L’entreprenalisme, un levier de citoyenneté

L’entreprenalisme, un levier de citoyenneté

 

A quelques mois des élections présidentielles, Léonidas Kalogeropoulos, Vice-Président du mouvement patronal ETHIC promeut une nouvelle culture française : l’entreprenalisme. Rencontre avec une figure audacieuse.

 

Pour un renouveau républicain.

Enthousiaste, convaincu et déterminé, Léonidas Kalogeropoulos est de ceux qui refusent de se contenter des discours. Le dirigeant du Cabinet Médiation & Arguments et Vice-Président du mouvement patronal ETHIC interpelle pour que nous puissions agir en faveur d’un renouveau républicain, fondé sur une citoyenneté concrète qui s’implique activement dans la vie de la Cité, en particulier en épousant la vague entrepreneuriale qui fait la singularité de la France depuis quelques années. Transcendant les clivages sociaux et idéologiques, il entend rassembler avec l’entreprenalisme.

 

Aussi, Pierre Gattaz, Président du MEDEF,  lui a proposé d’analyser toutes les dimensions de la dynamique créée par cet esprit d’entreprendre qui lui est si cher.  Il publie « Manifeste et chantiers de l’entreprenalisme » dans lequel il dresse un constat qu’il accompagne de propositions intelligentes en adoptant une approche concrète vers demain avec 17 chantiers lancés en partenariat avec les Junior-Entreprises, ambassadeurs sur tout le territoire de ces chantiers concrets. Il mobilise l’ensemble des acteurs : les fonctionnaires, les jeunes générations, les médias, les artistes… pour amplifier un mouvement qui marque un tournant dans la culture de notre pays.

« La Nation se prend en main »

Pour Léonidas Kalogeropoulos, « nous assistons aujourd’hui à une Renaissance. La Nation se prend en main ». Les chiffres sont là avec 325 000 nouvelles entreprises, chaque année, auxquelles s’ajoutent 225 000 auto-entrepreneurs tous les ans. Plus de 8 Français sur 10 considèrent que l’esprit d’entreprise est une valeur positive qu’il faut encourager (sondage Opinion Way pour Médiation & Entreprise). « C’est une valeur positive sur laquelle nous devons refonder la fameuse « identité française » » souligne-t-il.

« L’entreprenalisme, c’est le nom d’un souffle qui est déjà là. »

Pleinement impliqué, il avait publié le lumineux essai Liberté, Égalité, Fraternité et Esprit d’entreprise aux Editions Cent Mille Milliards et évoque « la confiance dans cet élan. Il est multiple : les livres, les associations, le théâtre, l’engagement citoyen… L’entreprenalisme, c’est le nom d’un souffle porté par l’esprit d’entreprise et qui est déjà là. Un mouvement, de même ampleur que celui de l’Esprit des Lumières, s’engage. »

Leonidas Kalogeropoulos, président directeur général de Mediation & Arguments
Leonidas Kalogeropoulos, président directeur général de Mediation & Arguments

Un hymne à l’audace

Oui il croit à l’audace comme nombre de ses concitoyens. « Le parti pris de l’audace, individuelle et collective, est soutenu par une très grande majorité de Français ».  Vous avez un rêve d’enfant ? Vous avez un projet ? La France doit évoquer partout dans le monde le pays où on ne vous mettra pas des bâtons dans les roues pour aller au bout de votre ambition, pourvu que vous ayez la passion et la détermination pour innover, créer et bâtir. Selon lui, l’esprit d’entreprise est le meilleur levier d’émancipation qui fait dépasser les origines, les obstacles, les plafonds de verre…

 « La France a aboli les privilèges, son projet est de transcender les déterminismes et cet élan entrepreneurial les bouscule tous. »

Inspiré de Mark Twain, il se plait à citer sa sentence: “They did not know it was impossible so they did it”. Léonidas Kalogeropoulos, est “pétri de culture républicaine et de passion pour l’épopée révolutionnaire”. Il se ressent intensément héritier du projet de la Révolution Française et il perçoit dans l’entreprenalisme la concrétisation de l’ambition révolutionnaire qui a façonné la France. Son mot de la fin ? «  Jamais la France n’a été aussi belle que lorsqu’elle fédère ceux qui croient au Ciel et ceux qui ne croient pas ». Il a raison. Pour la France. Pour demain.

 

Mathilde Aubinaud

EcoTree : le tremplin des dirigeants vers l’écologie durable

EcoTree : le tremplin des dirigeants vers l’écologie durable

Et si l’écologie durable devenait une véritable opportunité pour les entreprises ? C’est le pari de l’inspirante start-up bretonne EcoTree. Rencontre avec son Président Erwan Le Méné pour La Saga des Audacieux.

