Sophie de Menthon « On doit avoir le droit d’aimer les entreprises ! »

Sophie de Menthon « On doit avoir le droit d’aimer les entreprises ! »

Pour Sophie de Menthon, Présidente du Mouvement ETHIC, Membre du CESE et PDG de SDME, l’audace n’est nullement une posture. Rencontre avec la Chef d’entreprise qui ose. 

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«  Je me souviens avoir entendu à 20 ans,  une amie qui disait tout haut  absolument tout ce qu’elle pensait! J’ai eu une révélation. J’ai trouvé incroyable d’oser prendre la parole et de s’exprimer sans censure. C’était t une liberté immense. »  Sophie de Menthon se remémore ce souvenir façonnant. La Présidente du Mouvement Ethic est de ces personnes que l’on admire pour sa liberté qu’elle saisit avec justesse. Inspirée par  le personnage de Scarlett O’Hara  » qui ose, se tourne vers le monde et avance quoiqu’il arrive »

« Nous manquons singulièrement d’audace en France »

L’audace, un mot qui ne la laisse pas indifférente. Elle déplore que « le principe  de précaution aie édulcoré le risque. » Pour elle, de fait, « nous manquons singulièrement d’audace en France en ce moment. » alors, elle se raconte, audacieuse «  parfois à défaut » sourit-elle. Elle définit l’audace aussi comme une impertinence, un refus de la convention. Le conformisme et la convention ont fait partie de l’ univers de ses jeunes années. Elle évoque une sentence qu’elle entendait enfant : «  malheur celui par qui le scandale arrive. » La tenue, la discipline, le respect des adultes, autant de conduites à respecter. Elle prend alors une décision : ce qu’elle fera, ne dépendra  que d’elle. C’est à l’âge de 22 ans qu’elle lance le télémarketing : un nouveau métier en France.

Visionnaire et intuitive

Sophie de Menthon parle en « je ». Elle s’affirme, affirme ce qu’elle est en posant une parole bien éloignée d’un paysage conformiste. Visionnaire et intuitive, elle prend de la hauteur.

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L’écriture, le souci du mot, idoine , sont autant de piliers pour poser sa pensée et la divulguer. Elle a écrit 28 livres. Si elle souligne son  besoin de s’exprimer et de donner son opinion, elle s’adresse à toutes les générations. Elle crée ainsi une collection, chez Gallimard Jeunesse, «  le monde d’aujourd’hui expliqué aux enfants ».

La Saint Valentin des Patrons

Avec un sens de la formule,  elle entre dans un drugstore aux Etats-Unis et aperçoit une carte humoristique qui ne la laisse nullement indifférente. «  I love my boss. » Quatre mots qui l’interpellent. Elle interroge une cliente qui avec naturel lui répond ce qui est une empreinte de la culture outre-Atlantique : « It’s Boss Day… like Valentine’s Day ».  Intuitive, elle lance en France : la fête des entreprises ,  juste pour qu’au moins «  un jour dans l’année, on assume de dire: J’aime ma boîte ! » ce sera le slogan de la fête des entreprises célébrée chaque années depuis 2003. Jusqu’alors, il était totalement occulté qu’il puisse se tisser un lien affectif entre les salariés et leur entreprises. Grâce à elle, c’est à présent un acquis. On doit pourvoir avoir le droit d’aimer son entreprise et de le dire . Les salariés se sont approprié cet état d’esprit.

Elle se révolte contre les postures qui sont légions en France.  Un entre-soi politico-médiatique qui enferme. Pour elle, l’univers médiatique est «  dans la nécessité de faire vendre en faisant pleurer. Le discours n’évolue pas. » Un décalage avec les français, qui, eux, ont  saisi le changement.

Elle lance, avec un enthousiasme «  il faut conquérir sa vie, se lancer, progresser ».  Depuis 1995, elle dirige le Mouvement ETHIC crée par Yvon Gattaz.

Tournée vers demain, elle initie, parle loin des sentiers battus, «  la parole est tellement codée » explique-t-elle , regrettant qu’il n’y ait  plus du tout de « volonté de réflexion et de parole originale. Le symptôme en est la langue de bois mais aussi le vocabulaire. Il est édulcoré. On a des substituts de mots. . On ne dit plus rien ». Alors, lorsque l’on s’exprime, que l’on pose des mots, cela peut se révéler être d’une grande violence. « Nous sommes dans une société qui découpe. Elle prend trois mots hors du contexte. Elle  ne veut pas de nuances. » .

Cible des réseaux sociaux en raison de  propos qu’elle a tenus à plusieurs reprises, elle avoue « C’est une blessure. »

Elle décide que  la liberté de penser sera son combat.

 Elle décide que  la liberté de penser sera son combat. « Sans liberté de parole, il n’y a pas de liberté de penser. Aujourd’hui, on nous dit quoi penser. » Le mot «  liberté » est d’ailleurs l’un de ses préférés tout comme le mot « juste ». Elle est indignée par ce qui n’est pas juste. Elle se lève, porte une parole, un combat. C’est elle, Sophie de Menthon qui à présent a un certain pouvoir d’influer, parce qu’elle ose. Parce qu’elle parle.

Mathilde Aubinaud

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