De l’enthousiasme en peinture 

De l’enthousiasme en peinture  Alors que va bientôt démarrer  « Les Fleurtes » dans le 17ème arrondissement, retour avec les trois artistes,  Aude Azaïs, Nazish Munchenbach et Anne-Marie Helies sur leur vision de l’art. Interview pour La Saga des Audacieux.   Mathilde Aubinaud : Quel imaginaire a-t-on des fleurs? Aude Azaïs, Nazish Munchenbach et Anne-Marie Helies : Nous avons […]

#jesuisparisArtauction ou l’art pour se souvenir

#jesuisparisArtauction ou l’art pour se souvenir Quelle meilleure réplique à l’indiscible, à l’inimaginable que l’art? Face aux attentats du 13 novembre, Philippe de Boucaud, Pierre Cornette de Saint Cyr, Jean Philippe Aka et Nicolas Hugo proposent une vente aux enchères pour les blessés, victimes des attentats du 13 novembre 2015. Interview de Philippe de Boucaud: Trois mois après les attentats à Paris, vous […]

Article pour « Jeunes à Versailles » Un mois, un portrait: Chloé, danseuse, chorégraphe et professeur

Elle nous fait tourner la tête. Rencontre avec la virevoltante Chloé Dozeville.moi seule

Danseuse et chorégraphe, Chloé Dozeville, est attachée à l’investissement de ses élèves, mais surtout à la prise de plaisir, au travail de groupe,  et à la progression de leur niveau. Elle enseigne dans sa propre association, à Versailles et dans des grandes écoles (Polytechnique, HEC, …). Elle a au coeur ses « élèves fidèles, qui me suivent depuis des années ; j’ai même souvent leurs petites sœurs ou bien leurs filles… ».

Transmission, émotion, contact

Le professeur, qui donne 21 cours par semaine, insiste sur l’importance de la pédagogie. Pour elle, l’enseignement de la danse, c’est « la transmission d’un mouvement, d’un rythme, d’une énergie et d’une émotion». Elle s’émeut de moments de joie partagés avec ses danseurs. A ses yeux la danse associe parfaitement « un contact corporel  ainsi qu’un contact humain très fort ».

Congo, Guinée, Versailles, Paris

A quatre ans, elle débute la danse classique et africaine au Congo et en Guinée puis en France. Elle est alors élève au Conservatoire de Versailles, entre autres, puis diplômée du Conservatoire national de Paris. Un parcours qui se poursuit brillamment. La danseuse de 30 ans commence à enseigner à 18 ans, créée sa compagnie à 23 ans, son association à 25 ans. Elle s’investit totalement dans ses spectacles, faisant elle-même les montages son, la chorégraphie, les costumes, le travail avec le régisseur.

Inspiration

Les idées lui viennent en feuilletant des magazines, comme pour sa chorégraphie « Fashion week », en lisant un livre, comme pour « esprits multiples » ou encore en découvrant l’Atelier Numérique où la Compagnie se produira en fin de semaine. « C’est une salle merveilleuse, l’inspiration m’est venue tout de suite » considère celle qui se définit comme positive et entière.
La danseuse mêle des styles de musiques très variés, allant de l’électro au classique, en passant par le tribal. Elle utilise beaucoup de bruitages comme les scies, les sonneries… Elle travaille aussi avec des artistes comme une chanteuse lyrique, un compositeur contemporain ou encore un saxophoniste.
Un chorégraphe modèle ? D’emblée, elle cite le contemporain Angelin Preljocaj.

Pour plus d’infos :
http://follement-temps-danse.com 
Spectacle le samedi 11 octobre et le 15 novembre à l’Atelier Numérique (20h30)

Retrouvez l’article sur le site Jeunes à Versailles http://www.jversailles.fr/article/?tx_ttnews%5Btt_news%5D=768&cHash=1d04d6d474e09b23424109e57260bfa5

Mathilde Aubinaud

Collaboration avec Michel Aumont; duel entre art et politique

Collaboration, pièce jouée actuellement au Théâtre de la Madeleine, est une réflexion intelligente sur le traditionnel duel entre l’art et la politique. Analyse.

Collaboration… Un nom très ambigu qui évoque d’abord dans notre imaginaire une période sombre de l’Histoire. Celle de la Seconde Guerre mondiale.

La pièce de Ronald Harwood, montée au Théâtre de la Madeleine depuis le 25/01, a évidemment une portée historique indéniable, qui sert de fil rouge à l’intrigue. Cependant, le titre de la pièce fait plutôt référence au départ à l’entente qui va unir deux grandes figures intellectuelles du XX ème siècle que sont le célèbre compositeur allemand Richard Strauss et le génial écrivain autrichien et juif Stefan Zweig (et pas Sweig !). Strauss décide d’engager Zweig pour qu’il lui écrive un livret d’opéra-bouffe inspiré de Ben Jonson, dramaturge contemporain de Shakespeare (et dont la plus célèbre pièce Volpone a été jouée à la Madeleine cette année et a remporté un grand succès). La complicité des deux hommes est perceptible jusqu’à ce que l’avènement du Fuhrer en 1933 change la donne…

La réussite de cette pièce repose principalement sur l’alchimie entre les deux acteurs principaux : Didier Sandre et Michel Aumont campent avec délicatesse et intensité les deux grands artistes. Aumont joue avec conviction et fougue un Strauss arrogant et sûr de lui et de ses droits alors que Sandre incarne Zweig de manière plus écorchée, émouvante et touchante. La sympathie du public va irrésistiblement vers Sandre car celui-ci joue de manière plus subtile et nuancée que son acolyte. Christiane Cohendy joue Pauline, la femme de Strauss : elle apporte un contrepoint comique (du moins au début) bienvenu. Sa ténacité et son courage face à la montée du nazisme sont retranscris de manière pugnace.

L’Histoire, on l’a dit, joue un rôle essentiel dans l’économie de la pièce. On passe progressivement de l’insouciance à la prise de conscience du drame qui est en train de se jouer. Deux conceptions s’opposent : Strauss affirme que l’art est au-dessus de n’importe quel régime politique alors que Zweig lui, est terrorisé par la montée du nazisme et ne se sent plus le courage de continuer à pouvoir exercer son art. La présence de l’officier nazi crée une atmosphère étouffante et tendue. Les différentes saynètes retranscrivent des moments clés liés à l’importance du nazisme de plus en plus grande : le suicide de Zweig à Pétropolis en 1942 ou bien le procès de dénazification en 1948 où Strauss apparait affaibli et malade sont poignants.

La mise en scène est sobre et élégante. Les intermèdes musicaux entre les scènes permettent de faire une transition cohérente. Le rideau noir cristallise les thèmes de la pièce qui sont le rapport à l’esthétique et la symbolique du deuil.

En somme, allez-voir Collaboration pour vous replonger dans cette période trouble de l’Histoire à travers l’amitié contrariée de deux grands hommes.

Thomas Ngo Hong