Coexister: ni un choix, ni une opinion mais une nécessité!

Théophile Grzybowski, responsable de la relation avec les élus
Théophile Grzybowski, responsable de la relation avec les élus

Coexister: ni un choix, ni une opinion mais une nécessité!

Un mois et demi après la Journée du 11 janvier, retour sur la mobilisation. Le mouvement interreligieux des jeunes, Coexister, se mobilise fortement pour une « coexistence active » par le biais du dialogue interreligieux.

Théophile Grzybowski, responsable au sein de l’association de la relation avec les élus, répond aux questions de La Saga des Audacieux.

Avec conviction, détermination et bienveillance, il nous livre son regard sur la société et ses engagements au sein de Coexister.

Mathilde Aubinaud : En quoi ton engagement pour Coexister fait-il sens pour toi ?

Théophile Grzybowski : Mon arrivée à Coexister est liée au militantisme que je partage avec mon frère Samuel [le fondateur de Coexister et auteur de Tous les chemins mènent à l’autre]. Mais cet engagement n’est finalement pas un choix ou une opinion, puisqu’il est nécessaire. C’est le devoir de chacun d’entre nous.

La seule alternative à la coexistence c’est la codestruction. Le projet proposé par Coexister est transversal et va d’ailleurs bien au-delà de la cohésion sociale puisqu’il fait avancer personnellement chacun d’entre nous. Agir et construire ensemble, voilà le cœur du projet républicain. La diversité de nos croyances n’empêche pas l’unité de nos actions.

« Agir et construire ensemble, voilà le cœur du projet républicain. »

Quels seraient les moments qui t’ont façonné avec Coexister ?

Les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) en 2011 où Coexister a proposé à des jeunes  Juifs et Musulmans de se joindre au voyage. Nous avons eu des échanges et nous avons partagés des moments très forts. Mais finalement, les projets quotidiens de sensibilisation, de solidarité et de dialogue sont particulièrement enrichissants et renforcent petit à petit mon engagement.

A la suite des évènements de janvier, Coexister a lancé un appel « Divisions Piège à Cons »

Avec cet appel « Divisions Piège à Cons », il s’agissait de s’opposer aux divisions. Il était indispensable de réagir très rapidement. Cet appel nous invite à ne pas croire que la folie d’une poignée est la croyance de tous. il nous appel à ne pas tombe dans le piège de la division qui nous est tendu, et à œuvrer pour l’unité et solidarité

Comment as-tu vécu cette journée du 11 janvier ?

Avec beaucoup d’émotion. Ce moment était d’une grande simplicité. Nous avions des identités différentes mais nous étions ensemble, pour défendre le même projet, celui d’une coexistence non pas passive mais active.

Nous étions là pour crier haut et fort, que nos différences sont sources de cohésion. Crier haut fort que ce combat est celui du citoyen qui refuse la peur et l’extrémisme,qui respecte les différences de l’autre et les utiliser comme autant de forces et de richesses pour promouvoir les principes et les valeurs qui forment notre unité républicaine.

Un mois et demi après cette journée, quelle lecture en as-tu ? Incarne-t-elle un tournant ?

Ces récents événements sont la confirmation que la coexistence active est plus que jamais nécessaire. Il nous faut continuer notre travail avec encore plus de détermination. Union nationale ? Ne soyons pas non plus aveugle. Le directeur de Valeurs Actuelles, Yves de Kerdrel a tweeté à la suite de la marche  « fier d’avoir participé à la marche républicaine contre l’islamisation (…) ». Nous ne marchions pas contre ce genre de fantasme primaire. Tout le monde n’a pas un même diagnostic du problème.

Un réel travail de sensibilisation et de pédagogie semble nécessaire. Le monde associatif à beaucoup à apporter sur ces questions de cohésion sociale. D’ailleurs, depuis le 11 janvier, les pouvoirs publics font appel à Coexister.

Pour François Hollande, Paris a été hier « la capitale du monde », pourrait-on dire qu’elle a été aussi l’âme du monde ?

« Le 11 janvier, Paris avait simplement la responsabilité de dire « Non ». »

« Capitale du monde » .. voilà une expression bien politicienne.. disons que tout le monde a été choqué face à l’horreur d’une telle situation. On a tous partagé quelque chose ce jour-là. Le 11 janvier, Paris avait simplement la responsabilité de dire « Non ».

En quoi le terme « Coexister » résonne-t-il particulièrement aujourd’hui ?

Le mot « coexister » résonne dans beaucoup de pays, car il est compris dans beaucoup de langues (« to coexist » en anglais par exemple). Il résonne particulièrement là où il y a une mixité culturelle et religieuse qui se vit et s’expérimente au quotidien.

Il résonne aujourd’hui en France comme une évidence, à moins de prôner une assimilation qui serait particulièrement destructrice pour chacun d’entre nous. Coexister est un défi quotidien. Il s’agit d’exister avec son identité tout en étant capable d’agir avec celui qui n’a pas la même identité. C’est parce que nous n’aurons nié aucune identité que nous pourrons œuvrer pour l’altérité (ce qui est autre) condition sine qua non à l’action commune source de cohésion.

« Coexister est un défi quotidien »

Coexister fête son sixième anniversaire. Que peut-on vous souhaiter ?I0000VoR

Sa dissolution ! On aura réussi notre travail le jour où il ne sera plus nécessaire de construire des ponts puisqu’il ne seront plus détruits.

Une audace interreligieuse qui te tient à cœur ?

Créer un espace commun entre plusieurs lieux de cultes. Instaurons par exemple une synagogue près d’une mosquée et entre les deux un espace commun où l’on peut se rencontrer, organiser des événements commun.

Attention pas de syncrétisme, nos identités sont différentes, respectons les ! Mais créons des espaces pour se rencontrer, pour dialoguer. Seule alternative à un communautarisme qui serait source de fantasmes et de préjugés.

Une phrase qui te porte ?

« La société se construit non sur des complicités faciles, des démissions, des esclavages mais sur des refus, des ruptures «  de Théodore Monod. Coexister, ce n’est pas prendre la voie de la facilité. Si nous acceptons, je dirai même si nous nous intéressons à la diversité de nos identités ; tout en choisissant de se rassembler autour de projet commun, nous pourrons faire société.

Mais ce qui me vient à l’esprit quand je pense au événement du 11 janvier, c’est une phrase  de Malala Yousafzaï, prix nobel de la paix en 2014 :  « C’est dans les ténèbres que nous nous rendons compte de l’importance de la lumière ».

C’est dans ces moments difficiles, de craintes et de doutes, que nous prenons conscience de l’importance d’une coexistence qui doit être active et respectueuses de nos identités.

Plus d’informations sur le site de Coexister

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