Ingrid Lamri : « L’Energie Est Au Cœur De Tout Progrès Social Et Economique »

Ingrid Lamri : « L’Energie Est Au Cœur De Tout Progrès Social Et Economique »

 
Rencontre pour La Saga des Audacieux avec l’inspirante Ingrid Lamri. Bienveillante et tournée vers les autres, elle s’implique et s’engage dans nombre d’univers.
Présidente de l’ ‘Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, l’ANAJ-IHEDN, elle est officier de réserve de la Marine Nationale. Interview.
 
Mathilde Aubinaud : Quel est votre regard sur l’audace? En quoi est-ce une notion qui vous porte? 
« La notion d’audace m’apparait ainsi absolument fondamentale pour mener à bien des projets ambitieux, et devenir utile. « 
Ingrid Lamri : J’ai la chance d’avoir fait une école qui s’est attachée à marteler durant quatre ans qu’il était indispensable d’ « apprendre à oser » . Au delà des mots et de la formation, j’ai appris à incarner dans une certaine mesure l’audace. Je pense devoir faire encore beaucoup sur cette voie, mais je me sens portée par les fruits de mes prises d’initiatives, qui m’ont fait grandir et évoluer hors de ma zone de confort.
On a souvent tendance à dire qu’il faut savoir saisir les opportunités. Pour moi, il faut aller au-delà et les créer pour pouvoir ensuite s’en emparer. La notion d’audace m’apparait ainsi absolument fondamentale pour mener à bien des projets ambitieux, et devenir utile. 
 
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Gala des 20 ans de l’ANAJ-IHEDN
Vous êtes depuis 2016, Présidente de l’ANAJ-IHEDN. Pouvez-vous nous en parler? 
Derrière cet acronyme barbare, ce sont plus de 2 000 jeunes âgés de 20 à 35 ans qui s’intéressent aux enjeux de défense, de sécurité et à la géopolitique. Ce think tank a été créé il y a 20 ans, afin de dynamiser une réflexion jeunes autour de ces thématiques.
Aujourd’hui, nous sommes implantés dans toute la France ainsi qu’à Berlin, Londres, New York et Singapour. Nous organisons en moyenne trois événements par semaine et rédigeons de nombreux articles – nous avons d’ailleurs récemment publié un livre disponible en version numérique ICI
« En tant que jeunes, nous nous sentons concernés par les décisions prises pour notre avenir et désirons y contribuer activement. »
La mission de l’ANAJ-IHEDN telle que je la conçois est plurielle. Elle consiste d’abord à réunir des jeunes passionnés, dynamiques qui ont foi en l’avenir et veulent contribuer aux réflexions sur les grands enjeux de demain.
Elle vise aussi à démontrer que de nombreux sujets sont liés à la souveraineté de notre pays : une conférence sur le soft power des musées, une visite d’une centrale nucléaire ou une interview d’acteurs du renseignement sont autant d’exemples de la diversité des sujets traités.
Enfin, l’ANAJ-IHEDN doit aussi servir de réservoir d’idées et de réflexions à nos dirigeants : en tant que jeunes, nous nous sentons concernés par les décisions prises pour notre avenir et désirons y contribuer activement.
 
En quoi consiste votre rôle?
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Ingrid Lamri, Présidente de l’ANAJ-IHEDN
Je considère avoir plusieurs casquettes. La première est celle de chef d’orchestre : 2 000 membres dont 50 responsables bénévoles, répartis sur tout le territoire, il faut les animer, les coordonner et leur donner envie de faire grandir notre projet commun ! Mon rôle est de donner le cap, les grandes orientations, d’assurer que nous avons les moyens d’atteindre nos ambitions et de laisser ensuite le champ suffisamment libre pour que chacun puisse trouver un terrain propice à l’initiative et à l’épanouissement. 
Ma deuxième casquette – celle que je préfère – est celle d’agitateur : il faut toujours penser à l’après, lancer de nouveaux projets, imaginer de nouveaux partenariats, etc. J’adore porter des projets innovants, lancer des initiatives impossibles, développer notre ambition…
 Je répète constamment aux équipes que si elles ne s’amusent pas dans ce qu’elles font, nous allons droit dans le mur. Il faut parvenir à allier professionnalisme, esprit d’équipe, dépassement de soi et épanouissement.  
 
« On ne peut plus aujourd’hui demander à son équipe de se donner à 100% si on se ménage soi-même. »
Quelle est votre vision du leadership?  
Le leader pour moi est la personne qui inspire par l’exemple. On ne peut plus aujourd’hui demander à son équipe de se donner à 100% si on se ménage soi-même. Il faut incarner ses projets pour rayonner et embarquer son équipe avec soi. 
Personnellement, je suis quelqu’un de résolument orienté action. J’ai un côté très opérationnel qui me pousse à retrousser mes manches et à mettre les mains dans le cambouis. Le leader ce n’est pas celui qui, du haut de sa tour, ordonne à tout le monde d’agir, c’est plutôt celui qui descend de son piédestal et qui accompagne le mouvement.
Je me sens plus leader lorsque je bosse à notre QG sur un projet complètement fou sans aucune censure que lorsque je dois présenter nos actions devant un amphithéâtre rempli d’institutionnels. Cela fait bien sûr partie du rôle, mais ce n’est pas là que mon leadership se distingue le mieux. 
J’ai failli oublier une dernière qualité indispensable du leader : l’écoute. Cela me parait indispensable pour prendre la température des équipes et éventuellement ré-orienter sa stratégie en fonction des doutes et appréhension de chacun. 
 
D’après vous, l’association permet-elle une nouvelle appréhension des jeunes? De quelle manière? 
Je constate au quotidien que les jeunes ne se contentent plus de ce que leur entreprise ou leur université peut leur offrir : au-delà d’un salaire ou d’une formation, ils sont à la recherche d’espaces pour s’engager, prendre part aux réflexions, contribuer à l’évolution de notre société. Cette envie n’est pas nouvelle, il n’y a qu’à regarder quelques documentaires sur Mai 68 ! Mais aujourd’hui, le contexte est propice aux engagements alternatifs, autant qu’aux engagements de vie.
Au-delà des associations, l’engagement des jeunes autour de moi passe de plus en plus par la réserve militaire, la protection civile, le service civique, les sapeurs-pompiers, etc. Je vois la vie associative comme une opportunité pour les jeunes d’accroitre leur employabilité, d’apprendre à mieux se connaître et de développer leur réseau. 
 
Vous êtes engagée sur la plan professionnel, associatif. En quoi est-ce important pour vous? Quels sont les moments où vous vous êtes sentie utile? 
« L’important pour moi est de découvrir de nouveaux univers, de sortir de ma zone de confort tout en contribuant à mon niveau à la construction d’un monde meilleur. »
Quand j’explique mon parcours, mes interlocuteurs ont parfois du mal à suivre : il y a beaucoup de « parallèlement » ou « et en même temps » ! Je fais partie d’une génération de slasheurs, je m’épanouis dans la diversité des activités dans laquelle je m’engage : entre la startup que j’ai cofondée, le grand groupe énergétique qui m’emploie, la réserve militaire, les marathons ou mon think tank, l’habituel fil rouge que chacun aime dérouler en présentant son CV n’est pas toujours évident à trouver.
L’important pour moi est de découvrir de nouveaux univers, de sortir de ma zone de confort tout en contribuant à mon niveau à la construction d’un monde meilleur. 
Je me sens vraiment utile quand je prends le temps de conseiller des plus jeunes dans leur parcours de carrières ou dans leur choix d’études. Je suis convaincue que les révolutions à venir viendront de la jeunesse, il faut que nous misions tout sur elle pour que ces transformations soient aussi bonnes que possible pour la société. 
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visite avec la Protection Civile Seine Paris 12
 
A travers vos engagements, quel message entendez-vous faire passer au sujet de l’énergie. 
L’énergie est au cœur de tout progrès social et économique. Je suis une adepte des romans de science-fiction et le sujet de la quête d’une source d’énergie infinie revient très régulièrement : c’est le graal, c’est ce qui nous permettra de continuer à progresser. En attendant, il est de notre devoir de nous raisonner sur l’utilisation de nos ressources énergétiques. 
Je trouve qu’il y a encore beaucoup d’idées reçues sur l’énergie qui, malheureusement, évoluent beaucoup plus lentement que les découvertes effectuées dans ce domaine. Le digital est un vecteur puissant capable de nous aider à repenser notre approche de l’énergie. En effet, l’énergie a eu pour rôle essentiel d’aider l’homme à s’affranchir d’efforts physiques, lorsque combinée aux machines, elle permet progressivement d’orienter les hommes vers des choix quotidiens plus judicieux et respectueux de notre planète.
Bien entendu, l’énergie, les machines ou le digital ne sont ni bons ni mauvais, et dépendent de leur usage. Pour ma part, j’ai choisi l’usage que je défendrai.
Quels sont les livres qui vous ont inspirée? 
J’adore les biographies, le fait de découvrir des moments de vies de personnes qui ont eu un impact considérable sur le cours de l’histoire me fascine. Lorsqu’on entre dans l’intimité d’une personnalité riche, souvent complexe voire torturée, on ne peut que se questionner et, surtout, avoir envie de se dépasser.
Le fait de prendre conscience que ces figures quasi mystiques vivaient elles aussi un quotidien, avec leurs propres problèmes matériels, sentimentaux ou familiaux a un côté surréaliste. 
La biographie de Napoléon par Max Gallo m’a par exemple transportée. Ma prochaine lecture sera une biographie de Madame Dupin, féministe et grande personnalité du siècle des Lumières que j’ai redécouverte lors d’un récent passage à Chenonceau. 
Vous êtes marathonienne. Au 40ème km, qu’est-ce qui vous incite à continuer? 
« Je suis fascinée par ce que l’humain est capable de réaliser par la combinaison de la volonté et de l’entrainement. »
J’aimerais vous dire que c’est la foi en mes capacités ou encore la rage de me surpasser mais, pour être franche, c’est la volonté bassement matérialiste de pouvoir parader lors de mon prochain entrainement avec le T-shirt « Finisher » offert par les organisateurs à toute personne franchissant la ligne d’arrivée. Rien de très héroïque ! 😉 
Plus sérieusement, je suis fascinée par ce que l’humain est capable de réaliser par la combinaison de la volonté et de l’entrainement. Si nous appliquions ces principes de vie pour plus de justice sociale et un progrès équitable et choisi, nous pourrions être fiers de ce que nous serions capables d’accomplir ensemble.
 
La phrase qui vous porte? 
Impossible n’est pas français !
propos recueillis par Mathilde Aubinaud 
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