 

Mathilde Aubinaud : En quoi EcoTree est-il un pari pour l’entreprise de demain?

Erwan Le Méné : Nous pensons que nous pouvons réconcilier le développement durable et la logique d’investissement. Jusqu’à aujourd’hui, le développement durable s’inscrivait dans une logique de coût, de don ou de mécénat. Nous avons cet exemple d’un cadre dirigeant d’un grand groupe qui nous racontait récemment que, chaque année, il sort le carnet de chèques pour financer des actions de développement durable. Non seulement, il n’en retire aucune contrepartie et le fait donc, en quelque sorte à contrecœur ; mais en plus, la démarche a résolument quelque chose du rachat de conscience. Il confessait en outre ne pas se soucier de ce que deviendrait son chèque, de toute façon utilisé pour financer des projets développés de l’autre côté de la planète.

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Ce n’est pas comme cela que l’on agrégera les entreprises face à leur responsabilité devant un problème qui engage notre survie et celle des générations futures.

En revanche, si les entreprises trouvent une contrepartie à leur engagement dans le développement durable, alors elles suivront. Nous avons donc développé une offre qui permet aux entreprises de devenir propriétaires d’arbres et d’en retirer le fruit de la coupe quelques années plus tard, lorsqu’il convient de les couper – précisément avant qu’ils ne libèrent le carbone stocké dans leur cycle descendant.

Une initiative locale et traçable

De notre côté, nous supportons l’ensemble des charges du foncier qui nous appartient, mais aussi l’ensemble des charges nécessaires pour que l’arbre arrive à maturité. Si vous nous demandez à quel moment intervient la rentabilité, la réponse est simple : dès le début. L’arbre a une valeur que l’on peut mettre en immobilisation à l’actif du bilan dès le départ. Lorsque l’arbre atteindra la fin de son cycle, une vingtaine d’années plus tard, il aura pris entre 200% et 400% de sa valeur initiale. A noter qu’il n’y a pas, jusqu’à un certain montant, de taxes sur les plus-values dans ce cas-là. Enfin, nous plantons en France, nous sommes donc dans l’initiative locale et traçable, car nous permettons à chaque acheteur, titulaire d’un certificat de propriété, de suivre la vie de son arbre qui est géolocalisé et le volume de CO² capté.

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Quels sont les bénéfices pour les clients ou adhérents ?

Basiquement, les entreprises ou les particuliers achètent des arbres et récupèrent leur investissement vingt à trente années plus tard lors de la coupe. Un arbre coupé vaut parfois jusqu’à 400% de sa valeur, si le cours est haut et l’essence précieuse. Mais en plus de transformer un poste de coût en poste d’investissement, nous donnons les moyens aux entreprises de véhiculer une image verte, crédible et perceptible ; d’acquérir un patrimoine forestier à l’actif du bilan, de communiquer sur la quantité de carbone captée, de profiter d’une rentabilité intéressante et, ce point n’est pas le moindre, de déléguer l’entretien des parcelles sans frais.

Nous avons donc imaginé une solution dans laquelle les entreprises, tout en agissant pour la planète, pourraient s’y retrouver en termes d’investissements.

Comment est née votre start-up?

Il y a quelques années, un matin, au bureau, devant une machine à café. Cette machine proposait une option. Si vous apportiez votre propre tasse, la machine le reconnaissait et décidait d’elle-même de ne pas faire tomber de gobelet en plastique. J’ai décidé d’amener ma tasse pour ne pas gaspiller de gobelets. Seulement le prix du café restait identique que vous apportiez votre tasse ou non ! Je ne trouvais pas logique qu’une personne qui décide de faire un geste pour l’environnement ne soit pas récompensée. C’est la même chose, à plus grande échelle pour les entreprises. Les démarches environnementales des entreprises peinent à décoller car le souci de la rentabilité prime sur le reste. Nous avons donc imaginé une solution dans laquelle les entreprises, tout en agissant pour la planète, pourraient s’y retrouver en termes d’investissements.

 

Construire la planète propre de demain.    

Quelle place y joue l’audace?

Elle joue énormément ! Nous allons voir les entreprises une par une après avoir tâtonné pour trouver la bonne personne au bon endroit et après l’avoir convaincue de bien vouloir nous accueillir. Mais ce n’est que le début. Il faut ensuite montrer en quoi notre projet a du sens, en quoi il n’est pas surabondant avec les initiatives déjà prises par l’entreprise. Nous devenons en quelque sortes les agitateurs (parfois même le poil à gratter) de directions débordées qui aimeraient remettre à beaucoup plus tard les sujets de développement durable. Si vous n’usez pas de culot et que vous restez dans les limites des conventions, personne ne vous écoutera. Mais j’ajouterais que nous osons être audacieux car notre objet est plus qu’audacieux : construire la planète propre de demain.

Quels sont les liens que vous tissez avec les entreprises?

S’il faut parfois leur forcer un peu la main au début, les entreprises comprennent vite l’intérêt de la démarche que nous leur proposons. Nous sommes véritablement dans une initiative gagnante/gagnante. Nous leur demandons d’investir dans le développement durable et nous leur promettons un retour sur investissement. De fait, chacun y trouve son compte et nous travaillons donc en bonne intelligence, avec pragmatisme et convivialité. Les directeurs RSE sont nos principaux interlocuteurs. Ils sont ravis de travailler avec nous et réciproquement car il y a de l’interaction en permanence, de l’intelligence collective. Et ensemble, nous multiplions les idées qui, je l’espère, deviendront bientôt des initiatives concrètes.

Pourquoi planter un arbre?

Nous sommes tous des Idefix en puissance. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui affirmait : « Je n’aime pas les arbres ». Chacun de nous a une histoire avec l’arbre : celui que l’on escaladait durant l’enfance, celui qui caractérise ce paysage qui nous habite sans cesse, celui qui trace notre généalogie, celui qui allégorise le passé et le futur, etc. Parce que l’arbre parle à tout le monde, il parle aussi à toutes les entreprises, quels que soient les secteurs d’activités, à tous les salariés dans leur diversité, à tous les consommateurs dans leurs différences. L’arbre est donc un bon moyen d’interpeller la conscience écologique de chacun. Mais il est surtout un formidable réservoir de carbone et joue un rôle écologique majeur dans l’équilibre planétaire. Enfin, arrivé à la fin de son cycle, un arbre possède une valeur financière qui permet à l’entreprise de retrouver son investissement initial, ainsi qu’une plus-value non négligeable.

Pourquoi le développement durable est-il l’enjeu des dirigeants?

Ne nous mentons pas. Ou bien les entreprises prennent le leadership sur une véritable initiative de développement durable et montrent l’exemple à tous. Ou bien rien ne se fera, avec les conséquences que l’on connaît. En cela, les dirigeants ont un enjeu qui n’est pas seulement celui de leur entreprise mais qui est un enjeu  de responsabilité sociale globale, pour ne pas dire de survie des générations futures. Cela étant dit, si l’on veut rester dans une logique purement économique, on peut gagner de l’argent avec le développement durable et EcoTree en est la preuve. Enfin, les dirigeants sont véritablement en train d’intégrer que la responsabilité sociale de l’entreprise est un actif compétitif. Il n’y a pas de croissance lorsque l’on n’offre pas un terreau fertile à l’environnement. Qu’il soit humain bien entendu. Mais aussi social et écologique.

 

Que peut-on vous souhaiter?

De ne pas perdre le goût de l’audace car c’est le sel de la terre. Et cette terre, nous voulons la préserver !

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Publication du livre « Ecriture Stratégique »

Publication du livre « Ecriture Stratégique »

J’ai co-écrit avec les professeurs de Français et de communication, Valérie Aubinaud,  Clara de Sorbay et Sophie-Anne Rocca, le livre Ecriture Stratégique 

« 10 erreurs à ne pas faire quand on rédige un mail professionnel »  Le Huffington Post

4 règles à suivre (impérativement) quand on envoie un mail « pro » BFM TV 

Pour la beauté des mots 78 Actu

 

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Publication du livre « Ecriture stratégique »

Présentation de l’ouvrage 

Plus que jamais, l’écrit devient un critère sélectif !
Utilisé à bon escient, c’est un outil redoutablement efficace qui permet de se démarquer et de gagner en crédibilité.

Première séance de dédicace du livre « Ecriture stratégique » avec les auteurs Clara de Sorbay et Mathilde Aubinaud

Véritable guide pratique pour les étudiants, cet ouvrage a pour objectif de donner toutes les clés indispensables pour savoir écrire dans le monde professionnel. Que ce soit au commencement avec le CV et la lettre de motivation, ou bien au sein de l’entreprise à travers des éléments aussi divers que les comptes rendus, les présentations sur Powerpoint ou encore la maîtrise des réseaux sociaux, il existe des règles simples afin d’éviter les écueils les plus stigmatisants. Avec quelques conseils et un peu d’entraînement, apprenez à écrire de manière efficace et pertinente.

Plus d’informations ICI

Nicolas Dufourcq, DG de Bpifrance « Les entrepreneurs sont les sportifs de l’entreprise »

Nicolas Dufourcq, DG de Bpifrance « Les entrepreneurs sont les sportifs de l’entreprise »

Pour « servir l’avenir », Bpifrance est le meilleur atout des entreprises. La banque publique d’investissement accompagne les entreprises françaises avec audace. Rencontre avec Nicolas Dufourcq, Directeur Général de Bpifrance.

Quels sont les points saillants de votre parcours? Quand avez-vous rencontré l’univers de l’entreprise pour la première fois?

Très tôt, j’ai eu mes premiers contacts avec l’entreprise. Alors que j’étudiais à HEC, j’ai créé ma première entreprise en 1987. J’avais 23 ans. J’en ai ainsi créé plusieurs en poursuivant  mes études.  Une entreprise d’exportation d’affiche pour les Etats-Unis, une entreprise de publicité a reçu le grand prix de la fondation Jacques Douce en 1988, puis dans l’agro-alimentaire et la formation professionnelle. Je suis entré, en 2004,  chez France Télécom pour démarrer l’aventure Internet en 1994 dans la division multimédia.

« De la nécessité d’avoir un grain de folie! »

-Dans quelle mesure ces  jeunes années ont-elles façonné le dirigeant que vous êtes aujourd’hui?

La nécessité d’avoir un grain de folie! Il est indispensable et se traduit par une invitation expresse à agir et à s’accomplir. C’est une sorte d’auto hypnose permettant de se sentir capable d’abattre toutes les montagnes. C’est essentiellement de l’énergie.

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Nicolas Dufourcq

-Quels liens tissez-vous avec l’audace?

L’audace consiste à ne pas voir la profondeur de la rivière quand on se jette dedans. C’est une question de dosage. Il faut être  professionnel et opérationnel. Il faut monter sur des faces nord en étant bien équipés. S’équiper pour aller relever des défis qui paraissent insurmontables à beaucoup de gens. Au cœur de l’audace, il est nécessaire d’être dans une extrême discipline du résultat.

« N’ayez pas peur ! »

-Comment définiriez-vous votre rôle auprès des entrepreneurs?

« Vous pouvez le faire« , « n’ayez pas peur. » Mon rôle est d’absorber le stress. Il consiste à produire  un mélange de sérénité et de volonté. Il s’agit de maximiser leur performance et leur potentiel à la fois  émotionnel et sportif. Ce sont les sportifs de l’entreprise!  A l’image d’un centre d’entraînement sportif, on les aide à , à s’équiper et également à avoir confiance en eux.

« Amener les équipes à révéler leur potentiel. »

– Quelles sont les figures qui vous inspirent?

Dans différentes catégories, nombre de personnes forcent le respect. C’est très important pour moi de manager les troupes, d’amener les équipes à révéler leur potentiel.

« Il n’y a rien de plus puissant que l’accomplissement personnel. »

-Comment définissez-vous le rôle du manager?

Il définit une vision très ambitieuse. Les défis les plus élevés sont à la portée de tous. Il n’y a rien de plus puissant que l’accomplissement personnel. Le manager doit faire en sorte que les salariés  se sentent bien. L’aventure collective devient ainsi  leur aventure. Ils ont l’affectio societatis, une affection pour le collectif et la société.

-Parce qu’au préalable, le manager s’est affirmé comme tel…

Si le manager est stable, paisible, imperturbable, l’équipe  suit.  Il n’y a rien de plus impressionnant que le mimétisme en entreprise.

« Aider les entrepreneurs à accomplir leurs rêves. »

-Comment arriver à concilier vision sur le long terme et gestion au quotidien?

Il faut une vision à moyen terme et une vision grandiose. Elle doit être ambitieuse avec une profonde conviction que c’est atteignable. Il faut aussi veiller à anticiper la façon dont on transforme le monde. C’est aider les entrepreneurs à accomplir leurs rêves.

« La France comme puits d’énergie et d’intelligence. »

En France que se passe-t-il pour les entrepreneurs?

La France n’est pas ce qu’on en dit.  Il suffit de se retourner et y trouver un puits d’énergie et d’intelligence. À tous les coins de rue, il y a des histoires. C’est une forêt enchantée d’exploits anonymes.

– Il faut alors mettre fin à un entre soi?

C’est l’entre soi de la déploration. Il faut sortir du microcosme. Nous avons une société très complexe, extrêmement riche et qui réservera des surprises.

« Il faut des fêtes ! »

-Le mot de la fin?

Ça va aller! Pas d’inquiétude!  Il faut des fêtes et beaucoup. Le Défilé du 14 Juillet est unitaire. Partageons le succès et disons merci. Que la fête commence!

 

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud