Lorenzo de La Rochefoucauld, la droite de demain

Lorenzo de La Rochefoucauld, la droite de demain

A 25 ans, il affronte le patron des députés socialistes, Bruno Le Roux, aux prochaines élections législatives en Seine-Saint-Denis. Rencontre pour La Saga des Audacieux avec une figure dont on entendra parler sur la scène politique : Lorenzo de La Rochefoucauld.

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« Une formidable histoire d’envie » Parce qu’il a la passion des gens et de la vie, Lorenzo de La Rochefoucauld a fait sienne la politique tel un sacerdoce.

« Mon identité n’est ni heureuse ni malheureuse. Elle est laborieuse. »

Appréhender la politique comme un poste, comme une étape dans une carrière prometteuse serait mal connaître le candidat investi par les Républicains dans la première Circonscription de Seine-Saint-Denis. Peu dupe des rouages politiciens, il a appris sur le terrain, de « [ses] propres yeux« . Il répond, ainsi, à sa manière à Alain Juppé « Mon identité n’est ni heureuse ni malheureuse. Elle est laborieuse. »

À l’écoute, il s’interroge et questionne. Il apprend puis repart. Il évoque sa rencontre avec une personne sur le marché qui se trouvait dans une situation dramatique, sans emploi, sans toit, sans famille, « une leçon de dignité« . Pas un instant, elle ne s’est plainte.

Il y va pleinement, entièrement, totalement. Au nom d’une génération. Pourquoi franchir le pas ? « Si je me sentais représenté, je ne me serais pas présenté. » Le directeur de cabinet du Président de l’AFER (Association Française d’Epargne et de Retraite) se refuse à n’être que spectateur. « Ne gâchez pas votre existence à vivre celle d’un autre. » Des mots qui résonnent.

Il entend ainsi se poser en allié de ceux qui repensent autrement le monde du travail. Futur député, il souhaiterait une proposition de loi en lien avec l’uberisation de la société et l’émergence des nouveaux métiers. Il s’agit pour lui de protéger cette nouvelle forme de travail tout en encourageant la dynamique entrepreneuriale « Ils sont une réponse au chômage et à l’assistanat ».

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« De belles promesses »

« Un potentiel ». Avec enthousiasme certain, le voici qui évoque la Circonscription et ce qui la façonne. Les Puces de Saint-Ouen rassemblent le plus d’antiquaires et de brocanteurs du monde. Le Stade de France, les sièges de grandes entreprises sont légion. Même la région Ile-de-France a décidé d’y emménager.

Près de 30% des habitants du territoire ont moins de 30 ans. Autant d’atouts que décèle le candidat de droite. Il loue le positionnement géographique « en face de Paris, qui offre de belles promesses ». Semaine après semaine, le voici au contact des habitants, des commerçants.

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Prendre en main son destin

Dans ce fief historique de la gauche, il entend proposer une alternative forte et mettre fin à l’imaginaire socialiste qui y règne depuis le congrès fondateur d’Épinay. Il a de son côté une  fougue et une grande détermination. « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ».

Cette sentence de Guillaume d’Orange lui correspond. Bousculé par les rencontres, par ces êtres qui prennent en main leur destin et font face à l’altérité, il évoque La Cité de la joie. Et le voici qui de nouveau parle de politique, qui l’habite de l’aube à l’aurore.dsc_0449

Inspiré, il écrira les prochaines pages de la politique de sa Circonscription mais aussi celle d’une politique tournée vers les autres, vers le collectif.

 Mathilde Aubinaud


 

Le Club Vaugirard : le pari audacieux de l’échange

Le Club Vaugirard : le pari audacieux de l’échange

A l’approche des primaires de la droite et du centre, nous sommes partis à la rencontre d’un acteur audacieux. Frédéric Latour a fondé le Club Vaugirard qui rassemble les collaborateurs parlementaires du Sénat de la droite et du centre. Interview.

Mathilde Aubinaud : En quoi le Club Vaugirard est-il un pari audacieux?

Frédéric Latour : Dans la mesure où nous avons créé quelque chose de nouveau et qui n’existait pas auparavant, on peut clairement dire que Le Club Vaugirard est par définition audacieux. C’est d’ailleurs toujours un pari audacieux et difficile de créer quelque chose mais les retombées ont été très bonnes notamment la presse et le confidentiel paru dans Le Figaro ont clairement lancé le truc.

Savoir défendre ses convictions même lorsque qu’on est minoritaire

Quelle est votre définition de l’audace en politique?

L’audace c’est principalement de ne pas céder à la facilité et parfois de savoir défendre ses convictions même lorsque qu’on est minoritaire notamment dans sa propre famille politique.

Comment le Club est-il né?

Nous nous sommes réunis avec des collaborateurs parlementaires du Sénat de droite et du centre élus ou non élus, pour animer quelque chose de nouveau qui permettait d’aller plus loin qu’une simple association de défense des collaborateurs, ce que nous faisons néanmoins en étant reçus par les instances du Sénat et notamment par Madame Françoise Cartron Vice-Présidente du Sénat, lors des consultations pour travailler sur le statut des collaborateurs. Mais nous souhaitions aller plus loin, nous organisons des débats et des petits déjeuners chaque mois avec des sénateurs LR et UDI souvent anciens collaborateurs, nous visitons des sièges d’entreprises pour voir la manière dont ces sociétés fonctionnent notamment l’Oréal, la Sacem, NRJ, Total.

Dans quelle mesure allez-vous vous impliquer dans la primaire de la droite et du centre?

Nous recevons les candidat(e)s à la Primaire pour qu’ils viennent parler de leur campagne et qu’ils s’expriment devant les collaborateurs et collaboratrices du Sénat. Jean-François Copé est venu le 9 mars dernier devant le Club Vaugirard, François Fillon et je le regrette a annulé sa participation du 7 juillet pour cause d’agenda, Nathalie Kosciusko-Morizet est venu le 13 juillet, Bruno Le Maire interviendra le 27 septembre. J’espère qu’Alain Juppé et Nicolas Sarkozy viendront car ils sont attendus.

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Vous avez transmis un questionnaire aux candidats des primaires…

Oui nous voulions savoir ce qu’ils et elles pensaient du statut des collaborateurs, de l’alignement de la dotation de l’Assemblée Nationale sur celui du Sénat, et de notre métier de collaborateurs de manière générale.Les réponses seront publiées prochainement dans la presse. Nathalie Kosciusko-Morizet, François Fillon, Bruno Le Maire ont déjà répondu. D’autres réponses au questionnaire vont arriver très prochainement. Nous avons écrit récemment à Nicolas Sarkozy suite à l’annonce de sa candidature pour avoir sa vision sur le métier de collaborateur parlementaire.

Un lieu d’échange et de débats

Quel est le rôle du Club pour les collaborateurs?

C’est à la fois un lieu d’échanges et de débats pour des collaborateurs et collaboratrices du Sénat qui sont engagés en politique qui ont un mandat d’élus mais également à ceux qui n’ont pas de mandat électif mais qui s’intéressent au débat public et de façon générale à la politique et à la vie parlementaire. Il y a aussi des collaborateurs de l’Assemblée Nationale qui ont adhéré et qui participent a nos débats. Ils sont vraiment les bienvenus.

Pour vous, qu’en est-il des liens entre les mondes de l’entreprise et celui de la politique?

C’est très important de voir comment les entreprises fonctionnent. Symboliquement nous avons fais notre premier petit déjeuner du Club Vaugirard à la SACEM, où Blaise Mistler, directeur des relations institutionnelles nous a reçu. Je le remercie encore sincèrement.

Quelles sont les problématiques qui émergent lors des débats?

Il y a clairement un besoin d’échange. Il est parfois difficile pour des collaborateurs de discuter avec des sénateurs. Là toutes les questions sont ouvertes, le débat et les échanges sont interactifs. Lors des petits-déjeuners du Club Vaugirard plus particulièrement avec les sénateurs Jean-Baptiste Lemoyne, Loïc Hervé, Christophe Frassa, Cyril Pellevat, et avec le député Eric Woerth au siège des Républicains, j’ai constaté que les collaborateurs étaient très friands d’échange avec les parlementaires. Ça n’existait pas avant, nous avons créé quelque chose de totalement nouveau et qui fonctionne vraiment très bien.

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Qui sont vos prochains invités ?

Bruno Le Maire viendra mardi 27 septembre a 18h15 au Sénat, nous sommes très heureux de le recevoir. D’autres candidats(e)s à la Primaire reviendront d’ailleurs, c’est leur demande et ce sera avec plaisir. Nous allons ré-organiser aussi des petits déjeuners avec des sénateurs à partir du mois d’octobre notamment avec Joël Guerriau, sénateur UDI de Loire Atlantique, qui a  adhéré du Club Vaugirard. Des visites d’entreprises sont également au programme.

Que peut-on vous souhaiter?

De développer encore davantage le Club Vaugirard avec beaucoup d’audace. Le pari est aujourd’hui réussi : 80 adhérents et 7 sénateurs qui ont adhéré au Club Vaugirard. Nathalie Kosciusko-Morizet à même adhéré suite à notre réunion du 13 juillet dernier, ce qui nous a ravi. Je les remercie tous et toutes sincèrement. C’est vraiment très encourageant pour la suite.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

 

Thierry Solère : « Les primaires donnent plus de pouvoir aux citoyens »

Thierry Solère : « Les primaires donnent plus de pouvoir aux citoyens »

 

Unifier la grande famille de la droite et du centre en vue de l’élection présidentielle de 2017. Tel est l’objectif de la primaire de la droite et du centre. Pour assurer la bonne organisation de ce rendez-vous démocratique inédit, un consensus a été trouvé entre les principaux candidats pour désigner Thierry Solère à la tête du Comité national d’organisation de la primaire de la droite et du centre.

Réputé proche de Bruno Le Maire, Thierry Solère est également une figure bien connue de Nicolas Sarkozy qu’il a côtoyé sur les bancs du Conseil général des Hauts-de-Seine. Une terre singulière, à part, dans le microcosme politique. Une terre d’élection acquise à la droite et hautement convoité où Thierry Solère a su se faire une place. Et c’est Claude Guéant qui en a fait les frais quand Thierry Solère a refusé de le voir représenter les siens à L’Assemblée. Ainsi, il affronte le Ministre de l’Intérieur de l’époque et tient bon en se présentant en dissidence. Il sera finalement élu.

Incarnant le renouveau de la classe politique, le député de la 9e circonscription des Hauts-de-Seine est l’une des figures montantes de la droite. Marié et père de quatre enfants, il est impliqué, sur le terrain auprès des citoyens. Il prône une politique du résultat. Député de Boulogne-Billancourt, il est également Conseiller régional d’Ile-de-France, où il a été élu Président du groupe «  Les Républicains », au lendemain de la victoire de Valérie Pécresse.

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Mathilde Aubinaud : Quels sont les points saillants de votre parcours politique ?

Thierry Solère : J’ai travaillé surtout dans le privé. En parallèle, j’ai eu, jeune, un engagement local. Ce sont surtout des rencontres qui créent et confortent des engagements. Ainsi, Jean-Pierre Fourcade, Ancien ministre des finances et Séanteur-maire de Boulogne-Billancourt m’a proposé d’être directeur de sa campagne aux élections municipales de 2001. Il m’a ensuite proposé de devenir son adjoint.

Autre moment clé :  en 2004, lorsque je me suis présenté au conseil général des Hauts-de-Seine, en même temps qu’un certain Nicolas Sarkozy, qui présidera le département jusqu’en 2007, année de son élection à l’Elysée. Puis, lors des législatives de 2012 où Claude Guéant a été parachuté à Boulogne-Billancourt. Je ne me suis alors pas reconnu comme électeur et habitant de la ville pour être représenté à l’Assemblée par Monsieur Guéant. Je me suis présenté à ces élections et j’ai gagné.

« Faire des Hauts-de-Seine un territoire de prospérité. »

-En quoi le département des Hauts-de-Seine est-il singulier ?

Ce sont des villes très différentes. Il y a une construction théorique de ce département. Il était intéressant d’arriver à créer une cohérence et de rénover des villes pour en faire un territoire de prospérité.

« La répercussion de la politique  dans la vie quotidienne »

-Comment définissez-vous la politique ?

C’est le service de l’intérêt général. Il s’agit de la gestion de la cité. Cela est passionnant. Il y a, en effet, une répercussion dans la vie quotidienne à tous les niveaux.

– De quelle manière, Internet permet-il d’appréhender autrement la société ?

Internet est un levier. Internet permet un accès au savoir et donne le pouvoir au gens. L’internaute n’est pas uniquement un récepteur; c’est aussi un émetteur d’information. Il peut ainsi participer à la gouvernance d’une société.

-Comment avez-vous vécu la victoire de Valérie Pécresse lors des élections régionales ?

J’ai été très heureux pour elle.  Elle a consacré un moment très important de sa vie à cette Région et son engagement total pour l’Ile de France force chaque jour le respect de tous, de droite comme de gauche. Aujourd’hui, il y a nombre de choses à réaliser pour la région Ile-de-France. C’est un beau défi que Valérie Pécresse entend relever.

« Les primaires ;  l’opportunité de s’impliquer. »

Vous êtes président du Comité national d’organisation de la primaire de la droite et du centre. Elles auront lieu les 20 et 27 novembre prochains. Comment allez-vous vous impliquer ?

Les primaires se généralisent.  La gauche y a eu recours, en 2011, pour choisir son candidat. C’est désormais au tour de la droite et du centre. Les  institutions de la Vème République évoluent fortement. Le quinquennat y a apporté des changements. On a aligné les calendriers présidentiels et législatifs. Ce choix des primaires confère plus de pouvoir aux gens. Cela donne l’opportunité de s’impliquer. Les citoyens ont le pouvoir de voter mais aussi de choisir leur candidat.

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M. Thierry SOLERE Dans l’Hémicycle Hauts-de-Seine Photo souvenir prise au début de la 14ème législature

« Que la politique produise des résultats ! »

-Quelle représentation a-t-on aujourd’hui de la chose publique ?

Il y a une défiance avec la chose publique et la représentation. Nous sommes dans un pays qui connaît un déclin et l’on devient de plus en plus critiques. C’est une des raisons pour laquelle le vote extrême prospère.

Ce qu’il faut ce sont  des résultats.  Que la politique produise des résultats ! A la région, Valérie Pécresse a le souci constant et permanent de mettre en œuvre les engagements sur lesquels elle a été élue par les Franciliens. C’est confortable sur le plan intellectuel et moral de travailler à ses côtés, dans le respect des engagements pris.

-Qu’en est-il des jeunes générations?

Nous devons montrer que la politique peut changer les choses.

« Il suffit de dire non. »

-Quel regard avez-vous sur l’audace? Comment vous définissez-vous par rapport à cette valeur ?

Je me définis comme libre et comme assez certain de ce que je pense devoir faire. Je n’aime pas subir les choses que je réprouve. Il suffit de dire non. Quand quelque chose ne va pas, je le dis clairement.

-Quelles sont les qualités que doit avoir une personne qui s’engage en politique ?

Ce sont les grandes qualités morales de la vie. Au-delà, il s’agit de l’envie de faire et de ne pas s’éparpiller. Je n’ai pas un goût absolu pour le pouvoir. Ce n’est pas ma quête. J’ai envie de faire bien. Je suis chargé de l’organisation des primaires. Si déjà, je m’en occupe correctement, pour que le résultat ne soit pas contesté, j’aurais rempli ma mission.

– Au contraire, quels sont les défauts à ne pas avoir en politique ?

Le défaut en politique est l’inutilité. Cela  participe de la défiance. J’aime bien avoir une mission à la fois précise et concrète  et essayer de tout faire pour la mener à bien.  J’ai essayé d’être utile partout où je suis passé et j’entends continuer sur cette voie.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Franck Louvrier : « La politique amène à l’humilité »

 

Franck Louvrier : « La politique amène à l’humilité »

Rencontre pour La Saga des Audacieux avec Franck Louvrier , l’ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy. Il est aujourd’hui Président de Publicis Events et Vice-Président de Publicis Consultants, conseiller régional des Pays de la Loire et conseiller municipal de La Baule-Escoublac. Portrait.

De l’Avenue Achille Peretti au 55 rue du Faubourg SaintHonoré, de Neuilly et sa mairie au « Château », il a été l’un d’eux : un fidèle. Un de ceux qui ont façonné Nicolas Sarkozy. Franck Louvrier a fait partie de ces conseillers qui ont mené le maire des Hauts-de-Seine, le ministre de droite au sommet de l’Etat. Il a fait partie du clan qui a détaché leur candidat du reste des protagonistes du paysage politique. Il est resté, a tenu et l’a mené haut. Des jeunes années dans le sérail politique, il n’a nullement été un spectateur passif mais un stratège qui a su déceler et révéler l’animal politique. Un acteur clé de « la firme Sarkozy ». Un homme de l’ombre qui éclaire. L’histoire de la conquête du pouvoir de Nicolas Sarkozy n’est pas la destinée d’un homme seul. Au contraire. Une bande. Invincible. Rencontre avec l’un des artisans du pouvoir.

Un parcours inattendu

« Au fur et à mesure de ma vie, j’ai fait des choix que j’ai voulu décider plutôt que des choix imposés. » Il débute  par le droit en pensant embrasser la profession de commissaire de police. Ce ne sera finalement pas sa voie. Étudiant à l’ESG, il fait un stage dans la communication événementielle, univers pour lequel il travaille actuellement. Il rencontre par ailleurs, dans ses jeunes années d’adulte, la parlementaire de Nantes Elisabeth Hubert et devient son assistant parlementaire. Il la suit quand elle devient ministre de la Santé publique et de l’assurance maladie. Il poursuit au Ministère. Intervient alors Alain Juppé qui lui  demande de reprendre le service de presse du RPR. Il accepte et y reste. Il y fera une rencontre clé : Nicolas Sarkozy et le suit. « Je l’ai suivi dans ses responsabilités en tant que chef  de cabinet à la  mairie de Neuilly, dans les ministères et à l’Elysée en charge de sa communication ». Après ces années de politique, il décide de changer. «  Maurice Lévy m’a proposé la présidence de Publicis Events ». Il rejoint le groupe de communication sans pour autant abandonner la politique, bien au contraire. Attaché aux Pays de la Loire, il est élu dès 2010, conseiller régional. Il est également conseiller municipal à La Baule-Escoublac.

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Franck Louvrier

« L’utilité doit primer sur tout le reste. Jour de victoire comme  de défaite ».

Ce père de famille, papa de Pia, 11 ans, évoque sa vie rythmée « par l’intérêt de ce que je fais ». En fin de semaine, il rejoint sa terre natale et il avance. Ne stagne pas, jamais. Pour lui, la remise en cause est permanente. « L’utilité doit primer sur tout le reste. Jour de victoire comme  de défaite ». Lucide, il explique que « la politique amène à l’humilité. Rien n’est gagné à l’avance ». Il loue le syncrétisme de la politique : « c’est un enrichissement permanent ». L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a d’ailleurs appréhendé la chose publique sous un prisme singulier : la communication.

De l’idée créatrice

« L’essentiel ce sont les idées. S’il y a une bonne idée mais que l’on ne sait pas la défendre, elle ne passera pas. La communication est intrinsèque à la politique » souligne-t-il. Les impétrants sont légion. Comment émerger à l’heure où règne la profusion? « La différentiation passe par l’idée créatrice. La création est  ce qui fait gagner ».  Il loue la capacité de pouvoir emporter une idée de « façon originale et différente ».

« En politique on est locataire du succès ». Bienveillant et loin d’être cynique, il n’est pas dupe des rouages du pouvoir. « On sait que le succès est éphémère ». Il n’y a pas  véritablement de confort. « On ne s’installe jamais. Quand il y a le confort, il y a le danger ». « Si vous n’avez pas d’audace vous n’avez plus d’oxygène ». Il l’appréhende comme « le fruit d’une mise en risque du parcours, des envies ».  Elle fait la différence en étant là on ne nous attend pas. Pour lui, « le risque est avant tout le calcul de la prise de risque ». « On ne peut pas tout emporter avec la raison. Il faut être capable de rejouer ».

« L’engagement personnel : le lien et la force d’un pays ».

Napoléon Bonaparte. Une figure qui l’impressionne pour son parcours, pour tout ce qu’il a fait dans une vie « j’aimerai en faire un dixième quand on voit en si peu de temps ce qu’il a pu réaliser ». Lecteur de biographies, il aimecomprendre les individus qui ont marqué l’Histoire. « J’aime beaucoup plus l’Histoire que la fiction ».  Une histoire de vie qu’il écrit jour après jour sur le terrain auprès des citoyens. « L’ennui c’est l’antichambre de la mort. On a un monde qui a tellement de richesses. Ce qui est dur c’est le choix ». Ce qu’il aimerait faire ? Avec enthousiasme, il se met à énumérer : « découvrir tout le cinéma italien, voyager encore plus, aller dans des endroits inconnus. Mon rêve serait de ne pas dormir ». Il aurait de quoi s’occuper : écrire, découvrir, s’instruire plus, s’impliquer d’autant plus pour les autres. Ce qu’il aimerait qu’on lui dise ?  « Vous êtes utile pour mon entreprise, pour la vie quotidienne ». « Je ne fais pas de la politique par ambition. Je pense que c’est intéressant de se rendre utile aux autres en répondant à leurs préoccupations ». Il souligne la noblesse d’un engagement. « Chaque Français devrait avoir un engagement personnel. C’est le lien et la force d’un pays. Les gens sont capables de se démultiplier ». Ce que l’on peut lui souhaiter ? « bonheur et santé ». Le mot de la fin ? « humilité » lance-t-il spontanément. Un mot qui est tout sauf une posture. Un état d’esprit qui le porte tourné vers les autres. Une politique qui fait sens et tant mieux.

Mathilde Aubinaud

Vincent Monadé « La lecture est le dernier refuge de l’intime »

Vincent Monadé  « La lecture est  le dernier refuge de l’intime »

Du 17 au 20 mars a lieu le salon du livre. A cette occasion, La Saga des Audacieux s’est rendue au Centre national du livre qui joue un rôle majeur dans le soutien de l’ensemble des acteurs du livre. Rencontre avec Vincent Monadé, son Président. 

 Mathilde Aubinaud : Quels sont les points saillants de votre parcours?

Vincent Monadé : Il a fallu, d’abord, être poursuivi par quelques études. J’ai démarré à la  librairie  Delamain place du Palais Royal, puis j’ai rejoint Le Divan rue Bonaparte et la librairie de Paris place Clichy, le tout chez Gallimard, qui est une maison très formatrice.

J’ai été, par la suite, Conseiller de Jean Paul Huchon à la culture, puis attaché culturel en Afrique. Après les élections présidentielles de 2012, Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur m’a appelé auprès d’elle. J’étais son conseiller pendant près de 2 ans. Puis je suis arrivé au Centre national du livre  en  octobre 2013.

« Nous permettons le rayonnement de la littérature française dans le monde. »

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crédit : Hannah Assouline / CNL

Comment définiriez-vous votre établissement? 

Le CNL est  essentiel pour la diversité culturelle du monde de l’édition. Celui-ci est un marché de 4 milliards d’euros. Cela en fait la première industrie culturelle de France. Elle est soutenue à hauteur de 35 millions d’euros par le CNL. Il joue un rôle majeur dans certains secteurs comme les éditions de poésie et celles de théâtre. Nous permettons le rayonnement de la littérature française dans le monde. Notre rôle dans le soutien dans la libraire indépendante est essentiel. Nous sommes les derniers mécènes de ce pays.  Nous finançons les auteurs sans demandes de contrepartie et je crois que ce soutien à la création est essentiel.

« Soutenir les festivals de vie littéraire. »

Quels sont les enjeux actuels auxquels vous vous confrontez?

L’établissement est confronté à l’enjeu fondamental des publics. Face à une disparition progressive des grands lecteurs, il faut répondre en soutenant les festivals de vie littéraire. Ils sont une vitrine. Un festival accueille les auteurs et rencontre les publics. Nous avons  inventé pour le Ministère de la Culture et de la Communication « Lire en short » en plein milieu des vacances scolaires. C’est une fête très populaire destinée aux enfants en plein cœur de l’été.

« Le libraire de demain qui  proposera une qualité de service remarquable fera la différence entre  venir dans un magasin et acheter sur internet. »

Quels liens tissez-vous avec les librairies?

Nous avons  l’aide: VAL : la valorisation  de l’aide aux fonds des librairies. La librairie regroupe un ensemble de critères: accueil, conseil du client, capacité à gérer, la qualité de l’animation et la capacité à  défendre un fond de théâtre, de poésie, de sciences humaines. Le libraire de demain qui  proposera une qualité de service remarquable fera la différence entre  venir dans un magasin et acheter sur internet.

« La lecture publique est la meilleure réponse que l’on ait trouvée face à l’inégalité sociale des bibliothèques familiales. »

Quel rôle représente aujourd’hui La bibliothèque ?

La bibliothèque est un  enjeu sociétal majeur.  La lecture publique est la meilleure réponse que l’on ait trouvée face à l’inégalité sociale des bibliothèques familiales. C’est offrir la chance d’accéder à des livres. Une bibliothèque propose un espace d’accueil et de travail. Elle permet d’accueillir les jeunes qui travaillent le bac, les demandeurs d’emploi. C’est une réponse  aux enjeux d’égalité.

Comment appréhendez-vous le  temps de la lecture?

L’accélération du temps, dans une société qui n’en n’avait pas l’habitude, concurrence le livre. Internet induit une accélération des usages. On a une concurrence des loisirs. Nous sommes un loisir qui demande un temps long. La lecture est  le dernier refuge de l’intime.

Avez-vous des livres  qui vous ont particulièrement façonnés?

Oui Oui et la petite voiture jaune m’a appris à lire. J’y ai découvert le  plaisir de lire. Je retiendrai Alexandre Dumas, Emilio Salgari, Bob Morane, Jules Verne. La littérature de l’imaginaire a façonné mon enfance.

A 15 ans, ma découverte majeure a été Stephen King qui mériterait d’être récompensé par un prix Nobel. Et je considère Le ravissement de Lol V. Stein comme le plus grand livre du XXeme siècle.

 Pour vous, existe-t-il encore des créations littéraires?

Il y a encore, heureusement, des jaillissements. L’émergence de Matthias Enard est parfaitement méritée. Beaucoup d’auteurs rajoutent des étages à la tour de Babel.

S’il fallait retenir deux phrases de la littérature?

 » Si elle n’est plus belle, eh bien tant pis! Nous nous arrangerons! J’ai gardé tant de beauté d’elle en moi et pour au moins vingt ans encore, le temps d’en finir. » Céline. Je pense que c’est le résumé de ce qu’est l’amour pour quelqu’un.

« Les gens disent qu’il faut de tout pour faire un monde. Je ne le crois pas. Il faut du bonheur et rien d’autre. » Eluard.

« Je pense qu’il faut exploser les genres. »

De quelle manière êtes-vous audacieux?

Je défends la littérature populaire.  Je ne m’inscris pas dans une histoire littéraire germanopratine. Je pense qu’il faut exploser les genres. Oui j’essaie d’être transgressif quand il le faut.

En quoi la rentrée littéraire est-il un moment des plus singuliers?

 Je n’ai jamais connu une rentrée où il n’y a pas  eu quelque chose  de beau, de vivant ou de nouveau. C’est un moment important. C’est très utile aux éditeurs, aux auteurs et à la découverte de la littérature !

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

 

Romain Nadal : « La COP 21 : un pari sur l’intelligence collective ! »

Romain Nadal : « La COP 21 : un pari sur l’intelligence collective ! »

A quelques semaines de la COP 21, La France reste sur le devant de la scène internationale. Parce qu’elle a osé porter des enjeux cruciaux pour le monde de demain, parce qu’elle a défendu ses valeurs avec courage, sa diplomatie incarne une audace certaine. Rencontre pour La Saga des Audacieux avec le Porte-parole du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, Romain Nadal. Portrait.

La famille diplomatique française

« Mon premier défi a été ma venue à Paris. » Romain Nadal se souvient de son arrivée dans la Ville Lumière. Il a alors 18 ans. Il quitte Nîmes et sa famille pour Paris et ses études. Hypokhâgne puis Sciences-Po. Il se remémore « ce choc culturel très formateur« . Les moments de doutes et d’interrogation se succèdent. Il découvre et apprend. Pour se préparer au concours de l’ENA, il passe celui du quai d’Orsay. A sa surprise, il y’est admis.

