Gilles Boyer, le temps de l’écriture

 Gilles Boyer, le temps de l’écriture

Le Conseiller d’Alain Juppé, Gilles Boyer, publie « Un monde pour Stella ». Occasion pour La Saga des Audacieux de revenir sur ses liens qu’il tisse avec l’écriture. Portrait.

«  J’ai l’amour du mot juste, de la phrase courte. » Gilles Boyer regarde l’écriture dans ses multiples potentialités. Il savoure le terme idoine, le phrasé qui révèle et façonne. Il vient de publier son troisième livre Un monde pour Stella. Les deux premiers, des polars politiques ont été coécrits avec Édouard Philippe Maire du Havre et Député de Seine Maritime.  Un monde pour Stella, « roman écologique », est le premier qu’il écrit seul. Le décor est transposé dans une trentaine d’années. Il  décrit, dans « ce roman personnel », le regard d’une femme sur la planète  telle qu’elle serait alors si l’on ne faisait rien.

«  Je suis toujours très à l’aise pour défendre ses positions : c’est rare et précieux !»

La conviction a pleinement sa place auprès d’Alain Juppé. « Je suis toujours très à l’aise pour défendre ses positions : c’est rare et précieux ! Je ne me suis jamais senti dans la peau d’un avocat qui est obligé de défendre une thèse en fonction de l’intérêt du moment. » Il s’en réjouit. « C’est la plus grande satisfaction ». Les liens tissés entre eux sont forts. Chacun à son rôle. « Je ne suis pas son double. Je suis son collaborateur, je  suis dans la cuisine. Je veux que l’on soit le mieux organisé possible pour qu’il puisse se concentrer sur l’essentiel ». D’abord directeur juridique du RPR, il évolue, ensuite, puis vers des fonctions plus politiques. Depuis 2002, il travaille avec Alain Juppé. Il le rencontre alors qu’il est responsable juridique de la campagne présidentielle de  Jacques Chirac en 2002. Le Maire de Bordeaux lui propose de diriger son cabinet.

« Il y a une autre manière de faire de la politique que d’être en permanence sur les plateaux TV. »

« On a tendance à privilégier l’urgent au détriment de l’important, jusqu’à ce que l’important devienne urgent… » La quête du temps long est l’un des défis majeurs à l’heure où l’urgence est plébiscité par tous. « Ne pas réagir à chaud » est essentiel.

« Il est de plus en plus difficile dans la vie politique française de prendre le temps d’expliquer sérieusement, d’apporter de la nuance ». Sortir d’un manichéisme primaire et facile pour mieux entrer dans la complexité des enjeux. Il revient sur la représentation de la politique. Celle-ci est présentée  « sous l’angle de la dérision ». Il évoque la classe politique française qui «  l’a parfois méritée » en raison de  « ses errements ». Il aimerait «  trouver des horizons de temps qui soient différents, trouver de la place pour l’explication et la pédagogie ». Il entend éviter les simplifications excessives. Pour lui, il faut pouvoir « dire non, dire je ne sais pas. En effet, il y a une autre manière de faire de la politique que d’être en permanence sur les plateaux TV. »

« On ne peut pas faire une campagne uniquement sur Twitter. On ne peut pas la faire non plus sans Twitter. »

Comment repenser l’agora, dans la lignée d’Habermas, au sens de la construction de l’espace public ? Pour Gilles Boyer, l’agora moderne est partout : « dans la rue, dans une conférence avec mille personnes, dans un chat sur Facebook, sur Twitter… » Les nouveaux outils mis en place sont complémentaires des anciens. « On ne peut pas faire une campagne uniquement sur Twitter. On ne peut pas la faire non plus sans Twitter ».  S’il est, selon lui, « obligatoire dans la panoplie d’un homme politique, on ne peut pas non plus en faire l’alpha et l’oméga d’une stratégie politique ».

Il utilise ce réseau social, «  fil d’informations qualifiées » à la fois « dans le sens de l’émission : pour diffuser et dans le sens montant pour capter des informations qui m’intéressent ».

Le format lapidaire de Twitter et ses 140 signes lui conviennent. « J’aime bien la contrainte, je la trouve stimulante. On est obligé d’être concis ». Bien entendu, Twitter demeure un univers parallèle « qui doit apporter du sourire, par l’humour on peut faire passer beaucoup de choses ». souligne-t-il.

« Churchill, c’est le tweet du siècle dernier »

Celui qui se définit comme un « homme de l’écrit », se dit amoureux des citations. « Churchill, c’est le tweet du siècle dernier ». Il apprécie les phrases ciselées, courtes et qui disent tout : « short words are best, and old words when short are best of all », disait justement Winston C.

Mathilde Aubinaud

« Un monde pour Stella », de Gilles Boyer (JC Lattès)

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