Yann Bonnet, Secrétaire général du CNNum, « le numérique est un pari sur l’avenir »

Yann Bonnet, Secrétaire général du CNNum, « le numérique est un pari sur l’avenir »

Parce qu’il est pleinement acteur de la société numérique qui se dessine, parce qu’il s’engage sur les sujets de la transformation numérique, parce qu’il entend peser dans le débat public, le Conseil national du numérique est une figure audacieuse.

Yann Bonnet est le secrétaire générale du CNNum depuis 2015. Il a été en charge du pilotage de la concertation nationale sur le numérique lancée par le Premier ministre en octobre 2014. Rencontre pour La Saga des Audacieux.

pour La Saga des Audacieux:

La Saga des Audacieux: Quelle place occupe, selon vous, l’audace dans l’univers du numérique ?

Au Conseil national du numérique, les membres tentent au quotidien de faire preuve d’audace.

Yann Bonnet : L’audace est à l’origine de bien des inventions et innovations dans les champs technologiques. Le numérique est avant tout immense pari sur l’avenir.

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Yann Bonnet, Secrétaire général du CNNum

Mais l’audace est aussi présente chez celles et ceux qui ont oeuvré aux transformations sociales induites par ces technologies : je pense notamment à Alexandra Elbakyan qui lutte pour l’accès libre aux connaissances et aux articles de recherche avec sa plateforme Sci-Hub ou encore à Edward Snowden, qui oeuvre pour la prise de conscience sur les enjeux relatifs à la surveillance.

Au Conseil national du numérique, les membres tentent au quotidien de faire preuve d’audace. C’est le coeur de leur mission de Conseil au Gouvernement : penser la transformation numérique de notre société et de notre économie, anticiper et faire des propositions nouvelles.

Ils ont ainsi défendu voire dégagé des principes qui irriguent actuellement la pensée numérique en France et au-delà : loyauté des plateformes, gouvernance des choix technologiques, biens communs, ouverture des données publiques …

Vous êtes Secrétaire Générale du Conseil National du Numérique. Quel est votre vision du leadership ?

Ma vision du leadership est semblable aux valeurs du numérique et particulièrement à deux valeurs qui me tiennent à cœur : l’ouverture et la collaboration.

Ouvert pour ne jamais se reposer sur ses acquis et rester à l’écoute des autres, dans un monde en perpétuelle transformation.

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Rencontre avec le Secrétaire d’Etat chargé du numérique lors de la plénière de juin

Collaboratif parce que c’est au cœur de ce que le numérique permet : aplatir les relations, penser à plusieurs, faire émerger les meilleurs idées dans un groupe et bénéficier de l’expression de la diversité de chacun….

Comment définiriez-vous le rôle du CNNum auprès des citoyens ? A-t-il évolué ?

Le Conseil a un rôle de vigie et d’éclaireur des enjeux numériques. Il a ainsi largement contribué à alerter l’opinion publique et le Gouvernement sur le fichier des Titres Électroniques Sécurisés, ce fameux fichier qui contient les données sensibles de la quasi-totalité de la population française.

Le Conseil veut continuer sur cette lancée et se positionner au plus proche des citoyens en s’efforçant de remplir un rôle de vulgarisation des enjeux numériques. Enfin et surtout, il souhaite également renforcer son rôle d’interface avec la société civile : dans son manifeste, il a ainsi proposé d’organiser des rencontres régulières avec la société civile et les mondes politiques et économiques et de permettre des saisines citoyennes.

Ces évolutions sont d’ailleurs dans la lignée des consultations en ligne organisées par le Conseil.

Quelles stratégies numériques vous inspirent ? Pourquoi ?

Les stratégies numériques inclusives et démocratiques : à cet égard les concertations en ligne – même si elles présentent encore des écueils tels que la représentativité et la diversité des points de vue – permettent de co-construire de façon bottom up nos politiques publiques et ainsi d’être au plus proche des attentes des citoyens.

C’est la raison pour laquelle je suis fier des larges consultations que nous avons menées par le passé. Je pense à  la “plateforme contribuez !” que nous avons mis en place pour la concertation “Ambition numérique” qui a préfiguré la loi pour une République numérique ou encore à la plateforme de débat sur le fichier TES. D’autres suivront …

Le numérique est-il un levier pour renforcer le lien social ?

Bien sûr, depuis le rapport « Citoyens d’une société numérique – Accès, Littératie, Médiations, Pouvoir d’agir : pour une nouvelle politique d’inclusion », le Conseil soutient qu’il est possible de s’appuyer sur le numérique pour renforcer le « pouvoir d’agir » de tous les citoyens. Le constat de ce rapport a participé à la prise de conscience des enjeux de l’inclusion numérique au-delà de la thématique de l’accessibilité. Il y a des vrais risques de décrochage, qui peuvent renforcer mais parfois aussi dépasser les fractures existantes.

Mais il n’y a pas de déterminisme : nous pouvons et nous devons proposer d’autres modèles politiques publiques pour le numérique…

Plus récemment, le CNNum a publié un avis présentant sa vision de la confiance dans une démocratie numérique. Il y explique que si la confiance dans la vie publique repose sur une moralisation des attitudes individuelles, elle se fonde aussi sur notre capacité collective à mieux impliquer les citoyen-ne-s dans l’action publique. Le numérique peut et doit aider à atteindre cet objectif.

Comment le CNNum tente-t-il de rendre le numérique plus inclusif ?

Depuis bientôt 4 ans, le Conseil estime que la médiation représente, avec la formation tout au long de la vie, l’infrastructure humaine essentielle d’une société numérique. Nous pensons par exemple qu’il faut absolument valoriser et structurer les métiers de la médiation numérique ou encore développer la médiation numérique dans les services publics locaux.

Mounir Mahjoubi a été nommé Secrétaire d’Etat au numérique. Quelle politique numérique va-t-il mettre en place ?

Mounir Mahjoubi a annoncé ses chantiers prioritaires sur lesquels il avait déjà beaucoup travaillé en tant que Président du Conseil national du numérique : la transformation numérique des PME, l’inclusion numérique et la transformation de l’État.

Comment la France peut-elle construire une stratégie numérique ?

Tous les pouvoirs publics devraient être inclus dans une réflexion pour mener une stratégie numérique nationale cohérente autour des grands enjeux de notre société.

Le numérique est transversal. Dans le rapportAmbition numérique, nous avons ainsi tenté de le traiter sous toutes ses dimensions pour définir une vision globale et ensuite la décliner de manière cohérente.

Cela implique un changement de posture : tous les pouvoirs publics devraient être inclus dans une réflexion pour mener une stratégie numérique nationale cohérente autour des grands enjeux de notre société parmi lesquels entre autres la gouvernance des choix technologiques de l’État, l’État-Plateforme, les données éducatives …. Mais il faut avant tout construire une stratégie numérique européenne.

En quoi le numérique est un levier de pouvoir et de souveraineté ?

D’abord, levier de pouvoir : il y a un véritable projet politique à défendre pour le numérique, notamment dans un contexte actuel où il peut être le vecteur d’une centralisation accrue des pouvoirs dans notre société (surveillance, reverticalisation du web avec la domination des grandes plateformes…).

Nous défendons un numérique à même de permettre la transformation sociale en donnant du pouvoir d’agir par le développement individuel. C’est un numérique dans lequel l’individu doit pouvoir décider de la communication et de l’utilisation de ses données personnelles.

Ensuite, levier de souveraineté parce que le numérique est sans conteste un enjeu stratégique essentiel pour les États. Dès les années 70, les États-Unis ont effectué des choix de politiques publiques clairs en faveur du numérique. Cela a favorisé l’afflux de capital des États-Unis pour les entreprises innovantes. Aujourd’hui, les entreprises américaines (les fameuses “GAFAM”) sont les leaders de l’économie numérique.

Une stratégie numérique européenne ambitieuse est possible.

L’Europe de son côté n’est jamais parvenue à avoir une stratégie cohérente pour le numérique alors que de l’autre côté il y a des pays plus fermés comme la Chine qui ont réussi à développer des écosystèmes numérique locaux. Une stratégie numérique européenne ambitieuse est possible. Pour cela, il faut proposer notre propre modèle, en cohérence avec nos valeurs, nos règles…

Quels sont vos prochains défis ?
Deux défis nous attendent. D’une part, renforcer notre rôle au niveau européen car c’est le cadre le plus adéquat pour les sujets numériques et d’autre part, approfondir les sujets au cœur de nos réflexions dans un premier temps autour de trois grands sujets : la loyauté des plateformes, l’intelligence artificielle et la convergence des transitions écologique et numérique.

propos recueillis par Mathilde Aubinaud

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« L’audace ouvre un champ des possibles immense » 

« L’audace ouvre un champ des possibles immense » 

Alors que la communication joue un rôle prégnant auprès des parties prenantes, rencontre pour la Saga des Audacieux avec Benoit Pernin, Directeur des relations presse, publiques et extérieures d’Orange France.

 Mathilde Aubinaud : En quoi l’audace est-elle importante pour communiquer? Se faire entendre? 

Benoit Pernin : Etre audacieux implique obligatoirement une volonté de faire les choses malgré les risques. Et en terme de communication, l’histoire montre que toutes les campagnes de communication qui marquent  (pour un produit, une marque, une idée) sont celles qui sont sorties du chemin classique, des codes connus de la communication. Bref qui ont osé, qui ont innové.

L’audace, c’est aussi, quelque part, donner du sens, ouvrir un nouveau chemin, inspirer… et donc particulièrement dans le monde de la communication. De façon globale, je pense que la première condition pour avoir de l’audace, c’est avoir de l’expérience. Il faut donc maîtriser sa zone de confort pour oser en sortir. C’est pour cela que n’on ne naît pas audacieux, on le devient. Avoir de l’audace, c’est changer !

Quelle lecture avez-vous de la communication? Au regard de votre expérience Comment la définiriez-vous? 

Définir la communication est plus difficile qu’il ne semble malgré son omniprésence et bien que nous utilisions tous ce mot et, surtout, pensons en connaître sa signification. La communication, c’est  partager, mettre en commun, transmettre. Derrière ces mots et ces actions la notion de communication n’a cessé d’évoluer depuis des dizaines d’années. Elle s’est carrément transformée avec l’arrivée et la puissance du digital. Pour ma part, je pense que la communication est intelligente. La communication, parce qu’elle est information et compréhension, devient un outil d’éclairage, elle peut provoquer des prises de conscience et susciter l’engagement. Et plus que jamais, la communication doit être discussion. C’est pour cela que les communicants doivent en permanence se remettre en question, s’adapter au monde que les entoure. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui avec le digital et la multitudes d’offres existantes…et à venir !

Benoit Pernin

Vous êtes à la fois Directeur des relations presse, publiques et extérieures d’Orange France. De quelles manières les frontières évoluent-elles? Investissent-elles  de nouveaux champs? 

Le digital a bouleversé – et ce n’est pas terminé- la façon d’exercer le métier des relations presse et de la communication en général. Notre relation au temps s’est accélérée. La communication et le message sont permanents.  En fait, le digital a surtout accentué la rapidité avec laquelle l’information se propage. Ce qui veut dire concrètement que nous sommes obligés aujourd’hui de maîtriser l’ensemble de la chaîne d’influence. Jamais, peut être, le temps de communication n’a été aussi fort. Par conséquent, le métier d’attaché de presse a changé et a pris une dimension 2.0. On parle d’ailleurs de plus en plus souvent d’e-RP. L’attaché de presse rédige toujours des communiqués et des dossiers de presse, organise des conférences et des voyages de presse. Mais les formats évoluent tout en étant plus adaptés au mobile : relai des communiqués de presse sur Twitter, envoi d’un tweet à la place d’un communiqué de presse, création de courtes vidéos, de gifs, rédaction de e-dossiers de presse directement consultables en ligne, prise en compte d’un volet « web social » dans les revues de presse… L’attaché de presse est en lien direct et interagit avec d’autres publics, au-delà des journalistes : leaders d’opinions, experts, blogueurs et autres groupes d’influence.

Les relations publiques sont aussi concernées par cette évolution. En effet, les réseaux sociaux permettent d’amplifier la visibilité des événements que nous organisons. Ils constituent aussi un formidable relai pour une communication « live ». C’est la raison pour laquelle nous mixons les publics d’influenceurs que nous invitons afin de donner à nos événements la meilleure résonnance possible.

Toutes ces actions sont le point de départ de conversations qui se prolongent avec les partages et commentaires sur les réseaux sociaux. Cette approche conversationnelle est plus que jamais au cœur des relations presse et publiques. Nous ne sommes plus sur une communication descendante mais complètement horizontale et engageante avec une multitude d’interlocuteurs, dans un esprit d’interactivité et d’échange.

Aujourd’hui je suis persuadé que les équipes de relations presse, publiques et digitales doivent plus que jamais travailler en totale coordination. Elles sont toutes dans une logique d’écoute, d’interaction et d’anticipation.

-Vous avez initié en avril dernier « #InTheAtlanticWith« . En quoi cet événement permet-il de créer des synergies en mobilisant l’ensemble des médias sociaux?

D’abord c’est une réflexion et un travail d’équipe. Cet événement s’inscrit dans un plan de communication globale concernant le réseau 4G d’Orange. Nous sommes partis du constat simple qu’aujourd’hui, dans nos métiers de la communications tout se croise et se recoupe. Lancée en juillet 2016, cette série a pour principe de promouvoir l’efficacité du réseau 4G d’Orange à travers des preuves. En plus d’affirmer la qualité de notre réseau nous le montrons à travers des usages. Ce concept repose sur deux principes. Le premier, c’est de découvrir un lieu insolite dans lesquels nos clients peuvent utiliser, comme d’habitude, leur mobile (nous l’avons déjà fait dans le tunnel sous la manche, au cœur des alpes et sur une plage). Le deuxième principe, c’est une diffusion en live sur nos réseaux sociaux –Facebook et Twitter d’une interview ou d’un mini concert.  Ce dernier épisode a réuni plusieurs milliers de vues au moment du live et près de 400 000 en cumul. Cet événement nous permet aussi de nous adresser à des journalistes qui racontent l’expérience, l’histoire. Et à cette occasion, toutes les ressources de la presse, des relations publiques et du digital sont réunies. A travers cette série, nous mobilisons 3 grands écosystèmes d’influence qui s’articulent entre eux, mais surtout donnent une dynamique digitale importante.

  • La marque Orange d’abord active son écosystème au global, c’est-à-dire ses fans, ses followers et la région dans laquelle l’événement se déroule ou bien encore des influenceurs qui s’intéressent à la thématique choisie, en l’occurrence la musique.
  • L’artiste ensuite qui mobilise ses fans et son propre écosystème.
  • Le lieu, enfin, qui créé une dynamique locale importante

Le prochain épisode se déroule le 20 juillet prochain et se nomme #intheSeawith .. Et comme nous cherchons toujours l’originalité et l’audace, ce sera un moment unique à vivre du côté de la Méditerranée diffusé en live et en simultané sur plusieurs réseaux sociaux grâce à la 4G d’Orange. Une nouvelle fois plusieurs éco-systèmes seront mobilisés.

Quelle est la dernière tendance RP qui vous a marqué? Pourquoi? 

J’aime beaucoup la phrase de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon qui dit« Votre marque est ce que les gens disent de vous lorsque vous n’êtes pas dans la pièce ». Nous sommes au cœur de la tendance qui est née il y a quelques temps et qui va s’accentuer. C’est en fait la conversation. Et c’est par ricochet le « bouche à oreille ». Jamais les citoyens n’ont autant disposé de moyens d’information et d’expression là où les médias ont longtemps été les principales courroies de transmission, de compréhension et de mobilisation. Et par conséquence, jamais les marques n’ont eu un terrain de jeu d’expression aussi large et varié. C’est la raison pour laquelle il est vital de créer du contenu, mais pas n’importe lequel afin d’émerger mais aussi et surtout durer tant l’attention est volatile, l’offre et les façons d’expression sont immenses !

Le communicant qui vous inspire? Aujourd’hui? Dans l’Histoire? 

A mon sens un bon communicant est quelqu’un, qui en résumé, a en permanence un coup d’avance ou imagine le suivant. Que ce soit sur le fond ou la forme.

Dans l’Histoire récente, Chris Hughes, cofondateur et porte-parole de Facebook mais aussi coordinateur de l’organisation en ligne de la campagne présidentielle de Barack Obama en 2008. Ce n’est pas un « communiquant » au sens propre du terme mais il a créé une communication tout à fait spécifique. C’est lui qui aura sans aucun doute révolutionné le modèle de campagne électorale classique par l’utilisation omniprésente du digital, par un usage parfait du Big Data et par le pouvoir qu’il aura donné à ses partisans de devenir son propre média.

Il y a aussi Mercedes Erra qui a cassé les codes et, guidée par son audace, a donné du sens à la communication, à son métier. Il y a quelque temps un très beau portrait d’elle dans la presse titrait « La Dame de Faire »…. Tout est dit !

La sentence qui vous porte? 

Si nous parlons d’audace, la phrase d’Anatole France « J’ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l’indifférence » prend tout son sens….

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud 

 

 

 

Quand les plumes de dirigeants d’entreprise se racontent

Quand les plumes de dirigeants d’entreprise se racontent

Si les plumes sont souvent mis en avant dans le champ du politique, elles jouent un rôle crucial   dans les entreprises. Rencontre avec les plumes en entreprise.

Etre sensible au grain des mots. A leur finesse, leur force et leur élan. Emplis de potentialités, ils sont un levier pour diffuser des idées et transmettre un message. Ils traduisent un émoi, une sensibilité ou une conviction qui portera l’entreprise.  Le défi est d’autant plus élevé lorsqu’il s’agit de mettre en mots des enjeux pour une figure dirigeante d’une entreprise.

Un métier de l’ombre

« Plume ». Un métier à part, peu dévoilé et raconté. Cette profession est comme enveloppée d’un halo de mystère. Si le métier en politique est mis en lumière par les médias,il reste plus méconnu en entreprise.

« Se projeter dans le temps long » Frédéric Vallois

 Aussi, Frédéric Vallois, plume auprès du Directoire de Vivendi depuis 2012 après avoir été conseiller ministériel au porte-parolat du gouvernement auprès de Luc Chatel, François Baroin et Valérie Pécresse, explique « qu’en politique comme en entreprise, le rôle d’une plume est de mettre des mots sur une réforme, un projet, une action pour en expliquer le sens. » Son enjeu est clé : « un outil de communication précieux, l’un des seuls qui permette encore de remettre des événements en perspective et de se projeter dans le temps long » ajoute-t-il.

Frédéric Vallois

La prise de parole publique de ceux qui l’exercent est rare. « Le moment de l’écriture est solitaire » souligne Florence Loncq, chargé de communication éditoriale chez Deloitte France. Les activités d’une plume sont variées du discours à l’interview à la rédaction pour le web.

Florence Loncq

Matthieu Alexandropoulos a été la plume du Président Exécutif d’EADS (aujourd’hui Airbus) entre 2010 et 2012. Il est aujourd’hui  chef de cabinet du nouveau directeur de la stratégie et de l’international d’Airbus. Il apporte son regard à titre personnel :   « La plume d’entreprise joue le rôle d’un conseiller en communication doublé d’un conseiller technique sur certains sujets, en fonction des domaines d’expertise de la plume (finance, stratégie, ressources humaines, etc.) et des attentes du dirigeant. »

Mettre en mots : l’art de la justesse

« Les liens tissés sont faits de respect et d’admiration, mais aussi de distance ». Matthieu Alexandropoulos

Matthieu Alexandropoulos

 

De manière ponctuelle ou régulière, Florence Loncq écrit pour  une trentaine de cadres dirigeants de chez Deloitte. Il s’agit de « trouver la voix de chacun ». Le discours doit incarner celui qui le porte. La plume se doit de connaitre ce qui anime le dirigeant. « Vous écrirez de meilleurs discours si vous appréciez la personne qui les prononce, si vous connaissez ses qualités, ses points faibles, ses attentes, ses marottes… » explique Frédéric Vallois.

Matthieu Alexandropoulos considère lui  que « les liens tissés sont faits de respect et d’admiration, mais aussi de distance. Conserver une certaine distance avec le dirigeant est indispensable pour bien le conseiller. » Une plume d’une entreprise cotée au CAC 40 raconte : «  Il faut sentir si le dirigeant a besoin ou non de proximité. Cette dernière peut être périlleuse, et, pour ma part, je l’évite à chaque fois, car vous pouvez vous retrouver pris dans un jeu trouble de sentiments, et l’éponge des contrariétés d’une personne soumise à de lourdes pressions…donc, en ce qui me concerne, distance ! Mais quelquefois les dirigeants sont demandeurs d’intimité. Il faut savoir la leur donner, sans jouer les courtisans, et en refusant, c’est mon point de vue, le rôle de confesseur. » Florence Loncq a  une attention pour le futur auditoire du discours. «  J’essaie d’adopter le point de vue d’un lecteur ».

Ajuster le discours au moment et aux parties prenantes lorsque le discours sera prononcé. S’adresse-t-on aux actionnaires majoritaires, à la presse, aux journalistes, aux salariés ou encore aux investisseurs ?  Etre attentif à la portée du discours est essentiel comme l’évoque Matthieu Alexandropoulos « Discours chocs « transformationnels » et discours d’influence savamment distillés, les dirigeants doivent savoir manier les deux, utilement conseillés par leurs plumes. »

Le cadre de l’entreprise doit être pris en compte : son imaginaire comme sa culture. Il ajoute : « pour être perçus comme légitimes, les dirigeants doivent ancrer leurs discours dans la réalité de l’entreprise, de la société et développer leur sens de la nuance. » L’agenda est un élément essentiel.  Frédéric Vallois se souvient de son premier discours chez Vivendi : « un discours de vœux prononcé par le Président du Directoire devant les salariés du siège, dans un contexte interne alors marqué par des interrogations  sur l’orientation stratégique du groupe. L’occasion de plonger dans le grand bain, alors que je venais de rejoindre Vivendi ! »

Un art de l’écriture

« La voix s’exprime à travers un ton, un style. Cela peut être de but en blanc ou bien il s’agit d’arrondir les angles d’un discours » explique Florence Loncq.  Une toile de fond qui se rapproche de l’imaginaire de la scène comme le rappelle Frédéric Vallois, « C’est un peu comme au théâtre : la performance de l’acteur et la rencontre qui se crée avec son auditoire sont au moins aussi importantes que le texte lui-même. Cette incarnation passe par la maîtrise de différents éléments : le ton de la voix, l’utilisation des silences, la gestuelle, l’occupation physique de l’espace… C’est une subtile alchimie à trouver. »

Florence Loncq été marquée par « le style incisif » de L’Education sentimentale de Flaubert.  Pour elle, le tour de force s’opère lorsque l’« on a réussi à rendre les choses simples alors qu’elles ne l’étaient pas initialement. »  Diplômée de l’ENS et de l’ESSEC, elle se réjouit de « travailler en entreprise  tout en tissant des liens avec ma passion de l’écriture».  Une écriture qui cisèle et révèle les mots. Frédéric Vallois précise ainsi que « l’écriture est un défi chaque fois renouvelé. Cet exercice demande à la fois beaucoup de créativité et de rigueur. »

Le choix des mots est crucial. Un travail de définition est nécessaire. Il ne faut pas « diluer le discours » conseille Florence Loncq, en évitant de parler pour ne rien dire. Demeurons dans l’héritage de Nicolas Boileau.  L’enjeu est d’autant plus important lorsque le discours est écrit dans une autre langue. Frédéric Vallois se souvient de son premier discours écrit en anglais. « Un souvenir marquant. Il est déjà difficile d’écrire en français, imaginez dans une autre langue… Tout est différent : la structure du discours, la construction et le rythme des phrases, les codes et les références culturelles. Heureusement, mon Dircom’,lui-même anglais, est là pour me relire ! »

De l’importance de se renouveler

De l’automobile à la santé en passant par les fintechs, les univers de compétence sont légion pour Florence Loncq. Il s’agit de « trouver des angles différents. » . En effet, « chaque discours est différent du précédent et nécessite une approche spécifique » souligne Frédéric Vallois qui explique sa démarche : « la première question que je me pose quand j’écris est la suivante : en quoi que ce discours est-il propre à mon entreprise et à mon dirigeant ? Ce qui va le différencier des autres, c’est sa singularité et son authenticité. »

 Face aux débats qui pointent la fin de l’écrit, les réactions sont nombreuses. Aussi, la plume qui a tenu à rester anonyme  rappelle qu’ « on a cru pour un temps que les écrans, que les nouveaux médias, allaient se substituer à l’écrit, mais c’est totalement faux ! L’écriture et la lecture n’ont jamais été aussi présentes qu’aujourd’hui, et s’y mêlent d’anciens et de nouveaux principes. L’époque exige certes quelque chose de moins formel qu’avant, la tendance est à la simplicité et à la décontraction dans la prise de parole. »  Florence Loncq rapproche l’écrit d’un autre univers artistique : « C’est un peu comme un travail de sculpteur ». Donner souffle et forme aux prochains discours.

Mathilde Aubinaud

Ingrid Lamri : « L’Energie Est Au Cœur De Tout Progrès Social Et Economique »

Ingrid Lamri : « L’Energie Est Au Cœur De Tout Progrès Social Et Economique »

 
Rencontre pour La Saga des Audacieux avec l’inspirante Ingrid Lamri. Bienveillante et tournée vers les autres, elle s’implique et s’engage dans nombre d’univers.
Présidente de l’ ‘Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, l’ANAJ-IHEDN, elle est officier de réserve de la Marine Nationale. Interview.
 
Mathilde Aubinaud : Quel est votre regard sur l’audace? En quoi est-ce une notion qui vous porte? 
« La notion d’audace m’apparait ainsi absolument fondamentale pour mener à bien des projets ambitieux, et devenir utile. « 
Ingrid Lamri : J’ai la chance d’avoir fait une école qui s’est attachée à marteler durant quatre ans qu’il était indispensable d’ « apprendre à oser » . Au delà des mots et de la formation, j’ai appris à incarner dans une certaine mesure l’audace. Je pense devoir faire encore beaucoup sur cette voie, mais je me sens portée par les fruits de mes prises d’initiatives, qui m’ont fait grandir et évoluer hors de ma zone de confort.
On a souvent tendance à dire qu’il faut savoir saisir les opportunités. Pour moi, il faut aller au-delà et les créer pour pouvoir ensuite s’en emparer. La notion d’audace m’apparait ainsi absolument fondamentale pour mener à bien des projets ambitieux, et devenir utile. 
 
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Gala des 20 ans de l’ANAJ-IHEDN
Vous êtes depuis 2016, Présidente de l’ANAJ-IHEDN. Pouvez-vous nous en parler? 
Derrière cet acronyme barbare, ce sont plus de 2 000 jeunes âgés de 20 à 35 ans qui s’intéressent aux enjeux de défense, de sécurité et à la géopolitique. Ce think tank a été créé il y a 20 ans, afin de dynamiser une réflexion jeunes autour de ces thématiques.
Aujourd’hui, nous sommes implantés dans toute la France ainsi qu’à Berlin, Londres, New York et Singapour. Nous organisons en moyenne trois événements par semaine et rédigeons de nombreux articles – nous avons d’ailleurs récemment publié un livre disponible en version numérique ICI
« En tant que jeunes, nous nous sentons concernés par les décisions prises pour notre avenir et désirons y contribuer activement. »
La mission de l’ANAJ-IHEDN telle que je la conçois est plurielle. Elle consiste d’abord à réunir des jeunes passionnés, dynamiques qui ont foi en l’avenir et veulent contribuer aux réflexions sur les grands enjeux de demain.
Elle vise aussi à démontrer que de nombreux sujets sont liés à la souveraineté de notre pays : une conférence sur le soft power des musées, une visite d’une centrale nucléaire ou une interview d’acteurs du renseignement sont autant d’exemples de la diversité des sujets traités.
Enfin, l’ANAJ-IHEDN doit aussi servir de réservoir d’idées et de réflexions à nos dirigeants : en tant que jeunes, nous nous sentons concernés par les décisions prises pour notre avenir et désirons y contribuer activement.
 
En quoi consiste votre rôle?
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Ingrid Lamri, Présidente de l’ANAJ-IHEDN
Je considère avoir plusieurs casquettes. La première est celle de chef d’orchestre : 2 000 membres dont 50 responsables bénévoles, répartis sur tout le territoire, il faut les animer, les coordonner et leur donner envie de faire grandir notre projet commun ! Mon rôle est de donner le cap, les grandes orientations, d’assurer que nous avons les moyens d’atteindre nos ambitions et de laisser ensuite le champ suffisamment libre pour que chacun puisse trouver un terrain propice à l’initiative et à l’épanouissement. 
Ma deuxième casquette – celle que je préfère – est celle d’agitateur : il faut toujours penser à l’après, lancer de nouveaux projets, imaginer de nouveaux partenariats, etc. J’adore porter des projets innovants, lancer des initiatives impossibles, développer notre ambition…
 Je répète constamment aux équipes que si elles ne s’amusent pas dans ce qu’elles font, nous allons droit dans le mur. Il faut parvenir à allier professionnalisme, esprit d’équipe, dépassement de soi et épanouissement.  
 
« On ne peut plus aujourd’hui demander à son équipe de se donner à 100% si on se ménage soi-même. »
Quelle est votre vision du leadership?  
Le leader pour moi est la personne qui inspire par l’exemple. On ne peut plus aujourd’hui demander à son équipe de se donner à 100% si on se ménage soi-même. Il faut incarner ses projets pour rayonner et embarquer son équipe avec soi. 
Personnellement, je suis quelqu’un de résolument orienté action. J’ai un côté très opérationnel qui me pousse à retrousser mes manches et à mettre les mains dans le cambouis. Le leader ce n’est pas celui qui, du haut de sa tour, ordonne à tout le monde d’agir, c’est plutôt celui qui descend de son piédestal et qui accompagne le mouvement.
Je me sens plus leader lorsque je bosse à notre QG sur un projet complètement fou sans aucune censure que lorsque je dois présenter nos actions devant un amphithéâtre rempli d’institutionnels. Cela fait bien sûr partie du rôle, mais ce n’est pas là que mon leadership se distingue le mieux. 
J’ai failli oublier une dernière qualité indispensable du leader : l’écoute. Cela me parait indispensable pour prendre la température des équipes et éventuellement ré-orienter sa stratégie en fonction des doutes et appréhension de chacun. 
 
D’après vous, l’association permet-elle une nouvelle appréhension des jeunes? De quelle manière? 
Je constate au quotidien que les jeunes ne se contentent plus de ce que leur entreprise ou leur université peut leur offrir : au-delà d’un salaire ou d’une formation, ils sont à la recherche d’espaces pour s’engager, prendre part aux réflexions, contribuer à l’évolution de notre société. Cette envie n’est pas nouvelle, il n’y a qu’à regarder quelques documentaires sur Mai 68 ! Mais aujourd’hui, le contexte est propice aux engagements alternatifs, autant qu’aux engagements de vie.
Au-delà des associations, l’engagement des jeunes autour de moi passe de plus en plus par la réserve militaire, la protection civile, le service civique, les sapeurs-pompiers, etc. Je vois la vie associative comme une opportunité pour les jeunes d’accroitre leur employabilité, d’apprendre à mieux se connaître et de développer leur réseau. 
 
Vous êtes engagée sur la plan professionnel, associatif. En quoi est-ce important pour vous? Quels sont les moments où vous vous êtes sentie utile? 
« L’important pour moi est de découvrir de nouveaux univers, de sortir de ma zone de confort tout en contribuant à mon niveau à la construction d’un monde meilleur. »
Quand j’explique mon parcours, mes interlocuteurs ont parfois du mal à suivre : il y a beaucoup de « parallèlement » ou « et en même temps » ! Je fais partie d’une génération de slasheurs, je m’épanouis dans la diversité des activités dans laquelle je m’engage : entre la startup que j’ai cofondée, le grand groupe énergétique qui m’emploie, la réserve militaire, les marathons ou mon think tank, l’habituel fil rouge que chacun aime dérouler en présentant son CV n’est pas toujours évident à trouver.
L’important pour moi est de découvrir de nouveaux univers, de sortir de ma zone de confort tout en contribuant à mon niveau à la construction d’un monde meilleur. 
Je me sens vraiment utile quand je prends le temps de conseiller des plus jeunes dans leur parcours de carrières ou dans leur choix d’études. Je suis convaincue que les révolutions à venir viendront de la jeunesse, il faut que nous misions tout sur elle pour que ces transformations soient aussi bonnes que possible pour la société. 
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visite avec la Protection Civile Seine Paris 12
 
A travers vos engagements, quel message entendez-vous faire passer au sujet de l’énergie. 
L’énergie est au cœur de tout progrès social et économique. Je suis une adepte des romans de science-fiction et le sujet de la quête d’une source d’énergie infinie revient très régulièrement : c’est le graal, c’est ce qui nous permettra de continuer à progresser. En attendant, il est de notre devoir de nous raisonner sur l’utilisation de nos ressources énergétiques. 
Je trouve qu’il y a encore beaucoup d’idées reçues sur l’énergie qui, malheureusement, évoluent beaucoup plus lentement que les découvertes effectuées dans ce domaine. Le digital est un vecteur puissant capable de nous aider à repenser notre approche de l’énergie. En effet, l’énergie a eu pour rôle essentiel d’aider l’homme à s’affranchir d’efforts physiques, lorsque combinée aux machines, elle permet progressivement d’orienter les hommes vers des choix quotidiens plus judicieux et respectueux de notre planète.
Bien entendu, l’énergie, les machines ou le digital ne sont ni bons ni mauvais, et dépendent de leur usage. Pour ma part, j’ai choisi l’usage que je défendrai.
Quels sont les livres qui vous ont inspirée? 
J’adore les biographies, le fait de découvrir des moments de vies de personnes qui ont eu un impact considérable sur le cours de l’histoire me fascine. Lorsqu’on entre dans l’intimité d’une personnalité riche, souvent complexe voire torturée, on ne peut que se questionner et, surtout, avoir envie de se dépasser.
Le fait de prendre conscience que ces figures quasi mystiques vivaient elles aussi un quotidien, avec leurs propres problèmes matériels, sentimentaux ou familiaux a un côté surréaliste. 
La biographie de Napoléon par Max Gallo m’a par exemple transportée. Ma prochaine lecture sera une biographie de Madame Dupin, féministe et grande personnalité du siècle des Lumières que j’ai redécouverte lors d’un récent passage à Chenonceau. 
Vous êtes marathonienne. Au 40ème km, qu’est-ce qui vous incite à continuer? 
« Je suis fascinée par ce que l’humain est capable de réaliser par la combinaison de la volonté et de l’entrainement. »
J’aimerais vous dire que c’est la foi en mes capacités ou encore la rage de me surpasser mais, pour être franche, c’est la volonté bassement matérialiste de pouvoir parader lors de mon prochain entrainement avec le T-shirt « Finisher » offert par les organisateurs à toute personne franchissant la ligne d’arrivée. Rien de très héroïque ! 😉 
Plus sérieusement, je suis fascinée par ce que l’humain est capable de réaliser par la combinaison de la volonté et de l’entrainement. Si nous appliquions ces principes de vie pour plus de justice sociale et un progrès équitable et choisi, nous pourrions être fiers de ce que nous serions capables d’accomplir ensemble.
 
La phrase qui vous porte? 
Impossible n’est pas français !
propos recueillis par Mathilde Aubinaud 

François Sarkozy : Un Audacieux N’A Pas Peur !

François Sarkozy : un Audacieux n’a pas peur !

Rencontre pour La Saga des Audacieux avec  le Docteur François Sarkozy, Médecin Pédiatre, Président du cabinet de conseil FSNB Health & Care et Fondateur de TousPourLaSante.TV. Portrait.

« Un regard multiple sur la santé »

Lorsque l’on demande à François Sarkozy la phrase qui l’a façonné, il répond : « A cœur vaillant, rien d’impossible ». Il a raison. Tant dans son parcours que dans ses prises de parole, ses engagements, en faveur de la solidarité, font sens.

Le combat d’une vie tournée vers la transversalité. Petit-fils de médecin, François Sarkozy a  un parcours syncrétique, avec « un regard multiple sur la santé ».

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François Sarkozy

Il est porté par l’envie de « comprendre l’ensemble des perspectives autour de la santé ».

« Créer des passerelles »

Interne des Hôpitaux de Paris, il s’est spécialisé dans la pédiatrie. Suivra une maîtrise de biologie humaine, puis un DEA en physiologie respiratoire. En parallèle, il découvre l’industrie. Un univers qui lui plaît.  Ce sera le laboratoire Roussel-Uclaf où il exerce plusieurs rôles. Il reste 10 ans dans l’industrie pharmaceutique avant de se tourner vers entrepreneuriat. Il s’intéresse, dès 2008, aux télévisions sur internet. En parallèle des Etats Généraux du Vieillir Jeune, il co-crée,  une web tv intitulée « Longevitv ». Il poursuit son activité de conseil chez Publicis avant de reprendre celle  d’entrepreneur : une activité  de conseil centrée sur son expertise.

Il préside, par ailleurs, le Comité d’organisation des Entretiens de Bichat et en fait un carrefour entre la médecine hospitalière et la médecine en ville, ce qui permet de regrouper institutionnels, payeurs, professionnels de santé, industriels et associations de patients.

Il entend « créer des passerelles » entre les acteurs de la santé.

 

Concret et tangible

Une heure pour échanger autour des enjeux de la santé et des sujets d’actualité avec des professionnels qui apportent leur regard pertinent en sortant des silos, c’est le pari réussi de « Tous pour la santé.TV».

Une émission conçue par « des amateurs de la télévision  professionnels de la santé» explique François Sarkozy. Quatre caméras accompagnent ce rendez-vous. Diffusé sur Face Book Live at YouTube, ce programme mensuel apporte une vision à la fois concrète et tangible de ces enjeux. Ainsi, à la suite de la première édition intitulée « la vaccination des professionnels de santé, un sujet tabou ? », des initiatives ont été prises par le Conseil National de l’Ordre pour sensibiliser les kinésithérapeutes à l’importance de la vaccination.

« La solidarité est consubstantielle à la République Française. »

Oui, François Sarkozy est audacieux. L’audace donne un élan. Elle permet de  « faire confiance à son intuition » et refuser que l’on vous enferme dans un cadre. « Il faut oser ! » lance-t-il.

De ses années passées aux Etats-Unis, il se souvient de ce pays qui « aime les entrepreneurs ». « On apprend de ses échecs ». Pour lui, « un audacieux n’a pas peur ».

Il poursuit les combats qui le portent. Il entend lutter contre l’iniquité dans l’accès au soin. La solidarité est un maitre-mot. « Elle est consubstantielle à la République Française. Il faut réinventer la solidarité du XXIème siècle ».

Celle-ci implique de respecter les choix individuels tout en valorisant les  engagements réciproques.

Ses prochains projets ? Ils sont légion. Tant mieux. Il reprend les mots de Martin Luther King : « I have a dream » et conclue en affirmant : « Avoir un rêve mais ne pas être rêveur ». Quelle meilleure hymne à l’audace que de donner vie à ses convictions ?

Mathilde Aubinaud

Gérald Karsenti : Pourquoi Je Crois En L’Intelligence Emotionnelle »

 Gérald Karsenti  » pourquoi je crois en l’intelligence émotionnelle »

Gérald Karsenti est l’auteur de l’essai « Leaders du troisième type : pour redonner du sens à notre engagement« . 

Rencontre avec le Président d’Hewlett Packard Enterprise France et Vice-Président Global Sales EMEA pour La Saga des Audacieux.

« L’inspiration est nécessaire »

« C’est en lisant des romans que j’ai trouvé des idées de management. » Gérald Karsenti, Président d’HPE France, a été façonné par la littérature. Il se souvient de sa lecture de Belle du Seigneur, d’Albert Cohen et ce « souffle amoureux qui peut transporter quelqu’un« ‘. Il explique :  » Quand on est dans la passion, on peut être amené à faire des choses extraordinaires. J’ai alors compris à quel point l’inspiration était nécessaire. » Une inspiration qui porte ses équipes chez HPE. Investi sur les enjeux des femmes en entreprise et sur ceux du leadership, il est professeur affilié à HEC et Sciences-Po.

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Gérald Karsenti

Se préparer à la transformation digitale et de l’arrivée de La génération Z

Dans ce livre, que l’on lit avec un vif intérêt tant il est rythmé, sont associées illustrations judicieuses de Clod et regards sur le leadership. Une prise de parole vivante écrite, fort du témoignage de Gérald Karsenti et des points saillants de l’Histoire façonnée par des leaders. Il présente plusieurs types de leaders. Ceux qui dominent dans les différentes sphères aujourd’hui et ceux qui émergent en raison de la transformation digitale et de l’arrivée de La génération Z. Cet essai donne les clés pour comprendre le monde de demain.

« Le leader narcissique ne renonce pas. »

Il dresse un état des lieux de ces figures qui jouent un rôle décisionnel. « Le monde actuel est gouverné par des narcissiques. Ils présentent des qualités indiscutables pour le leadership. » Il brosse ainsi leur personnalité : » charismatique, ce type de leader inspire, il sait convaincre et ne il renonce pas ». Des failles sont pourtant présentes avec ce type de profil.

Quand le leader narcissique est dominant, il peut, en effet, « sombrer dans des excès qui peuvent l’emmener dans des déviations lourdes pour lui mais aussi pour ceux qui le suivent. » Bien entendu, la toile de fond ne cesse d’évoluer à l’ère du social media. Cela a des conséquences pour la mise en scène de ces figures. C’est, en effet, explique-t-il « un terreau pour développer un ego…. ce qui peut se révéler néfaste« .

« L’intérêt collectif prime pour le leader collectif sur l’individuel »

Pour le monde de demain qui émerge, d’autres qualités sont attendues. Elles sont présentent chez « les leaders érotico-narcissiques ». Gérald Karsenti explique que les leaders du troisième type, savent prendre en compte l’avis des autres. « Ils savent écouter. Pour eux, l’intérêt collectif est passe avant l’intérêt individuel. » Leurs équipes sont constituées de talents multiples.

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« Il faut que l’on apprenne à faire de la réussite collective un enjeu » explique Gérald Karsenti qui est aussi Influenceur sur Linkedin. Cet apprentissage du collectif commence alors que l’on est enfant dans sa famille puis se poursuit à l’école et pendant le cycle de formation.

Les politiques ont aussi un rôle de jouer. Ils se doivent de donner du sens à leur projet.  » il faut des programmes, des initiatives, un but qui dépasse un objectif chiffré ». Il interroge : « de quelle société parle-t-on ? Que veut-on ?« 

Une figure qui l’inspire? D’emblée il évoque Alexandre le Grand : « j’ai beaucoup d’admiration pour son ce personnage qui a cette eut la chance d’avoir été éduqué par Aristote. C’était un visionnaire hors pair. » Le fils de Philippe II eut l’idée de rassembler les différentes cultures et a aussi diffusé la culture hellénistique.

« Il faut du digital et des idées. A l’ère du digital, l’innovation et les idées deviennent déterminantes »

Une culture qui s’appuie sur un syncrétisme. Celui-ci s’établit grâce aux liens tissés entre les générations. « Plus on arrive à créer de l’intergénérationnel, plus on est efficace pour l’entreprise de demain ». Il faut du digital et des idées. Pour lui, « le mariage de l’expérience et de la jeunesse ne peut être que salutaire pour la société.« 

Le leader conserve son rôle-clef fort de sa vision. Il définit la vitesse pour la mettre en œuvre en donnant du sens aux collaborateurs.

La mission principale d’un dirigeant ? « Constituer une équipe ». Cela implique de choisir les bonnes personnes aux bons postes pour une action au bon moment. Bien connaitre les différents styles de leadership est un atout.

Pour le Président d’HPE, la capacité de « porter un projet et de l’emmener » est essentiel. Par ses prises de parole, ses liens tissés avec ses collaborateurs, Gérald Karsenti déconstruit les représentations trop souvent diffusées dans l’imaginaire collectif. Un dirigeant d’entreprise peut, à son image, se révéler être un leader. Tourné vers ses équipes. Tourné vers l’entreprise de demain.

Mathilde Aubinaud

Leaders du troisième type, Gérald Karsenti (éditions Eyrolles), 172 pages.