Danielle Desguées : « on ne nait pas entrepreneur mais on peut le devenir »

Danielle Desguées : « on ne nait pas entrepreneur mais on peut le devenir »

Rencontre avec Danielle Desguées, Directrice générale de BGE PaRIF, réseau d’accompagnement à la création d’entreprise.

« L’esprit d’entreprendre doit être du domaine public »

Mathilde Aubinaud : Quelle est votre vision de l’entrepreneuriat ?  

Danielle Desguées : J’ai très tôt été passionnée par l’entrepreneuriat qui constitue, à mon sens, une donnée majeure du développement économique de notre pays et d’accès à l’emploi des « laissés-pour-compte ».  J’ai voyagé dès mon plus jeune âge et j’ai pu constater l’esprit entrepreneurial dans de nombreux pays souvent par les plus démunis. J’ai créé plusieurs entreprises alors que j’étais encore étudiante. En 1979, j’ai constaté un véritable manque dans l’accompagnement des créateurs et repreneurs d’entreprise, et j’ai co-fondé le réseau national des Boutiques de Gestion qui est devenu BGE Réseau national d’appui aux entrepreneurs. Je considère que le premier objectif est de promouvoir l’esprit d’entreprendre et ce, dès l’école. En effet, le système éducatif et la culture française ne mettent pas suffisamment en valeur l’entrepreneuriat. Il est donc essentiel de pouvoir en parler et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que ceux qui créent ne soient plus isolés. L’esprit d’entreprendre doit être du domaine public, il faut donc l’insuffler partout où l’on peut (lycées, universités, grandes écoles , etc.).

Quel rôle joue l’audace dans la création d’entreprise ?

Il faut être audacieux pour oser s’imaginer entrepreneur !
Créer son entreprise, c’est à la fois offrir des produits et/ou des services qui devront trouver leur place sur le marché, identifier et fidéliser des clients, mettre en place une politique de communication, gérer sa trésorerie, négocier au quotidien, recruter et encadrer ses salariés, se projeter dans l’inconnu.
Créer son entreprise, c’est donc prendre des risques. L’entrepreneur est multitâche et comme il est souvent le seul acteur à bord, il doit décider et agir en toute autonomie et responsabilité.
Créer son entreprise, c’est donc endosser un statut particulier. Aujourd’hui, c’est le statut de salarié qui est LA référence, avec soit, un N +1 qui donne des directives, mais également, le sentiment d’une garantie de salaire et d’avantages sociaux associés.
Il faut avoir beaucoup d’audace pour passer le cap et devenir entrepreneur. Une audace que nous rencontrons tous les jours au sein de notre réseau : des femmes et des hommes qui ont envie d’offrir des biens et/ou des services souvent originaux, de répondre à de nouveaux usages.

Ces créateurs audacieux ont également des doutes et des questions, et BGE est là pour les conseiller, les outiller afin qu’ils mesurent leur risque dans cette nouvelle aventure. Après avoir réalisé l’étude de faisabilité de leur projet, ils décideront en toute connaissance de cause de créer leur entreprise, reporter leur projet ou l’abandonner.

Comment accompagnez-vous les entreprises ?

BGE PaRIF conseille les créateurs-repreneurs d’entreprise, mais également les entreprises qui souhaitent se développer. Nous œuvrons à la création d’un environnement favorable au développement de l’initiative économique génératrice d’emplois nouveaux. Près de 80% des entreprises que nous conseillons sont viables au-delà de 3 années. Les valeurs d’initiative et de solidarité de BGE PaRIF sont centrées sur l’humain et son projet dans le territoire. C’est cet ensemble que nous aidons à construire au fil d’un accompagnement personnalisé et de parcours de formations pour que chacun accède au droit d’entreprendre et réussisse son projet.
Pour répondre aux besoins des jeunes entrepreneurs et pour continuer à les suivre dans leur développement, nous avons récemment ouvert des espaces de coworking. Il ne s’agit donc pas simplement de louer des postes de travail, mais bien de mettre à disposition des entrepreneurs des outils essentiels à leur réussite : coaching, formations, rendez-vous individuels avec nos conseillers et les experts de nos réseaux, événements, rencontres, after-work, etc.

