Frédéric Lefebvre, de l’ombre à la lumière

Frédéric Lefebvre, de l’ombre à la lumière

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Il était l’un des protagonistes clés de la SarkozieL’homme de l’ombre aux aguets.

Frédéric Lefebvre prend son envol outre-Atlantique à la suite de l’invalidation de l’élection de sa concurrente.

La législative partielle fut un coup de théâtre. Bousculé par la mort qui l’a frôlée, il relativise les conflits politiciens. L’élu livre son regard sur la politique. Dans son bureau empli de souvenirs. Rencontre.

Le Député d’Amérique du Nord n’a pas une mais plusieurs vies. Elles sont façonnées par un destin qu’il a, chaque fois, saisi pour avancer en s’émancipantIl affronte aujourd’hui les individualités enfermées dans des idéologies. Il se faisait l’ardent défenseur, sans concession, de Nicolas Sarkozy en quête du pouvoir suprême. Face aux socialistes, il ne lâchait, ni ne démordait

Des tournants comme autant de paragraphes de la vie 

Il s’est, par la suite, émancipé et affranchi en devenant l’un des acteurs clés de l’Hémicycle. Député des Hauts de Seine il était le spécialiste des amendement votés à l’unanimité. Déjà en recherche de consensus. Avant que son mentor ne lui confie le rôle ingrat de porte parole. Comme tout ce qu’il entreprend, il le fait à fond. Parfois en allant trop loin. Les Français le découvrent. Il est omniprésent sur toutes les chaînes de télévision et de radio. Fait son premier 20h sur France 2. Riposte à toutes les attaques contre Nicolas Sarkozy. Fourni aux réseaux sociaux quelques perles qui feront leur délice.  Et c’est alors, qu’à plusieurs reprises, il frôle la mort. Sans le savoir au départ. Le médecin qui l’a sauvé le qualifie de « miraculé« .

 Des expériences qui ne laissent, pas indemnes. Ces péripéties et ces tournants, sont autant de paragraphes décisifs qui ont marqué la vie de l’élu républicain

Face au Président du Parlement Européen insensible à ces appels à se mobiliser contre l’Etat Islamique ou devant une opposition partisane et systématique, il se lève avec fermeté. Et voici celui qu’un journaliste du Figaro surnomma « OuiOui« , au regard de sa propension à soutenir l’actuel pouvoir quand il juge que cela va dans le bon sens,  qui au nom de l’indignation, est capable de porter un Non, ferme et définitif. Au nom des citoyens qu’il représente. Quand l’idéal qui entend défendre le mérite. 

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La politique emplie d’ « énergie négative » dont il a été l’un des protagonistes jadis, il la balaie dorénavant

1981. François Mitterrand est élu Président de la RépubliqueCette année-là est aussi celle de la naissance d’un duo politique qui gravira les sommets de l’Etat. Frédéric Lefebvre rencontre Nicolas Sarkozy. Amitié qui sera doublée d’une fidélité réciproque à toute épreuve. Tous deux, avancent dans une quête politique. Clivant, le conseiller ne laisse rien passer quant à l’image de Nicolas Sarkozy gravissant les marches du pouvoirLe « porte-flingue » est un pilier de la Sarkozye. Il prend des coups pour lui. Abîme son image. Ses amis de gauche, comme Julien Dray, le mettent en garde. « Ne te sacrifie pas. » Le PS va réagir durement et mettre en place une « cellule anti-Lefebvre » avant que Benoit Hamon ne le prenne comme modèle, exhortant une fois devenu ministre, ses successeurs à prendre exemple sur son alter ego. Sarkozy ne le nommera pas comme promis au Gouvernement. En tout cas pas tout de suite. 

Mais avant de se retrouver dans la lumière l’homme fut un conseiller de l’ombre reconnu pour son professionnalisme et parfois sa dureté. 

L’ouverture face au système 

Il sera successivement Attaché Parlementaire, Chef de Cabinet adjoint, Conseiller en charge des relations avec le Parlement auprès du futur Chef de l’Etat.

 S’il fut intraitable avec ceux qui mettaient en cause Nicolas Sarkozy, il fut aussi l’artisan de « l’ouverture« . L’élu a participé à théoriser cette idée qu’il avait mise en pratique pendant les années de l’ombre.  Le Conseiller parlementaire a « noué des liens d’amitié avec des personnalités de gauche ». 

Manuel Valls, Didier Migaud ou Julien Dray appréciaient ce conseiller qui acceptait au nom de son ministre, les amendements socialistes qu’il trouvait constructif. 

Devenu Ministre il pratiqua ainsi, notamment sur son texte consommation que Benoit Hamon justement acheva après l’alternance, un texte « à deux papas » comme le dit non sans humour Frederic Lefebvre, à la sortie du débat vif sur le mariage pour tous.

« J’ai travaillé avec les élus de gauche sur les textes plutôt que de suivre le petit jeu politique habituel consistant à piquer l’amendement d’un autre afin de le faire redéposer à l’identique et que ce soit votre parti politique qui en ait la paternité ». 

L’ouverture a rencontré maints obstacles. « Le système n’en voulait pas. » déplore-t-il. En revanche, Les français souhaitent, aujourd’hui, plus que jamais « qu’on fasse voler en éclats ces divisions superficielles ». 

C’est peut être cette divergence de point de vue  qui semble l’éloigner depuis des mois de son célèbre mentor, redevenu Président de sa famille politique. Â moins que ce ne soit Sarkozy qui s’éloigne. Ce dernier ne semble guère goûter cette nouvelle liberté que son ancien collaborateur embrasse avec gourmandise. 

Alors, Frédéric Lefebvre a voté la Loi Macron. « J’ai regretté que ma famille politique ne se soit pas mise dans la logique de la voter et de l’enrichir ». Concernant la récente annonce de simplification du droit du travail, «s’il y a des dispositifs dont je suis convaincu, je les voterai ». 

Devant des ténors un peu surpris , à la Baule il est très applaudi quand il appelle sa famille politique à changer de stratégie et à voter ce qui est bon pour la France.

Un coup du destin 

Ne s’enfermant pas dans un carcan, il avance. 

Parfois, c’est un coup de force du destin qu’il attrape avec vigueur. Direction l’Amérique et son imaginaire empli de possibles. S’il est investi par l’UMP pour les législatives pour la 1ère circonscription des Français établis hors de France, la victoire est remportée par sa concurrente Corinne Narassiguin. Coup de théâtre. Le Conseil Constitutionnel annule l’élection en raison du compte de campagne de la socialiste

Le voici candidat à nouveau. 

Après une campagne « positive« , sans une attaque contre l’actuel Président de la République, alors que ses amis l’enjoignaient de faire de cette élection un référendum anti-Hollande, il est élu avec plus de 53,72% des voix. Contre l’un des fils du président Giscard d’Estaing que l’on disait favori. 

Avec ces législatives partielles, l’Amérique du Nord lui ouvre les bras. Il est sur tous les fronts pour  défendre ces Français d’outre Atlantique. Carte vitale, CSG, éducation…

Aux maux de la politique « passéiste » et « fataliste », le Député d’Amérique du Nord oppose le mot « amour ». 

L’ancien Ministre qui passe près de la moitié de son temps aux Etats-Unis et au Canada, a d’ailleurs écrit dans son dernier livre, Vous êtes prioritaires, que « L’éloignement est un exhausteur d’amour. Plus on est loin de la France. Plus on l’aime. » 

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Il souhaite vivement que chaque citoyen aie la possibilité de voir son propre pays de l’extérieur. « La France c’est tout autant la France de l’hexagone que celle du monde entier ». C’est pour cette raison qu’il rassemble à l’Assemblée Nationale, 300 jeunes de tous horizons, des quartiers des banlieues comme des zones rurales, autour d’un objectif « Partez à la conquête du monde« . Il mobilise des mentors chefs d’entreprises Français du Canada et des Etats-Unis. 

« J’ai tutoyé la mort »

« En partant des problèmes des gens, j’ai réuni des acteurs, j’ai apporté des solutions concrètes. » L’élu entend améliorer le quotidien. « Quand je me réveille, j’ai l’envie d’agir ». D’ailleurs, il raconte qu’il déteste  « une cause juste qui échoue, c’est un sacré moteur dans la vie ! » Une vie qu’il savoure alors qu’il a tutoyé la mort à plusieurs reprises. « J’ai fait 7 embolies pulmonaires et un infarctus pulmonaire. Cela change la vision de la vie. » S’il reconnait quil a été pris « dans le combat politique avec son lot d’énergie négative », aujourd’hui, il affirme que ce n’est plus le cas : « je ne mobilise que de l’énergie positive. Je ne veux pas rentrer dans des polémiques inutiles. Je suis totalement tourné vers l’idée que pour changer les choses, il faut penser positivement ». 

« Toi aussi Frédéric tu seras appelé » Il conte dans, Le mieux est l’ami du bien, son premier livre, cette sentence d’un prêtre rencontré alors qu’il était adolescent. La vie se poursuit et il se rappelle de la phrase prononcée par l’homme d’Eglise. L’élu croyant compare la politique, « exigeante et difficile » à un « sacerdoce ». La croyance l’anime« Lorsque l’on observe l’Histoire du monde, la plupart des systèmes d’organisation des sociétés se sont bâties autour des croyances. » Pour lui, les liens tissés entre les sphères politiques et religieuses sont une question cruciale des prochaines années. 

Cet été il vient d’écrire un petit livre sur ce sujet qu’il juge essentiel. 

Il s’est mobilisé pour les chrétiens d’Orient alors que pas une voix ne s’était encore faite entendre, en septembre 2013, sur le plateau du Grand journal de Canal + et ailleurs,  il a lancé  une pétition pour sauver les églises en France menacées de destruction.

Il lance ensuite une pétition « Pour une mobilisation européenne contre l’Etat Islamique »  avec 54 députés de droite et de gauche. Il met le Président du Parlement européen, Martin Schulz face à ses responsabilités. 

Quand il juge que le monde politique n’agit pas il fait appel aux citoyens. 

Pour de Nouveaux Horizons

« On vit dans un pays découragé, sans route tracée pour les jeunes». Il déplore que trop dpolitiques de tous bords « portent une parole sans vision, empêchant les citoyens de se projeter dans l’avenir ».

 Les temporalités politiques, économiques, sociales ne sont pas les mêmes. « Nos principes démocratiques font qu’une loi qui va être essentielle, urgente pour solutionner des questions criantes sur le terrain va mettre beaucoup de temps à être adoptée à l’image de celle sur le gaspillage alimentaire. » Les obstacles comme celui de la constitutionnalité pour des raisons de procédure auraient pu être évités comme il l’avait expliqué dans l’hémicycle.

Ses propos sur la jurisprudence de « l’entonnoir » jugés « anxiogènes » par le rapporteur du texte  s’avèrent prophétiques. Le conseil Constitutionnel censurera sur ce motif.

Il a d’ailleurs déposé dès cette décision, avec Jean-Pierre Decoolune nouvelle proposition de loi visant à lutter contre le gaspillage alimentaire traduisant la belle initiative d’Arash Derambarsh. « Entre le moment où vous découvrez un problème que vous devez régler et celui où vous allez effectivement pouvoir appliquer la solution, il se passe des mois et des mois alors que la situation est criante et demande une réponse immédiate » explique le Député. 

L’ancien Ministre évoque ses années au gouvernement : « Je faisais, au moins trois fois par semaine, des déplacements du réel. Dans des usines, chez des commerçants ou dans des PME. A chaque fois, je ramenais des problèmes concrets à régler. Je n’attendais pas que les hauts fonctionnaires me fassent des propositions de réformes. » Le voilà qui souhaite inventer « des outils permettant à des citoyens de prendre la parole et de participer à la décision. On peut bâtir de nouveaux outils pour la gouvernance ! » Le fondateur du think-tank « Nouveaux Horizons » entend travailler avec « les acteurs ». Lorsqu’il décide de s’investir sur un sujet, « au lieu de déposer tout de suite une proposition de loi, j’essaie d’associer les acteurs à sa rédaction ». C’est le sens des premières assises parlementaires qu’il organise au lendemain de l’interdiction d’UberPop et qui auront lieu le 8 octobre sur « L’économie du partage » où se bousculent les entrepreneurs et les économistes de renom. 

Il multiplie les idées innovantes et généreuses, en faveur des animaux ou  comme sa proposition de camps de réfugiés hors Schengen, reprise par tous à droite comme à gauche, à l’image de son « Chiche » qui fit couler beaucoup d’encre.

Dans la gouvernance moderne, il faut un changement de paradigme. « Inventons la démocratie digitale« , plaide  l’initiateur de la pléiade des modernistes qui regroupe des élus de toutes tendances qui veulent s’affranchir des postures idéologiques. 

Frédéric Lefebvre mobilise son énergie pour une politique moderne, pour une politique de rassemblement où « espoir », « croire » et « agir » trois mots qui lui tiennent à cœur, prendront enfin sens dans la société. 

Mathilde Aubinaud

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