Gilles Babinet « Le génie s’exprime à la vingtaine ! »

Gilles Babinet « Le génie s’exprime à la vingtaine ! »

Digital Champion, Gilles Babinet est cofondateur de Captain Dash et d’Ekeya. Il a été le premier Président du Conseil national du numérique. Lucide, il porte son regard sur le digital et la société.

« Le Sahara a été une respiration, un recul sur moi-même. » Entre 20 et 24 ans, Gilles Babinet voyage et saisit l’infini du monde.  Des silences, des découvertes façonnantes.  Il passe son baccalauréat à 20 ans en candidat libre. Deux ans plus tard, il crée sa première entreprise. Le bâtiment, le design industriel, la téléphonie… autant de secteurs vers lesquels l’entrepreneur se tourne. Il aspire pleinement à la liberté. « Je ne supporte pas qu’on me commande, je déteste qu’on me donne des ordres ».

« Le numérique soulève des questions essentielles pour l’humanité »

Curieux, il appréhende le numérique comme « une rupture dans la façon dont fonctionnent les interactions ». Son rôle dans la société apparait comme un bienfait. Le numérique soulève nombre de «  questions essentielles pour l’humanité ». Si l’objectif du petit écran est présenté initialement pour éduquer les masses, la télévision se révèle être  « la faiblesse des humanités qui refuse de donner le meilleur d’elle-même ».

« BlaBlaCar, c’est incroyable! »

A l’ère du digital, le choc est multiple dans nombre de secteurs, du retail à  la distribution, disruptés par les Booking, AirBnb.. Si l’on devait refaire le monde aujourd’hui ? « Plein de choses n’auraient pas existé. Il n’y aurait sans doute pas d’hôtels, pas de voies de chemins de fer. Ce n’est même pas sûr qu’il y ait des autoroutes. On aurait une situation d’infrastructures qui seraient beaucoup plus rationnelles ». Pour lui, « on  aura bientôt  des voitures autonomes ». Il se réjouit de la levée de fonds de  BlaBlaCar : 200 millions de dollars. « Une bonne Nouvelle pour la France. C’est incroyable!». Un signal positif pour cette plateforme leader basée en France.

« Ceux qui nous gouvernent ont été formés pour le XXème siècle »

Il déplore toutefois l’attitude des instances gouvernementales qui se contentent trop souvent de suivre. « Il y a trois temps ; elles commencent par nier, puis elles s’opposent et enfin elles récupèrent ». A l’image du crowdfunding, un temps long. « Cela fait 5 ans qu’on en parle et il faudra encore 5 années pour avoir une régulation réellement pertinente. » Il regrette que les Etats agissent toujours « trop lentement ». « Ceux qui nous gouvernent ont été formés pour et par  le XXeme siècle et n’ont pas été formés pour le XXI eme siècle » souligne-t-il.

« J’en ai assez de parler gentiment quand je vois ce pays en train de sombrer. »

Il loue les start-up de la jeune génération qui est bien différente de ses ainées. Il souligne « le problème générationnel avéré. La génération d’au-dessus a tout raflé ».  Il se refuse aux postures. « J’en ai assez de parler gentiment quand je vois ce pays entrain de sombrer et je me dis qu’il doit y avoir un choc intellectuel. Sur de nombreux plan, nous sommes un pays détestable, avec les indicateurs mal orientés. Il n’y a personne pour le dire. Tout le monde s’y fait ». Un refus d’une quelconque forme de résignation. « J’admire ceux qui ne se laissent pas faire ». Il cite l’inspecteur des finances, Nicolas Colin qui est le fondateur de TheFamily.

 Alors, les jeunes générations n’ont rien à perdre. Se joue une véritable « révolution anthropologique.  J’aimerai bien que ce soit une révolution des consciences ». Favorable à La  French Tech, c’est d’ailleurs une initiative qu’il a appelée de ses vœux.

« Refonder le paradigme de la pensée politique »

Le digital champion entonne, avec conviction, une hymne à la jeunesse. Il évoque des figures majeures, de grands inventeurs. Newton, Darwin ou encore Einstein et leurs découvertes entre l’âge de 20 et 30 ans. «  Le génie s’exprime à ce moment-là ». Il prône les valeurs de la modernité. « Il faut une radicalité dans le propos sinon on ne se fait pas comprendre. Il faut refonder le paradigme de la pensée politique ».

Le mot de la fin ? « La France est une pièce qui roule. Elle va tomber d’un côté ou de l’autre. »

Mathilde Aubinaud

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