Dominique Attias Vice-Bâtonnière de l’ordre des avocats de Paris « Rien absolument rien n’est impossible »

Dominique Attias Vice-Bâtonnière de  l’ordre des avocats de Paris « Rien absolument rien n’est impossible »

Rencontre pour La Saga des Audacieux avec Dominique Attias, Vice-Bâtonnière de l’ordre des avocats de Paris aux côtés de  Frédéric Sicard. Interview d’une Avocate militante.

« Pas de parcours linéaires ni de schémas »

Mathilde Aubinaud : Comment définiriez-vous votre parcours ?

Dominique Attias : En définitive,  avec le parcours d’un être humain, rien n’est décidé à l’avance. Tout est toujours possible. Il n’y a pas de parcours linéaires ni de schémas. Rien dans ma vie ne m’aurait dit que je serais à cette fonction un jour. A l’origine, je ne savais même pas que je serais un Avocat.

Quels sont les points saillants de votre parcours ?

J’avais commencé à travailler comme juriste chez un administrateur judiciaire et j’ai voulu changer de vie professionnelle. Mon jeune frère m’a conseillé de passer l’examen pour devenir Avocat. Je l’ai passé. J’ai d’abord été une avocate d’affaires. Un matin, je me suis dit « je m’ennuie ». Par hasard, j’ai découvert  un article de Tobie Nathan, que je ne connaissais pas, sur la vision qu’il avait de la migration. Ce n’était pas le discours habituel. Deux ans après, de passage à la FNAC, j’ai acheté L’influence qui guérit de Tobie Nathan.  J’apprends qu’il enseigne à Paris VIII et qu’il existe un diplôme universitaire sur les pratiques avec les familles migrantes. Je me présente pour intégrer ce cursus. Je suis acceptée.  Ma vie a changé.

« Avec Frédéric Sicard, nous n’étions pas dans le sérail. »

De quelle manière le déclic a-t-il eu lieu ?

J’ai découvert un autre monde à travers, notamment, des consultations d’ethnopsychiatrie. J’ai fait découvrir à des professionnels d’autres disciplines et une autre vision de ce qu’était le monde du droit. En suivant un DEA, avec Tobie Nathan, j’ai découvert le droit des mineurs. Je me suis passionnée pour ce nouveau champ. J’ai commencé à intervenir au titre de l’aide juridictionnelle aux côtés des enfants. J’ai découvert les raisons pour lesquelles il fallait réformer les pratiques dans le domaine des droits de l’enfant, compris pourquoi les familles et leurs enfants ne comprenaient l’utilité d’un avocat à leurs côtés. J’ai ainsi  décidé de me présenter au Conseil de l’Ordre, la foi chevillée au corps avec la conviction de vouloir transformer ce domaine de compétence. J’ai été élue du premier coup. C’est au Conseil de l’Ordre que j’ai connu Frédéric Sicard. Il m’a proposé de me présenter avec lui au Bâtonnat. Cette « bataille » a duré 18 mois. Nous n’étions pas dans le sérail. Nous avons été élus pour 2 ans.

Pouvez-vous nous parler de votre première prestation en tant que Vice-Bâtonnière ?

Elle a eu lieu le 1er  janvier dans un palais vide. C’était un dimanche: j’ai offert un petit déjeuner aux avocats et avocates de permanence pénale. En effet, les avocats sont présents 365 jours sur 365. Je suis aussi allée voir les magistrats de permanence également pour me présenter.

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Dominique Attias

Vous vous définissez comme une Avocate militante. Pourquoi ?

J’ai toujours été très intéressée par les sujets de société. Je  suis en alerte sur tous les problèmes qui peuvent affecter l’indépendance de nos citoyens. Je suis très préoccupée par le projet de loi sur la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement. Les Barreaux européens ont signé une déclaration, dite « de Barcelone » pour s’insurger sur ces dérives françaises. Avec ce projet de loi, des mesures ultra-liberticides sont prévues qui vont affecter notre quotidien. Il faut que la société civile se mobilise.

Vous vous engagez également pour les femmes…

 « Je suis également devenue une ultra combattante du droit de femmes. »

Je n’étais pas une militante « féministe » au départ. J’ai été réveillée par mon expérience personnelle. J’étais déjà élue au Conseil National des Barreaux pour 3 ans. Au bout de ces 3 années,  des consœurs sont venues me solliciter représentant la liste « femmes au Barreau » et désirant me passer le flambeau. Parce qu’il y a beaucoup de choses à faire pour les consœurs, j’y suis allée. J’ai monté une liste de femmes avec une consœur à mes côtés. C’était une liste très variée : âge, profil et domaine. On a obtenu quasi le même nombre de voix que les syndicats du Barreau. Il y a un vrai travail à faire. Je porte, pendant ce bâtonnat, un  grand projet : un pôle éthique et responsabilité sociale de l’avocat.

« Il faut donner l’exemple »

Un avocat est avocat 24 heures sur 24. Ce que je porte est bien au-delà de moi-même, c’est l’image d’une société : la place d’un avocat libre et indépendant. Pour cela, nous devons donner l’exemple. Une éthique de tous les instants doit nous porter, faire avancer les droits des collaborateurs, etc… notre slogan de campagne était « Libres pour servir ». Servir est un beau mot. On va montrer que l’on peut franchir des montagnes avec l’aide d’avocates et avocats mobilisé(e)s.

« On ne sait jamais de quoi on est capable. »

Comment définiriez-vous  l’audace? En quoi cette notion vous porte-t-elle ?

Rien, absolument rien n’est impossible. L’audace consiste à être toujours au-delà de soi-même. Ce qui est merveilleux dans l’existence, c’est que l’on ne sait jamais de quoi on est capable. On est toujours capable du meilleur et de se dépasser. Encore faut-il oser et se faire confiance. Ce n’est pas évident  pour une femme.  La société est fabriquée pour rogner nos ailes. Ne restons pas isolées, faisons confiance. Il ne faut plus perdre de temps. Il ne faut pas avoir peur de déployer nos ailes, de partir à l’aventure et de rêver à l’impossible.

Propos recueillis par Mathilde Aubinaud

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