Il entre au Quai d’Orsay alors qu’il n’avait jusqu’à présent jamais rencontré de diplomate de sa vie. Il sera, par la suite, « adopté par la famille diplomatique française ». Il rejoint la direction des affaires juridiques comme rédacteur en charge du droit international et de l’environnement. Il plaide au Luxembourg à la cour de justice de l’Union Européenne. De juriste diplomate en cabinet, il devient de 1999 a 2002, conseiller diplomatique du Président de l’Assemblée Nationale. Puis direction  Madrid au cabinet de l’Ambassadeur en tant que responsable du service de presse et Porte-parole. Retour à Paris comme responsable de la mission de la modernisation au ministère. Des 2008, il occupe des fonctions de sous-directeur puis directeur adjoint de la presse. En 2012, le voici Porte-parole de la politique étrangère du Président de la République au sein de la cellule diplomatique. Puis retour au quai d’Orsay comme porte-parole. Les figures de la diplomatique qui l’ont façonné ? Il cite d’emblée les diplomates Pierre Vimont, Alain Dejammet, Xavier Driencourt, Pierre Sellal, Catherine Colonna, « des références, des modèles ».  

D’une COP à l’autre

« Un leadership de la France dans la négociation diplomatique. »

« La COP 21, c’est un pari sur l’intelligence collective ! C’est un pari sur la capacité de la France à exercer un leadership dans la négociation diplomatique. » A quelques semaines du sommet international, il revient sur l’évènement : « L’Histoire a montré que l’on y’est arrivé ».

Il avait participé comme expert juridique à la première COP sur les changements climatiques à Buenos Aires. 20 ans plus tard, il est présent à celle de Paris en tant que porte-parole du ministère. Il souligne l’audace du Chef de l’Etat, qui, dès son élection en 2012 a souhaité que la France relève ce défi diplomatique.

Romain NADAL

De l’art de la flexibilité

Selon lui, pour être un diplomate accompli, « il faut être audacieux ». Il explique la nécessité de se « remettre en cause » et de s’adapter afin d’ « être flexible dans des contextes internationaux très différents ». Il évoque ainsi son poste à Madrid sous le gouvernement de José Maria Aznar avec  des périodes de différends sur l’Irak et la situation internationale très tendue au moyen orient. Le premier ministre espagnol avait opté pour une forme d’alignement sur la politique américaine d’intervention en Irak alors que ses homologues français avaient choisi de s’opposer aux États Unis dans la façon de stabiliser cette région. Si auparavant, une forme de convergence et de proximité existait, une situation de confrontation s’est instaurée.

“Valoriser la coopération.

 « Il faut alors faire preuve d’initiative en trouvant  des formes de convergence avec des sujets non conflictuels pour valoriser la coopération. » Il cite ainsi la  lutte contre le terrorisme, la PAC. Ce sont des thèmes sur lesquels « on peut avoir un discours positif ». Il faut s’efforcer de mettre du liant.

Le choix de l’engagement

Il conçoit l’exercice de la diplomatie à travers les liens tissés avec la société civile. « Entre le calcul et l’engagement, je choisis l’engagement » souligne-t-il en revenant sur la COP 21 qui a réuni 40 000 personnes au Bourget. Il loue « l’accueil par la France, ses habitants et ses jeunes ». Véritable succès collectif que cette négociation à l’échelle du XXIème siècle.

Un certain nombre d’initiatives ont été mises en place par le MAEDI en direction du grand public.

« Chaque diplomate se plie à l’exercice de l’interactivité. »

Aussi, les diplomates, les porte-parole, les directeurs, les ambassadeurs, les consuls généraux, les rédacteurs du ministère sont invités à aller participer à des conférences et débats sur l’ensemble du territoire français pour expliquer par exemple ce que la France fait au Mali ou en  Syrie. « Chaque diplomate se plie à l’exercice de l’interactivité. » explique-t-il avec une véritable volonté de pédagogie. Le Porte-parole se rend dans les quartiers difficiles par exemple et fait venir des jeunes de banlieue au ministère.

Dans le cadre d’un programme de conférences, les diplomates sont invités à aller à la rencontre des étudiants et des jeunes dans toute la France pour présenter leur métier et expliquer l’action de la France dans les grands dossiers internationaux.

Tisser des liens

Aller rendre visite aux Français mais aussi leur ouvrir la porte. Qu’ils puissent découvrir la diplomatie au-delà du prisme médiatique. La « Semaine des Ambassadeurs » à la fin du mois d’août en est une illustration. La « Journée du patrimoine » en septembre en est une autre. Avec la « journée des métiers » du ministère au mois de février, plus de 4 000 jeunes découvrent chaque année de façon concrète et interactive les missions du ministère et les méthodes de travail de ses agents. Autant d’opportunités pour renouer les liens avec les citoyens.

En effet, « les citoyens peuvent rencontrer régulièrement des policiers, des enseignants, des médecins, etc. Peu d’entre eux, en revanche, rencontrent des diplomates ». Paradoxalement la diplomatie est pourtant en prise directe avec la vie quotidienne : de l’enseignement du français à la santé, de la sécurité à la culture…

Les valeurs transmises par le sport

L’agenda diplomatique s’annonce lumineux pour les amateurs de sports et les autres. L’Euro 2016 est « un événement sportif avec impact européen et mondial ». Le Ministère des Affaires Etrangères est ainsi très impliqué dans l’organisation de cet événement  pour le faire connaître à l’étranger et faciliter la venue en France de supporters. « C’est une vitrine pour la France par exemple en termes de technologies et d’attractivité. » Le sport comme rayonnement de la France. « On souhaite accueillir de nombreuses compétitions sportives internationales. » note-t-il en rappelant « les valeurs et les émotions véhiculées par le sport ».

« Venez participer à l’élaboration de la politique publique. »

 Le mot de la fin ? Avec élan, il prononce ce rythme ternaire dans sa majestuosité : « Liberté – Egalité – Fraternité ». La devise de la France ou « trois principes magnifiques qui motivent notre action ». Il évoque le pacte Républicain et les valeurs portées par la France sur la scène internationale. Avec élan, avec enthousiasme, il appelle à l’implication de chacun des citoyens. « Venez participer à l’élaboration de la politique publique. » Un hymne à la France qui rayonne et qui s’élève bien au-delà du Quai d’Orsay.

Mathilde Aubinaud

Quand les politiques tiennent salon chez les agriculteurs

Quand les politiques tiennent salon chez les agriculteurs

Du 27 février au 6 mars, se tient le salon de l’agriculture, haut lieu de rendez-vous de la classe politique. Les jeux d’influence et de pouvoir s’y déploient en toile de fond dans les allées bondées de visiteurs.

Jacques Chirac et ses bains de foule, ses mains serrées auprès d’agriculteurs et de milliers de citoyens arpentant les halls de la Porte de Versailles. Le rendez-vous annuel pour confirmer sa popularité année après année dans une ambiance conviviale à la rencontre des éleveurs. Image d’Epinal pour tout politique présidentiable.

« Sortir du Disneyland de la politique » Frédéric Lefebvre

A quelques mois de la primaire de la droite puis des présidentielles, les candidats sont légion le long des allées du salon. Pendant 9 jours, ils se succèdent les uns aux autres. Au sommet de l’agenda médiatique et politique : la crise agricole, on redécouvre le quotidien des agriculteurs. L’ensemble des candidats à la primaire de droite et du centre y est attendu. L’ancien Chef de l’Etat y est resté 9h recevant un accueil chaleureux. Plus que lorsqu’il était en fonction. Son successeur s’en est rendu compte. Il est moins facile d’être au pouvoir en ces temps mouvementés. Même constat pour l’actuel Premier ministre comme pour l’ancien. Exercice périlleux pour Bruno Le Maire en tant qu’ancien ministre de l’agriculture accusé d’avoir supprimer les quotas laitiers. Il y passera des heures durant trois jours.

Le singulier candidat aux primaires Frederic Lefebvre détonne par sa visite. Lui aussi arpentera le salon trois jours de suite.

Mais loin des postures habituelles et formatées, il est allé à la rencontre des agriculteurs sans la lumière des caméras. Il revient de plusieurs jours en Bretagne à leur écoute. Pour le Député des Français d’Amérique du Nord, il s’agit d’aller vers eux « comme si c’était chez eux. »

« Bousculer le système »

Il entend « bousculer le système ». Il décide de vivre le salon avec eux, à leur rythme, loin des gardes du corps et des reporters. L’arrivée sera très matinale. A 5h du matin, le voici qui arrive au salon de l’agriculture. Entré sans autorisation, un bonnet sur la tête, grâce à des éleveurs qui n’acceptent pas que l’organisation lui ait interdit de venir participer à la traditionnelle traite matinale.

Il part discuter avec des ouvriers agricoles ou des jeunes agriculteurs qui vivent leur premier salon. Il prends le temps d’échanger avec plusieurs d’entre eux. Ecouter, comprendre leur parcours de vie, leur colère, leur doute. Emus ils se racontent. Deux frères ont ainsi repris la ferme de leur père. Les agriculteurs apprécient ce « respect ». Il est invité à aller leur rendre visite dans leurs exploitations en Isère, dans le Cantal, à Limoge… Au fil des conversations, des liens se nouent. Ils interrogent le député qui connait très bien la situation outre-Atlantique sur l’accord de libre-échange Etats-Unis/Europe. L’ancien ministre critique les conditions de cette « négociation opaque non acceptable ».

S’il était élu, il prend l’engagement de décider de la suppression de toutes les normes plus contraignantes que les normes européennes.

Des rencontres qui font sens et qui redonnent place à une autre politique. Adieux postures de politiques accompagnés de veaux, vaches, cochons le temps d’une photo. Le salon redevenu fidèle à sa thématique « Agriculture et Alimentation citoyenne » , où le citoyen retrouve pleinement sa place, où l’agriculteur retrouve sa dignité, où la parole est donnée au bon sens légendaire de ceux qui font profession de nourrir leur prochain. Une passion, une mission qui méritent mieux que trois petits tours et puis s’en vont..,

Mathilde Aubinaud