Danielle Desguées : « on ne nait pas entrepreneur mais on peut le devenir »

Danielle Desguées : « on ne nait pas entrepreneur mais on peut le devenir »

Rencontre avec Danielle Desguées, Directrice générale de BGE PaRIF, réseau d’accompagnement à la création d’entreprise.

« L’esprit d’entreprendre doit être du domaine public »

Mathilde Aubinaud : Quelle est votre vision de l’entrepreneuriat ?  

Danielle Desguées : J’ai très tôt été passionnée par l’entrepreneuriat qui constitue, à mon sens, une donnée majeure du développement économique de notre pays et d’accès à l’emploi des « laissés-pour-compte ».  J’ai voyagé dès mon plus jeune âge et j’ai pu constater l’esprit entrepreneurial dans de nombreux pays souvent par les plus démunis. J’ai créé plusieurs entreprises alors que j’étais encore étudiante. En 1979, j’ai constaté un véritable manque dans l’accompagnement des créateurs et repreneurs d’entreprise, et j’ai co-fondé le réseau national des Boutiques de Gestion qui est devenu BGE Réseau national d’appui aux entrepreneurs. Je considère que le premier objectif est de promouvoir l’esprit d’entreprendre et ce, dès l’école. En effet, le système éducatif et la culture française ne mettent pas suffisamment en valeur l’entrepreneuriat. Il est donc essentiel de pouvoir en parler et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que ceux qui créent ne soient plus isolés. L’esprit d’entreprendre doit être du domaine public, il faut donc l’insuffler partout où l’on peut (lycées, universités, grandes écoles , etc.).

Quel rôle joue l’audace dans la création d’entreprise ?

Il faut être audacieux pour oser s’imaginer entrepreneur !
Créer son entreprise, c’est à la fois offrir des produits et/ou des services qui devront trouver leur place sur le marché, identifier et fidéliser des clients, mettre en place une politique de communication, gérer sa trésorerie, négocier au quotidien, recruter et encadrer ses salariés, se projeter dans l’inconnu.
Créer son entreprise, c’est donc prendre des risques. L’entrepreneur est multitâche et comme il est souvent le seul acteur à bord, il doit décider et agir en toute autonomie et responsabilité.
Créer son entreprise, c’est donc endosser un statut particulier. Aujourd’hui, c’est le statut de salarié qui est LA référence, avec soit, un N +1 qui donne des directives, mais également, le sentiment d’une garantie de salaire et d’avantages sociaux associés.
Il faut avoir beaucoup d’audace pour passer le cap et devenir entrepreneur. Une audace que nous rencontrons tous les jours au sein de notre réseau : des femmes et des hommes qui ont envie d’offrir des biens et/ou des services souvent originaux, de répondre à de nouveaux usages.

Ces créateurs audacieux ont également des doutes et des questions, et BGE est là pour les conseiller, les outiller afin qu’ils mesurent leur risque dans cette nouvelle aventure. Après avoir réalisé l’étude de faisabilité de leur projet, ils décideront en toute connaissance de cause de créer leur entreprise, reporter leur projet ou l’abandonner.

Comment accompagnez-vous les entreprises ?

BGE PaRIF conseille les créateurs-repreneurs d’entreprise, mais également les entreprises qui souhaitent se développer. Nous œuvrons à la création d’un environnement favorable au développement de l’initiative économique génératrice d’emplois nouveaux. Près de 80% des entreprises que nous conseillons sont viables au-delà de 3 années. Les valeurs d’initiative et de solidarité de BGE PaRIF sont centrées sur l’humain et son projet dans le territoire. C’est cet ensemble que nous aidons à construire au fil d’un accompagnement personnalisé et de parcours de formations pour que chacun accède au droit d’entreprendre et réussisse son projet.
Pour répondre aux besoins des jeunes entrepreneurs et pour continuer à les suivre dans leur développement, nous avons récemment ouvert des espaces de coworking. Il ne s’agit donc pas simplement de louer des postes de travail, mais bien de mettre à disposition des entrepreneurs des outils essentiels à leur réussite : coaching, formations, rendez-vous individuels avec nos conseillers et les experts de nos réseaux, événements, rencontres, after-work, etc.

« Mettre à disposition des entrepreneurs des outils essentiels à leur réussite »

Nous accompagnons les créateurs à toutes les étapes de leur parcours : de l’envie de créer à la définition de leur idée de création, de l’idée au projet, du projet formalisé au lancement des activités, puis jusqu’au développement de leur affaire.
Tout au long de ce parcours, nous leur transférons des méthodes et des outils pour les aider à maîtriser les équilibres fondamentaux de la création d’entreprise. Notre but consiste à autonomiser progressivement les candidats en leur apportant les éléments nécessaires à un prise de décision quant à leur projet.
La méthode de travail proposée par BGE PaRIF s’appuie sur la base de consultations individuelles suivies de périodes de recherche d’informations dans une démarche très interactive.
Chaque candidat créateur est amené à progresser, est guidé dans ses investigations et est aidé dans la validation de ses hypothèses et donc dans sa prise de décision.
Ces entretiens individuels sont complétés par des modules de formation pour apprendre à vendre, à communiquer, à gérer, à tenir sa comptabilité, à faire les bons choix au niveau juridique, à se perfectionner, etc.
Quand le concept est défini, quoi vendre, à quel prix et avec une stratégie de communication et de distribution, les candidats créateurs sont invités à formaliser le projet avec la rédaction du business plan.
Puis à l’issue de ces étapes, les entrepreneurs peuvent tester leur activité en grandeur réelle au sein de nos couveuses en sécurisant leur parcours. Ce sont les couveuses labs de BGE qui leur prêtent leur numéro SIRET afin qu’ils puissent tester leur activité en toute sécurité, de façon légale, mais sans qu’ils aient créé leur entreprise. Ils testent ainsi leur marché, leur capacité à trouver des clients et à signer des contrats, à générer du chiffre d’affaires et à dégager un bénéfice, et surtout à fonctionner seul.

Quel est le rôle d’un réseau ?

Une des principales fragilités des entrepreneurs est son isolement. Le réseau doit permettre d’échanger, de trouver des solutions partagées et de pouvoir également réaliser des projets en commun. Au-delà de nos formations autour des réseaux sociaux, le porteur de projet doit savoir à quel moment activer son réseau, savoir le développer, et activer les bons contacts aux bons moments. Nous lui permettons aussi d’avoir accès à un Groupe dédié aux entrepreneurs qui sont passés par BGE PaRIF. Les interactions sont riches et des collaborations naissent ainsi.

Comment faire face aux freins ?

L’enjeu est de les lever un par un !
D’abord le frein de ne pas oser s’imaginer entrepreneur. C’est vrai qu’il peut paraitre plus confortable d’être salarié. Pour lever ce frein, il faut tout d’abord sensibiliser les publics au fait qu’on ne naît pas entrepreneur, mais que l’on peut le devenir. Ensuite, il faut prendre le temps d’expliquer à ceux qui ont envie de créer leur activité qu’on peut les aider à définir leur concept, leur transférer outils et méthodes pour qu’ils puissent étudier la faisabilité de leur projet. Le parcours d’appui régional Entreprendre#Leader récemment initié par la Région Île-de-France répond à ce besoin d’accompagnement qu’ont ces franciliens qui veulent créer leur propre activité.

Puis il s’agit de lever tous les autres freins :
La peur de recourir à l’emprunt : pour oser emprunter, il faut être persuadé que son modèle économique est pertinent, que l’activité va générer du bénéfice et donc que l’on pourra aisément rembourser les sommes empruntées. Pour ce faire, il est donc indispensable d’étudier son projet sérieusement et de façon exhaustive avant de se lancer.
Comment trouver des partenaires financiers : en faisant appel à des partenaires spécialisés dans le financement de la création d’entreprise (micro-crédit, fonds territoriaux, banques, financements participatifs, etc.) et en réussissant à les convaincre de nous suivre dans le projet entrepreneurial. Pour cela, il faut un business plan solide établi sur la base d’une étude de faisabilité sérieuse et également savoir pitcher efficacement son projet pour convaincre. Il faut ensuite tester son activité en grandeur réelle (à travers une Couveuse Lab) pour vérifier l’existence de son marché, sa capacité à trouver des clients et à contractualiser, à dégager un bénéfice, mais également à s’épanouir dans cette activité et à fonctionner de façon autonome en maitrisant toutes les tâches.
Être sûr d’être à la hauteur : le dirigeant doit compter sur lui-même s’il crée seul et sans associé. Il devra donc vérifier en amont qu’il possède toutes les compétences et les aptitudes nécessaires pour diriger une entreprise. Se faire aider en amont de la création est indispensable et un bilan de compétences entrepreneuriales permet de travailler en profondeur ces aspects.
La peur de perdre sa maison : pour éviter de mettre en danger son patrimoine, il faudra évaluer le risque et choisir la forme juridique la plus adaptée à son projet. Pour ce faire, des professionnels comme BGE PaRIF sont à la disposition des créateurs pour travailler ces sujets, mettre tous les éléments à plat et évaluer les risques en détail pour aider le créateur à faire un choix raisonné et maîtrisé.

« entreprendre autrement. »

L’imaginaire est-il en train d’évoluer ?

Oui, l’imaginaire des créateurs évolue fortement. De plus en plus rapidement et de façon remarquable !
Ces dernières années, de plus en plus de projets responsables, éthiques, équitables, solidaires et innovants voient le jour pour répondre aux défis de notre société et inventer le monde de demain, différemment.
Des projets ESS (économie sociale et solidaire), d’innovation sociale, d’économie circulaire voient le jour :  nombre de créateurs ont décidé d’inventer des activités originales et utiles de façon durable, souvent participatives et sans nuire aux ressources limitées de notre planète.
Leur credo : entreprendre autrement. Que ce soit dans le tourisme solidaire, la transformation de nos déchets en matière noble, le commerce équitable ou la récupération des invendus pour les distribuer à ceux qui en ont besoin, par exemple.

Tous ces projets doivent trouver un modèle économique pérenne et certains mettent en œuvre des modèles novateurs pour répondre à des enjeux majeurs (en termes de consommation responsable, de solidarité, écologiques, etc.).
Ces entrepreneurs l’imaginent et le mettent en œuvre.

 

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Aurélia Paoli : L’audace d’un univers artistique

Aurélia Paoli : L’audace d’un univers artistique

Quand la création rime avec audace. Rencontre avec la créatrice Aurélia Paoli qui renouvelle l’approche du design. Interview pour La Saga des Audacieux

Aurélia Paoli

 

« L’audace est l’art de concrétiser son rêve, son idéal, sa conviction. »
 
Mathilde Aubinaud : Comment définissez-vous l’audace ?
 
Aurélia Paoli : Je dirais que l’audace est l’art de concrétiser son rêve, son idéal, sa conviction. Un savant mélange de courage, d’inconscience et de passion.
Le dépassement de ses peurs assurément. Votre question est en soi une définition de entrepreneuriat, il est audacieux de se lancer dans une aventure avec des enjeux économiques, sociaux, personnels souvent familiaux, parfois politiques.
 
En quoi a-t-elle marqué vos choix ?
C’est un trait de caractère auquel je m’attache volontiers. En effet, j’ai besoin de supplément d’âme pour m’investir dans un projet. S’il requiert de l’audace alors les résultats sont ambitieux, l’adrénaline au rendez-vous et l’aventure vaut bien la peine d’être vécue !
Vous avez une formation de styliste. En quoi a-t-elle nourri votre regard sur votre métier?
 
Jeune diplômée d’Esmod j’ai eu le sentiment de ne pas avoir choisi la bonne formation. J’étais intéressée par les couleurs, le textile certes mais côté ennoblissement et puis j’ai mis Le doigt sur ce qui me plait par dessus tout : les arts décoratifs. J’y retrouve mon univers esthétique, l’héritage des savoir-faire, la culture et l’histoire. J’ai donc élargi mes compétences avec une formation design textile et surface à la Central st Martins school à Londres. J’ai pu alors exprimer ma créativité via la couleur, la répétition, les techniques d’impression, la création de collections de motifs : un univers !
Avec du recul, je peux à présent évaluer à quel point ma formation de styliste fut en réalité un vrai atout. Une école nous formate qu’on le veuille ou non. Le fait d’être sortie de la filière mode me donne un regard transversal, une approche innovante dans le design. La principale différence que je distingue entre un designer et un styliste est que le premier va travailler sur un produit, un dessin, le second va travailler une collection, un univers.
Modern empty loft room with white wall, concrete floor and big windows
 
Qu’est-ce que le stylisme?
 
Le stylisme est le fil rouge qui va relier la création à la production. Je le définirais comme une méthodologie de travail. Le dessin de mode stylisé relève du mythe. Le métier est en réalité très technique.
 
Comment est né Beauregard?
 
De l’empirisme ! Je me suis lancée dans des travaux de rénovation. J’avais beaucoup de mal à trouver le carreau de ciment de mes rêves. Mon mari m’a alors encouragée à dessiner mes modèles, ce que je fis. Les carreaux étaient devenus le principal sujet de conversation des amis que nous recevions. On pouvait en parler longuement sur différents aspects, historique, culturel, technique et créatif… jusqu’au jour où ils ont acheté ! J’ai donc alors, organisé avec l’expertise d’une amie, une journée presse à la maison. Les rédactions de décoration furent au rendez-vous, les articles parus ont connecté le public à mes produits. Les commandes arrivèrent… mon deuxième chantier livré était pour une star hollywoodienne ! De quoi booster le moral et mettre le prévisionnel au vert. 
« Durer c’est certainement se réinventer chaque jour »
 
Comment s’inscrire dans la durée?
 
Durer c’est certainement se réinventer chaque jour et prendre des décisions presque quotidiennes, en maintenant le cap. Le but c’est le graal. Un garde-fou en somme qui nous permet de ne pas faire de hors-piste, de rester cohérent et tenace. Être à l’écoute du marché, de ses clients et de ses collaborateurs, durer c’est aussi grandir avec les autres. Une aventure humaine.
 
Votre dernier coup de coeur?
 
Celeste Mogador, créatrice brodeuse bretonne à l’univers déjanté très empreint de surréalisme, de l’esthétisme cabinet de curiosité et de glamour. Un vrai coup de cœur puisque ses créations de carreaux de ciment entrent dans le catalogue d’éditions Beauregard !
 
La phrase qui vous inspire?
 
 » Qui écoute des excuses, quand il peut entendre des actions ? » G.C Lichtenberg
propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Monique Pelletier, ancienne Ministre : « L’audace c’est surmonter les lieux communs et les habitudes »

Monique Pelletier, ancienne Ministre : « L’audace c’est surmonter les lieux communs et les habitudes »

Il est de ces rencontres qui comptent. Grand-croix de la Légion d’honneur, Monique Pelletier en est une.

Secrétaire d’Etat à la Justice puis  Ministre de la Condition féminine et de la Famille sous  Valéry Giscard d’Estaing, Avocate, elle a épousé son siècle en mettant sur le devant de la scène de grands combats.

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copyright : Droits réservés Monique Pelletier et Alain Peyrefitt

 A l’occasion de la publication de son livre, Souvenirs irrespectueux d’une femme libre, rencontre pour La Saga des Audacieux.

« J’aime la vie »

« J’aime la vie et j’aime la vieillesse ». Avec passion et sans détours, entière, elle se raconte. Elle saisit ces instants précieux qui vont de la vie une grande aventure. Avec des mots justement choisis, elle dévoile ses Souvenirs irrespectueux d’une femme libre, livre qu’elle dédie à ses petits-enfants. « C’est un peu l’histoire de ma vie ».

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Elle a construit sa vie. « Je n’ai pas aimé mon enfance » se rappelle-t-elle. Alors, elle a décidé de dessiner les années suivantes à sa manière. En étudiant et en travaillant. Née en 1926, Monique Pelletier est une femme de combats à l’image de celui contre la drogue.

Elle porte, également, dans l’agenda politique et médiatique, la question du handicap. Elle déplore combien les personnes handicapées sont exclues de nos vies. Cela a été une grande souffrance pour elle, « la grande épreuve de ma vie » se souvient-elle. Elle évoque aussi la dignité face à cette épreuve et « le sourire » du Pater familias.

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copyright : Droits réservés Monique Pelletier

De l’importance de s’engager

La  justice aussi lui importe. Avocate, elle a pris sa retraite, voici 2 ans et s’occupe à présent des femmes battues. Un engagement de tous les instants. Pour les autres. L’engagement comme direction et sens. Elle se souvient de ses années de scoutisme, « une forme d’engagement ».

L’audace, une forme de courage

 Elle choisit de devenir Avocate. Un autre engagement. Il en va de même dans la sphère politique. Hors du sérail. « Je n’étais pas dupe du tout » explique-t-elle. L’audace est un mot qui lui va bien. « C’est une forme de courage. C’est surmonter les lieux communs et les habitudes. Si l’on a un but qui mérite d’être atteint, il faut  aller. »

 L’admiration compte pour Monique Pelletier. Elle cite Françoise Giroud« une grande dame » une des très rares si ce n’est la seule, qui l’ait intimidée. Ensemble, elles déjeunaient une fois par mois.

 Les anecdotes sont en nombre. Avec recul et finesse. Monique Pelletier, par son regard et le courage qu’elle a su prendre compte. Merci pour ses engagements.

Mathilde Aubinaud

Symphonie Numide, un hymne à la femme et au féminin

Symphonie Numide, un hymne à la femme et au féminin

Retour sur la pièce de théâtre musicale Symphonie Numide qui raconte une femme en associant poésie et mélodie. A voir et à écouter.
Interview de l’auteur et des comédiennes
dans La Saga des Audacieux.

Mathilde Aubinaud : De quelle manière Symphonie Numide est-elle audacieuse? 

Nej Mâa : Symphonie Numide est pudique et impudique. Pudique parce que tout est dit en filigrane et grâce. Tout est teinté de spiritualité et de recueillement. La poésie des textes habille d’un manteau de chasteté, certains textes, je pense à Casbah par exemple. Mais Symphonie Numide est révolutionnaire, audacieuse, impudique, parce qu’elle fracasse ce mur dressé pour cacher la vraie histoire du peuple algérien. Elle dévoile la sensualité de cette femme que l’on veut maniable, alors que sa vérité est rebelle, et sexuelle, et épanouie. Symphonie Numide c’est la femme berbère, arabo andalouse , dominante, non pas comme un homme, mais simplement comme une femme. Une femme sacrée. Symphonie Numide c’est l’histoire du sacré féminin. Et l’histoire révèle que le sacré féminin à toujours fait scandale. Symphonie Numide est un scandale. Mais un beau sourire et des yeux malicieux accompagne, ce gentil fracas, un fracas d’amour et de douleur pardonnée.

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En quoi est-ce une valeur qui vous porte?

Amina : Ce qui m’a portée dans Symphonie Numide, ce sont surtout les messages forts que font passer l’œuvre. Les questions relatives à la double culture font vraiment écho à ma propre expérience. L’autre thématique centrale de Symphonie Numide qui me touche particulièrement, c’est la question des femmes et du féminin. Le message que portent les textes à ce sujet sont universels et plus que jamais d’actualité.

« Il me semble que les femmes amorcent un début de (re)prise de pouvoir. »

Quelle est la lecture que vous avez de la femme d’aujourd’hui?

Nej Mâa Vaste question, car d’abord il s’agit de définir, quelle femme ? quel type de femme ? de quelle origine ? La femme française ?

Pour moi la femme en France est libre, qu’elle soit de n’importe quelle origine ou religion, elle est libre. Mais elle est aussi soumise. Je m’explique : la femme est libre dans l’espace sociale, elle travaille, elle gagne sa vie, elle s’assume, et cela dans toutes les cultures. Même dans les milieux radicaux la femme a cette liberté. Cependant elle ne doit pas trop effrayer. Elle est libre tant que sa liberté n’entrave pas le confort des hommes.La femme se bat dans les milieux les plus élitistes, les milieux de la finance, de l’art, dès qu’elle brille trop, il faut l’étouffer, et malheureusement le machisme n’a pas fini de faire souffrir les femmes. Je souhaiterais parler de la femme musulmane : Celle- ci est stigmatisée, pour son voile par exemple. Mais il faut comprendre que ce voile c’est sa seule liberté, pour pouvoir vivre normalement et passer inaperçue et gagner sa liberté.

Nous sommes toutes des femmes voilées, toutes, et pour que nous puissions exister et avoir la paix il faut qu’on cache notre lumière. J’ai longtemps été dure vis-à-vis des femmes voilées, mais aujourd’hui je les comprends, cela ne veut pas dire que j’adhère, mais je comprends. Car je vis moi-même en ce moment la situation d’une femme à qui l’on impose de porter un voile, ceci est une métaphore bien entendu.

Assia : Je pense que les femmes ont aujourd’hui une parole plus libre qu’avant. Non pas que l’égalité femmes-hommes soit parfaite -loin de là- mais il me semble que les femmes amorcent un début de (re)prise de pouvoir. Elles se réapproprient leur corps, leur image et leur destin. C’est le cas ici en France mais également dans d’autres pays. Nous le voyons dans l’émergence de femmes politiques à travers le monde entier.  Dans le monde artistique également les femmes se font leur place – enfin! Nous allons bien entendu dans le bon sens mais il reste néanmoins du chemin quant à la mise à mal des violence envers les femmes. Les récents événements nous prouvent qu’il reste du chemin à parcourir et la nécessité de mener une bataille culturelle et idéologique. Et cela ne peut se faire sans faire preuve de sororité mais également de défense du matrimoine comme le fait Nej Mâa.

« Prendre des riques et ne pas avoir peur »

Amélie nous vivons  toujours dans une société où la domination patriarcale est forte et où la misogynie est monnaie courante et ceux sous des formes plus ou moins déguisées. Les formes de patriarcats, qu’elles soient anciennes ou modernes, viennent du désir de dominer la nature, de la contrôler, de la conquérir. Et aujourd’hui encore, l’on viole la nature comme l’on viole les femmes. C’est en cela que la destruction de la Terre-Mère et la haine du principe féminin sont liés ( si vous voulez comprendre davantage, des militant-es comme Vandana Shiva ou Pierre Rhabi l’expliquent très bien). Le nombre de femmes battues, violées, agressées, l’hypersexualisation omniprésente, la violence de la pornographie, ect, nous démontrent malheureusement que l’humanité est en période de guerre, depuis des siècles et des siècles, une guerre contre le féminin et contre la terre nourricière.

La femme d’aujourd’hui a donc de nombreux défis à relever et Kahina est un bon modèle pour les femmes. C’est une guerrière qui n’est pas là pour plaire mais qui décide de son destin et qui va contre les attentes. Elle prend des risques et n’a pas peur. C’est une grande source d’inspiration pour les femmes qui veulent être libres. Et seul les femmes libres peuvent libérer les hommes.

Car les hommes eux ont aussi, on besoin de se libérer. Se libérer des représentations pesantes sur la virilité, se libérer du trône sur lequel la société à tendance à les placer et qui flatte leur égo de façon malsaine. On pourrait en parler des heures et des heures, les exemples ne manquent pas! Le rôle de l’éducation est primordiale, les mères et les pères doivent éduquer les petits garçons et les petites filles avec un esprit de totale équité et de justice entre les deux. Donc pour survivre, l’espèce humaine n’a pas d’autre choix que de réintégrer le féminin dans ses valeurs. Rééquilibrer le féminin et le masculin et ceux dans chaque domaine. Car si on s’intéresse à la lecture de la femme d’aujourd’hui, on doit s’intéresser à la lecture de l’homme d’aujourd’hui. On ne trouvera pas de solutions sans  réfléchir aux relations de genre, aux relations homme/femme qui conditionnent nos existences. La femme et l’homme sont des être humains et spirituels. Leurs différences physiques ne doivent pas être prétexte à une hiérarchisation et une domination de l’un sur l’autre. Ils doivent tout deux se libérer des stéréotypes et des pressions exercés par la société, par la famille, ect.   Ce qu’il faut c’est prendre conscience, voir en profondeur, de façon sociologique pour comprendre la réalité de cette guerre car elle est intimement liés aux autres formes d’oppressions telle que le capitalisme, la destruction de l’environnement, le racisme, etc.

La femme et l’homme d’aujourd’hui doivent prendre conscience des conséquences désastreuses causées par des siècles et des siècles de patriarcat et lutter contre, main dans la main. L’humanité ne survivra que par la coopération, et non par la compétition. Pour les femmes comme pour les hommes, il s’agit de VOLONTÉ, celle de se déconditionner et de se libérer de la peur. Celle de renverser tout un système!

En quoi Voltaire résonne-t-il encore?

Nej Mâa Voltaire est controversé, mais il n’en demeure pas moins que sa pensée parfois incomprise est toujours d’avant-garde, même des siècles plus tard. Cet auteur a compris l’humanité et il sera toujours un avant-gardiste, car l’homme n’a toujours pas compris Voltaire. Et puisque nous n’avons toujours pas compris Voltaire. Voltaire à toute sa place aujourd’hui. Et Symphonie Numide en fait le parrain littéraire de l’œuvre.

Quel rôle joue la poésie?

Nej Mâa La poésie est une façon douce de dire des choses très dures. J’ai souffert en poésie et cela m’a permis de garder une âme d’enfant, à laquelle je tiens. Lorsque j’écris en prose je deviens trop vite adulte et la douleur est plus vive. Alors que mes poèmes m’apaisent et jouent un rôle d’amortisseur.

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Vos projets pour Symphonie Numide?

Rafla : Symphonie Numide se jouera vraisemblablement à Paris courant 2018 avant d’entamer une tournée dans différents lieux d’ile de France

MARC – remarque du metteur en scène
Faire une pièce à partir de poèmes est à la fois très audacieux  (car il n’existe de façon formelle ni situations, ni trame narrative , ni personnages),  mais en même temps procure un très grand grande liberté de création.

Je me suis donc servi des quelques éléments de narration que j’ai trouvé lors des lectures des poèmes que l’auteure, avait programmées en 2016.

Je les ai organisés en 4 plans narratifs distincts  : l’histoire mythologique, l’histoire de l’auteure, une fable que j’ai recrée à partir des esquisses de personnages présents dans les différents poèmes et enfin le fil narratif de la musique.

Ces 4 plans narratifs s’entremêlent et s’entrechoquent tout en restant distincts. Ainsi l’histoire de l’auteure est dévoilée au spectateur au travers de la voix enregistrée de l’auteure et d’un jeu d’ombre chinoise derrière une toile.

L’histoire mythologique est évoquée dans le programme de la pièce et également par des projections sur un écran au début du spectacle.

J’ai gardé l’esprit du recueil de poèmes en choisissant une mise en scène fait de symboles et d’évocations, où les situations et les personnages sont abordés par petite touche de couleur sans jamais imposer au spectateur une lecture figurative des scènes. Aussi ,soutenu et prolongé  par la musique ce spectacle laisse une très grande part l’imagination.

Si l’on doit résumer le spectacle de Symphonie Numide il fonctionne (toute proportions gardée) un peu comme un opéra dont les poèmes seraient la musique et la scénographie le livret. Pas un livret écrit , mais un livret peint entre impressionnisme et le cubisme puisqu’il donne à voir un même objet sous les 4 angles juxtaposés des différents plans narratifs  « 

 

 

 

JOWAÉ : l’audace de Paris à Séoul

JOWAÉ : l’audace de Paris à Séoul

JOWAE

À l’occasion du pop up store JOWAÉ, retour sur la marque de soins

Les bougies allumées, les coussins installés, les photos inspirantes. On s’y sent bien. Bienvenue dans le pop up store JOWAE qui a réussi a créer un univers chaleureux et lumineux. Un rendez-vous pour rompre avec l’hiver.

JOWAE

De l’oxygène en plein Paris

Rue de Turenne, ce pop up store est un espace à part loin de l’agitation parisienne. Dans un décor tout en bois, les moments bien-être sont nombreux. Chaque jour, un atelier est proposé pour se ressourcer et se retrouver : méditation party, art floral, atelier intuition et tarot… de véritables alliés pour le bien-vivre.

Révéler la peau

Un univers qui sied à la marque franco-coréenne Créée par le Groupe Alès, pionnier de la phyto-dermocosmétique. La marque a pour ambition de « rendre à la peau son équilibre naturel ». Elle la révèle. Elle prend appui sur un rituel en 4 étapes :

 1/ nettoyer pour éliminer les impuretés

2/ préparer pour aider la peau à recevoir les soins

3/ activer pour préserver la jeunesse et sublimer le teint

4/ corriger pour rééquilibrer chaque type de peau

D’ailleurs, JOWAÉ est inspiré du mot « harmonie » en coréen. Tout un programme en douceur.

Merci!

Mathilde Aubinaud

Rdv au 132 rue de Turenne dans le 3ème

Du 18/11 au 03/12 de 9h à 20h

Pour s’inscrire : ICI

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Maxime Barbier, VP Public sector de bluenove,  « Les Civic Tech créent de l’empowerment citoyen »

Maxime Barbier, VP Public sector de bluenove,  « Les Civic Tech créent de l’empowerment citoyen »

Pilier de l’open innovation et de l’intelligence collective, bluenove est un acteur à part tant il permet aux entreprises et aux organisations publiques de se repenser.

Rencontre pour La Saga des Audacieux avec le Vice-Président Secteur Public de l’entreprise franco-canadienne, Maxime Barbier. Enthousiaste et tenace, il redonne de l’épaisseur au champ du politique en s’impliquant en faveur de la Civic Tech. A l’ESSEC en tant que Président de l’association Citizen Care, puis dans le conseil, dans l’administration ou dans sa start-up, son souci de l’impact est toujours resté. Oui il a un projet business, « mais on n’oublie pas que l’on peut avoir un impact social » explique-t-il.  Interview.

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Maxime Barbier

Mathilde Aubinaud : Quel regard portez-vous sur l’audace ?

Maxime Barbier : L’inscription dans un environnement contraint, n’est pas incompatible avec l’audace. Elle prend, ainsi,  sa force et sa forme dans des environnements contraints.

« Vouloir transformer une situation, c’est la hacker de l’intérieur. »

« First learn the rules, then break them ». Comment cette sentence s’applique-t-elle au secteur public?

Elle s’applique très bien. Vouloir transformer une situation, c’est la hacker de l’intérieur. Il faut d’abord comprendre l’environnement, l’histoire, les valeurs, les codes, ce qui est acceptable. Cela nécessite un temps d’observation et de réflexion.

Il faut, de fait, appréhender rouages et rapports de force

« Chercher de la modernité sans pour autant remettre à plat son ADN et ses valeurs. »

Il y a des éléments tangibles et intangibles comme la dimension politique et les valeurs.

Jean-Paul Bailly, ancien PDG de la Poste, en expliquant la transformation de la Poste, a dit : «  j’ai pris le temps, ce qui compte c’est de se moderniser sans se renier ». Il faut chercher de la modernité sans pour autant remettre à plat son ADN et ses valeurs.

L’espace public n’est-il pas, aujourd’hui, dilué ?

Notre enjeu consiste à réinjecter des formes de délibérations et de contributions à la production de politiques publiques. Il s’agit de réintégrer des voix de délibération et d’action collectives dans la société.

Comment réhabiliter le rôle du citoyen ?

Le citoyen peut être associé s’il est informé. Il faut des dispositifs apprenants donnant aux citoyens la possibilité de s’exprimer. Tout défi des Civic Tech consiste à mettre en capacité les citoyens à formuler des choix qui soient le plus à même d’impacter des solutions politiques

Les Civic Tech sont donc un un levier et non un médiateur ?

Les Civic Tech ont la capacité de créer de l’empowerment citoyen et pas uniquement de la participation. Il s’agit de contribuer à bon niveau.

« On s’inscrit dans une logique de co-conception. »

Cela change l’approche des citoyens qui sont convoqués à certains moments.

Avec Franck Escoubès, Co-Président et fondateur de bluenove, on considère qu’un droit d’expression doit un devoir citoyen. L’émetteur a des devoirs : la transparence, l’explication des choix faits, l’information dans la durée. C’est s’interroger : comment se sent-on concerné dans la réussite et la mise en œuvre des projets ? C’est éviter de faire peser la charge sur les responsables politiques. On s’inscrit dans une logique de co-conception.

Prenons l’exemple des budgets participatifs qui commencent à éclore dans plusieurs villes. Cela ne devrait pas être uniquement un vote mais aussi un soutien ou une action de principe. On peut faire partie d’un comité citoyen ou bien mener une réalisation concrète. On ira loin grâce aux technologies.

« On est peut-être à l’aube d’un changement de paradigme. »

Est- ce un changement de l’imaginaire pour les citoyens?

Il faut rendre la tech accessible au plus grand nombre et créer de l’engagement dans la durée. Cela nécessite d’apporter une réponse à ceux qui n’ont pas l’usage des outils numériques.

La révolution qui arrive est  aussi forte que lorsque l’on a accordé le droit de femmes aux femmes. L’intégration des démocraties digitales de plus en plus natives est  de nature à changer notre rapport à la démocratie et à la fabrique de la loi. On est peut-être à l’aube d’un changement de paradigme. Il faut que certains acteurs politiques montrent la voie.

C’est aussi s’autoriser à investir chose publique ?

Il s’agit de passer d’une expression publique ponctuelle à une vraie ritualisation de l’expression citoyenne.

« Réinjecter plus de démocratie et casser le carcan des entreprises. »

Votre  prochain combat?

Réinjecter plus de démocratie et casser le carcan des entreprises. Aborder des missions d’entreprise en s’interrogeant. Comment intégrer impact sociétal ?  Comment associer citoyens et usagers ?

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Florence Karras : « S’adapter mais ne jamais renoncer »

Florence Karras : « S’adapter mais ne jamais renoncer »

 

 

9 jours de raid dans le désert marocain. C’est le défi inspirant que se lancent Florence Karras et Wensi Lin. L’équipage des Gazelles connectées (@GazellesConnect)  nous invite à partager cette aventure hors du commun.

Rencontre pour La Saga des Audacieux avec l’audacieuse Florence Karras (@Flokarras), e-business manager et co-équipière des Gazelles.

« y-a-t-il encore une place pour l’inconnu dans notre société ? »

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Florence Karras

Mathilde Aubinaud : Fait-on assez face à l’inconnu dans notre société ? 

 Florence Karras : La vraie question que l’on doit se poser est : y-a-t-il encore une place pour l’inconnu dans notre société ? Accepter l’inconnu c’est prendre des risques. Or, notre société est culturellement averse aux risques.

L’inconnu fait peur. L’inconnu et l’imprévu n’ont plus cours. Nos vies sont de plus en plus anticipées, organisées, assistées, saturées.

Et paradoxalement, il n’y a jamais eu autant d’envie d’entreprendre, de changements radicaux de vies professionnelles, de formats de vacances disruptifs, de recherche d’expériences sensationnelles pour sortir de son cadre…

Les individus sont en mal d’inconnu. Notre société est en mal d’inconnu !

 Comment y remédier? 

C’est avant tout une prise de conscience individuelle et collective pour inviter l’inconnu dans nos vies et sortir de nos zones de confort. Apprivoiser ou se ré-approprier l’inconnu. Alfred de Musset écrivait : « Croyez-moi, les enfants n’aiment que l’inconnu ». Et Pablo Picasso de dire « Chaque enfant est un artiste. Le problème c’est de rester un artiste lorsqu’on grandit ». Cherchez l’erreur !

« L’inconnu ouvre des portes nouvelles sur soi et les autres. »

L’innovation, la créativité et le développement personnel sont des quêtes sociétales fortes, révélatrices de la puissance castratrice de notre société. Des marqueurs forts, témoins de la nécessité de redonner un souffle de légèreté et d’aventure à nos vies. L’inconnu ouvre des portes nouvelles sur soi et les autres. « Allons au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau » écrivait Charles Baudelaire. Mais l’inconnu c’est parfois des voies sans issues, des retours-arrières, des contournements qui imposent un rapport au temps et à l’échec différent des codes actuels de notre société. Une révolution culturelle s’annonce !

Avec Wensi, vous participez au Rallye des Gazelles. Comment l’idée est-elle née? 

A la base, des rêves individuels d’aventurières des temps modernes partagés dès notre première rencontre sur le terrain de la transformation digitale et une synchronicité parfaite événements qui ont rendu possible ce projet commun.

Et surtout l’envie de vivre une aventure collective et de la partager. Nous avons donc travaillé un projet global avec une identité visuelle, une ligne éditoriale autour de 3 valeurs fortes et une stratégie de communication sur les réseaux sociaux pour fédérer une tribu d’ambassadeurs autour de nous, les Nomades, et donner envie à des sponsors de nous suivre dans cette aventure.

À quel moment vous vous êtes-vous autorisée à dépasser vos propres freins et les barrières que l’on impose?

« Ce qui est certain, c’est qu’une fois que l’on a appris à naviguer avec l’inconnu, ce qui impose de lâcher prise, l’immensité des possibles agit comme la loi de l’attraction. »

Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant allez, aujourd’hui je change tout (sourires) ! J’ai toujours eu cette curiosité et envie de d’aller au-delà… de dépasser les barrières sociales que la vie me réservait alors que je n’étais qu’adolescente, d’explorer régulièrement de nouveaux domaines professionnels ou de tenter des expériences de développement personnel diverses pour mieux me connaître.

Dépasser ses freins c’est bien souvent déconstruire un référentiel social, familial et personnel bien ancré. C’est un cheminement personnel propre à chacun. Ce qui est certain, c’est qu’une fois que l’on a appris à naviguer avec l’inconnu, ce qui impose de lâcher prise, l’immensité des possibles agit comme la loi de l’attraction. On ne peut y résister.

Qu’est-ce qui anime l’équipage des Gazelles connectées? 

« Le leadership et l’audace sont des forces individuelles clés pour conduire ces transformations majeures quelles qu’elles soient »

Notre équipage avait à coeur de mettre en avant 3 valeurs clés qui nous semblent indispensables pour envisager une société plus inclusive : le leadership, l’audace et la solidarité.

Wensi et moi-même, nous sommes rencontrées sur le terrain de la transformation digitale. Un terrain souvent miné de résistances au changement dans lequel il faut apprendre à naviguer pour atteindre son objectif. Nous y avons appris que le leadership et l’audace sont des forces individuelles clés pour conduire ces transformations majeures quelles qu’elles soient. Mais sans la solidarité, puissant catalyseur de la force collective rien n’est possible.

De là est née l’idée du nom de notre équipage, les « Gazelles connectées » et l’envie de faire de notre participation à ce rallye, une aventure collective partagée.

Wensi Lin et Florence Karras

Qu’attendez-vous de ce rallye?

Le Rallye AÏcha des Gazelles est un raid 100% féminin de 9 jours dans le désert marocain. Un concept unique basé sur la navigation à l’ancienne sans aucun appui technologique. Nous aurons pour seuls outils de navigation, une carte, une boussole, le soleil et nous-mêmes ! L’enjeu va être de nous repérer et nous orienter dans un espace dépourvu de tous nos repères habituels et de toute assistance technologique.

Chaque jour, nous devrons décider d’une stratégie de navigation sur un terrain de l’infini des possibles, un terrain inconnu. Hors zone de tout confort, il s’agira de s’adapter mais ne jamais renoncer !

Au-delà d’un challenge individuel, c’est une aventure humaine collective que l’on souhaite vivre avec les autres équipages, notre tribu de Nomades (nos ami-e-s ambassadeurs) et les sponsors qui nous feront confiance.

L’inconnu réservant son lot de surprise, il serait présomptueux de dire aujourd’hui ce que l’on attend de ce rallye si ce n’est pouvoir diffuser à d’autres cette dose d’audace pour vivre ses rêves et sortir de sa zone de confort.

En quoi le courage et l’audace sont des atouts et leviers pour les femmes? 

Les femmes doivent faire preuve de courage et d’audace pour une juste place dans la société car trop d’exemples montrent aujourd’hui qu’on ne nous attend pas ! Il y a encore des étapes à franchir pour une société spontanément inclusive.

L’audace est ce petit grain de folie que l’on a toutes en nous et qu’il faut aller titiller, réveiller, apprivoiser pour qu’elle devienne notre meilleure amie 😉 ! C’est cette dose de courage et parfois d’impertinence qui permet de dépasser nos propres freins et les limites que l’on nous fixe. L’audace et la confiance en soi sont nos compagnons de route pour sortir de notre cadre et voguer vers l’inconnu.

L’aventurier qui vous inspire : 

Je citerai une aventurière d’exception, Anne Quéméré, navigatrice de l’extrême en solitaire que j’ai rencontré récemment. Au-delà de ces odyssées, c’est surtout l’océan qu’elle salue, car « aussi puissante soit notre détermination, aussi inusable soit notre énergie, c’est bien lui et lui seul qui, au final, décide ou non de nous laisser passer ».

J’imagine qu’il en est de même du désert.

 

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

 

Pour participer financièrement  à ce projet 

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