« Mettre à disposition des entrepreneurs des outils essentiels à leur réussite »

Nous accompagnons les créateurs à toutes les étapes de leur parcours : de l’envie de créer à la définition de leur idée de création, de l’idée au projet, du projet formalisé au lancement des activités, puis jusqu’au développement de leur affaire.
Tout au long de ce parcours, nous leur transférons des méthodes et des outils pour les aider à maîtriser les équilibres fondamentaux de la création d’entreprise. Notre but consiste à autonomiser progressivement les candidats en leur apportant les éléments nécessaires à un prise de décision quant à leur projet.
La méthode de travail proposée par BGE PaRIF s’appuie sur la base de consultations individuelles suivies de périodes de recherche d’informations dans une démarche très interactive.
Chaque candidat créateur est amené à progresser, est guidé dans ses investigations et est aidé dans la validation de ses hypothèses et donc dans sa prise de décision.
Ces entretiens individuels sont complétés par des modules de formation pour apprendre à vendre, à communiquer, à gérer, à tenir sa comptabilité, à faire les bons choix au niveau juridique, à se perfectionner, etc.
Quand le concept est défini, quoi vendre, à quel prix et avec une stratégie de communication et de distribution, les candidats créateurs sont invités à formaliser le projet avec la rédaction du business plan.
Puis à l’issue de ces étapes, les entrepreneurs peuvent tester leur activité en grandeur réelle au sein de nos couveuses en sécurisant leur parcours. Ce sont les couveuses labs de BGE qui leur prêtent leur numéro SIRET afin qu’ils puissent tester leur activité en toute sécurité, de façon légale, mais sans qu’ils aient créé leur entreprise. Ils testent ainsi leur marché, leur capacité à trouver des clients et à signer des contrats, à générer du chiffre d’affaires et à dégager un bénéfice, et surtout à fonctionner seul.

Quel est le rôle d’un réseau ?

Une des principales fragilités des entrepreneurs est son isolement. Le réseau doit permettre d’échanger, de trouver des solutions partagées et de pouvoir également réaliser des projets en commun. Au-delà de nos formations autour des réseaux sociaux, le porteur de projet doit savoir à quel moment activer son réseau, savoir le développer, et activer les bons contacts aux bons moments. Nous lui permettons aussi d’avoir accès à un Groupe dédié aux entrepreneurs qui sont passés par BGE PaRIF. Les interactions sont riches et des collaborations naissent ainsi.

Comment faire face aux freins ?

L’enjeu est de les lever un par un !
D’abord le frein de ne pas oser s’imaginer entrepreneur. C’est vrai qu’il peut paraitre plus confortable d’être salarié. Pour lever ce frein, il faut tout d’abord sensibiliser les publics au fait qu’on ne naît pas entrepreneur, mais que l’on peut le devenir. Ensuite, il faut prendre le temps d’expliquer à ceux qui ont envie de créer leur activité qu’on peut les aider à définir leur concept, leur transférer outils et méthodes pour qu’ils puissent étudier la faisabilité de leur projet. Le parcours d’appui régional Entreprendre#Leader récemment initié par la Région Île-de-France répond à ce besoin d’accompagnement qu’ont ces franciliens qui veulent créer leur propre activité.

Puis il s’agit de lever tous les autres freins :
La peur de recourir à l’emprunt : pour oser emprunter, il faut être persuadé que son modèle économique est pertinent, que l’activité va générer du bénéfice et donc que l’on pourra aisément rembourser les sommes empruntées. Pour ce faire, il est donc indispensable d’étudier son projet sérieusement et de façon exhaustive avant de se lancer.
Comment trouver des partenaires financiers : en faisant appel à des partenaires spécialisés dans le financement de la création d’entreprise (micro-crédit, fonds territoriaux, banques, financements participatifs, etc.) et en réussissant à les convaincre de nous suivre dans le projet entrepreneurial. Pour cela, il faut un business plan solide établi sur la base d’une étude de faisabilité sérieuse et également savoir pitcher efficacement son projet pour convaincre. Il faut ensuite tester son activité en grandeur réelle (à travers une Couveuse Lab) pour vérifier l’existence de son marché, sa capacité à trouver des clients et à contractualiser, à dégager un bénéfice, mais également à s’épanouir dans cette activité et à fonctionner de façon autonome en maitrisant toutes les tâches.
Être sûr d’être à la hauteur : le dirigeant doit compter sur lui-même s’il crée seul et sans associé. Il devra donc vérifier en amont qu’il possède toutes les compétences et les aptitudes nécessaires pour diriger une entreprise. Se faire aider en amont de la création est indispensable et un bilan de compétences entrepreneuriales permet de travailler en profondeur ces aspects.
La peur de perdre sa maison : pour éviter de mettre en danger son patrimoine, il faudra évaluer le risque et choisir la forme juridique la plus adaptée à son projet. Pour ce faire, des professionnels comme BGE PaRIF sont à la disposition des créateurs pour travailler ces sujets, mettre tous les éléments à plat et évaluer les risques en détail pour aider le créateur à faire un choix raisonné et maîtrisé.

« entreprendre autrement. »

L’imaginaire est-il en train d’évoluer ?

Oui, l’imaginaire des créateurs évolue fortement. De plus en plus rapidement et de façon remarquable !
Ces dernières années, de plus en plus de projets responsables, éthiques, équitables, solidaires et innovants voient le jour pour répondre aux défis de notre société et inventer le monde de demain, différemment.
Des projets ESS (économie sociale et solidaire), d’innovation sociale, d’économie circulaire voient le jour :  nombre de créateurs ont décidé d’inventer des activités originales et utiles de façon durable, souvent participatives et sans nuire aux ressources limitées de notre planète.
Leur credo : entreprendre autrement. Que ce soit dans le tourisme solidaire, la transformation de nos déchets en matière noble, le commerce équitable ou la récupération des invendus pour les distribuer à ceux qui en ont besoin, par exemple.

Tous ces projets doivent trouver un modèle économique pérenne et certains mettent en œuvre des modèles novateurs pour répondre à des enjeux majeurs (en termes de consommation responsable, de solidarité, écologiques, etc.).
Ces entrepreneurs l’imaginent et le mettent en œuvre.

 

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Monique Pelletier, ancienne Ministre : « L’audace c’est surmonter les lieux communs et les habitudes »

Monique Pelletier, ancienne Ministre : « L’audace c’est surmonter les lieux communs et les habitudes »

Il est de ces rencontres qui comptent. Grand-croix de la Légion d’honneur, Monique Pelletier en est une.

Secrétaire d’Etat à la Justice puis  Ministre de la Condition féminine et de la Famille sous  Valéry Giscard d’Estaing, Avocate, elle a épousé son siècle en mettant sur le devant de la scène de grands combats.

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copyright : Droits réservés Monique Pelletier et Alain Peyrefitt

 A l’occasion de la publication de son livre, Souvenirs irrespectueux d’une femme libre, rencontre pour La Saga des Audacieux.

« J’aime la vie »

« J’aime la vie et j’aime la vieillesse ». Avec passion et sans détours, entière, elle se raconte. Elle saisit ces instants précieux qui vont de la vie une grande aventure. Avec des mots justement choisis, elle dévoile ses Souvenirs irrespectueux d’une femme libre, livre qu’elle dédie à ses petits-enfants. « C’est un peu l’histoire de ma vie ».

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Elle a construit sa vie. « Je n’ai pas aimé mon enfance » se rappelle-t-elle. Alors, elle a décidé de dessiner les années suivantes à sa manière. En étudiant et en travaillant. Née en 1926, Monique Pelletier est une femme de combats à l’image de celui contre la drogue.

Elle porte, également, dans l’agenda politique et médiatique, la question du handicap. Elle déplore combien les personnes handicapées sont exclues de nos vies. Cela a été une grande souffrance pour elle, « la grande épreuve de ma vie » se souvient-elle. Elle évoque aussi la dignité face à cette épreuve et « le sourire » du Pater familias.

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copyright : Droits réservés Monique Pelletier

De l’importance de s’engager

La  justice aussi lui importe. Avocate, elle a pris sa retraite, voici 2 ans et s’occupe à présent des femmes battues. Un engagement de tous les instants. Pour les autres. L’engagement comme direction et sens. Elle se souvient de ses années de scoutisme, « une forme d’engagement ».

L’audace, une forme de courage

 Elle choisit de devenir Avocate. Un autre engagement. Il en va de même dans la sphère politique. Hors du sérail. « Je n’étais pas dupe du tout » explique-t-elle. L’audace est un mot qui lui va bien. « C’est une forme de courage. C’est surmonter les lieux communs et les habitudes. Si l’on a un but qui mérite d’être atteint, il faut  aller. »

 L’admiration compte pour Monique Pelletier. Elle cite Françoise Giroud« une grande dame » une des très rares si ce n’est la seule, qui l’ait intimidée. Ensemble, elles déjeunaient une fois par mois.

 Les anecdotes sont en nombre. Avec recul et finesse. Monique Pelletier, par son regard et le courage qu’elle a su prendre compte. Merci pour ses engagements.

Mathilde Aubinaud

Des bobines & des hommes, un autre regard sur la vie de l’entreprise

Des bobines & des hommes, un autre regard sur la vie de l’entreprise

A l’occasion de la sortie le 25 octobre du film  Des bobines et des bommes réalisé par Charlotte Pouch, retour sur ce film utile.

Manichéisme. Trop souvent, nous nous sommes contentés d’une vision monochrome pour décrire le redressement judiciaire d’une entreprise.  Il est plus facile de faire endosser des rôles sans nuances, rapides à mettre dans des cases. Le dirigeant porte à bout de bras son entreprise et ses salariés le  suivent. Et pourtant, la réalité est tout autre. Le film documentaire, Des bobines et des hommes nous invite à prendre de la distance et de s’inscrire en perspective sans jugement.

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Les spectateurs suivent ainsi les longs mois qui suivent l’annonce du redressement judiciaire de l’usine textile Bel Maille. Avec pudeur et recul, on entend les silences pesants, les paroles fortes, le courage de ces 32 ouvriers qui ont fait preuve de ténacité. La naïveté n’est nullement présente.

Ceux qui ont travaillé dans l’usine depuis des décennies savent et pourtant, ils vont jusqu’au bout. L’usine c’est la leur tant ils se sont attachés à la construire, tant ils se sont investis.  Leur patron, lui « quitte le navire au dernier moment » déplore-t-il. On assiste, de manière brute, à leurs échanges informels ou assis autour de la table de réunion. Chuchotements et cris. Les deux s’entremêlent.  Charlotte Pouch let en relief leur quotidien, leur savoir-faire, les liens tissés avec les machines.

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Un film important et fin tant il donne la parole à ces ouvriers. Les regards, l’usure en disent bien plus. On quitte des chiffres qui trop souvent nous enferment dans des réalités pour retrouver ici l’humain.

Un grand film.

Mathilde Aubinaud

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De l’ESSEC à l’Ambassade d’Auvergne : la vie multiple de Didier Desert

De l’ESSEC à l’Ambassade d’Auvergne : la vie multiple de Didier Desert

Rencontre avec le propriétaire de l’institution au cœur de Paris, l’Ambassade d’Auvergne.

Didier Desert nous révèle les coulisses de celle qui sublime la cuisine de terroir auvergnat.

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« On ne va pas au restaurant pour manger ». Pour Didier Desert, propriétaire de l’Ambassade d’Auvergne, le repas n’est pas l’unique composante de l’établissement. Au contraire. On « vit une expérience ». Bien d’autres enjeux s’y jouent, bien d’autres liens s’y tissent.

L’accueil, l’ambiance l’installation à table autant d’éléments mettant le convive au centre de la scène. « C’est aussi raconter une carte, son histoire et ses producteurs » explique-il avec enthousiasme.

Avoir envie

Une vie singulière emplie de ruptures. Membre du board de l’ESSEC , il a changé à plusieurs reprises de secteurs comme de métiers. « L’envie » comme moteur de changement. L’audit, le conseil et la gastronomie.  En janvier 2015, il se décide. Il « libère les carcans ». Ce sera l’Ambassade d’Auvergne.

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Une passion qui le ramène à ses jeunes années.  Son grand-père était ouvrier agricole. Il se rappelle des vins goûtés. Lorsqu’il cuisine, c’est l’occasion de réunir ses amis et de « les rendre heureux ».

Comme une maison de famille

Une maison, fondée en 1966, en plein Paris par Joseph et Hélène Petrucci. L’immeuble, lui, date du XVIIème.  Un espace à part loin de l’agitation parisienne. Rue du grenier Saint Lazare, à quelques mètres du Centre Pompidou,  nous voilà dans une maison auvergnate. Son ambiance, ses poutres. On s’y sent bien. La maison y est vivante et incarnée. Il est là, pleinement là. « Je  ne fais pas les choses à moitié » explique-t-il.

