer en 2017. Une année audacieuse est d’autant plus brillante, plus riche, plus intéressante et excitante. Comme le Président Obama l’a souligné dans son dernier discours de voeux  : “To keep America moving forward is a task that falls to all of us.”

Dans ce pays de l’individualité, on comprend que le rayonnement dépend de l’audace de chacun à agir individuellement. Osons-nous nous offrir cette liberté de penser et d’agir autrement. We can do it!

Mathilde Aubinaud et Aurélie Jean 

 

Chiara Condi, le courage d’agir

Chiara Condi, le courage d’agir

Apres Harvard, Sciences Po et la LSE, c’est vers entrepreneuriat féminin que Chiara Condi décide de se tourner. Elle fonde à Paris, la structure Led By HER pour aider les femmes victimes de violence dans leur émancipation économique. J’ai eu l’occasion de la rencontrer lors d’une table ronde à laquelle nous participions sur l’inégalité homme/femme. C’est avec enthousiasme et conviction que Chiara livre son combat. Interview.

Mathilde Aubinaud : Quel est votre regard sur l’audace?

Chiara Condi : C’est l’ingrédient clé pour l’entrepreneuriat. Il faut d’abord voir ce que les autres ne voient pas, voir des solution où les autres voient des problèmes et après avoir le courage d’y aller. Et le courage d’agir c’est la partie la plus importante dans la formule.

chiara2-7
Chiara Condi, Présidente et Fondatrice de Led By HER

En quoi êtes-vous audacieuse? 

Je ne sais pas si je suis audacieuse. Je fais surtout confiance à mon instinct. Tout simplement dans ma vie si je ressens quelque chose j’y vais. Je me pose les questions après. En fait, je suis assez impulsive dans le sens positif et négatif du mot.

Pouvez-vous nous parler de votre association Led by HER

Une nouvelle vision de l’entrepreneuriat féminin, collaboratif, idéaliste

Led By HER c’est redonner de l’espoir aux femmes et un programme qui avant tout fait ressortir les talents des femmes.  Nous accompagnons une trentaine de femmes chaque année et les aidons à se reconstruire par l’entrepreneuriat. Autour de ce projet  gravite une communauté d’écoles de commerce, entreprises et partenaires de toutes tailles. Aujourd’hui nous sommes plus de 200. Mais je dirais que Led By HER c’est plus que ça, c’est un nouveau regard, une nouvelle vision de l’entrepreneuriat féminin, collaboratif, idéaliste et fondé sur l’entraide.

C’est pour cela, pour diffuser ce message que Led By HER se construit de plus en plus sur le digital, parce que les valeurs que nous partageons vont bien au dela de nos actions.

On agit aussi sur une autre vieille problématique, celle des violences faites aux femmes, sous un nouvel angle, celui de la reconstruction, l’innovation et l’entrepreneuriat. Nous sommes convaincus que pour résoudre ces  problématiques anciennes notre société  a aujourd’hui besoin de nouvelles solutions. Nous sommes également convaincus qu’avec l’intelligence collective nous réussirons à créer un monde dans lequel nous souhaitons habiter.

14237619_1758723211019160_5621790146094750888_n

Dans quelle mesure l’entrepreneuriat féminin est-il un levier pour les femmes en difficulté? 

L’entrepreneuriat c’est une des façons de créer un avenir et de construire. On ne pourra jamais guérir de son passé si on n’arrive pas à se créer un avenir.  Et d’ailleurs, c’’est  même le meilleur remède.

Led by HER et Droits d’urgence agissent pour le droit des femmes avec la plateforme « droitdirect.fr« . En quoi cela consiste-t-il? 

Il s’agit d’abord de lancer un fort message qu’on est conscients du fait qu’on ne peut pas agir seuls pour changer le monde.  Nous vivons depuis trop longtemps dans un monde segmenté.

L’innovation de demain se fera en réseau et c’est notre mode de fonctionnement depuis le début. C’est dans cet esprit de co-construction que nous nous engageons à côté  d’associations,  d’avocats et d’ONU Femmes pour cette cause et que Laurence Rossignol sera là pour soutenir l’écho de notre action. C’est un exercice dans la pluridisciplinarité qui nous caractérise, y engageant des développeurs, entrepreneurs,  experts en innovation, assistants sociaux, médecins, dirigeants d’associations, professionnels en communication et avocats.

Nous allons tous nous réunir parce que nous croyons que le numérique est une source d’espoir pour l’avenir pour résoudre nos problématiques sociales, et dans ce cas là plus spécifiquement celles liée à l’accès au droit pour les femmes victimes de violence.

On est là pour se dire qu’on veut tous que les choses changent et qu’on a tous quelque chose à donner. On est là pour tester et apporter nos compétences pour un prototype de plateforme qui va construire quelque chose de concret, pour un avenir qu’on souhaite tous créer.

En cette année présidentielle, de quelle manière les acteurs politiques doivent-ils s’emparer de cet enjeux? 

Je suis convaincue que c’est à nous les acteurs du terrain, car nous avons le luxe d’être souples et rapides, d’assumer la responsabilité d’innover. Nous sommes ceux qui voyons la réalité quotidienne des choses et donc qui repérons les problèmes du terrain comme leurs solutions.

