Maître J. Michel BRANCHE, avocat d’affaires qui compte la Corée du Nord parmi ses clients…

Maître J. Michel BRANCHE, avocat d’affaires qui compte la Corée du Nord parmi ses clients…

 Maitre J. Michel BRANCHE est Avocat au Barreau de Paris depuis 1984, spécialisé en droit des affaires et droit immobilier. Rencontre pour La Saga des Audacieux avec le fondateur du cabinet d’avocats BRANCHE, MASSET & ASSOCIES. Interview.

Mathilde AUBINAUD : Enfant, quel métier vouliez-vous exercer?

Jean-Michel BRANCHE : Je voulais être médecin. En classe de première j’ai fait un séjour dans un hôpital. Je me suis alors rendu compte que si j’aimais bien les études de médecine, j’en appréhendais la pratique. J’ai décidé de devenir avocat. Les liens entre ces deux professions sont nombreux malgré les apparences. Comme le médecin, l’Avocat conseille son client pour éviter un contentieux, c’est à dire la maladie pour le médecin… Quand le mal est déjà là, le chirurgien doit opérer souvent dans l’urgence, et c’est l’équivalent du contentieux. 

Ces liens sont-ils aussi présents dans la manière d’appréhender leur métier ?

Il faut, pour les deux praticiens comprendre rapidement la situation et déterminer une stratégie de combat. Lorsque la crise a lieu, il faut la gérer calmement c’est à dire avec recul.

Le médecin a un savoir davantage universel. Avec le droit, l’avocat apprend à regarder la société et à en comprendre les clés. Le médecin s’occupe du corps, l’avocat, du corps social.

« Avec le droit, l’avocat apprend à regarder et à agir dans la société » 

Comment définiriez-vous le métier d’avocat ?

L’avocat est, avec le journaliste, le garant de la liberté. Une société sans avocat est une société totalitaire.

« Chaque dossier nécessite de l’audace, chaque dossier est une partie d’échec. »

Dans quelle mesure, l’audace est-elle partie intégrante de la démarche de l’avocat ?

Elle est présente tant pour « l’Avocat – conseil » qui doit proposer à son client un montage le plus audacieux possible mais sécurisé…que pour l’Avocat au cœur du procès, qui ne doit pas hésiter à employer tous les moyens de droit nécessaires à la victoire…

L’audace se confond donc ici avec la stratégie militaire sur un champ de bataille …et l’avocat a rarement le choix du terrain.

Il doit s’adapter et souvent rapidement…Il doit oser.

La partie d’échec résume assez bien la pratique de l’Avocat qui doit gagner la partie en respectant des règles très strictes, qu’il maîtrise.

jean-michel-branche

Quelle figure incarne l’audace pour vous ?

L’audace judiciaire peut être relayée par une personnalité hors du commun et je pense en particulier à l’action d’Emile ZOLA dans l’affaire DREYFUS et à son fameux « J’accuse ».

« Un avocat ne doit pas avoir d’idée préconçue. »

En tant qu’avocat, peut-on tout défendre ? vous êtes l’un des avocats de la Corée du Nord ?

L’Avocat n’a pas à partager les idées de son client pour le défendre.

Pour la Corée du Nord l’action relève uniquement du droit commercial et financier…La question qui se pose est la même que celle qui se posait du temps de l’URSS…Faut t‘il ignorer ce pays ou commercer avec lui ?…

Le choix politique ne m’appartient pas…Dans la formule « liberté du commerce » il y a le mot liberté…et l’embargo économique ne pénalise que le peuple…l’histoire de l’embargo américain sur Cuba en est une triste illustration.

Peut on parler d’audace en droit des affaires ou en droit immobilier ?

Contrairement à l’idée reçue, l’audace existe et doit exister dans tous les domaines même les plus techniques et dont personne ne parle mais qui est cependant, la clé de la réussite d’un projet, d’une action.

Quel rôle joue la rhétorique ?

La plaidoirie est le temps de l’explication, de la synthèse, de la vision. C’est faire comprendre les enjeux du dossier et donner au juge les clés de la décision qu’il pourra rendre en faveur de son client.

La rhétorique peut aussi s’illustrer dans une négociation amiable.

En un mot…convaincre !

Quelle sentence incarne, pour vous, l’audace ?

« De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace » de Danton.

Une phrase qui traduit le métier d’avocat ?

Un juge de la Cour Suprême américaine a dit « Le droit dans ce monde, la justice dans l’autre ». La justice est rendue par des hommes, elle est donc imparfaite et c’est la raison pour laquelle il faut toujours tenter de trouver une solution amiable avant tout procès.

Quel est votre état d’esprit par rapport à votre métier ?

Si j’ai une chance sur un million, je la tente…

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

Retrouvez le site internet du Cabinet Branche, Masset, & Associés ICI

Publicités

Vous souhaitez réagir? Vos commentaires sont les bienvenus!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s