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L’authenticité y est centrale. Les recettes célèbrent cette Auvergne dans toute sa potentialité. La maison apparait comme « promoteur de ce qui se fait ». Un vrai-savoir. Le jambon provient de plusieurs maisons comme celle de la Maison Conquet en Aubrac.

 Les images qui lui viennent à l’esprit lorsqu’il pense à l’Auvergne ? D’emblée, il cite les paysages de Haute-Loire et « la superposition de visages » sur ces lieux. La cave compte plus 7000 bouteilles dont de très grands crus. Didier Desert est en contact avec cette nouvelle génération de vignerons dont il loue le talent.

L’alliance audacieuse : de la tradition et des saveurs d’ailleurs

Des traditions venues de l’Allier se mêlent avec brio à celles d’Asie comme l’ail noir. Les classiques y sont revisités par le Chef Emmerick de Backer.

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Le Chef Emmerick de Backer et Didier Desert

La carte, nullement figée, évolue au grès des rencontres, des produits. On retiendra par exemple la crêpe Ginette mais « en encore mieux que la Suzette ! » tient à préciser Didier Desert.  Le pamplemousse y remplace l’orange. Côté salé : un indispensable : le pied de cochon ou le magret de canard rôti & Aligot.

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Aligot et Magret

On savourera un cornet de Murat. Un dessert traditionnel d’un village du Cantal. Il associe dans un cornet : crème et agrumes. Ces dernières, sous forme d’une compotée, varient selon la saison.

Si elle célèbre ses 50 ans, l’Ambassade rayonne de sa créativité forte de l’empreinte de Didier Desert. Une valeur sûre  tournée vers le monde extérieur. Une alliance réussie pour raconter et faire vivre l’Auvergne.

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la Crêpe Ginette

Mathilde Aubinaud

Ambassade d’Auvergne

22 rue du Grenier Saint Lazare -75003

Plus d’infos : http://www.ambassade-auvergne.com/fr/

Martin Besson, Fondateur de Sans A : Ecouter- Regarder-Comprendre

Martin Besson, Fondateur de Sans A : Ecouter- Regarder-Comprendre

 

Le média d’impact « Sans A_ », qui entend rendre visible les invisibles, lance sa sixième saison consacrée à la prostitution. Rencontre avec son fondateur, Martin Besson pour La Saga des Audacieux.

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Benjamin Girette : Paris France le 7 septembre 2016 : Portrait de l’équipe de la saison 2 de Sans A.

« Après vous » : cette formule de politesse devrait être la plus belle définition de notre civilisation. » Les mots d’Emmanuel Levinas résonnent dans l’approche de Martin Besson et du pure-player qu’il a créé « Sans A_ ».

« Passer à l’action ».

Avec enthousiasme, l’envie d’apprendre et de ne pas se contenter des apparences et des préjugés, Martin Besson, 21 ans , innove, teste et entreprend avec talent. Il crée Sans A_ pour Sans Abri, Sans Attention, Sans Amour, Sans Argent, Sans Avenir.  Il définit Sans A_ comme « un média social d’impact indépendant ». Il se refuse à rester passif et veut « encourager les gens à passer à l’action ».

Un hymne aux idées pour les autres

Il ne souhaite pas que l’on se dise, en lisant des parcours de vie de personnes précaires : « c’est dommage » mais bien au contraire : «  n’avez-vous pas une idée pour aider la personne, pour répondre à ses besoins ? »

Avec Louise Sebille-Vignaud, la rédactrice en chef et associée, ils vont à la rencontre des anonymes rendus invisibles, avec cette volonté de les écouter, de les comprendre, d’être attentifs à ce qui les anime, leur histoire, leur parcours de vie. Ils ont, dans l’écriture, avec finesse et le souci du détail.

Une mobilisation

Oui, ils parlent de sujets difficiles mais avec cette volonté de trouver des solutions. Martin évoque ainsi la mobilisation pour trouver une canne à pêche à Jean-Claude à la suite de l’appel lancé par Louise. Ils ont également aidé une personne âgée vivant de la Creuse. Celle-ci se sent seule. Ses factures sont les seuls courriers qu’elle reçoit. Sans A_ intervient. Elle reçoit alors des lettres en nombre. Et se réjouit. « Cela vaut tout » explique Martin Besson. Alors oui, il préfère les histoires  aux chiffres.

Des histoires qui sont multiples et syncrétiques. A l’image des portraits de prostituées dans cette saison 6 du média. «  Il y a autant de prostitutions que de prostituées. Il faut prendre en compte leurs histoires, les contextes ».

Passionné de séries, Martin Besson s’enthousiasme pour les gens, leurs histoires. Il évoque les figures qui l’ont marqué. Du digital &  media innovator, Benoit Raphaël qui, a mis au point le robot Flint , Martin dit :  « il m’a beaucoup inspiré. Il apporte énormément à Sans A_ ». Il retient également un discours prononcé par Latifa ibn Ziaten, dont le fils a été assassiné le 11 mars 2012 par Mohammed Merah. « Elle n’éprouve pas de haine ». Il loue son espoir.

« Se donner du mal pour les petites choses c’est parvenir aux grandes choses avec le temps » Samuel Beckett

La rue, où se retrouvent les personnes en situation de précarité : « c’est un espace violent. Elle n’est pas faite pour que l’on puisse y rester. »  C’est un lieu de passage. Alors il lutte. « Sans A_ c’est un idéal. » Un idéal qui offre du temps et de l’espace.  Il cite une phrase de Samuel Beckett que lui a donnée son parrain: « Se donner du mal pour les petites choses c’est parvenir aux grandes choses avec le temps ».

Il est à l’écoute avec des idées en nombre. Il a même créé un Google drive d’idées. Un Google drive qui promet de faire jaillir encore des idées inspirantes et importantes.

Mathilde Aubinaud

François Sarkozy : Un Audacieux N’A Pas Peur !

François Sarkozy : un Audacieux n’a pas peur !

Rencontre pour La Saga des Audacieux avec  le Docteur François Sarkozy, Médecin Pédiatre, Président du cabinet de conseil FSNB Health & Care et Fondateur de TousPourLaSante.TV. Portrait.

« Un regard multiple sur la santé »

Lorsque l’on demande à François Sarkozy la phrase qui l’a façonné, il répond : « A cœur vaillant, rien d’impossible ». Il a raison. Tant dans son parcours que dans ses prises de parole, ses engagements, en faveur de la solidarité, font sens.

Le combat d’une vie tournée vers la transversalité. Petit-fils de médecin, François Sarkozy a  un parcours syncrétique, avec « un regard multiple sur la santé ».

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François Sarkozy

Il est porté par l’envie de « comprendre l’ensemble des perspectives autour de la santé ».

« Créer des passerelles »

Interne des Hôpitaux de Paris, il s’est spécialisé dans la pédiatrie. Suivra une maîtrise de biologie humaine, puis un DEA en physiologie respiratoire. En parallèle, il découvre l’industrie. Un univers qui lui plaît.  Ce sera le laboratoire Roussel-Uclaf où il exerce plusieurs rôles. Il reste 10 ans dans l’industrie pharmaceutique avant de se tourner vers entrepreneuriat. Il s’intéresse, dès 2008, aux télévisions sur internet. En parallèle des Etats Généraux du Vieillir Jeune, il co-crée,  une web tv intitulée « Longevitv ». Il poursuit son activité de conseil chez Publicis avant de reprendre celle  d’entrepreneur : une activité  de conseil centrée sur son expertise.

Il préside, par ailleurs, le Comité d’organisation des Entretiens de Bichat et en fait un carrefour entre la médecine hospitalière et la médecine en ville, ce qui permet de regrouper institutionnels, payeurs, professionnels de santé, industriels et associations de patients.

Il entend « créer des passerelles » entre les acteurs de la santé.

 

Concret et tangible

Une heure pour échanger autour des enjeux de la santé et des sujets d’actualité avec des professionnels qui apportent leur regard pertinent en sortant des silos, c’est le pari réussi de « Tous pour la santé.TV».

Une émission conçue par « des amateurs de la télévision  professionnels de la santé» explique François Sarkozy. Quatre caméras accompagnent ce rendez-vous. Diffusé sur Face Book Live at YouTube, ce programme mensuel apporte une vision à la fois concrète et tangible de ces enjeux. Ainsi, à la suite de la première édition intitulée « la vaccination des professionnels de santé, un sujet tabou ? », des initiatives ont été prises par le Conseil National de l’Ordre pour sensibiliser les kinésithérapeutes à l’importance de la vaccination.

« La solidarité est consubstantielle à la République Française. »

Oui, François Sarkozy est audacieux. L’audace donne un élan. Elle permet de  « faire confiance à son intuition » et refuser que l’on vous enferme dans un cadre. « Il faut oser ! » lance-t-il.

De ses années passées aux Etats-Unis, il se souvient de ce pays qui « aime les entrepreneurs ». « On apprend de ses échecs ». Pour lui, « un audacieux n’a pas peur ».

Il poursuit les combats qui le portent. Il entend lutter contre l’iniquité dans l’accès au soin. La solidarité est un maitre-mot. « Elle est consubstantielle à la République Française. Il faut réinventer la solidarité du XXIème siècle ».

Celle-ci implique de respecter les choix individuels tout en valorisant les  engagements réciproques.

Ses prochains projets ? Ils sont légion. Tant mieux. Il reprend les mots de Martin Luther King : « I have a dream » et conclue en affirmant : « Avoir un rêve mais ne pas être rêveur ». Quelle meilleure hymne à l’audace que de donner vie à ses convictions ?

Mathilde Aubinaud

David Layani : « L’Audace C’Est Collomb Et Magellan »

David Layani : « L’audace c’est Collomb et Magellan »

Se rendre chez onepoint, c’est s’autoriser à penser autrement, c’est saisir les opportunités liées à la transformation digitale qui sont légion.

Un espace à part où création et innovation se mêlent. Rencontre avec le Président Fondateur du groupe onepoint pour La Saga des Audacieux.

 

Mathilde Aubinaud : Quel est votre regard sur l’audace ?

« C’est prendre un risque, parce qu’on a la conviction qu’il sera payant. »

David Layani : L’audace, c’est à la fois oser imaginer qu’il existe un chemin différent, et oser l’emprunter. C’est Colomb et Magellan, c’est Einstein avec la relativité. Il faut à la fois être capable de penser différemment et d’agir différemment. C’est prendre un risque, parce qu’on a la conviction qu’il sera payant.

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David Layani, Président et Fondateur du groupe onepoint

« L’entrepreneur saute un précipice, mais parce qu’il est certain que derrière la brume il y a une région merveilleuse à atteindre. »

En quoi est-ce une notion qui vous porte ?

L’audace est pour moi centrale, car on réduit souvent l’entrepreneur à quelqu’un qui a une bonne idée, ou quelqu’un qui sait prendre des risques. L’entrepreneur, c’est le deux à la fois : il saute un précipice, mais parce qu’il est certain que derrière la brume il y a une région merveilleuse à atteindre. Et il calcule son saut.

Plusieurs fois dans ma vie d’entrepreneur, j’ai dû imaginer ce qui était de l’autre côté du précipice et avoir le courage de sauter. Je ne l’ai jamais regretté, car sinon j’aurais fait du surplace, ou bien mon petit bout de falaise ce serait écroulé.

C’est ce qui s’est passé il y a deux ans quand j’ai racheté une entreprise de taille comparable, alors que nous traversions des turbulences, et que j’ai lancé dans le même temps une transformation complète de l’entreprise et une évolution de nos métiers.

Pourquoi avez-vous fondé onepoint ?

J’ai fondé onepoint avant tout parce que je souhaitais vivre une aventure entrepreneuriale. J’avais l’intuition qu’il était possible de rendre un meilleur service, plus sur mesure, aux entreprises pour réussir leur transformation numérique.

J’avais mon analyse du marché, la curiosité de comparer les pratiques, de comprendre les modalités de travail des entreprises à transformer. Le marché de la transformation digitale est en croissance durable : tous les secteurs sont amenés à être touchés et à connaître des transformations importantes.

Cela signifie que pour un entrepreneur qui comprend bien ses enjeux, qui a une appétence particulière pour un secteur, qui a une idée nouvelle de la manière dont peut s’établir la relation avec le client pour un service, le champ est immense.

Avec onepoint, vous repensez la sociabilité. De quelles manières ?

C’est vrai que je crois, plus que jamais dans notre univers numérique de plus en plus désintermédié, à la force de la rencontre. onepoint, ce sont des lieux forts, ce sont des valeurs humaines comme le métissage, ce sont de nombreuses occasions de rencontres et d’ouverture d’esprit.

Nous pensons des lieux qui s’y prêtent, mais qui vivent parce que les collaborateurs y prennent des initiatives formidables, qui vont de la pure convivialité, au partage de connaissances et d’expériences. C’est par ces rencontres humaines que naissent des idées nouvelles, des projets, une bienveillance qui fait que notre entreprise est appréciée des actuels salariés comme des futurs.

Qu’incarne pour vous un leader ?

Un leader, ce n’est pas quelqu’un qui vit sur une position hiérarchique. C’est pour cela que chez nous, c’est une fonction à part, qui est très différente de l’idée de manager.

« Un leader chez nous est bienveillant, il est avant tout un coach, un révélateur de talents. »

Un leader émerge naturellement parce qu’il a la capacité d’entraîner d’autres collaborateurs, dans le respect de leurs personnes, de faire s’exprimer au mieux leurs compétences et leurs envies, de créer une dynamique autour d’un projet ou d’une offre de service.

Un leader chez nous est bienveillant, il est avant tout un coach, un révélateur de talents.

Selon vous, comment un salarié souhaite s’engager dans son travail ?

Aujourd’hui, les formes de l’engagement ont changé. Elles reposent moins sur la position dans un cadre hiérarchique défini qu’à l’intérêt pour la vision, les valeurs de l’entreprise, ou des projets concrets. Nous le voyons avec la génération Y : capable de travailler de manière acharnée pour un projet qui lui plaît, ayant du mal à comprendre pourquoi il faudrait s’ennuyer sur un projet plus classique.

C’est notre défi quotidien d’assurer qu’il y ait toujours suffisamment d’innovation et d’intérêt – ou une force des valeurs et de ce qui lie à l’entreprise, pour faire tenir l’ensemble !

J’en retire aussi des leçons pour un changement plus complet du monde de l’entreprise, où demain il y aura de plus en plus d’indépendants, de start-ups, qui viendront s’agglomérer à une entreprise noyau pour mener à bien des missions.

Quelles sont les figures qui vous inspirent ? Pourquoi ?

Les figures qui m’inspirent sont très différentes : il y a d’abord les figures intimes, comme ma mère, qui s’est toujours battue pour nous tout en menant sa carrière professionnelle.

Il y a les entrepreneurs de grands talents, comme Elon Musk, pour qui l’audace n’a pas de limite. Et il y a les politiques qui osent changer leur pays, avec un logiciel neuf. Nous avons une filiale au Canada, et c’est vrai que quand je vois des figures comme Justin Trudeau, comme Matteo Renzi, comme Emmanuel Macron en France, cela me redonne beaucoup d’espoir.

Avez-vous un livre qui vous a façonné ?

Un livre récent me vient en tête, Le Cercle de Dave Eggers, qui raconte à la fois la force de nos entreprises du numérique et en même temps en dénonce les effets pervers.

Je m’intéresse beaucoup aux questions de souveraineté numérique, de respect de la vie privée, de la manière dont nos outils numériques changent profondément les sociétés.

Je ne suis pas qu’un optimisme naïf : comme toute révolution, celle du numérique est à réguler ! Et je regrette parfois que notre réflexion soit encore faible en la matière….

Quel lien tissez-vous entre la politique et l’entreprise ? Les politiques comprennent-ils le monde des entrepreneurs ?

En tant qu’entreprise du numérique, nous nous intéressons à la disruption sur tous les plans, celui du monde économique comme de l’Etat, au défi de la formation et de la prise en compte des nouvelles générations. Nous ne pouvons-nous désintéresser de la démocratie numérique qui est en train de naître.

C’est pourquoi nous avons plusieurs partenariats forts en la matière, avec KANTAR d’un côté, GOV de l’autre. Ils illustrent bien les enjeux de la politique face à la transformation numérique : adapter nos outils habituels à ce nouveau contexte, comme lorsqu’il s’agit d’accompagner la transformation numérique des entreprises, le métier cœur de Onepoint ; prendre en compte la dimension bottom-up de la révolution numérique, et accompagner le développement des start-ups qui défrichent de nouveaux univers, un autre des métiers de Onepoint.

C’est de notre responsabilité sociale que d’aider à comprendre comment cela bouleverse notre rapport à la politique.

Que peut-on vous souhaiter ?

On peut me souhaiter de ne jamais perdre l’audace. De réussir mon pari, parce qu’il est bon pour toute l’économie française : de devenir un leader européen de la transformation numérique, qui aide les entreprises et les administrations de ce pays à prendre ce tournant majeur, et donc à entretenir la croissance et l’emploi dans notre pays. Un leader qui représente l’excellence de notre pays !

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud