D’une idée, d’une intuition nous avons eu l’audace de lancer notre activité et recruter.

D’une idée, d’une intuition nous avons eu l’audace de lancer notre activité et recruter.

Regarder autrement la data, c’est le défi posé par la start-up « Sirdata ».

Elle  étudie les données comportementales pour les annonceurs du web.

Elle collecte, traite et vend, en effet, les données à des fins de ciblage publicitaire ou d’amélioration de la connaissance client.

Cette start-up française, qui vient d’ouvrir un bureau à Londres, croit résolument en l’innovation. Elle est portée par ses dirigeants qui font de Sirdata une entreprise qui fait rimer audace et qualification, esprit de famille, respect et expertise.

Rencontre avec des entrepreneurs audacieux : Benoit Oberlé, Julien Trani, Rémi Demol, cofondateurs de Sirdata. Interview.

 

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Les fondateurs de Sirdata

La Saga des Audacieux : Comment est née votre start-up Sirdata ?

Benoît Oberlé (CEO et co-fondateur de Sirdata en charge du développement et de l’international) : Sirdata, ce n’est pas une idée mais deux visions rapidement partagées par un troisième. Chacun de notre côté, Julien, Remi et moi, avons commencé à poser des lignes de nos projets. Nous avons, tous les trois, cette même vision. Pour Julien et moi, hébergés au quotidien par un ami commun, nous avons eu l’habitude d’échanger régulièrement. Au fur et à mesure, nous nous sommes rendu compte que nos idées se rejoignaient, et d’un projet et de la convergence d’idées sont nées une vision de marché et Sirdata.

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Benoît Oberlé

 

Julien Trani (CSO et Co-fondateur initialement en charge des partenariats éditeurs) : Benoît et moi avons toujours évolué dans le même secteur.  Nous avons, chacun, un côté entrepreneur. On s’est ainsi retrouvé avec cette même idée dans le bon timing.

Remi Demol (CTO et Co fondateur) : Fort de plusieurs expériences réussies dans l’univers de l’IT, et connaissant Benoit et Julien, j’ai eu envie de créer l’outil technologique et travailler avec mes propres équipes d’experts.

Comment définiriez-vous l’expertise proposée par Sirdata ?

« Détecter l’intention d’achat »

Benoît Oberlé : Les données comportementales non structurées existaient sans être exploitées. Personne ne se donnait alors les moyens de les observer puis de les transcrire. C’est ce que l’on a décidé de faire en étudiant la navigation des internautes puis en la segmentant, et en mettant ses informations à disposition des marques.

Par exemple, si quelqu’un cherche un billet d’avion pour ses vacances ou pour un voyage d’affaire, il est en phase de maturation d’un projet, et notre savoir-faire est de détecter cette intention et la partager avec les marques du secteur du tourisme qui vont pouvoir adresser des messages. Ceux-ci pourront proposer aux internautes ce qu’ils cherchent avec une valeur ajoutée telle qu’une réduction, un bénéfice produit.

On essaie de toujours trouver de la valeur pour tous les intervenants de la chaîne.

Pour l’éditeur de site web, c’est un moyen de monétiser son audience autre que par la publicité en posant un « tag » comme Google Analytics. Mais au lieu d’avoir des statistiques, il aura des euros. L’observation du surf des internautes a une valeur, qui est reversée aux Editeurs.

L’utilisateur de la donnée (c’est-à-dire la marque, l’annonceur) économisera quant-à lui de l’argent car il ciblera mieux, et le bénéfice à l’internaute sera une diminution du nombre de publicités vues.

Les bénéfices vont à l’internaute. S’il cherche une télévision, il a un message publicitaire de ce produit qui s’affiche et il n’a plus qu’à cliquer dessus. Il est moins surexposé aux bannières de publicité. C’est une audience plus captive et qui peut être adressée de manière plus qualitative.

Dans vos prises de parole, vous insistez sur la  confiance. En quoi retisse-t-elle un lien avec les parties prenantes ?

Benoît Oberlé : La notion de confiance est dans nos métiers portée par les fournisseurs, les éditeurs de site web qui posent le tag. Sirdata contrôle les données transmises. Lorsque l’on parle de donnée, le contrôle échappe au fournisseur. Or, il y a des données que l’on peut traiter, d’autres que l’on doit éviter de traiter et d’autres encore qu’il  ne faut surtout pas traiter pour ne pas mettre en péril la vie privée par exemple.

Si on collecte des données d’intention d’achat sur un produit comme une TV, on ne met pas en péril la vie privé, on adresse juste une publicité. Il faut protéger en évitant de collecter les données qui correspondent à un profil utilisateur comme les mineurs, les données ethniques, raciales, politiques… Nous sommes une société avec pignon sur rue et nous respectons cela.

Quel regard portez-vous sur l’audace ?

« On remet tout en jeu pour aller plus loin ! »

Benoît Oberlé : On remet tout en jeu pour aller plus loin!  L’an dernier, nous avons été bénéficiaires et avons réinvesti cette année pour ouvrir  un bureau en Angleterre.  Nous y avons ouvert une filiale le 25 mars. Trois personnes y sont en charge du développement.

Julien Trani : Nous ne nous contentons pas  de ce qui existe. On propose des solutions nouvelles sur les fonctionnalités en se positionnant sur les nouvelles technologies.

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Julien Trani

Rémi Demol : L’audace c’est ne pas rester figé. Connaître les derniers langages, adapter les outils technologiques, se remettre en cause, s’entourer des meilleurs.

« Être justement audacieux, pour arriver à bâtir de manière  plus grande et plus pertinente »

Benoît Oberlé : Une personne audacieuse cherche à s’affranchir des contraintes et des limites. Si elle est trop  audacieuse, elle mettra tout en péril pour cela. Il faut donc être justement audacieux, pour arriver à bâtir de manière plus grande et plus pertinente en décalant les limites. On considère que, chez Sirdata, il n’y a rien d’impossible, c’est juste une question de moyens. Nous nous interrogeons sans cesse : Est-ce pertinent ? Quel est le bénéfice client ? Quels moyens devons-nous mettre en œuvre ? Le client a-t-il la capacité d’absorber cette innovation ?

Quelles sont les personnes qui vous inspirent ?

Benoît Oberlé : Nous côtoyons beaucoup d’entrepreneurs parfois inconnus du grand public qui ont bougés les lignes. Les petits entrepreneurs font un grand investissement de temps et prennent un risque financier. Comme pour les joueurs de foot, il faut bien garder à l’esprit que l’échec a des répercussions lourdes notamment sur la fin de carrière d’un entrepreneur.

« Nous sommes toujours en mouvement. »

De quelle manière, Sirdata a un véritable esprit start-up ?

Julien Trani : Tout est à faire et à créer. Nous vendons des produits qui n’existaient pas il y a six mois. Nous sommes toujours en mouvement. Les équipes ont une forte capacité d’autonomie et d’adaptation.

 « Sans innovation sur le marché, on est mort. »

Quel est votre rapport à l’innovation ?

Benoît Oberlé : Sans innovation sur notre marché, on est mort. Pour que l’outil fonctionne, il faut perpétuellement être meilleur que les autres, l’adapter. Plus de 15% de notre chiffre d’affaire est investi dans la R&D. C’est possible grâce aux incitations fiscales et financières mises en œuvre. Nous avons la certification Jeune Entreprise Innovante délivrée par le Ministère de la Recherche.

A votre avis, quelle est la représentation des datas pour le grand public ? Comment y faire face ?

Benoît Oberlé : Nous proposons des pages pédagogiques pour l’utilisateur final pour le rassurer.  Un monde sans data n’existe pas. Mais  un monde où l’utilisateur peut exercer un contrôle sur la data est possible.

« La plus grande source de datas dans le monde ? La carte de fidélité. »

Julien Trani : Internet est perçu comme intrusif, alors que dans la vie, il y a d’autres intrusions quotidiennes. Certains vendent des données transactionnelles. Dans la vie « Offline », l’intrusion est pourtant plus importante que dans le online mais parfois le consommateur reçoit l’offre quelques temps après chez lui et ne fait pas toujours la relation.

Benoît Oberlé : On a peur de ce qu’on voit. L’individu se sent épié car quant il reçoit une publicité en adéquation avec sa navigation, il fait le lien. Les plus grandes sources de datas dans le monde sont pourtant les cartes de fidélité et de paiement.  C’est une mine d’or pour les renseignements et elles sont de surcroît nominatives. Seulement, les utilisateurs ne le voient pas ou perçoivent un bénéfice plus important que la valeur qu’ils accordent à leurs données.

Qu’est-ce qui importe le plus pour vous dans l’univers de la data ?

Benoît Oberlé : Nos techniciens ont tous des adblockers, mais nos collaborateurs trouvent un bénéfice aux messages adressés et donc ne bloquent pas l’utilisation de la donnée, les publicités ou encore possèdent des cartes bancaires, des cartes de fidélisation. Nous ne cherchons pas à savoir si mon ami Armand cherche à acheter une télévision. Ce qui a de leur valeur dans notre métier; c’est le volume et de raccourcir le chemin de prise de décision. Ce qui intéresse l’avionneur c’est quand 50 000, 100 000 intentionnistes voyages cherchent un billet. La valeur unitaire d’une donnée comportementale est extrêmement faible.

Quels sont les défis qui vous portent ?

Julien Trani : Nous sommes arrivés dans nos locaux à 13 en juillet. On est à présent 22 à Paris et 3 à Londres. Nous avons grandi et souhaitons continuer.

Benoit Oberlé : Nous devons maintenant réussir le lancement en Angleterre, l’Allemagne, l’Italie et d’autres pays.

Une qualité pour vous définir l’un et l’autre ? Un trait d’esprit qui vous semble important ?

Julien Trani et Remi Demol en parlant de Benoît Oberlé : Têtu ! Dans l’opérationnel, cela sauve beaucoup de choses. Benoît va décortiquer les contrats, les négocier et faire en sorte que tout soit structuré.

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Rémi Demol

Benoit Oberlé et Remi Demol en parlant de Julien Trani : Par effet-miroir, Julien est fonceur.

Benoit Oberle et Julien Trani en parlant de Remi Demol : Fiable

« Il y a toujours de bonnes raisons pour ne pas se lancer ! »

Le mot de la fin ?

Julien Trani : Osez ! Il y a toujours de bonnes raisons pour ne pas se lancer ! Il faut avoir une envie et se lancer. N’ayez pas peur des conséquences.

Benoît Oberlé : N’hésitez pas ! Il faut solliciter les entrepreneurs. Nous avons été hébergés, conseillés par des entrepreneurs et nous faisons de même.

Rémi Demol : Respect et Innovation

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Retrouvez toutes les informations : www.sirdata.com/

Belle-Ile, vue du ciel, le temps d’un week-end

Belle-Ile, vue du ciel, le temps d’un week-end

Le Conseil d’Etat a annulé, le 22 juin, les consignes imposées par la DGAC, Direction générale de l’aviation civile.

Rencontre avec deux des fondateurs de Wingly, plateforme de coavionnage : Bertrand Joab-Cornu  et Emeric de Waziers.

View on the lake

« Voler est l’un des plus vieux rêves de l’humanité ». De Léonard de Vinci à Solar Impulse en passant par Saint-Exupéry, le vol a façonné notre imaginaire collectif comme le rappelle Emeric de Waziers, cofondateur de Wingly.  Surnommée « le BlaBlaCar de l’aviation », la plateforme entend mettre en relation pilotes et passagers.

Retour sur les débuts d’une start-up, cofondée par Bertrand Joab-Cornu, Emeric de Waziers et Lars Klein. Intuitive, la plateforme permet  de penser autrement l’aviation légère. La start-up encadre la pratique du co-avionnage et propose un partage du vol et des frais associés. « Si les pilotes ont toujours partagé les frais, on ouvre maintenant le marché au grand public »  souligne Emeric. Un accélérateur de la démocratisation de l’aviation privée en somme.

Wingly Founders (Lars KLEIN - Bertrand JOAB-CORNU - Emeric DE WAZIERS)
Wingly Founders (Lars KLEIN – Bertrand JOAB-CORNU – Emeric DE WAZIERS)

Réussir avec des idées.

C’est au Master d’entreprenariat de l’X qu’Emeric et Bertrand se rencontrent. Tous deux, ont soif de construire et ne se contentent pas d’être des spectateurs. C’est une passion qu’ils ont en commun. Bertrand a « toujours eu envie de ce monde de l’entreprenariat ». Il ne se voyait pas « faire quelque chose de classique » explique-t-il. Emeric évoque Frédéric Mazella qui a réussi « avec des idées sans grandes ressources. » Oui, assurent-ils tous deux, « on peut changer les habitudes ».

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L’audace a toute sa place chez Wingly. « C’est sortir de sa zone de confort » note Bertrand « et des sentiers battus en prenant des chemins différents » ajoute Emeric. Celui-ci se souvient avoir voulu être pilote de chasse dans ses jeunes années. A 15 ans, il commence à passer ses premiers diplômes.

Ils souhaitent que les « passagers enthousiastes » reviennent à ce désir originel en saisissant pleinement le temps du vol et la diversité des paysages. Les paysages que les cofondateurs retiennent ? Ce trait de la côte  pour Emeric. Pour Bertrand, ce sera le vol en montagne.

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Alors que l’univers des marques tend à mettre chaque jour davantage le consommateur au centre des stratégies et à donner la part belle à l’expérience, Wingly le fait naturellement.

Des trajets vers Belle-Ile ou l’Ile d’Yeu, ce sont des expériences qui sont proposées en nombre avec les aléas liés aux contraintes comme la météo.   Avec une équipe qui ne cesse de grandir. Le mot-clé ? « partage » souligne Bertrand.

View on the sea (3)

Les cofondateurs, complices, évoquent une éducation au marché  qui est nécessaire.  S’autoriser, le temps d’un week-end, à prendre de la hauteur à la rencontre des Châteaux de la Loire.

L’enjeu, explique Bertrand, c’est de « créer un réflexe : se dire : allons pique-niquer au Touquet ». Créer un nouvel usage. D’ailleurs, l’été est bien arrivé et s’installe. Occasion de voler de ses propres ailes.

Le mot de la fin ?  « Envolez-vous ! »

Mathilde Aubinaud

Retrouvez toutes les informations sur Wingly ICI

Laurence Kerjean: « Il Est Important De Faire Ce En Quoi On Croit »

Laurence Kerjean: « Il Est Important De Faire Ce En Quoi On Croit »

Avec enthousiasme et énergie, Laurence Kerjean est une entrepreneuse engagée! Elle a fondé lefrigojaune. Rencontre pour La Saga des Audacieux. 

Mathilde Aubinaud :  Comment est née l’idée du frigojaune? 
Laurence Kerjean : lefrigojaune est un pivot de notre précédent projet, meetzechef (www.meetzechef.com). Ce premier projet lancé pendant mon dernier congé maternité visait déjà à réduire le gaspillage alimentaire entre particuliers via une plateforme de mise en relation, mais au bout de quelques mois de fonctionnement, nous nous sommes vite rendu compte avec mes associés que le modèle économique ne nous permettrait pas de pérenniser l’action.

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Laurence Kerjean, fondatrice du frigojaune

De l’impact au quotidien

Alors nous avons profité du hackathon WINOV16, organisé par Orange et ses partenaires en novembre 2016, pour trouver un nouveau modèle qui nous permettrait de pérenniser notre action anti-gaspillage et avoir plus d’impact au quotidien. A la fin de ces 48h intenses, l’équipe a compris que la récente modification de la loi Grenelle II, ouvrait une voie pour proposer un service en B2B aux entreprises.
C’est comme ça qu’est né lefrigojaune.

-En quoi cela consiste-t-il? 

lefrigojaune propose une solution clefs en main aux entreprises pour lutter contre le gaspillage alimentaire dans le cadre de la nouvelle réglementation RSE.
C’est une solution F.a.a.S – pour Fridge as a Service- ce qui est un clin d’œil aux services informatiques offerts sous forme d’abonnement puisque nous sommes une solution qui fonctionne aussi par abonnement mensuel.

Au quotidien, voilà comment cela se passe :

  1. A la fin du service, le prestataire de restauration emballe les invendus dans des doggy bags qu’il dépose dans le frigojaune
  2.  Il enregistre son dépôt dans l’application qui envoie un push notification à tous les employés
  3. Au moment de partir chaque employé se sert gratuitement dans le frigo pour son usage personnel ou pour donner à quelqu’un qui a faim.

-Pourquoi avez-vous tenu à vous engager? 

« J’ai décidé de changer de carrière pour me lancer dans cette aventure de techforgood. »

Une conjonction de facteurs en fait. J’ai toujours été concernée par le problème du gaspillage alimentaire mais désormais maman de 3 enfants et à presque 40 ans, cela est devenu pratiquement une évidence que de faire quelque chose qui ait plus de sens. Un événement familial très douloureux m’a aussi fait prendre conscience qu’il était important de faire ce en quoi on croit, alors avec l’appui de mon mari, j’ai décidé de changer de carrière pour me lancer dans cette aventure de techforgood.

Viviane De Beaufort – ESSEC, Sandrine Garcia – Sandra, My Green Coach, Laurence Kerjean – MeetZeChef et Le Frigo Jaune & Edwige Tuarze – Éléa & Cybèle lors de la Journée de la Femme Digitale JFD17

Einstein disait  « la logique vous conduira d’un point A à un point B, l’imagination et l’audace vous conduiront où vous voudrez« 

– Quel est votre regard sur l’audace? 
Seule elle ne suffit pas, mais sans elle rien n’est possible.
Cf. Einstein qui disait  « la logique vous conduira d’un point A à un point B, l’imagination et l’audace vous conduiront où vous voudrez« .

-De quelle manière la prise de conscience des entreprises évolue-t-elle? 

« Une entreprise ne peut plus se contenter de gérer son business sans prendre position sur des sujets de société. »

Comme toute question non directement liée à leurs intérêts économiques, les entreprises ne prennent position sur les questions de société et d’environnement que pour des raisons d’image et d’obligation légale.
Mais le réveil progressif de la population civile, sa prise de conscience bien plus avancée que celle des entreprises, et les demandes répétées des consommateurs sur des questions de conservation de l’environnement et de développement durable, couplés à des initiatives internationales comme la COP21, commencent à avoir un impact sur les entreprises.

Désormais pour fidéliser un consommateur, et pour attirer les plus jeunes, une entreprise ne peut plus se contenter de gérer son business sans prendre position sur des sujets de société, et cela implique évidemment des choix tout au long de leurs chaînes de valeur.
Il se trouve que le gaspillage alimentaire rentre dans ces nouvelles catégories de préoccupation pour les entreprises, et surtout pour leurs consommateurs,  donc notre solution F.a.a.S s’intègre parfaitement dans leur ‘nouvelle’ prise de conscience 😊

-L’entreprise doit aussi porter des combats de société? 

Si l’on considère que l’entreprise appartient à la société alors oui, il est aussi de sa responsabilité de porter des combats de société, afin d’avancer dans l’intérêt de tous.
Une entreprise qui ne porterait pas de combats ne peut pas espérer prospérer aujourd’hui dans un monde en relative perte de sens, de repères et de valeurs ; les seules valeurs portées par une entreprise ne peuvent pas se résumer à des valeurs marchandes et commerciales.

-De quelle manière les collaborateurs sont-ils impliqués? 

En amont tout d’abord puisque dans la plupart des cas lorsqu’un prospect/une entreprise nous contacte c’est par le biais d’un collaborateur qui a entendu parler du frigojaune et qui l’a proposé.
Puis au moment de valider la solution F.a.a.S en interne les collaborateurs sont amenés à se prononcer par le biais de leur Comité d’Entreprise.
Enfin une fois le service installé dans leur entreprise chaque collaborateur a un rôle à jouer en s’assurant que lefrigojaune est bien vidé chaque jour, soit pour leur usage personnel soit pour donner à quelqu’un qui en a besoin,/ qui a faim.

-Comment lefrigojaune apporte un nouveau regard sur le lien social? 

Avec l’installation du F.a.a.S, les entreprises ne se limitent pas seulement à une déclaration d’intention pour leur rapport R.S.E mais s’engagent dans un projet à impact positif immédiat :
– en permettant à leurs collaborateurs de s’engager au quotidien en réduisant l’impact écologique du gaspillage alimentaire et en aidant des personnes dans le besoin
– en agissant concrètement dans le cadre des engagements pris lors de la COP21 pour réduire l’impact sur l’environnement
– en offrant un projet global à leurs collaborateurs
– en s’inscrivant aussi dans une nouveau modèle économique : l’économie circulaire, réel vecteur de lien social

-Votre prochain combat? 
Continuer à faire de la lutte contre le gaspillage une priorité pour les entreprises au global et les entreprises de la restauration collective en particulier, car derrière de belles idées et de jolies campagnes de communication, il est urgent de faire quelque chose pour mettre à fin à la dichotomie aberrante de ces 2 chiffres :

4 millions de personnes ne mangent pas à leur faim tous les jours en France
On jette 1/3 de la production alimentaire/an ce qui équivaut à des pertes de 12 à 20 Milliards €/an

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

“On Ne Naît Pas Audacieux, On Le Devient!”

“On ne naît pas audacieux, on le devient”

Confondateur et Directeur général de Patrivia, application web pour découvrir des lieux méconnus, Christian Clarke de Dromantin nous invite à respirer de l’authenticité.

Curieux et passionné par le patrimoine, il apporte son regard dans La Saga des Audacieux.

Gordes

Mathilde Aubinaud:  Quel est votre regard sur l’audace ?

« C’est avant tout un état d’esprit »

Christian Clarke de Dromantin : L’audace c’est à la fois très simple et très compliqué. C’est souvent très simple à exprimer et plus compliqué à réaliser. C’est avant tout un état d’esprit, on ne naît pas audacieux, on le devient et cela se travaille.

L’audace c’est avoir le courage de croire en soi. L’audace c’est rêver, aimer et se réaliser. En vous autorisant à oser, vous allez transformer vos pensées en action.

 “Combien de personnes réalisent leurs rêves ?”

Il y aura toujours des personnes pour vous dire que ce n’est pas possible et encore plus qui vous expliquent comment ils auraient fait.  Mais combien de personnes réalisent leurs rêves ? Combien de fois ai-je entendu : « Moi aussi j’avais eu cette idée ». 

Mais pourquoi ne l’as tu pas fait ? N’ayez pas peur de tomber car de toute manière vous allez le faire. Préparez-vous juste à vous relever. De temps en temps, allez vous ressourcer lors de conférences (BPI, Viva Tech, Web Summit…) C’est excellent pour le moral.

“Etre premier, différent et unique”

L’audace c’est aller là où l’on ne nous attend pas. Faire les choses pour être premier, différent et unique. L’audace c’est faire ce qu’il nous paraît impossible, ce que les autres ne font pas.

De l’ambition à l’audace, naît une grande force mais de la prétention au rêve éternel il n’y a qu’un pas. Ne pensez plus aux problèmes, trouvez des solutions ! Ne vous contentez plus de rêver à travers les autres.

Posez vos rêves sur un papier, hiérarchisez-les, réalisez-les un par un. Si quelqu’un d’autre peut le faire vous aussi ! Ce n’est qu’une question de volonté.

Comment est né Patrivia ?

“Permettre un meilleur accès à la culture”

Patrivia est né de l’imagination de deux amis en plein hiver en Bretagne au coin du feu avec un bon verre à la main où nous échangions sur notre volonté de nous impliquer pour changer les choses à notre échelle.

Pourquoi ne pas faciliter la mise en relation entre les gestionnaires de lieux et les visiteurs ? « Après tout nous sommes le pays le plus visité au monde et les univers de la culture et du patrimoine n’ont pas encore été digitalisé. Les gestionnaires de châteaux ou musées, n’ont souvent pas le temps, l’argent et les connaissances pour développer des solutions informatiques. Pourquoi cela n’existe pas déjà ? » Patrivia était né !

A la fois pour rendre service mais aussi pour promouvoir le patrimoine et permettre un meilleur accès à la culture. D’un point de vu plus personnel, c’est plus le désir de se réaliser à travers ce que l’on aime. La volonté de créer de la valeur, des emplois et ainsi participer à la vie économique.  

Mont Saint Michel

Quel imaginaire a-t-on du patrimoine aujourd’hui ?

Beaucoup de personnes pensent qu’une vie de Château c’est facile. Aujourd’hui, vous pouvez acheter un château pour le prix d’un appartement à paris d’environ 60 m². C’est donc réalisable pour plus de personnes que l’on ne pense. J’aime beaucoup le reportage LCI du 25 mars 2017 « dur dur la vie de Château » qui montre le rêve d’un enfant du village. Il a regardé un château un jour et s’est dit « Un jour il sera à moi ». Il en a rêvé, il y a cru, il s’en est donné les moyens, il l’a fait ! C’est beau, c’est une passion, nous soutenons. La vie de château est un combat quotidien. Imaginez-vous devoir changer 800m² de toiture, couper des hectares de pelouses, ouvrir et fermer 40 volets tous les jours, nettoyer les vitres, laver des salles entières, chauffer les espaces, entretenir les plâtres, la peinture et les parquets…

“Le patrimoine c’est avoir les pieds sur terre, la tête dans les étoiles et les mains dans le cambouis.”

Aujourd’hui c’est devenu extrêmement compliqué d’entretenir un lieu car tout est démesuré et cela prend beaucoup de temps, d’énergie et d’argent. Heureusement il y a des passionnés, des personnes honnêtes et courageuses, qui mettent leurs talents au service du beau, qui se donnent sans compter pour la défense du patrimoine. Merci à eux ! Le patrimoine c’est avoir les pieds sur terre, la tête dans les étoiles et les mains dans le cambouis.

“Le patrimoine est empreint d’éternité, de poésie”

Pourquoi avez-vous tenu à vous impliquer au service du patrimoine ?

Le patrimoine est empreint d’éternité, de poésie, fruit des générations passées et à venir, il ne tient qu’à nous de nous impliquer pour le transmettre.

Cela permet de raconter des histoires, faire vivre des émotions, partager des passions, respirer de l’authenticité, faire des rencontres, inviter à la découverte, apprendre, s’émerveiller, rêver…

Je m’implique pour le patrimoine parce que c’est tout simplement beau. Il y a également un formidable défi à relever en participant à l’aventure de la digitalisation de l’univers du patrimoine et de la culture.

Cela a également du sens de se donner pour une cause qui nous dépasse. Nous avons beaucoup reçu en France avec son lot d’histoire, de légendes, de savoir-faire et beauté en tout genre. Vous ne croyez pas que l’on peut un peu donner ?    

De quelle manière permettez-vous de repenser le lien à la culture ?

Nous vivons une époque passionnante où tout change très rapidement. La génération internet est très connecté pourtant nous n’avons jamais été autant aussi éloignés les uns des autres. Nous vivons à l’ère de la mondialisation et pourtant nous observons des replis sur soi.

D’un autre côté, nous avons l’univers du patrimoine et de la culture qui vit souvent de manière traditionnelle avec leurs propres codes et manières de faire et voir les choses. Pour autant, beaucoup de châteaux et musées souhaitent plus vendre pour répondre à leurs logiques de marché mais n’ont pas toujours les bons outils.

Nous avons la possibilité avec Patrivia de prendre le meilleur de chacun. Mettre le digital au service de la culture et du patrimoine. Nous permettons de faciliter la découverte, l’achat et mieux garder le lien. Grâce à la constante avancée technologique, nous pouvons inviter des personnes à vivre des expériences, avoir des émotions, sentir le poids de l’histoire, transmettre tout en partageant… C’est dans ce cadre que nous avons pu faire visiter un château privé à des élèves d’Espérances Banlieues. Comment raconter l’histoire dans des lieux chargés d’émotions où tout prend son sens.

La culture doit voir dans le digital un virage stratégique et singulier qui va créer des opportunités incroyables pour mieux se faire connaître à grande échelle.

“Le parquet qui craque, l’odeur du feu dans le salon, le chant des oiseaux qui gazouillent, le bruit du vent dans les arbres…”

Quels sont les lieux qui vous ont façonné ? Pourquoi ?

Aller chez mes grands-parents dans le Bordelais. Vous avez le parquet qui craque, l’odeur du feu dans le salon, le chant des oiseaux qui gazouillent, le bruit du vent dans les arbres, cette tranquillité et sérénité qu’il y a autour de vous.

Vigne

Se réunir pour les événements familiaux autour d’un bon repas avec souvent des discussions passionnées et des enfants qui courent partout. Travailler dans la vigne pour vous rappeler le goût de l’effort, sentir la beauté de la nature pour cette terre qui ne ment jamais.

Les jardins de Versailles, m’ont toujours impressionné, plus que le Château. La perspective en haut des marches est incroyable. La grandeur du lieu impose le respect avec les canaux, l’harmonie du lieu, les sous-bois et bosquets. C’est un plaisir de s’y promener.

Les rues de Paris à 6h du matin, vous pouvez encore sentir la rosée du matin et entendre le chant des  oiseaux, voir les premiers rayons de soleil se lever sur la belle endormie dans un calme divin avant que la ville ne fourmille et s’agite.   

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La dune du Pilat, le Mont Saint-Michel, Gordes…  

Que peut-on vous souhaiter pour les prochains mois ?

Du succès, le patrimoine et la culture en ont bien besoin.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Consultez le site internet de Patrivia 

Le droit d’aimer Piaf

Le droit d’aimer Piaf

Avoir la vingtaine et aimer Edith Piaf. Avec une énergie et un grand talent, Julia Paris a pensé Piaf entre France et Amérique. Passionnée, elle a créé un spectacle pour rendre hommage à l’artiste des deux côtés de l’Atlantique. Rencontre pour La Saga des Audacieux:

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Mathilde Aubinaud : Comment est né le Manège de Piaf? 
 
Le Manège de Piaf a été fondé en février 2015. Cette association loi 1901 a vocation à soutenir des projets artistiques qui permettent lors de leur réalisation de mettre en valeur l’héritage de la chanteuse Edith Piaf. Elle sert actuellement de structure de production au spectacle « Edith Piaf : entre France et Amérique » que j’ai commencé à écrire en 2012.
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Julia Paris
 
Ta première encontre avec Piaf? En quoi la rencontre avec Hugues Vassal est-elle fondatrice? 
 
Pas vraiment de date précise. Plus un souvenir, une mélodie… Nous écoutions beaucoup de chansons françaises des années 1950-1970 lorsque j’étais petite avec mes parents. J’ai rencontré Hugues Vassal en 2011-2012, à cette époque je venais de finir d’écrire le livret de mon premier spectacle. Il en avait entendu parlé par mon père qui est un de ses amis. Lors de notre rencontre il m’a dit qu’il rêvait de voir un spectacle musical jeune sur Piaf. J’avais 15 ans, j’ai accepté de relever le défis!
« Edith Piaf : à force travail, elle  est devenue une grande artiste. »
Qu’évoque pour toi cette artiste? 
 
C’est une femme qui à force travail est devenue une grande artiste. Elle a eu un destin exceptionnel, très difficile mais qui lui a permis de vivre intensément. 
« Elle utilisait énormément les médias pour bâtir sa légende. »
L’image que l’on a d’elle aujourd’hui est-elle juste? 
 
Après le film d’Olivier Dahan, « La Môme » les gens semblaient avoir une image un peu « rock’n’roll » de Piaf. Elle avait une personnalité assez complexe. L’image qu’on garde d’elle reste également majoritairement celle qu’elle souhaitait qu’on garde d’elle. Elle utilisait énormément les médias pour bâtir sa légende. Je pense qu’il n’y a donc pas forcément d’image juste de d’Edith Piaf ; chacun à la sienne.
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Quelles sont les anecdotes qui t’ont surprises? 

Pour reprendre cette idée de contrôle d’image, Hugues Vassal m’a raconté qu’un jour dans les dernières années de sa vie, elle lui avait demandé de la suivre et lui a montré la mise en scène qu’elle voulait pour la photo qui serait publiée d’elle sur son lit de mort !
Sinon il y a aussi eu toute cette carrière américaine que les gens ne connaissent pas forcément. Avec Maurice Chevalier, Edith Piaf était la vedette française aux USA durant les années 50. 
 
Pourquoi avoir choisi de mettre en avant l’Amérique? 
 
Justement parsec les gens ne connaissent pas forcément la carrière américaine d’Edith Piaf. Elle a pourtant enregistré énormément de chansons en anglais. Je pense également que le fait de mettre en avant les chansons anglophones de Piaf va permettre à ce spectacle de toucher un public plus jeune (qui considère les chansons en anglais peut être moins has been) ainsi qu’un public international.
 
La phrase qu’elle a prononcée qui t’a marquée? Pourquoi? 
 
J’aime beaucoup sa chanson « Le droit d’aimer ». Les paroles de cette chanson sont très fortes et je crois que quand on la voit chanter ce texte il se passe quelque chose de très fort. Elle s’est battue toute sa vie et sur scène elle semble se battre pour exister en tant qu’Edith Piaf mais aussi en tant qu’Edith Gionnova Gassion en coulisses.
 
Que peut-on souhaiter pour ce spectacle? 
 
Nous jouons au Studio des Champs Elysées les 3 avril et 8 mai : alors plus qu’un souhait il faut absolument venir découvrir ce beau spectacle ! 
 
Que veux-tu que l’on retienne d’elle? Pourquoi? 
Je pense qu’il faut retenir son côté humain, voir même humaniste. Elle avait toujours autour d’elle de nombreux amis qu’elle soutenait et qui lui permettaient de se sentir entourer.  
Propos reccueillis par Mathilde Aubinaud
Retrouvez le spectacle créé et mis en scène par Julia Paris
A la comédie et au Studio des Champs Elysées
les 3 avril, 8 mai et 22 mai 

Anne-Laure Constanza « Un échec a changé ma vie »

Anne-Laure Constanza « Un échec a changé ma vie »

Rencontre avec une entrepreneure inspirante : Anne-Laure Constanza. La Présidente et Fondatrice d’enviedefraise.fr apporte un nouveau regard sur la prise de risque et l’audace. Interview.

 

« Penser différemment »

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Anne-Laure Constanza

Mathilde Aubinaud : Quel est votre regard sur l’audace? 

Anne-Laure Constanza : L’audace, c’est écouter ses tripes quand sa tête dit non. C’est sortir de sa zone de confort, c’est penser différemment alors que tout et tout le monde vous pousse vers une pensée standard.

« À 18 ans, je rêvais de la Chine. »

En quoi cette notion vous a-t-elle invitée à vous dépasser? 

J’ai créé Envie de Fraise il y a maintenant 10 ans. Absolument rien ne me prédestinait à devenir entrepreneur. Je n’avais ni le modèle familial, ni le cursus adapté avec mon diplôme de chinois !

Mes choix ont toujours été guidés par mes passions et mes rêves. À 18 ans, je rêvais de la Chine. À l’époque, ce n’était vraiment pas la destination « hype » du moment, tous mes amis avaient plutôt les yeux rivés vers les US ! Après mon bac scientifique, mon audace a été d’oser m’écouter, et de partir en Chine.

Pendant presque 10 ans, j’ai partagé ma vie entre la France et la Chine. D’abord en tant qu’étudiante, puis salariée au sein de grandes maisons de luxe, avant de créer ma première société à 27 ans, Chinattitude. L’idée était de promouvoir le « made by chinese » en France. Je rencontrais des artistes chinois ultra-talentueux, des peintres, des designers, des stylistes, et je voulais les faire connaitre en France, présenter une autre facette de la Chine.

Là, clairement, j’ai pensé un peu trop « out of the box » et cette expérience a été un échec total, mais l’échec qui a changé ma vie !

« Entreprendre, c’est comme faire un triathlon tous les jours, si on n’est pas passionné, le 3ème matin, on ne se lève pas. »

Comment est née « Envie de Fraise »? 

De retour en France et enceinte au même moment, j’ai découvert la pauvreté de l’offre de mode pour les futures mamans. Impossible de m’habiller. C’était soit cheap, soit super ennuyeux et cher. Je me faisais confectionner par ma grand-mère des petites robes avec des tissus chinés au marché Saint-Pierre. Celles-ci ont rencontré un vif succès auprès de mes amies enceintes. Cette découverte a été un électrochoc : j’ai vite réalisé que j’avais trouvé ma voie pour rebondir !

Je rêvais de créer une marque fraîche et gaie, de proposer les plus belles créations aux femmes enceintes et le faire à un prix juste, sur Internet, sans intermédiaire, pour avoir un contrôle sur toute la chaîne de valeur. Imaginez le tableau pour un banquier : une jeune maman qui se lance, seule, dans la mode maternité, sur Internet, avec pour seuls bagages un diplôme de chinois et un échec cuisant derrière elle. On imagine que je suis en plein délire postnatal ! J’ai vite compris que je n’obtiendrais aucun financement sans preuve de la viabilité du modèle.

Pourtant, ce seront ces mêmes banquiers qui me feront confiance deux ans plus tard lors de ma levée de fonds institutionnelle, alors enceinte de huit mois de jumeaux. Entreprendre, c’est comme faire un triathlon tous les jours, si on n’est pas passionné, le 3ème matin, on ne se lève pas.

Dès le nom de  marque, vous vous inscrivez hors d’un cadre…

Je voulais un nom évocateur, très loin des clichés « maman truc » , un nom gourmand, coloré, pétillant, à l’image de la marque que je voulais créer. J’ai eu le déclic après 3 mois de brainstorming interminable !

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Vous repensez complètement l’imaginaire de la mode pour les futures mamans. De quelle manière? 

Envie de Fraise n’est pas une marque de vêtements de grossesse. Envie de Fraise, c’est avant-tout un état d’esprit : fashion, mais pas victime, libre, spontanément élégant et toujours happy. Nous revendiquons une vision plus légère et décomplexée de la future maman : le droit de rester séduisante et mode pendant la grossesse !

La phrase qui vous porte :

Le seul combat perdu d’avance est celui auquel on renonce.

En quoi prendre des risques est essentiel?  

Sur le digital, on naît avec cette idée que tout peut s’arrêter demain : « Always day One ». On doit se remettre en question tous les jours, ce qui nous pousse à tester de nouvelles choses en permanence (un nouveau marché, un nouveau produit, un nouveau service), à prendre des risques et donc à innover.

On teste, on échoue, on teste encore, on réussit. C’est quelque chose de très ancré dans notre culture d’entreprise. C’est important car cela nourrit une équipe. Mais pour que cela fonctionne, il faut être agile : on est plus innovant si on peut prendre des risques, car on sait que l’on peut corriger très vite ses erreurs. Une entreprise lente n’innove jamais.

Que peut-on vous souhaiter pour 2017 ?

De continuer à avoir le « drive » qui me porte depuis 10 ans et qui me donne autant de joie à me lever le matin pour rejoindre une équipe que j’aime. Et de refaire le Raid Amazones au Cambodge en décembre prochain !

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Retrouvez toutes les informations ICI 

 

Sarah Daninthe « A 16 ans je voulais être médaillée olympique et je l’ai été à mes 24 ans. »

Sarah Daninthe « A 16 ans je voulais être médaillée olympique et je l’ai été à mes 24 ans. »

 

Escrimeuse, médaillée olympique, double championne du monde par équipe, Sarah Daninthe est une femme engagée et tournée vers les autres qui croit en l’audace. Elle la vit et la porte. Interview pour La Saga des Audacieux.

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Mathilde Aubinaud : Quel est votre regard sur l’audace ?

 

« Dans le sport, à un certain niveau, l’audace est de mise. »

Sarah Daninthe : L’audace ! L’audace est un élément important dans le sport, mais aussi dans la vie d’une manière générale. Sans audace, il est inconcevable qu’un athlète devienne champion olympique.
L’audace, c’est quand tout te semble inaccessible, fermé, que tout est mis en place pour te décourager, te stopper et que tu sors du cadre, avec une solution innovante pour aller jusqu’au bout. Dans le sport, à un certain niveau, l’audace est de mise.


En quoi avez-vous été audacieuse ?

Pour la sélection des Jeux Olympiques d’Athènes, nous étions en finale sur les chinoises et étions menées de plus de 15 touches. J’avais quasi zéro chance de nous remettre dans la course, sur la championne du monde.

Nous étions au pied du mur, alors j’ai joué le tout pour le tout. J’ai choisi la solution qui avait le moins de chance de réussir. Je suis sorti du cadre en appliquant une stratégie inverse à mon jeu habituel. Sur le papier, la solution n’était pas gagnante. J’ai pris cette responsabilité sans pour autant être inconsciente mais plutôt parce que je sentais la situation, j’étais dedans, je croyais en moi et j’ai suivi mon intuition. Au début cela ne fonctionnait pas, d’ailleurs la chinoise en rigolait.

Mais je suis allée jusqu’au bout de ma démarche en proposant une solution totalement différente de celle que tout le monde attendait et le pire est que je ne savais pas que j’étais capable de pratiquer cette escrime surtout lors d’un grand événement comme celui-ci. Et ça a marché.

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Votre état d’esprit en entrant sur la piste ?

« Si tu n’as pas les crocs, ça ne marchera pas. »

Beaucoup de personnes ne le voient pas comme tel, mais l’escrime est un sport de combat. Quand tu rentres sur la piste, c’est pour exploser l’autre. Si tu n’as pas les crocs, ça ne marchera pas. Tu peux avoir peur et dans ce cas, tu dois rester concentrer sur tes basics. Penser à ce qui marche, penser à tes fondamentaux et les appliquer, petit à petit tu te retrouveras, te délivreras et tu pourras mieux t’exprimer.

Mais une chose est sûre, quand on monte sur la piste, c’est pour le combat ; il n’y pas d’amitié à ce moment précis.

 

Qu’est-ce  qui vous invite à vous dépasser ?
Pour le sport, c’est le jeu. Le jeu d’amener l’autre dans mon piège. Le jeu de se dépasser. À partir du moment  on pense au jeu et non à l’enjeu, tout va bien !

Dans la vraie vie, l’idée de pouvoir rétablir l’ordre et de donner aux autres, que ce soit en partage de compétences, donner du temps etc.

« A 16 ans je voulais être médaillée olympique entre mes 20 et 28 ans (3 JO) et je l’ai été à mes 24 ans. »

Petite, est-ce que vous vous êtes dit « Je serai médaillée Olympique »? 

Avant l’escrime, je pratiquais la danse…contre mon gré. Tous les mercredis, mon frère m’amenait à mon cours de danse. une fois ma prof a été malade. J’ai découvert l’escrime, y ai pris goût et ai continué à y aller, avec mon frère sans que notre mère ne soit au courant ; jusqu’au jour où..

Petite, mes frères pratiquaient l’escrime avec Laura Flessel. J’aimais les voir crier comme des guerriers. Je savais que je voulais moi aussi, être une guerrière.

Je n’étais pas terrible à mes débuts. Puis j’ai travaillé et progressé, les années suivantes. J’ai commencé à performer et ai commencé à voyager grâce à l’escrime. J’ai eu envie de plus, de découvrir le monde. J’ai travaillé plus. J’ai performé au niveau international dès mes premières coupes du monde.

En Août 1996, Laura Flessel, qui m’avait quasi changé les couches, devient championne olympique. Là, j’ai su que j’allais être moi aussi, médaillée olympique, c’est ce que je voulais. Ce n’est pas prétentieux c’était un vrai sentiment. Se rendre compte, qu’une personne qu’on connait en est capable, ouvre les portes. Le monde devient accessible ! Donc à 10 ans je voulais être championne de France dans ma catégorie, j’ai fini 3ème dans la catégorie supérieure, à 16 je voulais être médaillée olympique entre mes 20 et 28 ans (3 JO) et je l’ai été à mes 24 ans.
Une personne que vous admirez? 
Petite, j’admirais beaucoup Tina Turner, pour son combat, malgré les choix de vie qu’elle a fait. Aussi Malcolm K. Little Junior, parce-que Malcolm X.
Mais en fait, la personne que j’admire le plus au monde, en réalité, avec l’expérience de la vie, est ma mère.

Ma mère est une impressionnante femme. Elle vient d’une famille modeste, a manqué de nourriture, a quasi élevé ses  frères et soeurs pendant que leur mère travaillait et leur père était aux champs. Elle s’est investie dans ses études car elle pensait que c’était la solution pour s’en sortir. Elle a énormément bossé. Elle a pu être diplômée et sortir Majore nationale de sa promo, à l’école normale. Elle a été prof et a continué d’aider sa famille, au sens large : cousins, tantes, etc. Elle a enseigné dans un collège non loin d’une zone de revente de drogue et autres produits. Elle s’est mise en danger pour faire sortir ses élèves des mauvais circuits et leur offrir un autre avenir que celui de « s’abandonner ». Même quand les conseils de classes voulaient faire redoubler ou virer des élèves, elle se battait pour eux ; avec bien sûr le contrat avec l’élève qu’il bossera vraiment en cours.

Elle a voulu passer proviseur, elle s’est remise dans les bouquins et est sortie, encore une fois, Majore, de sa promo, au niveau national.
Des dizaines d’années après, je croise encore ses élèves, qui la remercie de s’être battue pour eux. Elle est partie d’Anse Bertrand, petite ville pauvre à l’époque, pour finir sa carrière en tant que Principale d’un collège de renom en région parisienne.

Aujourd’hui, elle est confrontée à la maladie et là encore, elle se bat avec toutes ses armes, car elle ne baisse jamais les bras. Notre mère nous a élevé, éduqué, inculqué des principes, appris à aider, aimer les autres. Alors, oui, ma mère est de loin la personne la plus inspirante au monde à mes yeux.

“I will not let anyone walk through my mind with their dirty feet ». Mahatma Gandhi


La phrase qui vous inspire ?

1/J’en ai 4 dans mon appart et sur mon smartphone. Elles restent à mes côtés.
« The only limit to your impact is your imagination and commitment« . Tony Robbins
« Le meilleur moyen de prévoir le futur, c’est de l’inventer ! » Peter Drucker
« I will not let anyone walk through my mind with their dirty feet ». Mahatma Gandhi
« Even if I knew that tomorrow the world would go to pieces, I would still plant my apple tree ». Martin Luther King

2/ Ayant perdu mon père il y a deux mois, une de ses phrases me revient souvent :  ouvre-toi au monde et n’oublie jamais que rien ne peut t’arrêter si tu te donnes les moyens.

Sarah Daninthe


Votre prochain combat ?

Je suis engagée dans plusieurs causes effectivement : la mixité (femmes CEO, femmes dans le numérique), les enfants malades..
Le second combat, qui était le premier il y a quelques mois, est de combattre la malbouffe, surtout le sucre. Pour faire simple, les familles qui détiennent les trois quarts de l’économie antillaise, rajoutent un fort pourcentage de sucre dans certains produits comme les yaourts par exemple. Je veux changer la donne !
Aujourd’hui, mon premier combat est d’accompagner ma mère. Nous ne la remercierons jamais assez pour tout ce qu’elle nous a apporté. Jamais assez !

Que peut-on vous souhaiter pour 2017 ?
De continuer de rencontrer et de croiser des personnes de tout horizon, échanger avec eux, apprendre d’eux et se mettre en marche, ensemble, pour faire avancer les mentalités sur les sujets : obésité, la représentation des femmes dans les conseils d’administration, la représentation de la femme dans les publicités, dans le sport, la banalisation du viol et des agressions d’une manière générale, le respect de chacun quelque soit sa couleur de peau et sa religion, etc.

Et surtout de garder les pieds sur Terre pour en profiter, car la vie est belle mais peut être tellement courte.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud