Philippe Brassac, DG du Crédit Agricole : « L’audace, c’est avancer vers ce à quoi on croit »

« Agir chaque jour dans l’intérêt de nos clients et de la société », une signature, une ligne de conduite, une exigence. Le Crédit Agricole considère que la responsabilité est au cœur de son lien avec ses 51 millions de clients. Le groupe est le premier teneur de livres mondial en obligations vertes, sociales et responsables toutes devises.

Fort d’un engagement sociétal de longue date, le groupe Crédit Agricole a une vision porteuse. Interview, pour La Saga des Audacieux, avec son directeur général, Philippe Brassac.  

Philippe Brassac, DG du Crédit Agricole

Quand même.

L’imaginaire collectif n’est guère bien loin de la réalité. Dans la finance, les affrontements sont légion. Aussi, il convient de faire face, de se faire entendre pour porter ses idées. L’audace y est, dès lors, partie prenante, considère Philippe Brassac. « C’est oser affirmer ses idées ». Si ces dernières vont «  à l’encontre de la pensée commune » , le faire quand même. C’est « poursuivre l’idée à laquelle on croit même si elle n’est pas partagée». La « sincérité », décrypte-t-il, y a pleinement sa place. On surmonte « ses appréhensions ».

Convaincu.

Ce qui anime jour après jour Philippe Brassac ? « La conviction profonde qui est la mienne ; les entreprises sont là pour fabriquer de la valeur pour les clients ». Il rappelle le rôle premier de l’entreprise : « répondre aux besoins » de ces derniers. Il n’est pas uniquement question de valeurs manifestes qui le portent mais aussi d’intelligence économique. Il s’agit bien, de ce fait, pour l’ancien élève de l’ENSAE et des Mines de Paris, de « s’aligner sur l’intérêt des clients ». Il évoque ainsi la Caisse régionale du Crédit Agricole en Provence Côte d’Azur qu’il a dirigé de 2001 à 2015. Philippe Brassac avait ainsi pour projet d’entreprise : « la banque personnalisée pour tous ». L’appréhension est alors « très concrète et pragmatique ». Il s’agit ainsi de proposer au client, le bon produit au bon moment sur le bon canal.

De l’importance de dire.

« L’humilité ». Un maitre-mot pour Philippe Brassac, attentif à l’autre. Sans détour ni jeu de posture. Il entend « dire les choses de la façon la plus simple possible ». « C’est toujours beaucoup plus fort de parler posément et calmement, avec un ton qui n’est pas donneur de leçons ». Il écoute, il apprend. « C’est comme cela que l’on se nourrit », explique-t-il. L’humilité, encore. « Une condition pour survivre de vos propres certitudes ».  Aussi, quand on souhaite entrainer équipes et collaborateurs, sur « des chemins audacieux », cela suppose «une affirmation, un ton posé, façon d’entrainer le collectif, faire chemin… »

Philippe Brassac, DG du Crédit Agricole

Loin du decorum, il est en rupture avec le discours que l’on entend bien souvent fredonner. La RSE, en plus du business ? Très peu pour lui. « Il faut une responsabilité intégrée », affirme-t-il. Pour lui, est nécessaire « une politique respectueuse des clients ». Aussi, « amener à comprendre la responsabilité devient centrale ». L’exigence d’impact est bien « centrale ». Fort de sa vision, le client devient véritablement partie prenante et prend place au centre de la scène. Une scène qui, à l’image de la RSE, prend vie et s’incarne. Ce n’est pas un concept mais bien une exigence et un regard sur le monde tournée vers demain comme vers le bien commun.

Mathilde Aubinaud

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