« L’audace ouvre un champ des possibles immense » 

« L’audace ouvre un champ des possibles immense » 

Alors que la communication joue un rôle prégnant auprès des parties prenantes, rencontre pour la Saga des Audacieux avec Benoit Pernin, Directeur des relations presse, publiques et extérieures d’Orange France.

 Mathilde Aubinaud : En quoi l’audace est-elle importante pour communiquer? Se faire entendre? 

Benoit Pernin : Etre audacieux implique obligatoirement une volonté de faire les choses malgré les risques. Et en terme de communication, l’histoire montre que toutes les campagnes de communication qui marquent  (pour un produit, une marque, une idée) sont celles qui sont sorties du chemin classique, des codes connus de la communication. Bref qui ont osé, qui ont innové.

L’audace, c’est aussi, quelque part, donner du sens, ouvrir un nouveau chemin, inspirer… et donc particulièrement dans le monde de la communication. De façon globale, je pense que la première condition pour avoir de l’audace, c’est avoir de l’expérience. Il faut donc maîtriser sa zone de confort pour oser en sortir. C’est pour cela que n’on ne naît pas audacieux, on le devient. Avoir de l’audace, c’est changer !

Quelle lecture avez-vous de la communication? Au regard de votre expérience Comment la définiriez-vous? 

Définir la communication est plus difficile qu’il ne semble malgré son omniprésence et bien que nous utilisions tous ce mot et, surtout, pensons en connaître sa signification. La communication, c’est  partager, mettre en commun, transmettre. Derrière ces mots et ces actions la notion de communication n’a cessé d’évoluer depuis des dizaines d’années. Elle s’est carrément transformée avec l’arrivée et la puissance du digital. Pour ma part, je pense que la communication est intelligente. La communication, parce qu’elle est information et compréhension, devient un outil d’éclairage, elle peut provoquer des prises de conscience et susciter l’engagement. Et plus que jamais, la communication doit être discussion. C’est pour cela que les communicants doivent en permanence se remettre en question, s’adapter au monde que les entoure. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui avec le digital et la multitudes d’offres existantes…et à venir !

Benoit Pernin

Vous êtes à la fois Directeur des relations presse, publiques et extérieures d’Orange France. De quelles manières les frontières évoluent-elles? Investissent-elles  de nouveaux champs? 

Le digital a bouleversé – et ce n’est pas terminé- la façon d’exercer le métier des relations presse et de la communication en général. Notre relation au temps s’est accélérée. La communication et le message sont permanents.  En fait, le digital a surtout accentué la rapidité avec laquelle l’information se propage. Ce qui veut dire concrètement que nous sommes obligés aujourd’hui de maîtriser l’ensemble de la chaîne d’influence. Jamais, peut être, le temps de communication n’a été aussi fort. Par conséquent, le métier d’attaché de presse a changé et a pris une dimension 2.0. On parle d’ailleurs de plus en plus souvent d’e-RP. L’attaché de presse rédige toujours des communiqués et des dossiers de presse, organise des conférences et des voyages de presse. Mais les formats évoluent tout en étant plus adaptés au mobile : relai des communiqués de presse sur Twitter, envoi d’un tweet à la place d’un communiqué de presse, création de courtes vidéos, de gifs, rédaction de e-dossiers de presse directement consultables en ligne, prise en compte d’un volet « web social » dans les revues de presse… L’attaché de presse est en lien direct et interagit avec d’autres publics, au-delà des journalistes : leaders d’opinions, experts, blogueurs et autres groupes d’influence.

Les relations publiques sont aussi concernées par cette évolution. En effet, les réseaux sociaux permettent d’amplifier la visibilité des événements que nous organisons. Ils constituent aussi un formidable relai pour une communication « live ». C’est la raison pour laquelle nous mixons les publics d’influenceurs que nous invitons afin de donner à nos événements la meilleure résonnance possible.

Toutes ces actions sont le point de départ de conversations qui se prolongent avec les partages et commentaires sur les réseaux sociaux. Cette approche conversationnelle est plus que jamais au cœur des relations presse et publiques. Nous ne sommes plus sur une communication descendante mais complètement horizontale et engageante avec une multitude d’interlocuteurs, dans un esprit d’interactivité et d’échange.

Aujourd’hui je suis persuadé que les équipes de relations presse, publiques et digitales doivent plus que jamais travailler en totale coordination. Elles sont toutes dans une logique d’écoute, d’interaction et d’anticipation.

-Vous avez initié en avril dernier « #InTheAtlanticWith« . En quoi cet événement permet-il de créer des synergies en mobilisant l’ensemble des médias sociaux?

D’abord c’est une réflexion et un travail d’équipe. Cet événement s’inscrit dans un plan de communication globale concernant le réseau 4G d’Orange. Nous sommes partis du constat simple qu’aujourd’hui, dans nos métiers de la communications tout se croise et se recoupe. Lancée en juillet 2016, cette série a pour principe de promouvoir l’efficacité du réseau 4G d’Orange à travers des preuves. En plus d’affirmer la qualité de notre réseau nous le montrons à travers des usages. Ce concept repose sur deux principes. Le premier, c’est de découvrir un lieu insolite dans lesquels nos clients peuvent utiliser, comme d’habitude, leur mobile (nous l’avons déjà fait dans le tunnel sous la manche, au cœur des alpes et sur une plage). Le deuxième principe, c’est une diffusion en live sur nos réseaux sociaux –Facebook et Twitter d’une interview ou d’un mini concert.  Ce dernier épisode a réuni plusieurs milliers de vues au moment du live et près de 400 000 en cumul. Cet événement nous permet aussi de nous adresser à des journalistes qui racontent l’expérience, l’histoire. Et à cette occasion, toutes les ressources de la presse, des relations publiques et du digital sont réunies. A travers cette série, nous mobilisons 3 grands écosystèmes d’influence qui s’articulent entre eux, mais surtout donnent une dynamique digitale importante.

  • La marque Orange d’abord active son écosystème au global, c’est-à-dire ses fans, ses followers et la région dans laquelle l’événement se déroule ou bien encore des influenceurs qui s’intéressent à la thématique choisie, en l’occurrence la musique.
  • L’artiste ensuite qui mobilise ses fans et son propre écosystème.
  • Le lieu, enfin, qui créé une dynamique locale importante

Le prochain épisode se déroule le 20 juillet prochain et se nomme #intheSeawith .. Et comme nous cherchons toujours l’originalité et l’audace, ce sera un moment unique à vivre du côté de la Méditerranée diffusé en live et en simultané sur plusieurs réseaux sociaux grâce à la 4G d’Orange. Une nouvelle fois plusieurs éco-systèmes seront mobilisés.

Quelle est la dernière tendance RP qui vous a marqué? Pourquoi? 

J’aime beaucoup la phrase de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon qui dit« Votre marque est ce que les gens disent de vous lorsque vous n’êtes pas dans la pièce ». Nous sommes au cœur de la tendance qui est née il y a quelques temps et qui va s’accentuer. C’est en fait la conversation. Et c’est par ricochet le « bouche à oreille ». Jamais les citoyens n’ont autant disposé de moyens d’information et d’expression là où les médias ont longtemps été les principales courroies de transmission, de compréhension et de mobilisation. Et par conséquence, jamais les marques n’ont eu un terrain de jeu d’expression aussi large et varié. C’est la raison pour laquelle il est vital de créer du contenu, mais pas n’importe lequel afin d’émerger mais aussi et surtout durer tant l’attention est volatile, l’offre et les façons d’expression sont immenses !

Le communicant qui vous inspire? Aujourd’hui? Dans l’Histoire? 

A mon sens un bon communicant est quelqu’un, qui en résumé, a en permanence un coup d’avance ou imagine le suivant. Que ce soit sur le fond ou la forme.

Dans l’Histoire récente, Chris Hughes, cofondateur et porte-parole de Facebook mais aussi coordinateur de l’organisation en ligne de la campagne présidentielle de Barack Obama en 2008. Ce n’est pas un « communiquant » au sens propre du terme mais il a créé une communication tout à fait spécifique. C’est lui qui aura sans aucun doute révolutionné le modèle de campagne électorale classique par l’utilisation omniprésente du digital, par un usage parfait du Big Data et par le pouvoir qu’il aura donné à ses partisans de devenir son propre média.

Il y a aussi Mercedes Erra qui a cassé les codes et, guidée par son audace, a donné du sens à la communication, à son métier. Il y a quelque temps un très beau portrait d’elle dans la presse titrait « La Dame de Faire »…. Tout est dit !

La sentence qui vous porte? 

Si nous parlons d’audace, la phrase d’Anatole France « J’ai toujours préféré la folie des passions à la sagesse de l’indifférence » prend tout son sens….

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud 

 

 

 

D’une idée, d’une intuition nous avons eu l’audace de lancer notre activité et recruter.

D’une idée, d’une intuition nous avons eu l’audace de lancer notre activité et recruter.

Regarder autrement la data, c’est le défi posé par la start-up « Sirdata ».

Elle  étudie les données comportementales pour les annonceurs du web.

Elle collecte, traite et vend, en effet, les données à des fins de ciblage publicitaire ou d’amélioration de la connaissance client.

Cette start-up française, qui vient d’ouvrir un bureau à Londres, croit résolument en l’innovation. Elle est portée par ses dirigeants qui font de Sirdata une entreprise qui fait rimer audace et qualification, esprit de famille, respect et expertise.

Rencontre avec des entrepreneurs audacieux : Benoit Oberlé, Julien Trani, Rémi Demol, cofondateurs de Sirdata. Interview.

 

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Les fondateurs de Sirdata

La Saga des Audacieux : Comment est née votre start-up Sirdata ?

Benoît Oberlé (CEO et co-fondateur de Sirdata en charge du développement et de l’international) : Sirdata, ce n’est pas une idée mais deux visions rapidement partagées par un troisième. Chacun de notre côté, Julien, Remi et moi, avons commencé à poser des lignes de nos projets. Nous avons, tous les trois, cette même vision. Pour Julien et moi, hébergés au quotidien par un ami commun, nous avons eu l’habitude d’échanger régulièrement. Au fur et à mesure, nous nous sommes rendu compte que nos idées se rejoignaient, et d’un projet et de la convergence d’idées sont nées une vision de marché et Sirdata.

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Benoît Oberlé

 

Julien Trani (CSO et Co-fondateur initialement en charge des partenariats éditeurs) : Benoît et moi avons toujours évolué dans le même secteur.  Nous avons, chacun, un côté entrepreneur. On s’est ainsi retrouvé avec cette même idée dans le bon timing.

Remi Demol (CTO et Co fondateur) : Fort de plusieurs expériences réussies dans l’univers de l’IT, et connaissant Benoit et Julien, j’ai eu envie de créer l’outil technologique et travailler avec mes propres équipes d’experts.

Comment définiriez-vous l’expertise proposée par Sirdata ?

« Détecter l’intention d’achat »

Benoît Oberlé : Les données comportementales non structurées existaient sans être exploitées. Personne ne se donnait alors les moyens de les observer puis de les transcrire. C’est ce que l’on a décidé de faire en étudiant la navigation des internautes puis en la segmentant, et en mettant ses informations à disposition des marques.

Par exemple, si quelqu’un cherche un billet d’avion pour ses vacances ou pour un voyage d’affaire, il est en phase de maturation d’un projet, et notre savoir-faire est de détecter cette intention et la partager avec les marques du secteur du tourisme qui vont pouvoir adresser des messages. Ceux-ci pourront proposer aux internautes ce qu’ils cherchent avec une valeur ajoutée telle qu’une réduction, un bénéfice produit.

On essaie de toujours trouver de la valeur pour tous les intervenants de la chaîne.

Pour l’éditeur de site web, c’est un moyen de monétiser son audience autre que par la publicité en posant un « tag » comme Google Analytics. Mais au lieu d’avoir des statistiques, il aura des euros. L’observation du surf des internautes a une valeur, qui est reversée aux Editeurs.

L’utilisateur de la donnée (c’est-à-dire la marque, l’annonceur) économisera quant-à lui de l’argent car il ciblera mieux, et le bénéfice à l’internaute sera une diminution du nombre de publicités vues.

Les bénéfices vont à l’internaute. S’il cherche une télévision, il a un message publicitaire de ce produit qui s’affiche et il n’a plus qu’à cliquer dessus. Il est moins surexposé aux bannières de publicité. C’est une audience plus captive et qui peut être adressée de manière plus qualitative.

Dans vos prises de parole, vous insistez sur la  confiance. En quoi retisse-t-elle un lien avec les parties prenantes ?

Benoît Oberlé : La notion de confiance est dans nos métiers portée par les fournisseurs, les éditeurs de site web qui posent le tag. Sirdata contrôle les données transmises. Lorsque l’on parle de donnée, le contrôle échappe au fournisseur. Or, il y a des données que l’on peut traiter, d’autres que l’on doit éviter de traiter et d’autres encore qu’il  ne faut surtout pas traiter pour ne pas mettre en péril la vie privée par exemple.

Si on collecte des données d’intention d’achat sur un produit comme une TV, on ne met pas en péril la vie privé, on adresse juste une publicité. Il faut protéger en évitant de collecter les données qui correspondent à un profil utilisateur comme les mineurs, les données ethniques, raciales, politiques… Nous sommes une société avec pignon sur rue et nous respectons cela.

Quel regard portez-vous sur l’audace ?

« On remet tout en jeu pour aller plus loin ! »

Benoît Oberlé : On remet tout en jeu pour aller plus loin!  L’an dernier, nous avons été bénéficiaires et avons réinvesti cette année pour ouvrir  un bureau en Angleterre.  Nous y avons ouvert une filiale le 25 mars. Trois personnes y sont en charge du développement.

Julien Trani : Nous ne nous contentons pas  de ce qui existe. On propose des solutions nouvelles sur les fonctionnalités en se positionnant sur les nouvelles technologies.

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Julien Trani

Rémi Demol : L’audace c’est ne pas rester figé. Connaître les derniers langages, adapter les outils technologiques, se remettre en cause, s’entourer des meilleurs.

« Être justement audacieux, pour arriver à bâtir de manière  plus grande et plus pertinente »

Benoît Oberlé : Une personne audacieuse cherche à s’affranchir des contraintes et des limites. Si elle est trop  audacieuse, elle mettra tout en péril pour cela. Il faut donc être justement audacieux, pour arriver à bâtir de manière plus grande et plus pertinente en décalant les limites. On considère que, chez Sirdata, il n’y a rien d’impossible, c’est juste une question de moyens. Nous nous interrogeons sans cesse : Est-ce pertinent ? Quel est le bénéfice client ? Quels moyens devons-nous mettre en œuvre ? Le client a-t-il la capacité d’absorber cette innovation ?

Quelles sont les personnes qui vous inspirent ?

Benoît Oberlé : Nous côtoyons beaucoup d’entrepreneurs parfois inconnus du grand public qui ont bougés les lignes. Les petits entrepreneurs font un grand investissement de temps et prennent un risque financier. Comme pour les joueurs de foot, il faut bien garder à l’esprit que l’échec a des répercussions lourdes notamment sur la fin de carrière d’un entrepreneur.

« Nous sommes toujours en mouvement. »

De quelle manière, Sirdata a un véritable esprit start-up ?

Julien Trani : Tout est à faire et à créer. Nous vendons des produits qui n’existaient pas il y a six mois. Nous sommes toujours en mouvement. Les équipes ont une forte capacité d’autonomie et d’adaptation.

 « Sans innovation sur le marché, on est mort. »

Quel est votre rapport à l’innovation ?

Benoît Oberlé : Sans innovation sur notre marché, on est mort. Pour que l’outil fonctionne, il faut perpétuellement être meilleur que les autres, l’adapter. Plus de 15% de notre chiffre d’affaire est investi dans la R&D. C’est possible grâce aux incitations fiscales et financières mises en œuvre. Nous avons la certification Jeune Entreprise Innovante délivrée par le Ministère de la Recherche.

A votre avis, quelle est la représentation des datas pour le grand public ? Comment y faire face ?

Benoît Oberlé : Nous proposons des pages pédagogiques pour l’utilisateur final pour le rassurer.  Un monde sans data n’existe pas. Mais  un monde où l’utilisateur peut exercer un contrôle sur la data est possible.

« La plus grande source de datas dans le monde ? La carte de fidélité. »

Julien Trani : Internet est perçu comme intrusif, alors que dans la vie, il y a d’autres intrusions quotidiennes. Certains vendent des données transactionnelles. Dans la vie « Offline », l’intrusion est pourtant plus importante que dans le online mais parfois le consommateur reçoit l’offre quelques temps après chez lui et ne fait pas toujours la relation.

Benoît Oberlé : On a peur de ce qu’on voit. L’individu se sent épié car quant il reçoit une publicité en adéquation avec sa navigation, il fait le lien. Les plus grandes sources de datas dans le monde sont pourtant les cartes de fidélité et de paiement.  C’est une mine d’or pour les renseignements et elles sont de surcroît nominatives. Seulement, les utilisateurs ne le voient pas ou perçoivent un bénéfice plus important que la valeur qu’ils accordent à leurs données.

Qu’est-ce qui importe le plus pour vous dans l’univers de la data ?

Benoît Oberlé : Nos techniciens ont tous des adblockers, mais nos collaborateurs trouvent un bénéfice aux messages adressés et donc ne bloquent pas l’utilisation de la donnée, les publicités ou encore possèdent des cartes bancaires, des cartes de fidélisation. Nous ne cherchons pas à savoir si mon ami Armand cherche à acheter une télévision. Ce qui a de leur valeur dans notre métier; c’est le volume et de raccourcir le chemin de prise de décision. Ce qui intéresse l’avionneur c’est quand 50 000, 100 000 intentionnistes voyages cherchent un billet. La valeur unitaire d’une donnée comportementale est extrêmement faible.

Quels sont les défis qui vous portent ?

Julien Trani : Nous sommes arrivés dans nos locaux à 13 en juillet. On est à présent 22 à Paris et 3 à Londres. Nous avons grandi et souhaitons continuer.

Benoit Oberlé : Nous devons maintenant réussir le lancement en Angleterre, l’Allemagne, l’Italie et d’autres pays.

Une qualité pour vous définir l’un et l’autre ? Un trait d’esprit qui vous semble important ?

Julien Trani et Remi Demol en parlant de Benoît Oberlé : Têtu ! Dans l’opérationnel, cela sauve beaucoup de choses. Benoît va décortiquer les contrats, les négocier et faire en sorte que tout soit structuré.

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Rémi Demol

Benoit Oberlé et Remi Demol en parlant de Julien Trani : Par effet-miroir, Julien est fonceur.

Benoit Oberle et Julien Trani en parlant de Remi Demol : Fiable

« Il y a toujours de bonnes raisons pour ne pas se lancer ! »

Le mot de la fin ?

Julien Trani : Osez ! Il y a toujours de bonnes raisons pour ne pas se lancer ! Il faut avoir une envie et se lancer. N’ayez pas peur des conséquences.

Benoît Oberlé : N’hésitez pas ! Il faut solliciter les entrepreneurs. Nous avons été hébergés, conseillés par des entrepreneurs et nous faisons de même.

Rémi Demol : Respect et Innovation

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Retrouvez toutes les informations : www.sirdata.com/

Belle-Ile, vue du ciel, le temps d’un week-end

Belle-Ile, vue du ciel, le temps d’un week-end

Le Conseil d’Etat a annulé, le 22 juin, les consignes imposées par la DGAC, Direction générale de l’aviation civile.

Rencontre avec deux des fondateurs de Wingly, plateforme de coavionnage : Bertrand Joab-Cornu  et Emeric de Waziers.

View on the lake

« Voler est l’un des plus vieux rêves de l’humanité ». De Léonard de Vinci à Solar Impulse en passant par Saint-Exupéry, le vol a façonné notre imaginaire collectif comme le rappelle Emeric de Waziers, cofondateur de Wingly.  Surnommée « le BlaBlaCar de l’aviation », la plateforme entend mettre en relation pilotes et passagers.

Retour sur les débuts d’une start-up, cofondée par Bertrand Joab-Cornu, Emeric de Waziers et Lars Klein. Intuitive, la plateforme permet  de penser autrement l’aviation légère. La start-up encadre la pratique du co-avionnage et propose un partage du vol et des frais associés. « Si les pilotes ont toujours partagé les frais, on ouvre maintenant le marché au grand public »  souligne Emeric. Un accélérateur de la démocratisation de l’aviation privée en somme.

Wingly Founders (Lars KLEIN - Bertrand JOAB-CORNU - Emeric DE WAZIERS)
Wingly Founders (Lars KLEIN – Bertrand JOAB-CORNU – Emeric DE WAZIERS)

Réussir avec des idées.

C’est au Master d’entreprenariat de l’X qu’Emeric et Bertrand se rencontrent. Tous deux, ont soif de construire et ne se contentent pas d’être des spectateurs. C’est une passion qu’ils ont en commun. Bertrand a « toujours eu envie de ce monde de l’entreprenariat ». Il ne se voyait pas « faire quelque chose de classique » explique-t-il. Emeric évoque Frédéric Mazella qui a réussi « avec des idées sans grandes ressources. » Oui, assurent-ils tous deux, « on peut changer les habitudes ».

View on the montains (3)

L’audace a toute sa place chez Wingly. « C’est sortir de sa zone de confort » note Bertrand « et des sentiers battus en prenant des chemins différents » ajoute Emeric. Celui-ci se souvient avoir voulu être pilote de chasse dans ses jeunes années. A 15 ans, il commence à passer ses premiers diplômes.

Ils souhaitent que les « passagers enthousiastes » reviennent à ce désir originel en saisissant pleinement le temps du vol et la diversité des paysages. Les paysages que les cofondateurs retiennent ? Ce trait de la côte  pour Emeric. Pour Bertrand, ce sera le vol en montagne.

View on the montains (2)

Alors que l’univers des marques tend à mettre chaque jour davantage le consommateur au centre des stratégies et à donner la part belle à l’expérience, Wingly le fait naturellement.

Des trajets vers Belle-Ile ou l’Ile d’Yeu, ce sont des expériences qui sont proposées en nombre avec les aléas liés aux contraintes comme la météo.   Avec une équipe qui ne cesse de grandir. Le mot-clé ? « partage » souligne Bertrand.

View on the sea (3)

Les cofondateurs, complices, évoquent une éducation au marché  qui est nécessaire.  S’autoriser, le temps d’un week-end, à prendre de la hauteur à la rencontre des Châteaux de la Loire.

L’enjeu, explique Bertrand, c’est de « créer un réflexe : se dire : allons pique-niquer au Touquet ». Créer un nouvel usage. D’ailleurs, l’été est bien arrivé et s’installe. Occasion de voler de ses propres ailes.

Le mot de la fin ?  « Envolez-vous ! »

Mathilde Aubinaud

Retrouvez toutes les informations sur Wingly ICI

Quand les plumes de dirigeants d’entreprise se racontent

Quand les plumes de dirigeants d’entreprise se racontent

Si les plumes sont souvent mis en avant dans le champ du politique, elles jouent un rôle crucial   dans les entreprises. Rencontre avec les plumes en entreprise.

Etre sensible au grain des mots. A leur finesse, leur force et leur élan. Emplis de potentialités, ils sont un levier pour diffuser des idées et transmettre un message. Ils traduisent un émoi, une sensibilité ou une conviction qui portera l’entreprise.  Le défi est d’autant plus élevé lorsqu’il s’agit de mettre en mots des enjeux pour une figure dirigeante d’une entreprise.

Un métier de l’ombre

« Plume ». Un métier à part, peu dévoilé et raconté. Cette profession est comme enveloppée d’un halo de mystère. Si le métier en politique est mis en lumière par les médias,il reste plus méconnu en entreprise.

« Se projeter dans le temps long » Frédéric Vallois

 Aussi, Frédéric Vallois, plume auprès du Directoire de Vivendi depuis 2012 après avoir été conseiller ministériel au porte-parolat du gouvernement auprès de Luc Chatel, François Baroin et Valérie Pécresse, explique « qu’en politique comme en entreprise, le rôle d’une plume est de mettre des mots sur une réforme, un projet, une action pour en expliquer le sens. » Son enjeu est clé : « un outil de communication précieux, l’un des seuls qui permette encore de remettre des événements en perspective et de se projeter dans le temps long » ajoute-t-il.

Frédéric Vallois

La prise de parole publique de ceux qui l’exercent est rare. « Le moment de l’écriture est solitaire » souligne Florence Loncq, chargé de communication éditoriale chez Deloitte France. Les activités d’une plume sont variées du discours à l’interview à la rédaction pour le web.

Florence Loncq

Matthieu Alexandropoulos a été la plume du Président Exécutif d’EADS (aujourd’hui Airbus) entre 2010 et 2012. Il est aujourd’hui  chef de cabinet du nouveau directeur de la stratégie et de l’international d’Airbus. Il apporte son regard à titre personnel :   « La plume d’entreprise joue le rôle d’un conseiller en communication doublé d’un conseiller technique sur certains sujets, en fonction des domaines d’expertise de la plume (finance, stratégie, ressources humaines, etc.) et des attentes du dirigeant. »

Mettre en mots : l’art de la justesse

« Les liens tissés sont faits de respect et d’admiration, mais aussi de distance ». Matthieu Alexandropoulos

Matthieu Alexandropoulos

 

De manière ponctuelle ou régulière, Florence Loncq écrit pour  une trentaine de cadres dirigeants de chez Deloitte. Il s’agit de « trouver la voix de chacun ». Le discours doit incarner celui qui le porte. La plume se doit de connaitre ce qui anime le dirigeant. « Vous écrirez de meilleurs discours si vous appréciez la personne qui les prononce, si vous connaissez ses qualités, ses points faibles, ses attentes, ses marottes… » explique Frédéric Vallois.

Matthieu Alexandropoulos considère lui  que « les liens tissés sont faits de respect et d’admiration, mais aussi de distance. Conserver une certaine distance avec le dirigeant est indispensable pour bien le conseiller. » Une plume d’une entreprise cotée au CAC 40 raconte : «  Il faut sentir si le dirigeant a besoin ou non de proximité. Cette dernière peut être périlleuse, et, pour ma part, je l’évite à chaque fois, car vous pouvez vous retrouver pris dans un jeu trouble de sentiments, et l’éponge des contrariétés d’une personne soumise à de lourdes pressions…donc, en ce qui me concerne, distance ! Mais quelquefois les dirigeants sont demandeurs d’intimité. Il faut savoir la leur donner, sans jouer les courtisans, et en refusant, c’est mon point de vue, le rôle de confesseur. » Florence Loncq a  une attention pour le futur auditoire du discours. «  J’essaie d’adopter le point de vue d’un lecteur ».

Ajuster le discours au moment et aux parties prenantes lorsque le discours sera prononcé. S’adresse-t-on aux actionnaires majoritaires, à la presse, aux journalistes, aux salariés ou encore aux investisseurs ?  Etre attentif à la portée du discours est essentiel comme l’évoque Matthieu Alexandropoulos « Discours chocs « transformationnels » et discours d’influence savamment distillés, les dirigeants doivent savoir manier les deux, utilement conseillés par leurs plumes. »

Le cadre de l’entreprise doit être pris en compte : son imaginaire comme sa culture. Il ajoute : « pour être perçus comme légitimes, les dirigeants doivent ancrer leurs discours dans la réalité de l’entreprise, de la société et développer leur sens de la nuance. » L’agenda est un élément essentiel.  Frédéric Vallois se souvient de son premier discours chez Vivendi : « un discours de vœux prononcé par le Président du Directoire devant les salariés du siège, dans un contexte interne alors marqué par des interrogations  sur l’orientation stratégique du groupe. L’occasion de plonger dans le grand bain, alors que je venais de rejoindre Vivendi ! »

Un art de l’écriture

« La voix s’exprime à travers un ton, un style. Cela peut être de but en blanc ou bien il s’agit d’arrondir les angles d’un discours » explique Florence Loncq.  Une toile de fond qui se rapproche de l’imaginaire de la scène comme le rappelle Frédéric Vallois, « C’est un peu comme au théâtre : la performance de l’acteur et la rencontre qui se crée avec son auditoire sont au moins aussi importantes que le texte lui-même. Cette incarnation passe par la maîtrise de différents éléments : le ton de la voix, l’utilisation des silences, la gestuelle, l’occupation physique de l’espace… C’est une subtile alchimie à trouver. »

Florence Loncq été marquée par « le style incisif » de L’Education sentimentale de Flaubert.  Pour elle, le tour de force s’opère lorsque l’« on a réussi à rendre les choses simples alors qu’elles ne l’étaient pas initialement. »  Diplômée de l’ENS et de l’ESSEC, elle se réjouit de « travailler en entreprise  tout en tissant des liens avec ma passion de l’écriture».  Une écriture qui cisèle et révèle les mots. Frédéric Vallois précise ainsi que « l’écriture est un défi chaque fois renouvelé. Cet exercice demande à la fois beaucoup de créativité et de rigueur. »

Le choix des mots est crucial. Un travail de définition est nécessaire. Il ne faut pas « diluer le discours » conseille Florence Loncq, en évitant de parler pour ne rien dire. Demeurons dans l’héritage de Nicolas Boileau.  L’enjeu est d’autant plus important lorsque le discours est écrit dans une autre langue. Frédéric Vallois se souvient de son premier discours écrit en anglais. « Un souvenir marquant. Il est déjà difficile d’écrire en français, imaginez dans une autre langue… Tout est différent : la structure du discours, la construction et le rythme des phrases, les codes et les références culturelles. Heureusement, mon Dircom’,lui-même anglais, est là pour me relire ! »

De l’importance de se renouveler

De l’automobile à la santé en passant par les fintechs, les univers de compétence sont légion pour Florence Loncq. Il s’agit de « trouver des angles différents. » . En effet, « chaque discours est différent du précédent et nécessite une approche spécifique » souligne Frédéric Vallois qui explique sa démarche : « la première question que je me pose quand j’écris est la suivante : en quoi que ce discours est-il propre à mon entreprise et à mon dirigeant ? Ce qui va le différencier des autres, c’est sa singularité et son authenticité. »

 Face aux débats qui pointent la fin de l’écrit, les réactions sont nombreuses. Aussi, la plume qui a tenu à rester anonyme  rappelle qu’ « on a cru pour un temps que les écrans, que les nouveaux médias, allaient se substituer à l’écrit, mais c’est totalement faux ! L’écriture et la lecture n’ont jamais été aussi présentes qu’aujourd’hui, et s’y mêlent d’anciens et de nouveaux principes. L’époque exige certes quelque chose de moins formel qu’avant, la tendance est à la simplicité et à la décontraction dans la prise de parole. »  Florence Loncq rapproche l’écrit d’un autre univers artistique : « C’est un peu comme un travail de sculpteur ». Donner souffle et forme aux prochains discours.

Mathilde Aubinaud

Martin Besson, Fondateur de Sans A : Ecouter- Regarder-Comprendre

Martin Besson, Fondateur de Sans A : Ecouter- Regarder-Comprendre

 

Le média d’impact « Sans A_ », qui entend rendre visible les invisibles, lance sa sixième saison consacrée à la prostitution. Rencontre avec son fondateur, Martin Besson pour La Saga des Audacieux.

martinbesson
Benjamin Girette : Paris France le 7 septembre 2016 : Portrait de l’équipe de la saison 2 de Sans A.

« Après vous » : cette formule de politesse devrait être la plus belle définition de notre civilisation. » Les mots d’Emmanuel Levinas résonnent dans l’approche de Martin Besson et du pure-player qu’il a créé « Sans A_ ».

« Passer à l’action ».

Avec enthousiasme, l’envie d’apprendre et de ne pas se contenter des apparences et des préjugés, Martin Besson, 21 ans , innove, teste et entreprend avec talent. Il crée Sans A_ pour Sans Abri, Sans Attention, Sans Amour, Sans Argent, Sans Avenir.  Il définit Sans A_ comme « un média social d’impact indépendant ». Il se refuse à rester passif et veut « encourager les gens à passer à l’action ».

Un hymne aux idées pour les autres

Il ne souhaite pas que l’on se dise, en lisant des parcours de vie de personnes précaires : « c’est dommage » mais bien au contraire : «  n’avez-vous pas une idée pour aider la personne, pour répondre à ses besoins ? »

Avec Louise Sebille-Vignaud, la rédactrice en chef et associée, ils vont à la rencontre des anonymes rendus invisibles, avec cette volonté de les écouter, de les comprendre, d’être attentifs à ce qui les anime, leur histoire, leur parcours de vie. Ils ont, dans l’écriture, avec finesse et le souci du détail.

Une mobilisation

Oui, ils parlent de sujets difficiles mais avec cette volonté de trouver des solutions. Martin évoque ainsi la mobilisation pour trouver une canne à pêche à Jean-Claude à la suite de l’appel lancé par Louise. Ils ont également aidé une personne âgée vivant de la Creuse. Celle-ci se sent seule. Ses factures sont les seuls courriers qu’elle reçoit. Sans A_ intervient. Elle reçoit alors des lettres en nombre. Et se réjouit. « Cela vaut tout » explique Martin Besson. Alors oui, il préfère les histoires  aux chiffres.

Des histoires qui sont multiples et syncrétiques. A l’image des portraits de prostituées dans cette saison 6 du média. «  Il y a autant de prostitutions que de prostituées. Il faut prendre en compte leurs histoires, les contextes ».

Passionné de séries, Martin Besson s’enthousiasme pour les gens, leurs histoires. Il évoque les figures qui l’ont marqué. Du digital &  media innovator, Benoit Raphaël qui, a mis au point le robot Flint , Martin dit :  « il m’a beaucoup inspiré. Il apporte énormément à Sans A_ ». Il retient également un discours prononcé par Latifa ibn Ziaten, dont le fils a été assassiné le 11 mars 2012 par Mohammed Merah. « Elle n’éprouve pas de haine ». Il loue son espoir.

« Se donner du mal pour les petites choses c’est parvenir aux grandes choses avec le temps » Samuel Beckett

La rue, où se retrouvent les personnes en situation de précarité : « c’est un espace violent. Elle n’est pas faite pour que l’on puisse y rester. »  C’est un lieu de passage. Alors il lutte. « Sans A_ c’est un idéal. » Un idéal qui offre du temps et de l’espace.  Il cite une phrase de Samuel Beckett que lui a donnée son parrain: « Se donner du mal pour les petites choses c’est parvenir aux grandes choses avec le temps ».

Il est à l’écoute avec des idées en nombre. Il a même créé un Google drive d’idées. Un Google drive qui promet de faire jaillir encore des idées inspirantes et importantes.

Mathilde Aubinaud

Jonathon Holler : « Le Parti Démocrate Doit Trouver Des moyens Pour Défendre La Vérité En Politique »

Jonathon Holler : « Le Parti démocrate doit trouver des moyens pour défendre la vérité en politique »

Il y a 5 mois, jour pour jour, le 20 janvier, avait lieu l’investiture de Donald Trump. Occasion de revenir sur les premiers mois du Président américain.

Interview, pour La Saga des Audacieux, avec Jonathon Holler, vice-président du Democrats Abroad France.

Mathilde Aubinaud : Quelles sont les valeurs auxquelles tiennent les Démocrates? Sous l’ère Trump, de quelles manières sont-elles renforcées ? 

« Les Démocrates croient en la responsabilité collective. »

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Jonathon Holler,

Jonathon Holler : Le Parti démocrate est une grande coalition de groupes et d’individus guidés par la notion de justice et d’équité. Les mouvements qui ont contribué à ce qu’il est aujourd’hui – les syndicats, le mouvement pour les droits civils des minorités, les sympathisants du Planning familiale, les pro-mariage pour tous, etc. – ont tous visé l’amélioration du niveau de vie de ceux qui occupaient la position la plus modeste au sein d’une situation donnée.

Ensemble, nous luttons pour des politiques qui réduisent les inégalités. Ce n’est pas seulement pour une idée purement morale de la justice. Quand les citoyens sont payés ce qu’ils méritent et qu’ils sont traités avec dignité, on assure une société plus harmonieuse et plus productive. Alors que les Républicains voit « moins d’Etat » comme la solution à chaque problème, les Démocrates croient en la responsabilité collective.

Ces valeurs sont renforcées au sein du Parti en raison de la menace que représente l’administration de Donald Trump. En nommant à la tête des agences de l’Etat des figures dont le parcours rentre en conflit total de leurs missions, Donald Trump fait signe d’une volonté de paralyser les pouvoirs réglementaires qui protègent les citoyens. Scott Pruit, directeur actuel de l’Agence de la protection de l’environnement, est un fervent climatosceptique et s’est fait un nom en portant plainte contre cette agence.

Rick Perry, le Secrétaire à l’énergie actuel, a dit, dans un débat pour les primaires républicaines, que le Département de l’énergie serait sur sa liste des départements du Gouvernement à supprimer. La Secrétaire à l’Education envisage un mouvement de privatisation de l’éducation nationale. Elle a, par ailleurs, récemment refusé de dire qu’elle interviendrait s’il s’avérait que des fonds publics étaient alloués à une école privée qui discriminait contre des étudiants pour des raisons d’ethnicité ou de la composition non-traditionnelle de leurs familles.

Contre les intentions catastrophiques des membres de son administration, contre sa politique xénophobe d’interdire sur le territoire les ressortissants de certains pays musulmans, et contre son projet de loi sur le système de santé qui aurait pour effet de dérober à 23 million d’américains leur assurance maladie, le Parti démocrate doit rester un rempart infaillible.

 

Donald Trump a-t-il fait changer l’imaginaire américain ?  

« Le rêve américain se base sur la promesse d’une mobilité sociale ouverte à tous, indépendamment de ses origines ou des difficultés financières de sa famille. »

Son accession au pouvoir est une tache sur l’imaginaire américain parce que Donald Trump est une perversion du rêve américain—un héritier qui a fait plus d’argent en vendant sa marque qu’en travaillant, une star de téléréalité dont l’ancienne phrase célèbre était « T’es viré » et qui continue sa carrière en se moquant du poste qu’il occupe.

Le rêve américain se base sur la promesse d’une mobilité sociale ouverte à tous, indépendamment de ses origines ou des difficultés financières de sa famille. Donald Trump ne montre aucun respect pour ces idéaux. Au contraire, il prône le renforcement du pouvoir de ceux qui sont déjà les plus privilégiés de la société américaine.

A plus de 7 mois de son élection, qu’est-ce qui a vraiment changé ? 

La crédibilité de la fonction présidentielle des Etats-Unis d’Amérique a diminué, la population américaine est divisée, et la grandeur de notre pays sur la scène internationale a été remplacée par une chronique de petitesses honteuses.

 Pendant la période entre le jour de son élection en novembre 2016 et celui de son investiture en janvier 2017, une portion des américains—ceux qui constituaient en effet la majorité populaire malheureuse du système électoral—a dû s’interroger sur la volonté d’autant de leurs compatriotes à porter leur soutien à un figure aussi haineux et méprisant. Cette question soulève beaucoup de réalités difficiles à confronter, mais elle pourra aussi inciter le Parti démocrate à construire une nouvelle offre politique pour ceux qui ne se voient pas dans cette haine et qui en même temps n’ont pas voté démocrate en 2016.

Or, il faut noter que le bilan législatif des premiers mois de Trump est négligeable. Depuis son investiture, le Président n’est toujours parvenu à faire passer un grand projet de loi—lequel on appellerait en anglais un « big bill ». Ses promesses d’abroger la loi de santé de Barack Obama se heurtent à l’incapacité de Trump de comprendre le système de santé, ainsi qu’à l’absence d’idées de la part des Républicains pour supprimer les mesures démocrates en force sans priver 23 million d’américains de leur assurance maladie.

La réussite possible du projet de loi au sein du Sénat n’est pas non plus aidée par Trump, qui aurait dit aux Républicains que leur projet de loi été « méchant », après avoir fêté le passage d’un projet identique dans la Chambre des représentants.

Donc, à l’égard législatif, aucun président des Etats-Unis de l’histoire récente n’a jamais été si peu productif pendant le début de son mandat. De plus, il sera probablement embourbé dans les enquêtes sur les liens de son administration avec des agents russes pendant plusieurs mois, peut-être jusqu’aux élections législatives de 2018.

Néanmoins, les Républicains au sein du Congrès sont enhardis par la bienveillance de l’administration envers leurs plans de détricoter les régulations d’Obama, de baisser les impôts sur les riches et les grandes entreprises, et éliminer des programmes d’aide pour les pauvres.

Par ailleurs, l’Administration Trump a pu défaire elle-même certaines règles, qui selon sa vision serait trop pénibles, mais qui servent explicitement le bien des américains. Ces règles servaient, par exemple, à protéger les transgenres de la discrimination ou à mieux garantir des sources d’eau propres face aux menaces de la contamination par le charbon.

Y aura-t-il un avant et après Trump ? 

Peut-être. Si Barack Obama a montré que tout le monde pourrait devenir Président qu’importe ses origines ethniques, Donald Trump, lui, aura peut-être montré que tout le monde peut le devenir qu’importe le niveau de ses compétences professionnelles ou intellectuelles.

Mais la vraie forme de cet « après-Trump » sera déterminée par la manière dont les institutions américaines traitent un Président qui abuse de son pouvoir pour entraver la justice.

Trump, en justifiant son limogeage du Directeur du FBI, a lui-même cité les enquêtes sur son administration. Le dernier Président à prendre une telle mesure pour empêcher une enquête sur lui-même, c’était Nixon qui a viré Archibald Cox, le procureur indépendant chargé de l’enquête sur l’affaire Watergate. J’invite Trump à suivre ce modèle jusqu’au bout en démissionnant avec le peu de dignité qu’il peut rassembler. Sinon, les institutions se doivent d’enclencher un processus de destitution.

Les élus républicains vont cependant y résister jusqu’à ce qu’ils ressentent un risque électoral dans leurs circonscriptions. Les élections spéciales, telles que celle qui aura lieu dans l’état de Georgia bientôt, seront susceptibles de les faire reconsidérer leur positionnement.

 Qu’en est-il de la posture des médias ? 

« Les médias ont très vite compris que se focaliser sur la star qu’était Donald Trump attirerait plus d’audiences que tout autre sujet médiatique. »

Les médias sont, en partie, responsables du phénomène Trump. La situation lamentable où se trouvent les médias américains, de plus en plus dépendants de leurs sponsors publicitaires, amène à un nivellement par le bas de leur reportage.

Ils ont très vite compris que se focaliser sur la star qu’était Donald Trump attirerait plus d’audiences que tout autre sujet médiatique. Inconsciemment ou non, ils ont commencé à jouer son jeu.

Pendant la campagne, ils préféraient parfois montrer son podium vide en l’attendant, au lieu de montrer les discours des autres candidats. Les médias relayaient tous ses propos outranciers exprimés sur twitter, lui cédant tout contrôle sur les messages relatifs à l’actualité.

Aujourd’hui, cet usage de Twitter laisse Donald Trump court-circuiter le filtre des médias, dire ce qu’il n’oserait pas dire devant l’œil critique d’un journaliste bien informé tout en profitant du relai des médias traditionnels.

Les médias ont maintenant la responsabilité d’équilibrer leurs informations sur les excentricités de Donald Trump avec l’impact qu’ont et auront ses actions sur les vies des américains et sur le monde. Les grandes chaines d’info aux Etats-Unis préfèrent le sensationnalisme à l’éducation du public.

Quel rôle a l’audace dans la vie politique américaine ? 

L’engagement dans une démocratie représentative est, par excellence, audacieux. Voter et demander aux autres de voter pour soi se rapprochent tous les deux d’un acte de foi. En tant que Vice-Président des Démocrates en France, je fais confiance à ma capacité d’agir dans l’intérêt de ceux que je représente. Bien que je n’occupe pas actuellement de poste électoral public, je sers mon parti au nom des valeurs que je crois indispensables à l’intérêt général.

Malheureusement, un engagement politique est souvent vu comme opportuniste. Le cynisme d’aujourd’hui veut que toute personne politique ne se présente que pour le pouvoir personnel dont elle pourrait bénéficier. Trump, un président milliardaire dont l’empire commercial reste inséparable de sa personne et donc des décisions qu’il pourra prendre, ne sert pas non plus à faire élever la confiance des citoyens en le système politique.

La saison 5 d’House of Cards a débuté sur Netflix. Qu’est-ce qui résonne le plus dans cette série? 

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saison 5 de la série House of cards

Aujourd’hui, ce qui résonne dans cette série sont les traits du Président classique qui apparaissent toujours dans le personnage principal. Je n’ai pas encore terminé la nouvelle saison, mais Frank Underwood, dans toute ses tromperies et mensonges, me semble rester fidèle à certains codes de comportement manifestées par la majorité des Présidents, alors que ces codes ont disparu pour notre Président actuel.

Matthew Yglesias de Vox a écrit que Trump n’est pas un menteur, comme pleins d’hommes politiques. Il est plutôt un « bullshitter » dans le sens du Professeur Harry Frankfurt, l’auteur de l’œuvre « On Bullshit ». Un menteur veut paraître dire la vérité. Un bullshitter s’en moque et n’est pas intéressé par l’idée de convaincre ces interlocuteurs. Il n’a pas ce respect de la vérité qui a guidé l’esprit des Présidents précédents.

«Trump se retrouve dans un mode de présidence personnelle, au lieu d’une présidence partisane, puisqu’il n’a pas de racines dans le Parti républicain. »

Pour Trump, la motivation d’agir ainsi n’est pas seulement son immense ignorance sur la plupart des sujets politiques, ou le plaisir de voir ses propos excentriques relayés immédiatement par les médias.

C’est aussi pour tester si ses proches le défendront, pour vérifier leur loyauté envers lui. Trump est obsédé par la loyauté. Et maintenant, il se retrouve dans un mode de présidence personnelle, au lieu d’une présidence partisane, puisqu’il n’a pas de racines dans le Parti républicain.

Sachant que les Républicains qui l’entourent ne lui sont pas liés par un attachement partisan, il teste la loyauté des membres de son administration en les forçant de répéter ses propres contrevérités.

Exemple emblématique : le spectacle que son porte-parole, Sean Spicer, a du faire devant les médias en affirmant que l’investiture de Donald Trump avait recueilli « la plus grande foule jamais vue lors d’une investiture, point barre. ».  Pourtant, les images de tous les médias montraient que c’était clairement faux.

Par ailleurs, le Trésorier, aux côtés de Donald Trump dans un interview avec The Economist, aurait dit que la Chine a complètement changé sa politique monétaire lors de l’élection de Trump—une fausseté que le Trésorier n’est pas assez bête pour croire lui-même.

Le risque est que cette forme de discours se propage sur le reste de la société politique américaine. Le Parti démocrate doit trouver des moyens pour défendre la vérité en politique.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Ingrid Lamri : « L’Energie Est Au Cœur De Tout Progrès Social Et Economique »

Ingrid Lamri : « L’Energie Est Au Cœur De Tout Progrès Social Et Economique »

 
Rencontre pour La Saga des Audacieux avec l’inspirante Ingrid Lamri. Bienveillante et tournée vers les autres, elle s’implique et s’engage dans nombre d’univers.
Présidente de l’ ‘Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, l’ANAJ-IHEDN, elle est officier de réserve de la Marine Nationale. Interview.
 
Mathilde Aubinaud : Quel est votre regard sur l’audace? En quoi est-ce une notion qui vous porte? 
« La notion d’audace m’apparait ainsi absolument fondamentale pour mener à bien des projets ambitieux, et devenir utile. « 
Ingrid Lamri : J’ai la chance d’avoir fait une école qui s’est attachée à marteler durant quatre ans qu’il était indispensable d’ « apprendre à oser » . Au delà des mots et de la formation, j’ai appris à incarner dans une certaine mesure l’audace. Je pense devoir faire encore beaucoup sur cette voie, mais je me sens portée par les fruits de mes prises d’initiatives, qui m’ont fait grandir et évoluer hors de ma zone de confort.
On a souvent tendance à dire qu’il faut savoir saisir les opportunités. Pour moi, il faut aller au-delà et les créer pour pouvoir ensuite s’en emparer. La notion d’audace m’apparait ainsi absolument fondamentale pour mener à bien des projets ambitieux, et devenir utile. 
 
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Gala des 20 ans de l’ANAJ-IHEDN
Vous êtes depuis 2016, Présidente de l’ANAJ-IHEDN. Pouvez-vous nous en parler? 
Derrière cet acronyme barbare, ce sont plus de 2 000 jeunes âgés de 20 à 35 ans qui s’intéressent aux enjeux de défense, de sécurité et à la géopolitique. Ce think tank a été créé il y a 20 ans, afin de dynamiser une réflexion jeunes autour de ces thématiques.
Aujourd’hui, nous sommes implantés dans toute la France ainsi qu’à Berlin, Londres, New York et Singapour. Nous organisons en moyenne trois événements par semaine et rédigeons de nombreux articles – nous avons d’ailleurs récemment publié un livre disponible en version numérique ICI
« En tant que jeunes, nous nous sentons concernés par les décisions prises pour notre avenir et désirons y contribuer activement. »
La mission de l’ANAJ-IHEDN telle que je la conçois est plurielle. Elle consiste d’abord à réunir des jeunes passionnés, dynamiques qui ont foi en l’avenir et veulent contribuer aux réflexions sur les grands enjeux de demain.
Elle vise aussi à démontrer que de nombreux sujets sont liés à la souveraineté de notre pays : une conférence sur le soft power des musées, une visite d’une centrale nucléaire ou une interview d’acteurs du renseignement sont autant d’exemples de la diversité des sujets traités.
Enfin, l’ANAJ-IHEDN doit aussi servir de réservoir d’idées et de réflexions à nos dirigeants : en tant que jeunes, nous nous sentons concernés par les décisions prises pour notre avenir et désirons y contribuer activement.
 
En quoi consiste votre rôle?
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Ingrid Lamri, Présidente de l’ANAJ-IHEDN
Je considère avoir plusieurs casquettes. La première est celle de chef d’orchestre : 2 000 membres dont 50 responsables bénévoles, répartis sur tout le territoire, il faut les animer, les coordonner et leur donner envie de faire grandir notre projet commun ! Mon rôle est de donner le cap, les grandes orientations, d’assurer que nous avons les moyens d’atteindre nos ambitions et de laisser ensuite le champ suffisamment libre pour que chacun puisse trouver un terrain propice à l’initiative et à l’épanouissement. 
Ma deuxième casquette – celle que je préfère – est celle d’agitateur : il faut toujours penser à l’après, lancer de nouveaux projets, imaginer de nouveaux partenariats, etc. J’adore porter des projets innovants, lancer des initiatives impossibles, développer notre ambition…
 Je répète constamment aux équipes que si elles ne s’amusent pas dans ce qu’elles font, nous allons droit dans le mur. Il faut parvenir à allier professionnalisme, esprit d’équipe, dépassement de soi et épanouissement.  
 
« On ne peut plus aujourd’hui demander à son équipe de se donner à 100% si on se ménage soi-même. »
Quelle est votre vision du leadership?  
Le leader pour moi est la personne qui inspire par l’exemple. On ne peut plus aujourd’hui demander à son équipe de se donner à 100% si on se ménage soi-même. Il faut incarner ses projets pour rayonner et embarquer son équipe avec soi. 
Personnellement, je suis quelqu’un de résolument orienté action. J’ai un côté très opérationnel qui me pousse à retrousser mes manches et à mettre les mains dans le cambouis. Le leader ce n’est pas celui qui, du haut de sa tour, ordonne à tout le monde d’agir, c’est plutôt celui qui descend de son piédestal et qui accompagne le mouvement.
Je me sens plus leader lorsque je bosse à notre QG sur un projet complètement fou sans aucune censure que lorsque je dois présenter nos actions devant un amphithéâtre rempli d’institutionnels. Cela fait bien sûr partie du rôle, mais ce n’est pas là que mon leadership se distingue le mieux. 
J’ai failli oublier une dernière qualité indispensable du leader : l’écoute. Cela me parait indispensable pour prendre la température des équipes et éventuellement ré-orienter sa stratégie en fonction des doutes et appréhension de chacun. 
 
D’après vous, l’association permet-elle une nouvelle appréhension des jeunes? De quelle manière? 
Je constate au quotidien que les jeunes ne se contentent plus de ce que leur entreprise ou leur université peut leur offrir : au-delà d’un salaire ou d’une formation, ils sont à la recherche d’espaces pour s’engager, prendre part aux réflexions, contribuer à l’évolution de notre société. Cette envie n’est pas nouvelle, il n’y a qu’à regarder quelques documentaires sur Mai 68 ! Mais aujourd’hui, le contexte est propice aux engagements alternatifs, autant qu’aux engagements de vie.
Au-delà des associations, l’engagement des jeunes autour de moi passe de plus en plus par la réserve militaire, la protection civile, le service civique, les sapeurs-pompiers, etc. Je vois la vie associative comme une opportunité pour les jeunes d’accroitre leur employabilité, d’apprendre à mieux se connaître et de développer leur réseau. 
 
Vous êtes engagée sur la plan professionnel, associatif. En quoi est-ce important pour vous? Quels sont les moments où vous vous êtes sentie utile? 
« L’important pour moi est de découvrir de nouveaux univers, de sortir de ma zone de confort tout en contribuant à mon niveau à la construction d’un monde meilleur. »
Quand j’explique mon parcours, mes interlocuteurs ont parfois du mal à suivre : il y a beaucoup de « parallèlement » ou « et en même temps » ! Je fais partie d’une génération de slasheurs, je m’épanouis dans la diversité des activités dans laquelle je m’engage : entre la startup que j’ai cofondée, le grand groupe énergétique qui m’emploie, la réserve militaire, les marathons ou mon think tank, l’habituel fil rouge que chacun aime dérouler en présentant son CV n’est pas toujours évident à trouver.
L’important pour moi est de découvrir de nouveaux univers, de sortir de ma zone de confort tout en contribuant à mon niveau à la construction d’un monde meilleur. 
Je me sens vraiment utile quand je prends le temps de conseiller des plus jeunes dans leur parcours de carrières ou dans leur choix d’études. Je suis convaincue que les révolutions à venir viendront de la jeunesse, il faut que nous misions tout sur elle pour que ces transformations soient aussi bonnes que possible pour la société. 
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visite avec la Protection Civile Seine Paris 12
 
A travers vos engagements, quel message entendez-vous faire passer au sujet de l’énergie. 
L’énergie est au cœur de tout progrès social et économique. Je suis une adepte des romans de science-fiction et le sujet de la quête d’une source d’énergie infinie revient très régulièrement : c’est le graal, c’est ce qui nous permettra de continuer à progresser. En attendant, il est de notre devoir de nous raisonner sur l’utilisation de nos ressources énergétiques. 
Je trouve qu’il y a encore beaucoup d’idées reçues sur l’énergie qui, malheureusement, évoluent beaucoup plus lentement que les découvertes effectuées dans ce domaine. Le digital est un vecteur puissant capable de nous aider à repenser notre approche de l’énergie. En effet, l’énergie a eu pour rôle essentiel d’aider l’homme à s’affranchir d’efforts physiques, lorsque combinée aux machines, elle permet progressivement d’orienter les hommes vers des choix quotidiens plus judicieux et respectueux de notre planète.
Bien entendu, l’énergie, les machines ou le digital ne sont ni bons ni mauvais, et dépendent de leur usage. Pour ma part, j’ai choisi l’usage que je défendrai.
Quels sont les livres qui vous ont inspirée? 
J’adore les biographies, le fait de découvrir des moments de vies de personnes qui ont eu un impact considérable sur le cours de l’histoire me fascine. Lorsqu’on entre dans l’intimité d’une personnalité riche, souvent complexe voire torturée, on ne peut que se questionner et, surtout, avoir envie de se dépasser.
Le fait de prendre conscience que ces figures quasi mystiques vivaient elles aussi un quotidien, avec leurs propres problèmes matériels, sentimentaux ou familiaux a un côté surréaliste. 
La biographie de Napoléon par Max Gallo m’a par exemple transportée. Ma prochaine lecture sera une biographie de Madame Dupin, féministe et grande personnalité du siècle des Lumières que j’ai redécouverte lors d’un récent passage à Chenonceau. 
Vous êtes marathonienne. Au 40ème km, qu’est-ce qui vous incite à continuer? 
« Je suis fascinée par ce que l’humain est capable de réaliser par la combinaison de la volonté et de l’entrainement. »
J’aimerais vous dire que c’est la foi en mes capacités ou encore la rage de me surpasser mais, pour être franche, c’est la volonté bassement matérialiste de pouvoir parader lors de mon prochain entrainement avec le T-shirt « Finisher » offert par les organisateurs à toute personne franchissant la ligne d’arrivée. Rien de très héroïque ! 😉 
Plus sérieusement, je suis fascinée par ce que l’humain est capable de réaliser par la combinaison de la volonté et de l’entrainement. Si nous appliquions ces principes de vie pour plus de justice sociale et un progrès équitable et choisi, nous pourrions être fiers de ce que nous serions capables d’accomplir ensemble.
 
La phrase qui vous porte? 
Impossible n’est pas français !
propos recueillis par Mathilde Aubinaud