Anne-Laure Constanza « Un échec a changé ma vie »

Anne-Laure Constanza « Un échec a changé ma vie »

Rencontre avec une entrepreneure inspirante : Anne-Laure Constanza. La Présidente et Fondatrice d’enviedefraise.fr apporte un nouveau regard sur la prise de risque et l’audace. Interview.

 

« Penser différemment »

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Anne-Laure Constanza

Mathilde Aubinaud : Quel est votre regard sur l’audace? 

Anne-Laure Constanza : L’audace, c’est écouter ses tripes quand sa tête dit non. C’est sortir de sa zone de confort, c’est penser différemment alors que tout et tout le monde vous pousse vers une pensée standard.

« À 18 ans, je rêvais de la Chine. »

En quoi cette notion vous a-t-elle invitée à vous dépasser? 

J’ai créé Envie de Fraise il y a maintenant 10 ans. Absolument rien ne me prédestinait à devenir entrepreneur. Je n’avais ni le modèle familial, ni le cursus adapté avec mon diplôme de chinois !

Mes choix ont toujours été guidés par mes passions et mes rêves. À 18 ans, je rêvais de la Chine. À l’époque, ce n’était vraiment pas la destination « hype » du moment, tous mes amis avaient plutôt les yeux rivés vers les US ! Après mon bac scientifique, mon audace a été d’oser m’écouter, et de partir en Chine.

Pendant presque 10 ans, j’ai partagé ma vie entre la France et la Chine. D’abord en tant qu’étudiante, puis salariée au sein de grandes maisons de luxe, avant de créer ma première société à 27 ans, Chinattitude. L’idée était de promouvoir le « made by chinese » en France. Je rencontrais des artistes chinois ultra-talentueux, des peintres, des designers, des stylistes, et je voulais les faire connaitre en France, présenter une autre facette de la Chine.

Là, clairement, j’ai pensé un peu trop « out of the box » et cette expérience a été un échec total, mais l’échec qui a changé ma vie !

« Entreprendre, c’est comme faire un triathlon tous les jours, si on n’est pas passionné, le 3ème matin, on ne se lève pas. »

Comment est née « Envie de Fraise »? 

De retour en France et enceinte au même moment, j’ai découvert la pauvreté de l’offre de mode pour les futures mamans. Impossible de m’habiller. C’était soit cheap, soit super ennuyeux et cher. Je me faisais confectionner par ma grand-mère des petites robes avec des tissus chinés au marché Saint-Pierre. Celles-ci ont rencontré un vif succès auprès de mes amies enceintes. Cette découverte a été un électrochoc : j’ai vite réalisé que j’avais trouvé ma voie pour rebondir !

Je rêvais de créer une marque fraîche et gaie, de proposer les plus belles créations aux femmes enceintes et le faire à un prix juste, sur Internet, sans intermédiaire, pour avoir un contrôle sur toute la chaîne de valeur. Imaginez le tableau pour un banquier : une jeune maman qui se lance, seule, dans la mode maternité, sur Internet, avec pour seuls bagages un diplôme de chinois et un échec cuisant derrière elle. On imagine que je suis en plein délire postnatal ! J’ai vite compris que je n’obtiendrais aucun financement sans preuve de la viabilité du modèle.

Pourtant, ce seront ces mêmes banquiers qui me feront confiance deux ans plus tard lors de ma levée de fonds institutionnelle, alors enceinte de huit mois de jumeaux. Entreprendre, c’est comme faire un triathlon tous les jours, si on n’est pas passionné, le 3ème matin, on ne se lève pas.

Dès le nom de  marque, vous vous inscrivez hors d’un cadre…

Je voulais un nom évocateur, très loin des clichés « maman truc » , un nom gourmand, coloré, pétillant, à l’image de la marque que je voulais créer. J’ai eu le déclic après 3 mois de brainstorming interminable !

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Vous repensez complètement l’imaginaire de la mode pour les futures mamans. De quelle manière? 

Envie de Fraise n’est pas une marque de vêtements de grossesse. Envie de Fraise, c’est avant-tout un état d’esprit : fashion, mais pas victime, libre, spontanément élégant et toujours happy. Nous revendiquons une vision plus légère et décomplexée de la future maman : le droit de rester séduisante et mode pendant la grossesse !

La phrase qui vous porte :

Le seul combat perdu d’avance est celui auquel on renonce.

En quoi prendre des risques est essentiel?  

Sur le digital, on naît avec cette idée que tout peut s’arrêter demain : « Always day One ». On doit se remettre en question tous les jours, ce qui nous pousse à tester de nouvelles choses en permanence (un nouveau marché, un nouveau produit, un nouveau service), à prendre des risques et donc à innover.

On teste, on échoue, on teste encore, on réussit. C’est quelque chose de très ancré dans notre culture d’entreprise. C’est important car cela nourrit une équipe. Mais pour que cela fonctionne, il faut être agile : on est plus innovant si on peut prendre des risques, car on sait que l’on peut corriger très vite ses erreurs. Une entreprise lente n’innove jamais.

Que peut-on vous souhaiter pour 2017 ?

De continuer à avoir le « drive » qui me porte depuis 10 ans et qui me donne autant de joie à me lever le matin pour rejoindre une équipe que j’aime. Et de refaire le Raid Amazones au Cambodge en décembre prochain !

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Retrouvez toutes les informations ICI 

 

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