Mille vies de poésie dans le taxi

Mille vies de poésie dans le taxi

Rencontre avec Toufik Abou-Haydar, qui conte, avec talent, ses rencontres multiples et syncrétiques dans son taxi. Un hymne à la ville et à la vie. 
 
 
 L’univers entier, empli de sens et poétique
Printemps du livre de Montaigu
 
« Combien de fois ai-je arrêté le compteur après une course? »  Les liens tissés, dans le taxi de Toufik Abou-Haydar, se poursuivent. Toufik est là, écoute, conseille, rassure, répond à ses clients. Des chagrins d’amour, au sens d’une vie, les confidences sont légion. Nous voilà dans l’univers entier, empli de sens et poétique de Confidences passagères de Toufik Abou-Haydar. Lui, devant, regardant la route, les clients derrière, se livrant « plus facilement, car on ne voit pas le visage« .
« La nuit, les gens sont heureux. » 
Au fur et à mesure des pages, on se laisse prendre, on savoure les découvertes, ce Paris merveilleux que brosse Toufik avec ce sens du mot idoine. On rit, on s’émeut, on vit pleinement les confidences.  La Ville Lumière se transforme, se pare de ses plus beaux habits, la nuit.  « Là, les gens sont heureux. »  Le voici qui célèbre Paris. Ses réverbères, ses ombres. Les amoureux s’entrelacent, d’autres courent, marchent. Des éclats de rire fusent et jaillissent. C’est  Paris. Avec  enthousiasme, il évoque Pigalle et son imaginaire. Les grandes années du Moulin Rouge. « Un quartier toujours vivant. »
 
La rencontre décisive de Paris
De culture franco-libanaise, il apprend, petit, la langue française. Bercé par Piaf, Aznavour et Baudelaire. S’il connaissait la France à travers des paroles, des écrits, il la saisira de son regard une fois le bac obtenu.
A 18 ans,  il découvre, pour la première fois, Paris. Une rencontre décisive, façonnante avec la ville. Pendant deux mois d’été, il lui consacre ses journées.
Le monde de Taxi Driver 
Après des études cinématographiques, il écrira pour un quotidien Koweïtien et rejoint par la suite l’univers du spectacle et de la publicité. et de la mode. Puis, pour subvenir à ces besoins et celui de sa famille, il se lance en tant que chauffeur de taxi. « Pourquoi pas, après tout? » Il décide d’exercer ce métier pendant 6 mois et d’en rédiger un livre. Il continuera à l’exercer pendant plus de 20 ans.  Pour lui, cet univers était lié à Travis Bickle , protagoniste de Taxi Driver. « C’était le monde du taxi, le monde de la nuit.. » Un cinéphile qui allait deux ou trois fois par semaine dans les salles obscures dans les années d’adolescence.
De l’art de vivre à Beyrouth
 
« D’où vient votre accent? » une des premières questions que les clients posent, une fois installés.  Le voilà, lancé, avec élan vers le Liban. Il évoque ses années d’insouciance jusqu’à 11 ans alors qu’éclate la guerre civile. Une image qui incarne le Liban? La Plaine de la Bekaa. Il évoque la montagne et son coucher de soleil. C’est aussi Beyrouth qui vit 24h sur 24. Les gens se plaisent à faire la fête. Celle qui incarne le renouveau du cinéma libanais? La réalisatrice de Caramel, Nadine Labaki.
« De jolis moments »
Il raconte des anecdotes, des coïncidences des plus surprenantes. Sur le Pont Neuf, un client évoque  le prometteur Mathieu Chedid encore inconnu du grand public. Le lendemain, Toufic discute dans ce même taxi, passe par le Pont Neuf et se rend alors compte qu’il converse avec un dénommé Mathieur Chedid! « De jolis moments ». 
 
« Respecter l’être humain« 
Ces inconnus se racontent. leurs failles, leurs souhaits, leur parcours de vie. « Ce sont souvent les gens simples qui sont les plus intéressants. Ce sont ceux que l’on croit bien armés  qui sont les plus fragiles. » Dans un taxi,  » on voit toutes les tranches de la société. » Ces recontres multiples lui ont appris « à respecter l’être humain« . Inspiré par Le Traité de la tolérance de Voltaire, il cite « nous sommes perdus dans cette immensité. L’homme, haut d’environ cinq pieds, est assurément peu de chose dans la création. » alors il relativise. Avance, découvre et déconstruit les préjugés et les appréhensions forgées a priori. Et le voilà qui conte une anecdote. Que l’on savourera tout au long de son témoignage.
Sans titre
L’écriture virevoltante, nous invite à traverser avec lui la capitale. S’il a publié son premier roman en 2006 en langue arabe, c’est la première fois qu’il écrit en français. A 11 ans déjà il fabriquait des livres. il a grandit en lisant Proust et Rousseau.  « L’écriture est une passion qui me porte« . Et qui porte avec lui ses lecteurs avec talent vers un Paris qui se vit avec éclat, joie, et poésie. Merci pour ces liens tissés.
Mathilde Aubinaud
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