Nous avons au contraire des politiques l’avantage de pouvoir  les mettre rapidement en oeuvre et voir les résultats.  Mais pour que la société arrive vraiment à se transformer, une fois que nous lançons nos actions les acteurs politiques doivent écouter et répondre à l’écho de de ces actions pour construire des politiques publiques efficaces.

L’égalité aujourd’hui reste toujours une quête.

Et je crois que si aujourd’hui tous les acteurs politiques comprennent qu’une société ne peut  pas fonctionner  sans l’accès aux droits et l’égalité pour la moitié de notre société nous n’avons toujours pas trouvé les moyens, le comment, on peut y arriver. L’égalité aujourd’hui reste toujours une quête. Ca sera une des plus belles réalisations de cette génération. Mais pour y arriver, les politiques doivent se tourner vers nous pour s’emparer de nos solutions.

La femme qui vous inspire? 

Difficile à dire. J’ai la chance d’être inspirée tous les jours par des femmes chacune incroyable dans son histoire et d’être entourée au quotidien par des personnes qui poursuivent leur passion.

Votre prochain combat? 

Je suis convaincue qu’un monde avec plus de femmes entrepreneures nous apporterait beaucoup de richesse, créativité et solutions.  Je suis pleinement engagée dans le combat de créer ce monde que j’aimerais voir dans les prochaines années.

Je rêve qu’on jour, par tous ces combats, les femmes vivent dans un monde où l’égalité est une réalité et non plus un combat. Je rêve du jour où tout  ce pour quoi on se bat aujourd’hui sera tellement gagné qu’on sera obsolète. On n’aura plus  de raison d’exister.

Que peut-on vous souhaiter pour Led by HER pour 2017? 

On souhaite changer les statistiques et donner à beaucoup plus de femmes la possibilité de poursuivre le rêve d’entreprendre.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Photos de Margaux Pastor

 

Quand Havas s’impose designer : une réussite audacieuse

Quand Havas s’impose designer : une réussite audacieuse

Si les objets connectés sont légion, Havas innove. Le groupe a créé le canapé du futur « Marty » avec justesse, intuition et innovation. Rencontre d’une figure technologique qui ne manque pas d’audace.                                             

Le canapé du futur

Et si pour penser la communication de de demain, on s’asseyait tout simplement dans un canapé ? Un pilier d’un univers douillet. On y retrouve ses repères, partage des instants dans une atmosphère intimiste. On revient à l’essentiel. On y dort, on y parle, on y rit, on commente la dernière série en savourant des cronuts. On y débat, on y écoute Beethoven. On y vit. Havas, qui fait le pari des consommateurs, l’a compris. Le groupe a façonné « Marty » le canapé du futur.

New Luxury Interior
 

 

Avec enthousiasme véritable, les équipes parlent de ce projet qui a été une réalisation collective. Un canapé connecté design intégrant 15 smart objets : casque à réalité virtuelle, frigo électrique, une station météo, un clavier projeté, une imprimante 3D, des chargeurs à induction.

 

                          « Une expérience joyeuse et  un objet unique au monde. »

 

 

raphael_de_andreis__marty1Raphaël de Andréis, PDG d’Havas Media Groupe France

 

 Raphaël de Andréis, PDG d’Havas Media Groupe France,  rappelle les mots de Mark Twain. « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ».  Il explique l’essence de ce projet qui a débuté en septembre 2015. « C’est, modestement, l’état d’esprit dans lequel les cent principaux cadres de notre Groupe ont travaillé pour imaginer ce canapé du futur ».

Lors d’un séminaire dans un fab lab, les managers du groupe et la créatrice Loève Saint-Ourens ont réfléchi à ce canapé. « Dans ce monde de contraintes et de guidelines, cela a abouti à une expérience joyeuse et à un objet unique au monde. Cela nous a permis de préciser notre vision de l’audace, inséparable de l’excitation et de l’amusement. » Une alliance révélatrice.

marty-_detail_coussin_massage1
Le coussin massage

Un hymne à l’UX

 

Au-delà de la prouesse technologique, cet objet invite à  interroger les usages des consommateurs. Ils ne sont plus pensés comme des cibles stratégiques. Ils se retrouvent bien au centre la démarche en étant impliqués. La « user experience » n’est nullement une posture, un slogan. C’est une manière de souligner cette attention.

Le device s’allie encore plus avec le téléspectateur qui redevient un protagoniste un part entière sur la scène médiatique. Il est lui-même producteur, diffuseur de contenu.  Attentif aux parties prenantes, Jean-Charles Clément, strategic technologist chez Havas Media France évoque Marty et l’écart avec « l’approche restreinte liée à l’objet connecté tel qu’il est appréhendé aujourd’hui ». Il a  ainsi fait en sorte que ce soit facilement « appréhendable pour l’utilisateur ». Un résultat époustouflant  « d’ateliers de travail avec séances post-it où chacun apporte son regard ».

 

 

marty-_detail_coussin_dimmersion1
Le coussin d’immersion
 

 

Un canapé où l’on peut se réveiller avec sa propre interface. Le réveil s’illumine avec  la lumière du jour et le chant des oiseaux avant de débuter la gym du jour.

Une idée lumineuse de la part d’un groupe qui tient à rester toujours attentif en retissant un lien émotionnel et relationnel avec le consommateur. Vivement la suite !

 

Mathilde Aubinaud


marty-_detail_chargeur_a_induction1
Chargeur à induction